Ce jour, dans le quotidien régional "Paris-Normandie" (10 février 2021) Anne Hidalgo donnait un grand entretien qualifié d'exclusif qui ne le sera pas pour les lecteurs d'une Etoile de Normandie qui a entrepris de marquer à la culotte celle et ceux qui en veulent à l'intégrité territoriale de notre Normandie.

Cet entretien "pédagogique" à destination du grand public n'arrive pas par hasard puisque demain à Rouen, à partir de 9 heures, à l'invitation d'un "petit ouésé" qu'on n'entend plus guère ces dernières 48 heures après le désastre de lundi soir dernier à la métropole au sujet du contournement Est, Madame de Paris et Monsieur du Havre vont se rencontrer pour la "relance" de l'Axe Seine, à savoir, un roule patin peut-être plus prononcé que la bise du 29 septembre 2020 par- dessus une Normandie passée par pertes et profits... au profit d'un Grand-Paris affûblé d'une façade maritime intégrée prise sur la Normandie utile.

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Prière de respecter les gestes barrière!

En l'occurrence, l'intégrité de la Normandie!

On vous laisse donc lire le badinage suivant qui n'apporte rien de précis ou de sérieux sur le sujet puisque comme l'a rappelé l'autre couple glamour en lice, Monsieur de Normandie et Madame d'Ile-de-France, les choses sérieuses, sonnantes et trébuchantes pour faire autre chose de l'Axe Seine qu'une barbe- à- papa, ne pourront se faire qu'avec les compétences et les finances des deux régions principalement concernées (cf. notre précédent billet au sujet de la tribune d'Hervé Morin et de Valérie Pécresse parue dans La Tribune).

Cependant, à la question très courageuse à peine posée par Stéphane Siret du quotidien "Paris-Normandie" (décidément fort bien nommé... hélas!) sur le sujet qui devrait fâcher tous les Normands, Madame Hidalgo répond ceci:

"On y viendra. C’est un sujet que je porte depuis longtemps. Il ne faut pas brûler les étapes et je ne souhaite pas perturber les institutions qui existent aujourd’hui."

Puis ceci:

"Plutôt qu’une seule grande région, il faut d’abord envisager du travail en coopération pour que la région capitale ait un accès direct à la mer."

Voilà qui ressemble à un début de commencement de rétropédalage!

Nous espérons y avoir été un peu pour quelque chose...

On apprend, par ailleurs, dans cet entretien essentiel, cette information... capitale:

Arthur, le fils de Madame Hidalgo projette de descendre le cours de la Seine à la nage. Il faudra prévenir cet aventurier venu de l'amont parisien, qu'il risque sa vie dans les eaux de la Seine en aval en raison de la présence de Vikings belliqueux et sanguinaires qui campent sur la rive du fleuve, notamment du côté de Rouen...

On apprend enfin que demain soir, Edouard Philippe le taciturne fera une apparition au journal télévisé de France 3 Normandie: lui qui pensait, peut-être, jouer seulement le rôle d'un élégant berger répondant à sa bergère des folies parisiennes, devra certainement fournir aux télespectateurs normands un démenti formel:

"Non. Il n'a jamais été question de fusionner la Normandie avec l'Ile-de-France puisque j'ai voté pour la réunification de la Normandie et j'ai même pour elle traversé à la nage le bassin du commerce du port du Havre."

On pourra peut-être obtenir une telle déclaration... Si les journalistes de la télévision régionale font enfin preuve d'un minimum de courage et de curiosité intellectuelle!

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https://www.paris-normandie.fr/id164318/article/2021-02-10/anne-hidalgo-en-visite-rouen-nous-donnons-un-coup-daccelerateur-laxe-seine

Anne Hidalgo en visite à Rouen : « Nous donnons un coup d’accélérateur à l’axe Seine »

Exclusif. Les maires Anne Hidalgo et Édouard Philippe se retrouvent jeudi 11 février à Rouen à l’invitation du maire Nicolas Mayer-Rossignol afin d’engager « un coup d’accélérateur » dans la construction de l’axe Seine. En exclusivité pour Paris-Normandie, la maire de Paris en évoque sa vision .

Il y a un peu plus de dix ans, la première réunion de l’axe Seine se tenait au Havre. Dix ans plus tard, qu’est-ce qui a changé et quelles sont les choses qui ont donné corps à cet axe ?

Anne Hidalgo. « Il y a dix ans, c’était une idée portée par Antoine Grumbach [architecte et urbaniste, spécialiste des grandes métropoles, Ndlr], qui proposait de relier le Grand Paris jusqu’à la mer, au Havre. Certains, à l’époque, avaient considéré qu’il s’agissait d’un échelon supplémentaire autour du Grand Paris. Pour moi, c’était vraiment visionnaire. Antoine Rufenacht, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius avaient porté cette idée. Derrière, il y avait les numéros deux, Édouard Philippe et moi-même. C’est de là que date notre rencontre. Après le lancement au Havre, il y avait eu une réunion à Paris où l’on avait justement travaillé pour donner corps à cette idée. Pendant quelques années, ça s’est un peu perdu dans les boucles de la Seine et nous en avons moins parlé, car nous étions mobilisés sur la construction de la Métropole du Grand Paris. J’ai toujours poursuivi les échanges avec Antoine Grumbach, qui me disait de ne jamais oublier que l’axe Seine est une chance en termes écologiques et économiques, car il nous permet de transporter des marchandises comme aucun autre fleuve. »

« Des rendez-vous trimestriels entre les trois maires »

Quels sont les enjeux de cet axe Seine aujourd’hui ?

« Ce territoire a perdu la moitié de ses emplois industriels en trente ans. Entre ce déclin industriel et la redécouverte que la Seine pouvait être un formidable corridor écologique, on a repensé cet axe avec l’objectif d’y inscrire des projets très concrets. C’est ce qu’on a fait dans mon mandat précédent avec, à mes côtés, Jean-Louis Missika [ex-adjoint au maire de Paris chargé de l’Urbanisme, Ndlr], au travers du projet “Réinventer la Seine”. Nous avons travaillé avec Rouen, Le Havre et d’autres villes à faire émerger toute une série de projets qui avaient en commun la préservation de la ressource naturelle et la promotion tout à la fois du tourisme, de la culture et du patrimoine de la Seine. »

Et désormais ?

« Depuis l’élection municipale, avec Édouard Philippe et Nicolas Mayer-Rossignol, nous avons donné un coup d’accélérateur. Nous sommes tombés d’accord pour organiser des rendez-vous trimestriels entre les trois maires pour porter ensemble nos projets. La prochaine rencontre aura lieu dans trois mois au Havre et nous accueillerons la troisième rencontre d’ici la fin de l’année à Paris. »

« De nouveaux modes de transport entre Paris et la Normandie »

Comment se concrétise ce coup d’accélérateur dont vous parlez ?

« D’abord par ces réunions beaucoup plus fréquentes au niveau politique. Il s’agit d’une stratégie et d’une vision de long terme qui sera celle d’une vallée de la Seine décarbonée, donc alignée sur les Accords de Paris, mais aussi créatrice d’emplois qualifiés. Nous avons plusieurs projets sur la table. Le premier axe concerne les transports décarbonés pour favoriser les déplacements de personnes et de marchandises pour atteindre le zéro émission. D’ici 2024 à Paris, nous allons passer à l’électrique 150 bateaux de tourisme. Le coût est estimé à 100 millions d’euros. Et évidemment, dans cette idée d’axe Seine, nous sommes très favorables à développer de nouveaux modes de transport entre Paris et la Normandie. Cela servira aussi le deuxième axe prioritaire que nous avons défini. »

Quel est-il ?

« Nous souhaitons que la vallée de la Seine soit une grande destination de tourisme vert de proximité notamment avec “La Seine à vélo”, soit des pistes cyclables reliées entre elles tout au long du fleuve. Nous allons aussi développer les croisières fluviales. Nous pensons aussi à un événement grand public autour des “Scènes de la Seine” qui pourrait se faire tout au long du fleuve. Rouen, candidate pour être capitale européenne de la culture, aura un rôle majeur à jouer. Il faudra aussi valoriser la vallée de la Seine, berceau de l’Impressionnisme. Notre troisième axe est d’encourager les circuits courts en valorisant les ressources locales et les énergies renouvelables, et en développant la filière bois. Cela participera aussi à la relocalisation d’activités économiques industrielles et écologiques, créatrices d’emploi. Et puis, il y a aussi un quatrième axe, celui de la prévention des inondations, des crues, et de la protection de la biodiversité. Il faut préserver cet incroyable corridor écologique qu’est la Seine. Ensemble, nous souhaitons que tous ces projets soient éligibles au Plan de relance du gouvernement. »

« Plutôt qu’une seule grande région, il faut envisager du travail en coopération »

Qu’en est-il des ports, qui doivent fusionner au 1er juin 2021. Le siège au Havre, la présidence du Conseil de surveillance à une personnalité rouennaise : avez-vous le sentiment que Paris soit à la traîne ?

« C’est très bien que le siège soit au Havre et que Rouen ait toute sa place. Paris s’inscrira pleinement dans cette coopération. Je pense qu’il est très important que les trois villes portuaires ne soient pas considérées comme des bases arrière, mais vraiment comme des partenaires, avec une gouvernance portée par les élus, dont l’action s’inscrit dans la durée. »

En septembre dernier, vous aviez évoqué l’idée de créer une région capitale qui irait de Paris au Havre. Coup de com’ ou, vraiment, vous vous dites que si on veut faire exister l’axe Seine, c’est un passage nécessaire ?

« On y viendra. C’est un sujet que je porte depuis longtemps. Il ne faut pas brûler les étapes et je ne souhaite pas perturber les institutions qui existent aujourd’hui. Mais si on se place dans la vision qui a été celle du travail fait en 2009 sur la métropole du Grand Paris et celui d’Antoine Grumbach, nous sommes une des seules métropoles mondiales à ne pas avoir un accès direct à la mer. Plutôt qu’une seule grande région, il faut d’abord envisager du travail en coopération pour que la région capitale ait un accès direct à la mer. C’est peut-être audacieux de le dire, mais je pense que ce temps viendra. Tout ce travail de dentelle que nous tissons avec les maires de Rouen et du Havre me conforte dans l’idée que nous avons un destin en commun. »

Les régionales de juin 2021 seront-elles l’occasion de poser ce débat selon vous ?

« Oui, il faut le poser en termes de coopération entre les régions. C’est opérationnel du côté des villes et des métropoles, mais pas encore du côté des Régions. Or, elles sont absolument indispensables. »

« Nous portons des projets structurants et rassembleurs »

Hervé Morin, selon vous, ne jouerait donc pas suffisamment son rôle dans la construction de l’axe Seine ?

« Je n’ai pas d’avis particulier sur la position d’Hervé Morin, mais Valérie Pécresse a toujours considéré que cette coopération Paris-Rouen-Le Havre et Ile-de-France-Normandie était une façon de vouloir diluer la région. Je ne cherche pas du tout à la diluer, bien au contraire, il faut donner à ce grand territoire toutes les capacités pour porter une stratégie ambitieuse. Avec les maires du Havre et de Rouen, nous portons des projets structurants et rassembleurs autour du développement économique, urbain, au service des habitants. C’est ainsi que se prépare l’avenir. »

Finalement, le meilleur ambassadeur de l’axe Seine n’est-il pas votre fils, Arthur, qui a pour projet de descendre la Seine à la nage, l’été prochain ?

« Ce n’est pas à moi d’en parler à sa place, mais c’est un grand nageur adorant les aventures humaines. Il veut montrer le lien entre la performance physique et l’importance d’un milieu naturel comme celui de la Seine qui doit être préservé. Mais c’est lui qui en parle le mieux et je suis très fière de ce qu’il fait ! »


 

À Rouen, une rencontre de deux présidentiables ?
Personnalité politique préférée des Français, Édouard Philippe ne dit rien de son avenir politique. Mais certains le verraient bien dans la course à la présidentielle. Anne Hidalgo, elle, ne cache pas son désir de s’inscrire pleinement dans le débat.

La rencontre de Rouen, c’est celle de deux présidentiables, Édouard Philippe et vous ?

« C’est Édouard Philippe qui vous le dira ! »

En ce qui vous concerne ?

« Je souhaite prendre toute ma part au débat à venir en proposant un autre regard, d’autres alternatives et de nouvelles propositions. L’expérience des maires que nous sommes est utile pour nos concitoyens. C’est une expérience d’élus de la République, ancrés dans le monde réel et qui sont capables d’avoir une vision plus large pour le pays. J’ai envie de prendre ma part, forte de mon parcours, de mon expérience et de mes convictions. Ce que j’aime faire, que ce soit avec Édouard Philippe comme maire du Havre ou comme Premier ministre, et avec d’autres, c’est de travailler ensemble, en bonne intelligence, dans un esprit républicain. J’aime cette rencontre d’élus de terrain passionnés par leurs territoires et les gens qui y vivent, même s’ils viennent d’horizons politiques différents. Si ça peut aider à recréer du lien, à montrer à nos concitoyens qu’il y a des gens de bonne volonté qui travaillent ensemble, qui coopèrent dans l’intérêt général, qui sont capables de dépasser un certain nombre de clivages, et de partir des réalités pour améliorer leur vie, j’ai la conviction que cela peut redonner un peu d’espoir. Il faut réparer les liens qui ont été très abîmés entre les Français. Quand on oppose Paris au reste de la France, les territoires urbains, périurbains et ruraux, on oublie que nous sommes un grand pays capable de se réinventer et de se projeter dans l’avenir. Réparer et établir des ponts entre les gens, ça ne peut être que positif. Je crois beaucoup aux vertus d’un débat démocratique très apaisé et respectueux, dans lequel on ne s’interdit pas d’avoir des différences. Mais il faut toujours chercher à rassembler et essayer de montrer qu’il existe un cap vers lequel on peut tous converger. »


 

Le contre-pied des Régions

Alors que Nicolas Mayer-Rossignol réunit ce matin à Rouen Anne Hidalgo et Édouard Philippe, les présidents des Régions Île-de-France et Normandie ont cosigné une tribune publiée hier (Ndlr: La Tribune, 09/02/21) dans laquelle ils regrettent que les trois villes  « multiplient les temps d’expression sans y associer les Régions». Convaincus que l’axe Seine est « une évidence », Valérie Pécresse (LR) et le centriste Hervé Morin estiment que « la vallée de la Seine ne peut s’envisager qu’à une échelle interrégionale pour peser à l’échelle mondiale ». « Ce territoire peut devenir une nouvelle dorsale et être le fer de lance national et même européen de transitions à portée de main », expliquent-ils. Mais encore faut-il avoir voix au chapitre. Les deux présidents prennent pour exemple la gouvernance du futur port de l’axe Seine.

La participation des deux Régions serait réduite à « un strapontin » alors qu’elles financent les projets à hauteur de plus de 200 M€ dans le Plan de relance quand les trois villes apporteraient « moins de 20 M€ ».


Commentaires de Florestan:

1) Que deux "présidentiables" se pointent à Rouen pour boire le thé ensemble à l'invitation du satrape local, les Normands n'en ont que faire! Avec la parution de cet entretien, "Paris-Normandie" n'a jamais autant justifié son nom!

2) Anne Hidalgo ose dire ceci: "Quand on oppose Paris au reste de la France, les territoires urbains, périurbains et ruraux, on oublie que nous sommes un grand pays capable de se réinventer et de se projeter dans l’avenir." En conséquence, nous lui rappelons avec fermeté qu'il est moralement INSUPPORTABLE de s'octroyer le droit de disposer à sa guise des territoires et des populations concernées.

3) La réalité existe et quand on veut la nier, elle se venge toujours! En l'occurrence, la réalité c'est que pour le fonctionnement et le développement concret d'un Axe Seine portuaire, ce sont les régions concernées qui comptent car elles en ont les compétences et les finances. Madame Hidalgo nous annonce des projets pour 100 millions. Qui paiera? Ce n'est pas seulement réinventer la Seine pour les Bobos faisant du pédalo ou du vélo pour contempler "la scène de la Seine" avec des installations d'art contemporain.

4) S'il s'agit de convaincre de travailler ensemble, on ne commence pas par dire à celui qui doit bosser avec vous qu'il va bosser pour... disparaître!

5) Faute d'avoir des rencontres trimestrielles entre Caen, Rouen et Le Havre, nous en aurons entre Le Havre, Rouen et Paris: la Nature a horreur du vide!

6) Face à la défaillance du petit rossignol rouennais (qu'on entend plus gazouiller à force de dire "Non!" à tout le monde) et au manque de réalisme "visionnaire" de Notre Dame de Paris, Edouard Philippe du Havre va devoir jouer le marin-pompier de Marseille à la télévision régionale normande.

7) Cela fait, en effet, dix ans que l'on glose et glousse sur cette grande affaire de l'Axe Seine. Anne Hidalgo a raison de dire que cela s'est perdu dans les boucles de la Seine, mais elle omet de dire que ce fut là le choix de François Hollande, Jean-Marc Ayrault et de leurs amis fabiusiens rouennais. Aussi, quelle est la seule nouveauté dans ce dossier filandreux soi-disant d'intérêt national et dont les éléments se sont, semble-t-il, perdus dans divers cabinets ministériels parisiens à défaut d'être sur le haut de la pile et sur le bureau de l'actuel locataire de l'Elysée?

LA REUNIFICATION

DE LA NORMANDIE!