Merci à notre ami Jean-Philippe d'y avoir pensé!

https://actu.fr/insolite/un-passionne-cree-une-attestation-derogatouere-et-autorisee-en-langue-normande_37718787.html

Il crée une attestation "dérogatouère" (et valable) en langue normande

Durant le confinement, vous pouvez dorénavant circuler avec une attestation dérogatoire en langue normande, grâce à un passionné, qui a traduit le document. Explications.

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Acertaine qué je cache pouor les affais qui sount sous (merqui eul careus) par l’eul dreit merqui dauns eul décret merqui pus hâot.

La langue normande, il est « tombé dedans quand il était petit », explique Jean-Philippe Joly, vice-président de la Fédération des associations de langue normande (Fale). Petit-fils d’une femme qui la parlait, et qui avait elle-même gardé le souvenir des mots normands prononcés par son père, il a beaucoup lu dans la langue régionale, et maîtrise très bien celle-ci, dont il refuse qu’on l’appelle patois, « un terme péjoratif ».

Une des langues d’oïl principales

Pour le confinement, l’homme a eu l’idée de créer des attestations de déplacement traduites en langue normande. Ainsi, ces attestations de déplacement dérogatoires deviennent des « acertainement dérogatouère pouor se déhalaer ». 

Jointe par 76actu, la préfecture de Seine-Maritime explique que « les attestations dans une autre langue, dès lors qu’apparaît clairement et lisiblement la traduction en français, et que toutes les mentions de l’attestation originale y figurent, sont autorisées ». Aussi, celle de Jean-Philippe Joly répond à ces critères, et peut de fait selon cette règle être utilisée (celle jointe à cet article ne sera valable qu’à compter du 28 novembre 2020).

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Une occasion de faire parler de la langue normande, « une des langues d’oïl principales pour le Français et l’Anglais, qui a aussi des contacts avec des langues nordiques ou germaniques. Comprendre le Français, l’Anglais passe en partie par le Normand », commente Jean-Philippe Joly, désormais exilé à Paris, mais qui continue d’écrire et lire dans la langue de ses ancêtres.

L’homme cherche à faire connaître la langue normande aux plus jeunes, rêve de classes où elle serait étudiée, et aimerait que les « anciens » qui la maîtrisent soient un peu moins « renfermés sur eux-mêmes » : « Comme je dis souvent, ils ont dans la bouche la terre qui va les ensevelir. »

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Un mixte de différentes langues normandes

En réalité, l’attestation est un « mixte » des différentes langues de Normandie, explique Jean-Philippe Joly. En effet, l’on parlait jadis différemment le Normand selon que l’on était du Cotentin ou bien du Pays de Caux, par exemple. Et s’il existe un substrat de syntaxe commun à toute la région, le vocabulaire peut connaître des variantes, selon la zone dans laquelle on se trouve : « À l’époque, il faut bien voir que les gens étaient un peu confinés dans des zones de 20 kilomètres autour de chez eux, aussi, en quelque sorte, avec leur carriole pour moyen de locomotion ! »

C’est par des opérations comme cette attestation, ou encore son investissement au sein d’une fédération des jeux traditionnels normands que l’homme veut dépoussiérer la culture régionale. Afin que jamais elle ne tombe dans l’oubli.

Voici l’attestation dérogatoire de déplacement en langue normande (valable à compter du 28 novembre 2020). Si l’attestation ne s’affiche pas, cliquez ici :

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