Billet de Florestan:

Comme toutes les crises, l'actuelle crise sanitaire du Covid révèle et accélère des mutations structurelles en cours: pour ce qui est du commerce dans nos centre-villes et dans nos centres commerciaux, tout le monde s'apperçoit avec les conséquences économiques catastrophiques du confinement sur le chiffre-d'affaires qu'il faut trouver des solutions pour suppléer aux limites du commerce dans les magasins et boutiques "physiques". Cette solution c'est, bien évidemment, de numériser et de virtualiser le commerce réel sur Internet en créant des sites, des portails et des applications afin de développer le "cliquer et collecter" (disons-le en français, par pitié!) qui consiste à hybrider le réel avec le virtuel qui est la grande mutation sociétale des années 20 du XXIème siècle et l'un des enjeux de puissance pour l'avenir: un pays comme la Chine l'a d'ailleurs fort bien compris. La maîtrise d'une technologie transversale permet d'asseoir une puissance impériale durable:

Au XIXe siècle, l'empire britannique s'est appuyé sur la machine à vapeur. Au XXe siècle, la puissance américaine s'est appuyé sur le moteur thermique au pétrole et électrique. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la France gaullienne a cru pouvoir s'appuyer sur le nucléaire et le numérique déjà... Au XXIe siècle, la puissance chinoise en concurrence frontale avec la puissance américaine essaye d'imposer le numérique et l'intelligence artificielle, un futur qui est déjà en partie là...

Dans cette crise "schumpeterienne" où chaque difficulté doit être l'opportunité d'une solution scientifique et technologique, il est vitale que nous ne soyons pas à la traîne!

C'est la raison pour laquelle le maintien de nos capacités intellectuelles et scientifiques en matière de recherche fondamentale et appliquée est une question de vie ou de mort. La France vivant encore aujourd'hui sur les héritages des grandes politiques publiques de l'époque gaullienne, dispose encore de quelques précieux atouts qu'il est impératif de ne pas perdre.

Pour en revenir plus concrètement au commerce en France, dans nos régions, dans nos centre-villes et sur nos territoires, la situation est inquiétante:

En effet, seulement 30% de nos commerçants seraient dotés d'une interface numérique pour permettre des achats en ligne. Face au mastodonte américain Amazon qui domine dorénavant près de 80% du marché du commerce en ligne en France, cela fait bien peu!

Le gouvernement tente de ménager un nouveau "et en même temps" pour éviter la mort de nos petits commerces dans nos centre-villes: l'obligation de fermeture des boutiques jugées non -essentielles (sic!) doit être compensée par la nécessité d'investir massivement dans la numérisation. A cette fin un chèque de... 500€ sera distribué par le gouvernement à tout commerçant ayant fait l'effort d'investir dans un site internet, un portail colllectif ou une application. Pas sûr que cela soit suffisant et que cela calme une grogne qui monte de plus en plus chez les commerçants et artisans indépendants , grogne dont les éventuelles conséquences politiques inquiètent le gouvernement à plus d'un an de la prochaine élection présidentielle.


 La numérisation des commerces. Où en sont les Normands?

Alors que la région Occitanie prend la décision de mettre en place un portail commercial sur Internet nommé "dans ma zone" ayant pour ambition de couvrir la totalité du territoire régional (on aimerait une telle entreprise pour la Normandie, territoire régional plus petit, plus cohérent et plus identifié que celui de la région dite "Occitanie")...

https://dansmazone.laregion.fr/

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On doit faire le constat sempiternel d'une certaine dispersion des initiatives normandes, initiatives plus ou moins heureuses en terme d'ergonomie des sites, des noms proposés ou des produits et boutiques déjà mises en ligne...

Les commerçants du centre-ville de Caen proposent, pour le moment, en Normandie, le site le plus agréable à regarder et à utiliser. Un seul gros défaut... son nom: supplyshop, un vrai... supplice pour tous amoureux normands de la langue française. Quel dommage!

https://supplyshop.fr/

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Par ailleurs, toutes les librairies caennaises sont, désormais, dotées d'un portail internet. On aurait pu imaginer un site ou une plateforme commune...

http://www.brouillondeculture.fr/

https://librairie-guillaume.fr/

https://www.eurekastreet.fr/

https://www.memoranda.fr/

https://www.facebook.com/pages/category/Bookstore/Aquabulle-515636261908633/

Pour faire bonne mesure et parce que nous défendons ici l'unité de la Normandie, nous sommes allés voir ce qu'il en était du côté de Rouen. Un portail collectif sur Internet existe aussi pour le commerce rouennais mais il ressemble, hélas, à... ça:

http://www.rouenshopping.com/

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Bien entendu, on trouve aussi sur Internet, les principales librairies de Rouen:

https://www.armitiere.com/

http://www.librairie-bertran-rouen.fr/

Du côté du Havre, nous n'avons pas trouvé, sauf erreur de notre part, un portail internet consacré aux commerces de la ville...

Mise à part la déclinaison havraise de la plateforme "Epicery" spécialisée dans l'agro-alimentaire frais, nous n'avons rien trouvé.

https://www.epicery.com/z/le-havre/c/click-and-collect

Aider les commerçants havrais à s'équiper d'un site internet adapté et performant voilà un boulot supplémentaire pour un ancien-nouveau maire du Havre nommé Edouard Philippe...

Au Havre aussi, la librairie qui compte a son site internet:

https://www.lagalerne.com/

Et pour finir (provisoirement) n'oublions pas Cherbourg:

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/cherbourg-des-petits-commercants-se-mettent-au-click-amp-collect-pour-sauver-noel_37195909.html

Cherbourg : des petits commerçants se mettent au « click & collect »… pour sauver Noël

Avec l'expérience du premier confinement, de nombreux commerçants de Cherbourg vont se mettre au système de « click & collect » afin de conserver le lien avec leur clientèle.

La décision gouvernementale est là, et la voix de l’État dans le département ne compte pas y déroger : les commerces « non considérés comme essentiels » doivent être fermés pendant ce nouveau confinement.

Une seconde vague qui submerge les commerçants indépendants. Certains aux larmes. Hélène Poisson s’occupe de Cot’& Mer, boutique de la marque Saint-James, à Cherbourg. « Nous aurions pu continuer à fonctionner en adultes responsables, défend-elle sur Facebook, tout en régulant le flux de clients à l’intérieur de nos boutiques, portes ouvertes, avec les gestes barrières que nous connaissons. »

Comme nombre de ses collègues commerçants, Hélène espère une mobilisation collective pour dénoncer l’inégalité de traitement avec les grandes surfaces autorisées à rester ouvertes. Elle en appelle aussi aux élus locaux. Les affichettes se sont multipliées ces derniers jours sur les vitrines pour proposer de maintenir le lien par téléphone et internet avec les clients, en attendant de trouver un écho favorable auprès des pouvoirs publics. Dans les petits commerces de centre-ville, où la clientèle est accueillie dans le respect des mesures barrières, jamais plus d’une poignée de personnes en boutique, c’est pour l’heure l’incompréhension et la colère.

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Pour « la première fois » sur internet

La seule solution reste la débrouillardise pour trouver le chemin qui permet de maintenir quelques ventes. Le « click & collect » est une option légale qui, sans satisfaire la dimension humaine chère aux commerçants de proximité, a le mérite de permettre de poursuivre un peu l’activité.

Chez Passion Maison, Isabelle Laronche a mis en place cette alternative en informant sa clientèle sur internet et invite par affichette sur sa vitrine à prendre contact avec sur Facebook ou par Téléphone.

Je ne voulais pas créer de site internet, parce que c'est un travail supplémentaire et ça demande encore plus de stocks. Mais je vais utiliser notre page Facebook, en proposant des rendez-vous à la porte à partir de mardi ou en faisant des livraisons, en me limitant à l'agglomération de Cherbourg. C'est la première fois que je fais ça.

Isabelle Laronche Passion Maison

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50 %

Beaucoup de commerces du centre-ville de Cherbourg font au moins 50 % de leur chiffre d'affaires à l'approche des fêtes de fin d'année, voire leur « trésorerie de l'année » en novembre et décembre.

« Même des gens très forts se sont effondrés »

L’obligation de fermer provoque une profonde angoisse chez de nombreux commerçants. Un constat partagé par Florence Kwiatek, présidente de l’Union Cherbourg commerces (UCC) : « Psychologiquement, c’est dur. Même des gens très forts se sont effondrés. » Elle rappelle que l’UCC est là pour soutenir la profession, et qu’elle aide aussi à se numériser

« Ça fait deux jours que je ne dors plus, confiait vendredi Isabelle Laronche. À cause du premier confinement, on était inquiet déjà parce que ça a été long et on se demandait si les clients allaient revenir. On a été rassuré les derniers mois et j’ai beaucoup cru à Noël parce que les gens seraient contents de le fêter. Et ça nous retombe dessus. Je suis dépitée. Noël, c’est une fête importante pour nos clients. Il faut éviter qu’ils aillent commander ailleurs. Il faut qu’ils soient là pour nous, et que nous soyons là pour eux. »

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Voir aussi:

https://www.paris-normandie.fr/insolite/covid-19-aux-andelys-les-commercants-se-mettent-a-nu-pour-alerter-sur-leur-situation-FH17456003?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email&mediego_ruuid=2fb269de-558d-41f4-a163-973120daf920_3&mediego_campaign=20201112_news_actu&utm_content=20201112

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