Paris-Normandie fait paraître ce samedi 30 janvier 2021 un sondage démontrant que 83% des personnes interrogées souhaitent la construction d'un contournement autoroutier à l'Est de Rouen...

"Vox populi, vox dei" disaient nos anciens Romains. Certes, ce n'est pas une élection mais simplement un sondage et vu le résultat de ce sondage, on comprend mieux pourquoi certains professionnels de la vie publique partisane se sont bien gardés de s'en remettre à un... référendum pour trancher une grande question d'intérêt local et régional et... national!

Car l'enjeu du contournement autoroutier Est de Rouen combine ces trois niveaux d'intérêt et c'est la raison pour laquelle on en parle depuis plus de quarante ans!

Ce dossier est même LE symbole du passif de la division normande et du retard pris par notre région dans son aménagement du territoire...

Au niveau local, il s'agit de doter enfin la seule grande agglomération française de 500000 habitants à n'avoir toujours pas de périphérique: il s'agit de libérer la ville de Rouen de son carcan routier pour enfin développer le programme de requalification urbain et environnemental d'une ville qui fut massacrée par le béton et le goudron depuis les années 1950 après avoir été violemment défigurée par les bombes de la Seconde Guerre mondiale: tournons enfin la page de l'Après-Guerre!

Au niveau régional, il s'agit de renforcer en amont de Rouen le passage de la vallée de la Seine entre le Nord-Est et le Sud-Ouest de la Normandie, ce passage est essentiel pour le maintien de l'intégrité territoriale de notre Normandie. Il faudra aussi renforcer les passages en aval de Rouen: brancher directement le pont Flaubert sur la Sud III et créer une traversée ferroviaire sous-fluviale de la Seine dans l'estuaire pour avoir, enfin, un système de communication cohérent entre Caen, Rouen et Le Havre et efficace pour toute la Normandie.

Au niveau national, il s'agit d'achever le grand rond-point autoroutier de contournement de la région parisienne à 100 km du centre de Paris notamment par l'Ouest: en raison de la division normande, le barreau Rouen-Evreux-Nonancourt-Dreux-Chartres-Allaines-Orléans n'est toujours pas achevé pour permettre au transit routier européen de contourner la région parisienne du Nord vers le Sud-Ouest et l'Espagne.


 https://www.paris-normandie.fr/id160695/article/2021-01-30/exclusif-un-sondage-ifop-montre-le-soutien-de-la-population-pour-le

Exclusif. Un sondage Ifop montre le soutien de la population pour le contournement est de Rouen

Selon un sondage Ifop (*) pour la CCI Rouen Métropole, le projet de contournement est de Rouen est très largement soutenu par la population, dans le territoire rouennais, mais aussi ailleurs en Seine-Maritime et dans l’Eure. Un résultat qui suscite des réactions contrastés.

 (*) - Enquête réalisée par téléphone du 18 au 25 janvier 2021 auprès d’un échantillon de 1003 personnes, composés de 502 personnes, représentatif de la population résidant en Seine-Maritime et dans l’Eure, et d’un échantillon de 501 personnes, représentatif de la population de la Métropole Rouen Normandie.

Le constat est net et sans appel :

Le contournement est de Rouen, un projet qui irrigue bien au-delà des seules limites géographiques de la capitale de la Normandie, est soutenu par une très grande partie de la population de la Seine-Maritime et de l’Eure. Et encore plus massivement par les habitants des soixante et onze communes de la Métropole Rouen Normandie.

Selon un sondage Ifop (*) pour la Chambre de commerce et d’industrie Rouen Métropole, 80 % des habitants des deux départements et 83 % de ceux de la Métropole soutiennent ce projet vieux de plus de quarante ans. « Et ceux qui prétendent qu’il s’agit d’un projet du passé ont faux, estime Vincent Laudat, le président de la CCI. 91 % des 18-24 ans de la Métropole adhèrent au projet. C’est bien la preuve que le contournement est un projet d’avenir. »

« Il est indispensable de le faire »

Ouvert dans les années soixante-dix, le dossier du contournement entre aujourd’hui dans sa dernière ligne droite. Après avoir reçu sa déclaration d’utilité publique et été purgé des recours devant le Conseil d’État, le projet pourrait en principe démarrer. Sauf qu’il bloque à Rouen !

Jadis ardent défenseur de ce nouvel axe à péages (la question du péage ne figure pas dans le sondage), Nicolas Mayer-Rossignol a fait volte-face durant la campagne des municipales. Aujourd’hui, le maire PS de Rouen et président de la Métropole est contre.

Pour lui, le contournement n’est plus dans l’air du temps alors qu’il y a trois ans, des engagements avaient été pris par la majorité socialiste rouennaise, à laquelle il appartenait. Aujourd’hui, ce sont les habitants qui disent en majorité (56 % pour la Métropole, 53 % pour les habitants des deux départements) que l’équipe municipale de Rouen doit respecter les engagements antérieurs. 40 % estiment qu’elle est libre de mettre en œuvre le projet, ou de ne pas le faire. « Les actifs de 50-64 ans, qui ont travaillé sur ce projet depuis plus de trente ans, explique Vincent Laudat, trouvent qu’il faut que la municipalité respecte les engagements pris. »

Pour le président de la CCI Rouen Métropole, le contournement est vital.
« En 2018, rappelle-t-il, une enquête BVA commandée par Frédéric Sanchez [alors président de la Métropole, Ndlr] montrait que ce projet était soutenu par 80 % des habitants. Nous sommes aujourd’hui trois points au-dessus. Il est indispensable de le faire. »

Question de qualité de vie à Rouen, mais aussi d’attractivité pour la capitale normande, « la seule grande ville à ne pas avoir de contournement, constate Vincent Laudat. Nous n’avons à Rouen que des routes dites “pénétrantes”. C’est ce qui conduit à l’engorgement ». Ces derniers jours, Vincent Laudat vient d’ailleurs de demander « l’arbitrage » du président de la République, rappelant que fin 2019, après la catastrophe de Lubrizol, il était venu à Rouen, où il s’était engagé à mettre en œuvre des actions pour renforcer l’attractivité de la ville.

Récemment, le préfet a demandé aux collectivités de se positionner de nouveau sur le dossier et les financements qu’elles lui allouent. Mi-janvier, le Conseil départemental de la Seine-Maritime a réaffirmé sa position de 2018 : c’est oui, avec 22 M€ à la clé. La Ville de Rouen, qui ne finance pas, est contre. La Région Normandie approuvera le dossier le 15 février.

La Métropole, elle, ne s’est pas encore prononcée. Sous l’ancienne présidence, elle avait engagé 66 M€ dans ce dossier. « On n’imposera pas un projet rejeté par le territoire », a déjà prévenu Pierre-André Durand, le préfet. « Ce serait une erreur historique pour la Métropole et la ville, estime Vincent Laudat. L’accord politique qui lie Nicolas Mayer-Rossignol aux Verts ne doit pas supplanter l’intérêt général. »


 « Ce n’est pas un projet du passé ! »

Hervé Morin, le président de la Région Normandie, est un fervent défenseur du contournement routier de Rouen. À ses yeux, la balle est aujourd’hui dans le camp de son prédécesseur, Nicolos Mayer-Rossignol, aujourd’hui maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie.

Quels enseignements retirez-vous du sondage Ifop sur le contournement est de Rouen ?

Hervé Morin:

« Il montre que ce ne sont pas que les milieux économiques qui réclament ce contournement, mais que tous les habitants le veulent. Ce qui est également très intéressant, c’est que 91 % des 18-24 ans adhèrent à ce projet. Ce n’est pas un projet du passé ! Nicolas Mayer-Rossignol [maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie, Ndlr] a maintenant une responsabilité historique, car c’est aujourd’hui ou jamais! Au moment où les Rouennais vivent chaque jour le cauchemar de la circulation, au moment où il s’agit de reconquérir la ville en évacuant les poids lourds, on ne peut pas renoncer à ce projet au seul prétexte qu’il y a un accord politique avec les Verts. »

« Qui peut être contre ? »

Le président de la Métropole serait « prisonnier » de cet accord, selon vous ?

Hervé Morin:

« 83 % des 450 000 habitants de la Métropole et 80 % des habitants de la Seine-Maritime et de l’Eure sont favorables à ce contournement. En face, Nicolas Mayer-Rossignol a pris sa position contre le projet - je rappelle qu’à la Région, il avait voté pour - dans le cadre de son accord électoral qui repose finalement sur 10 000 électeurs [au second tour des municipales, marqué par une abstention de 70,33 %, il a obtenu 10 889 voix, soit 67,12 % des suffrages exprimés, Ndlr]. Il doit maintenant écouter les Rouennais et les habitants de la Métropole. Il s’agit de la vie quotidienne des gens, de l’économie, de l’emploi, de l’évacuation des poids lourds du centre-ville, de la reconquête de la ville. Qui peut-être contre cela ? »

Frédéric Dabi, de l’Ifop, estime que la forte adhésion au projet ne vaut pas obligation absolue.

Hervé Morin:

« Comme président de Région, j’ai toujours respecté les accords signés par mes prédécesseurs. Que les citoyens fassent confiance aux élus pour changer les choses, c’est le fondement même de la démocratie. On voit bien qu’il y a là une majorité d’habitants qui souhaite que les engagements pris en 2017 soient respectés. En ce qui nous concerne, la Région Normandie fait un effort gigantesque avec un investissement de 157 M€. J’ai proposé que dans le cadre de crédits européens, il y ait par exemple un Plan vélo d’une vingtaine de millions d’euros. Mais pour se réapproprier la ville, il faut faire cet axe majeur. Il permettra de lancer de nouvelles politiques. »

« un point de non-retour »

Le préfet a dit cette semaine que l’État n’imposera pas un projet rejeté par le territoire. Quelle est votre réaction ?

« Après, ce sera fini. Le contournement est l’un des seuls projets financés par l’État en France. Beaucoup de villes seront ravies de savoir qu’elles pourront récupérer les sommes prévues pour financer leurs projets d’infrastructures parce que le nôtre ne se fera pas. S’il ne se fait pas, nous serons à un point de non-retour et plus aucun projet ne sera possible à l’horizon de plusieurs dizaines de décennies. »

La question du péage sur ce contournement constitue-t-elle un frein ?

« On peut tout à fait imaginer un modèle économique où l’on oblige les poids lourds à emprunter le contournement et des tarifs préférentiels à faible prix pour tous les habitants. »


L’avis de l’expert

« Une adhésion exceptionnelle et homogène »

Frédéric Dabi est le directeur général adjoint de l’Ifop. Il décrypte le sondage réalisé par ses équipes : « S’il y a quelque chose à retenir, c’est le niveau d’adhésion au projet. Il est tout à fait exceptionnel à 80 % pour les départements de la Seine-Maritime et 83 % pour la Métropole de Rouen. Cette adhésion au projet est tout à fait homogène, quels que soient l’âge, le sexe et la catégorie socioprofessionnelle. On note aussi que cette adhésion ne veut pas dire obligation absolue pour la majorité municipale de Rouen. Cependant, il y a une majorité qui estime que les élus doivent respecter l’engagement pris en 2017. »


 

Nicolas Mayer-Rossignol : « Ce sondage est truqué »

Nicolas Mayer-Rossignol, le maire PS de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie, ne s’étend pas en commentaires sur le sondage. Car à ses yeux, il n’a aucune valeur.

 Les résultats du sondage Ifop commandé par la CCI Rouen Métropole sont-ils de nature à infléchir la position de Nicolas Mayer-Rossignol sur le projet de contournement ? « Je ne ferai aucun commentaire sur un sondage truqué puisqu’il ne mentionne pas... le péage ! Parler d’un contournement routier sans mentionner son péage et son coût, explique le président de la Métropole Rouen Normandie, c’est comme vendre une voiture sans dire combien elle consomme d’essence... » Pour « NMR », « cela n’a pas de sens et cela ne concourt pas à élever le débat au niveau où il devrait être. »

Par ailleurs, à quelle date la Métropole Rouen Normandie se prononcera-t-elle sur l’avenir du projet de contournement comme le lui a demandé le préfet de la Seine-Maritime ? Un vote en date du 8 février prochain était envisagé, mais rien n’est sûr. « La décision n’est pas prise », soulignait simplement hier soir le président de la collectivité.

Le projet consiste à créer une liaison autoroutière reliant l’A28, à hauteur d’Isneauville, et l’A13 et l’A154, près d’Incarville, ainsi que la RD18e près du carrefour appelé le rond-point aux Vaches, sur la zone industrielle de Rouen.

La longueur totale est de 41,5 km, dont 36 km entre l’A28 et les autoroutes A13 et A154, ainsi que 5,5 km entre Gouy-Les-Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen à la RD18e, à Saint-Étienne-du-Rouvray.

En janvier 2015, le coût du projet était estimé à 886 M€. Il est prévu dans le cadre d’une concession autoroutière à péages.

Stéphane Siret


Commentaire de Florestan:

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ET PAN ! SUR LE BEC !

Nicolas Mayer-Rossignol est un oiseau qui chante dans sa cage...

Et la cage aux oiseaux est... VERTE:

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Nous demandons donc l'arbitrage de... Pierre Perret pour débloquer la situation!

https://www.youtube.com/watch?v=Jgqg0L4r19Q

Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s'envoler c'est beau
Les enfants si vous voyez
Des p'tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté

Un p'tit dé à coudre
Et trois goutt' d'eau dedans
Au d'ssus du perchoir
Un os de seiche tout blanc
Et un petit piaf triste de vivre en prison
Ça met du soleil dans la maison
C'est c' que vous diront
Quelques rentiers vicelards
Des vieux schnocks
Qui n'ont qu' des trous d'air
Dans l' cigare
Une fois dans vot' vie,
Vous qui êtes pas comme eux
Faites un truc qui vous rendra heureux

Si vot' concierge fait cui-cui sur son balcon
Avec ses perruches importées du Japon
Ses canaris jaunes et ses bengalis
A vot' tour faites leur guili-guili
Sournoisement exclamez vous
" Dieu ! quel plumage ! "
Mais chère Madame
On vous demande au 3ème étage
Et dès que la bignole aura l' dos tourné
Même si on doit pas vous l' pardonner

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez les s'envoler, c'est beau
Les enfants si vous voyez
Des petits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté

Le Nouveau Maître de Rouen n'a plus aucun argument digne de ce nom!
Outre le fait qu'il méprise le réel au lieu d'en tenir compte (c'est dangereux de faire ça en politique...) il justifie son refus ou, plutôt, sa volte-face sur ce dossier en arguant du fait qu'on ne connaît pas le montant du péage: c'est le dernier argument qui reste aux militants qui s'y opposent, à savoir, un péage à ce point élevé qu'il en devient dissuasif, faisant fuir les usagers, notamment les transporteurs routiers, de la nouvelle autoroute.
Dans le bec de notre rossignol, cette petite musique est d'une mauvaise foi totale car l'élu local qu'il est n'est pas sans savoir que le montant final d'un péage sur une autoroute concédée dépend de l'importance de l'investissement financier public réalisé par l'Etat et les collectivités territoriales concernées: plus cet investissement de départ est important, plus le montant du péage final restant à la charge des usagers est modique.
En lisant l'article de Paris-Normandie proposé par Stéphane Siret, nous ne retiendrons que l'information suivante:
"La Ville de Rouen, qui ne finance pas, est contre..."