L'actualité relatée ci-dessous dans cet article de Ouest-France rappelle l'intérêt de protéger la source même de l'excellence agro-alimentaire normande: le lait.

Un lait de Normandie AOC/AOP devait être celui produit par une vache de race normande broutant son herbe et son foin dans un pré ou une étable située dans l'un des cinq départements normands: le cahier des charges est simple et clair.

Si cela n'est pas mis en oeuvre c'est que des intérêts moins clairs et moins simples s'y opposent avec force.

Ce qui oblige les éleveurs laitiers normands à entrer seuls ou presque en résistance pour s'imposer sur le marché contre les gros industriels et contre la grande distribution qu'il est inutile de nommer ici puisque vous les connaissez tous...

https://www.ouest-france.fr/normandie/belforet-en-perche-61130/normandie-avec-leur-brique-pur-perche-ils-defient-les-industriels-du-lait-7169081

Normandie. Avec leur brique « Pur Perche », ils défient les industriels du lait

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Commercialisée depuis 2018, la brique de lait ornaise a fait du chemin. Sortie du carcan des industriels du secteur, l’entreprise va s’agrandir et espère enfin une rémunération du lait à sa juste valeur.

C’était en 2018. « On est arrivés dans les rayons et on n’a rien dit à personne », se souviennent Aurélie Suzanne et Samuel Sarciaux. Le couple d’agriculteurs commercialisait sa première brique de lait demi-écrémé fabriquée par leurs soins sous la marque Pur Perche.

Pourtant, rien n’était gagné lorsque Samuel Sarciaux a décidé de s’associer avec sa conjointe, en 2015, pour reprendre l’exploitation familiale dans la commune nouvelle de Belforêt-en-Perche (Orne). « J’ai connu les crises successives du prix du lait. Je ne voulais plus être dans un système où on ne contrôle plus les volumes et les prix. On travaille la tête dans le guidon et je me suis demandé si ma vie allait se résumer à ça », retrace l’éleveur, âgé de 40 ans.

Un quatrième producteur arrive en avril

Aujourd’hui, l’entreprise regroupe deux Gaec (Groupement agricole d’exploitation en commun) de l’Orne et une exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) d’Eure-et-Loir. « Un quatrième producteur de Boissy-Maugis nous rejoint le 1er avril », se réjouit le couple. En collaboration avec leurs homologues bretons de Lait’Sprit d’Éthique, les éleveurs font conditionner leurs 2 millions de litres de lait produits chaque année. Leurs briques côtoient les grandes marques dans les enseignes de grande distribution dans le Perche et en région parisienne.

Alors que les agriculteurs bataillent avec la grande distribution pour fixer les prix encadrés par la loi Alimentation, l’entreprise ornaise a acquis l’autonomie financière. « Le projet monte en puissance. On espère emmener le plus de producteurs possible pour qu’ils vivent mieux de leur métier et préservent notre environnement. »

Avec quelques mois de retard, les exploitants envisagent de financer un outil de transformation pour produire une gamme de crème fraîche à la fin d’année. « L’objectif est d’avoir une rémunération du lait à sa juste valeur, c’est-à-dire à 400 € la tonne », indique l’agriculteur.

« Récupérer l’outil et le fruit de notre travail »

Aurélie Suzanne et Samuel Sarciaux se montrent encore réticents à basculer en agriculture biologique. « Il faut défendre toutes les démarches qui favorisent l’environnement mais je trouve que le bio reste entre les mains des industriels. »

Pur Perche démontre que les alternatives sont possibles. Mais la bataille se joue dans le panier du consommateur. « Il faut récupérer notre outil et le fruit de notre travail, appelle Aurélie Suzanne. Le consommateur est prêt à changer ses habitudes. Consommer autrement, c’est aujourd’hui possible. Il y a une porte de sortie mais ce n’est pas nous qui maîtrisons. » Selon le couple, une brèche dans la citerne laitière est ouverte, il ne reste plus qu’à la fendre.


 

Commentaire de Florestan:

Cette question d'intérêt général d'une AOC /AOP Lait de Normandie nous la posons alors que le bien nommé Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture sera de passage chez nous le 1er mars prochain...

Communiqué de la préfecture de région:

Déplacement de Monsieur Julien DENORMANDIE

Seine-Maritime, Lundi 1er mars 2021

 

 

 

Lundi 1er mars, M. Julien DENORMANDIE, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, se rendra en Seine-Maritime pour saluer la force du monde agricole et sa capacité à se réinventer.

 

Il visitera le Marché d’intérêt national de Rouen, engagé dans une démarche d’approvisionnement local et de circuits courts. Il se rendra ensuite dans le pays de Caux, chez un éleveur de vaches laitières de race Normande, avant de rejoindre la Ferme du Tors, où seront évoqués les sujets de la rémunération des éleveurs, de l’agroécologie et de la gestion de l’eau en milieu agricole.

 

Le Ministre sera accompagné de Mme Christiane LAMBERT, présidente de la FNSEA et de M. Sébastien WINDSOR, président des Chambres d’Agriculture.

 

 

Programme :

 

10h30              Visite du Marché d'intérêt national (MIN) de Rouen

Bureau Administratif

Avenue du Commandant Bernard Bicheray – Rouen

 

                        Présentation de l’entreprise GROSDOIT

Echanges avec les acteurs du MIN

                        Visite de pavillons du MIN : filières locales et circuits courts

Ouvert à la Presse

 

14h00              Visite de l’élevage de vaches laitières de M. Thierry DENNEQUIN

500 route de Brennetuit – Biville-la-Baignarde

Ouvert à la presse

 

15h00              Point presse

 

15h30              Visite de la Ferme de Tors de M. Ludovic DUFOUR

22 Rue du Village – Belleville-en-Caux

Ouvert à la presse

 

16h15              Discussion avec les représentants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs


Lire le reportage proposé par Ouest-France:

Dans lequel on apprend que Julien Denormandie était en terrain conquis dans les prairies normandes, qu'un camembert de Normandie avec du lait allemand c'est impossible, que les amendes pleuvent enfin sur INTERMARCHE et LECLERC (des distributeurs... bretons) et qu'à force de tirer les prix vers le bas, nous allons perdre la qualité de notre production agro-alimentaire...

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/reportage-le-ministre-de-lagriculture-julien-denormandie-regonfle-le-moral-des-%C3%A9leveurs/ar-BB1e7K0x?fullscreen=true#image=1

REPORTAGE. Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie regonfle le moral des éleveurs

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il y a 1 jour

Le ministre de l’Agriculture, en visite chez des éleveurs de Seine-Maritime lundi 1er mars, s’est présenté comme le défenseur du revenu des agriculteurs, alors que les négociations commerciales s’achèvent.

Est-ce l’effet de son patronyme ? Julien Denormandie était en territoire conquis ce lundi 1er mars à Biville-la-Baignarde, dans les verts pâtures de Normandie. Présenté comme le défenseur du revenu des agriculteurs, le ministre de l’Agriculture a échangé avec des éleveurs bovins, ce lundi, jour de la clôture des négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et les industriels de l’agroalimentaire.

Pas anodin. Le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, et les Jeunes agriculteurs (JA) multiplient les manifestations pour dénoncer des prix qui ne respectent pas leurs coûts de production. Malgré la loi Alimentation de 2018, censé mieux répartir la valeur entre les différents maillons de la chaîne alimentaire, des producteurs aux distributeurs en passant par les transformateurs. « Ces négociations sont un jeu de dupe. Il faut sortir de ce système mortifère du prix bas. Sinon, demain, la France importera massivement des produits alimentaires bas de gamme », a déclaré le ministre.

« Rapport de force »

Avec la flambée des matières premières agricoles (blé, maïs, soja, etc.), les éleveurs tirent la langue et vivent très mal les récentes demandes de baisse de prix. « En tant que ministre, je rentre dans le rapport de force. J’appelle toutes les deux à trois semaines, les distributeurs. Tous n’ont pas le même comportement. Les transformateurs ne sont pas exempts non plus […]. J’entends qu’ils peuvent s’approvisionner ailleurs. Mais du camembert de Normandie avec du lait allemand (interdit par le cahier des charges de l’AOP, N.D.L.R.)​, j’attends de voir… La qualité, ça se paie » ​, a-t-il indiqué, devant une marée de micros et caméras, entouré de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et de Sébastien Windsor, président des Chambres d’agriculture (APCA).

 On attrape les gens qui ne respectent pas la méthode (la fixation du prix à partir des coûts de production dans la ferme, N.D.L.R.​). Les contrôles de la DGCCRF (répression des fraudes) ​ont démultiplié. Nous en avons réalisé davantage ces six dernières semaines qu’en six mois. Des amendes sont tombées : 150 millions pour Intermarché, 117 millions pour Leclerc, etc. 

Issue des États généraux de l’alimentation, la loi Egalim ou Alimentation n’a pas rééquilibré les rapports de force.  Il faut qu’on change le système. Peut-être par une nouvelle loi ? ​, s’est interrogé Julien Denormandie, en proposant la généralisation des contrats tripartites (agriculteurs, transformateurs, distributeurs) comme Lidl a su le faire.  Vous vous rendez compte qu’on a distribué des tracts aux automobilistes ce week-end en leur disant d’aller chez Lidl, un distributeur allemand, et pas chez les concurrents Français ​, a déclaré Charles Vimbert, président des JA de Seine-Maritime.

1 500 à 2 000 € de revenu

 Mais vous avez réussi à remonter le moral des éleveurs avec vos prises de position ​, a confié au ministre Jocelyn Pesqueux, éleveur laitier et ancien président du Criel Normandie (interprofession du lait). Des éleveurs, comme Thierry et Sonia Dennequin. Le couple d’éleveurs laitiers avait accepté d’ouvrir leur ferme de 50 ha et cinquante-cinq vaches normandes.  Avec 70 heures par semaine de travail, le revenu oscille entre 1 500 et 2 000 € ​, précise Thierry, 55 ans, qui avoue avoir failli arrêter en 2016, faute de rémunération suffisante.

Les 340 000 litres de lait pour Danone sont de plus en plus durs à produire dans cette exploitation herbagère dont 90 % des revenus sont tirés de l’élevage et 10 % des cultures comme la betterave sucrière et l’orge.

 D’habitude, au 1er mars, il reste du fourrage. Pas cette année. Avec les sécheresses, l’herbe ne suffit plus. J’achète de la luzerne sur 15 ha. Je fauche et j’ensile moi-même.  ​Des coûts supplémentaires pour nourrir les vaches laitières.  Depuis huit mois, la hausse des matières premières signifie 40 à 50 € supplémentaires aux 1 000 litres… ​, renchérit un éleveur. Pour répondre en partie à ces problèmes, Sonia et Thierry Dennequin ont développé le circuit court.