Billet de Florestan:

Sans pour autant faire un procès d'intention systématique, on est en droit de se poser la question de savoir si quelques arguties idéologiques ne se glissent pas toujours dans les cerveaux de l'actuelle majorité municipale rouennaise (comme la précédente, du reste) lorsqu'il s'agit de prendre des décisions concernant le patrimoine historique de Rouen qui a besoin d'être entretenu, valorisé et défendu...

Après le déboulonnage que l'actuel maire souhaite définitif de la statue équestre de Napoléon 1er présente depuis 1853 devant l'hôtel-de-ville sous prétexte d'une restauration urgente, voici qu'on apprend que le second plus grand monument historique rouennais après la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, en l'occurrence, l'abbatiale Saint-Ouen, chef d'oeuvre absolu de l'art gothique des XIV et XVe siècles et qui possède le plus bel ensemble de vitraux de la fin du XIVe siècle de toute l'Europe, va fermer ses portes pour une durée indéterminée: là encore, on prétexte des travaux urgents à faire pour des raisons de sécurité (menace de chute de pierres).

Cette décision qui est grave dans ses conséquences pour le tourisme normand et rouennais et pour, tout simplement, l'exercice de nos libertés individuelles les plus fondamentales (liberté d'aller et venir dans l'espace public, liberté de se cultiver et de contempler, liberté de conscience d'aller prier et de recueillir dans un lieu consacré au culte chrétien catholique depuis plus de mille ans...), pose quelques questions:

1) Une fois encore, faut-il attendre que tout ou partie d'un monument historique soit en situation de péril pour y faire des travaux? Une nouvelle fois, se pose la question des budgets accordés pour l'entretien régulier et quotidien des monuments historiques qui sont, dans une ville patrimoniale comme Rouen, des facteurs d'attractivité majeurs pour l'économie locale...

2) Sait-on quels travaux sont à faire et leur durée? Y -a-t-il une programmation? Y-a-t-il une autorité référente tant à la municipalité rouennaise qu'à la DRAC de Normandie pour prendre en charge de façon régulière, la gestion, la restauration et l'entretien de la plus grande abbatiale de notre Normandie?

On craint d'avoir à répondre NON à cette question.

Enfin, compte tenu du contexte idéologique difficile actuel de conflit de civilisation entre ce que nous sommes et ce que certains nous reprochent d'être en utilisant, parfois, souvent, la pire des violences, la fermeture de l'abbatiale Saint-Ouen de Rouen, désormais confinée pour de longs mois, est un symbole plutôt catastrophique!

Car certains ne manqueront pas de remarquer qu'il est plus facile dans ce pays de fermer une église abbatiale patrimoniale plutôt que la mosquée d'un Islam édilitaire frériste qu'on a laissé se développer ici pour des raisons de clientélisme électoral...


 

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/pour-des-raisons-de-securite-l-abbatiale-saint-ouen-fermee-au-public-a-rouen_37045361.html

Pour des raisons de sécurité, l'abbatiale Saint-Ouen fermée au public à Rouen

L'abbatiale Saint-Ouen, près de l'hôtel de ville à Rouen, va fermer ses portes pour d'importants travaux de rénovation. Des détériorations menacent la sécurité du public

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Elle constitue peut-être, après la cathédrale, l’édifice le plus admiré de la ville de Rouen (Seine-Maritime). Elle ne sera plus l’un des plus visités, en tout cas, du moins pendant une période déterminée : l’abbatiale Saint-Ouen, dans le quartier de l’hôtel de ville, va temporairement fermer ses portes pour subir d’importants travaux de rénovation, a annoncé la mairie, lundi 26 octobre 2020.

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Des risques de chute de pierres à l’intérieur

« Par précaution et en accord avec l’État (la Direction régionale des affaires culturelles) », est-il précisé, et notamment suite « à de récentes études effectuées [qui] ont laissé apparaître des détériorations pouvant menacer la sécurité des visiteurs », l’accès au site sera dorénavant interdit. Pour rappel, un périmètre de sécurité avait déjà été établi pour éviter la chute de pierres. Des risques similaires ont depuis été évalués à l’intérieur de la nef. 

Le chantier devrait être lancé sous peu, dans le cadre d’une étroite collaboration avec les services de l’État, toujours selon la Ville de Rouen, et, pourquoi pas, avec d’autres collectivités. Entre 2005 et 2018, année où sa réhabilitation a été annoncée, l’abbatiale a connu plus de 5 millions d’euros d’investissements pour panser ses « blessures » les plus alarmantes. Rien qu’en 2017, le « joyau » de la capitale normande avait reçu une dizaine d’« opérations », dont l’installation de colonnes sèches, la reprise d’étanchéité d’une fissure dans la toiture et la restauration de la charpente du transept sud. 

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En pour conclure sur la charpente, la sienne est remarquable : elle « est aujourd’hui l’une des toutes dernières conçue en France sur le même modèle que celle de Notre-Dame de Paris », apprend-on de la mairie. De quoi convaincre les amateurs d’architecture, d’ici et d’ailleurs, de prendre leur mal en patience.


 

Voir, par ailleurs, sur les murs de l'ancienne abbaye bénédictine du  Mont-Saint-Michel:

L'Etat central prend soin de sa... Tour Eiffel du Moyen-âge en investissant dans la restauration et l'entretien de sa poule aux oeufs d'or (comme la  Mère Poulard, d'ailleurs!)

https://www.ouest-france.fr/normandie/grands-travaux-a-l-abbaye-du-mont-saint-michel-7030584