La Normandie garde sur son sol une forte activité industrielle d'imprimerie et de conception liée au marché du livre qui est centré sur Paris: outre la proximité d'avec Paris, cette forte présence de la filière du livre en Normandie témoigne aussi d'une tradition régionale qui a des racines historiques anciennes: dès l'arrivée de l'imprimerie en France à la fin du XVe siècle, les villes de Rouen et de Caen étaient réputées au niveau national pour leurs imprimeurs aux côtés de Paris ou de Lyon.

Enfin, dans la traditionnelle répartition provinciale des métiers parisiens, la librairie était réservée aux Normands...

Cette filière industrielle régionale aux savoir-faire traditionnels souffre beaucoup en ce moment et reçoit l'aide du conseil régional de Normandie. Exemple avec cette entreprise brayonne de reliure:

https://actu.fr/normandie/forges-les-eaux_76276/forges-les-eaux-herve-morin-etait-en-visite-a-l-entreprise-agm_38504522.html

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Forges-les-Eaux : Hervé Morin était en visite à l'entreprise AGM

Hervé Morin, président de la Région Normandie, est venu le lundi 4 janvier à la rencontre du directeur et des salariés de la société de reliure AGM située à Forges-les-Eaux.

Devant les salariés de l’entreprise AGM (Arts graphiques modernes), Hervé Morin a profité de sa venue à Forges-les-Eaux, le lundi 4 janvier, pour s’excuser de ne pas avoir sollicité le relieur forgion pour l’édition du Petit Nicolas version normande.

C'était pour moi un moyen de me faire pardonner d'avoir oublié le dernier relieur français.

Hervé Morin Président de la Région Normandie

Lors de sa visite, le président de la Région Normandie a donc tenu à rappeler son soutien au tissu économique local.

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Cette entreprise possède un savoir-faire considérable et quasiment unique dans notre pays. Cette visite me conforte dans l'idée qu'il faut bâtir des modèles sur lesquels la chaîne de valeur reste en Normandie. À chaque fois qu'on peut faire jouer le collectif normand, alors on gagne. Dans la région, on essaie de le faire sur nos propres commandes : 96 % des travaux effectués vont aux entreprises normandes. Mais il y a des choses sur lesquelles nous n'avons pas encore les bons réflexes.

Hervé Morin avait donc pris rendez-vous pour visiter les 6000 m2 d’ateliers où plus de 3 millions de livres sont reliés chaque année. Mais avec un chiffre d’affaires en forte diminution, baisse de 40 % entre 2019 et 2020, AGM pâtit de la délocalisation de l’activité et d’une concurrence européenne importante (Pologne, Espagne, Italie, Slovénie), comme l’explique Olivier Caratgé, directeur de la société.

En 2007, il y avait encore six relieurs en France et en 2008, 50 salariés travaillaient dans l'entreprise (35 aujourd'hui ndlr). Mais les éditeurs ont commencé à fabriquer à l'étranger et les imprimeurs ont réalisé leur propre reliure.

Olivier Caratgé
Directeur de l'entreprise AGM

La Région vient en aide aux entreprises

Alors que la société de reliure industrielle investit régulièrement dans des machines d’occasion (plieuse, massicot), l’entreprise créée en 1966 a présenté un plan d’investissement important auprès de la Région et un appel à projets avec le plan de relance industriel pour bénéficier de subventions.

Parmi les compétences majeures de la Région, il y a le soutien à l'économie et donc aux entreprises. Ce que nous avons en obsession, c'est de faire en sorte que le tissu économique de PME et TPE soit encore debout au printemps prochain quand la relance économique aura lieu.

Hervé MorinPrésident de la Région Normandie

Depuis le début de la crise, la Région est intervenue dans 4000 entreprises et a consacré 200 millions d’euros pour aider les entreprises normandes. Et dans ce contexte économique difficile, Hervé Morin a réitéré son soutien

On consacre plus de 300 millions d'euros pour former les demandeurs d'emploi et tous les dispositifs de formation peuvent être mis en place. Encore faut-il que les entreprises fassent appel à nous.

L’entreprise AGM, déjà soutenue en 2019 par la Région à hauteur de 100 000 euros sous forme d’un prêt à taux nul, pourrait donc de nouveau solliciter l’aide de la Région pour l’investissement et la formation.

Benjamin Epineau