Et parmi les cinq départements normands, c'est la Seine-maritime qui est aussi le plus peuplé des départements normands où l'on trouvera le plus de ménages surendettés...

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La Normandie dans le trio de tête des régions qui comptent le plus de ménages surendettés

Le nombre de dossiers de surendettement déposés à la Banque de France a baissé de 20% en 2020, mais la Normandie reste néanmoins l'une des régions qui comptent le plus de ménages surendettés, derrière les Hauts-de-France.

En 2020, 7521 dossiers de surendettement ont été déposés à la Banque de France, contre 9445 en 2019. Une baisse de 20%. En Seine-Maritime, on n'avait pas vu ça depuis le milieu des années 90, même si la diminution du nombre de dossiers déposés est une tendance constatée depuis plusieurs années. Moins 37,5% entre 2014 et 2019 en Normandie. Deux explications selon le directeur régional de la Banque de France. "Les particuliers ont sans doute rencontrer des difficultés dans leurs démarches pour préparer les dossiers" explique Marc Lantéri, même s'il a toujours été possible de faire une demande y compris pendant le confinement. "Les différentes mesures mises en place par le gouvernement, les collectivités locales, les acteurs privés ou publics, les bailleurs sociaux, et aussi les établissements de crédits qui ont pu se montrer bienveillants".

Tout cela a permis sans doute de limiter la casse.

La part des dettes à la consommation a progressé de 37,7% en 2019 à 39,7% en 2020 en Normandie. Mais parmi les surendettés, 1 sur 4 n'a pas du tout de dettes liées à un crédit à la consommation. "Ce sont des gens qui ont des revenus si faibles qu'ils ne parviennent plus à faire face aux charges courantes" indique Annie Herriou, qui siège tout les mois à la commission de surendettement de la Seine-Maritime au nom de l'association "Que choisir". En Normandie, plus de la moitié des personnes surendettées vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et parmi les dossiers déposés, beaucoup concernent des personnes isolées, des femmes seules avec des enfants à charge, des ouvriers, des employés, des chômeurs (25,9%).

Notre région est ainsi la deuxième région de France la plus surendettée, derrière les Hauts-de-France, et devant la Bourgogne-Franche-Comté. La Seine-Maritime et l'Eure étant les départements les plus surendettés parmi les cinq départements normands.


 

Commentaire de Florestan:

L'actuelle crise sanitaire mondiale est peut-être en train de mettre en branle la plus grave crise économique et sociale depuis la Seconde Guerre mondiale et elle risque d'aggraver un profil socio-économique normand qui était déjà fragile avant cette crise puisque nous avions à combattre grâce au retour de l'unité normande et à la mise en place d'une action publique régionale normande enfin adaptée aux réalités et aux urgences normandes au passif de plus de 50 années passées dans la division régionale et dans la médiocrité localiste qui a généré un sous-investissement massif dans l'équipement du territoire régionale et dans les indispensables ambitions qui permettent à une société, notamment sa jeunesse, de s'élever au dessus de sa condition.

Prenons quelques exemples précis et particulièrement éloquents:

Sachant que la titulaire d'un CAP de coiffure est payée lors de sa première embauche 200 euros de plus en Bretagne qu'en Normandie, 

que le niveau de diplôme reste en Normandie inférieur à la moyenne nationale,

que le taux d'illettrisme en Normandie est supérieur à la moyenne nationale,

que 25% du PIB régional se fait dans l'industrie mais qu'un emploi industriel normand sur deux dépend d'un donneur d'ordres situé à l'extérieur de la région, voire à l'étranger,

on comprend que la Normandie soit particulièrement exposée aux effets sociaux négatifs d'une crise économique, avec un profil socio-scolaire fragile ou un caractère socio-économique dominé par des classes populaires laborieuses que cela soit dans l'industrie, dans l'agro-alimentaire ou les services vivant, notamment, dans les nombreuses petites villes de la Normandie rurale, avec un moteur métropolitain quasiment à l'arrêt (par exemple: à Rouen), avec des populations urbaines déclassées dont il faudrait revoir la formation pour qu'elles trouvent un emploi (par exemple: au Havre) ou encore, une base d'emplois métropolitains supérieurs (ingénieurs, chercheurs, scientifiques, cadres dirigeants) trop étroite pour tirer tout le reste du territoire vers le haut (par exemple: à Caen).

C'EST LE PASSIF DE LA DIVISION NORMANDE !

Et, pour lors, seul le conseil régional de Normandie qui met actuellement en oeuvre une authentique politique de "bouclier social" en direction des entreprises de la région en appliquant concrètement les principes de l'intelligence économique territoriale semble avoir pris la mesure de cet enjeu.

On aimerait que les présidents des cinq départements normands (qui sont en charge, es qualités, de la politique sociale) et que les présidents des trois premières agglomérations urbaines de Normandie (communauté urbaine de Caen, communauté urbaine du Havre et métropole de Rouen) s'en préoccupent davantage en ayant conscience que le LOCALISME risque d'être un facteur aggravant de la grave crise sociale qui s'annonce pour les plus fragiles des Normandes et des Normands.

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