Billet de Florestan
La crise du Covid révèle et accélère le phénomène:
Les grandes métropoles et, notamment la région parisienne, perdent, de plus en plus, d'habitants au profit des villes moyennes de la province française: la possibilité de télétravailler est un facteur puissant mais aussi la volonté de plus en plus forte de changer de vie professionnelle et privée chez les quadra Parisiens à hauts revenus.
A priori, du fait de son positionnement géographique, de son profil socio-culturel, de ses potentiels en terme d'innovation mais aussi eu égard à la richesse exceptionnelle de son patrimoine culturel et historique, la ville normande de Caen a, donc, toutes ses chances...
Mais encore faudrait-il faire tout ce qu'il conviendrait de faire pour tenir davantage compte de ce que ces nouvelles populations recherchent dans une ville moyenne car les deux premiers critères sont les suivants:
  1. LA QUALITE ET L'AUTHENTICITE DU CADRE DE VIE: PATRIMOINE CULTUREL, HISTORIQUE et NATUREL. Ces nouveaux habitants, souvent des urbains blasés, recherchent une authenticité, une typicité, voire une identité que l'on ne retrouve plus dans les grandes métropoles.
  2. UN BON RAPPORT QUALITE/PRIX pour organiser sa vie professionnelle, familiale: le prix de l'immobilier, la présence des emplois et de tous les services nécessaires à la vie familiale à proximité du domicile. Un réseau de transports en commun efficace.
Concernant le premier critère, pas sûr que bétonner à tout va le centre-ville de Caen en fourrant un centre commercial de plus dans le coeur de l'agglomération française qui, probablement, en dispose le plus par tête d'habitants, soit le choix urbain le plus pertinent sachant que seule l'arrivée de ces nouvelles populations couplée avec une chalandise touristique régulière sur toute l'année souhaitant découvrir une belle ville normande "d'art et d'histoire"  permettra de sauver l'avenir du commerce du centre-ville de Caen tout en stabilisant la population de la commune centre de l'agglomération caennaise au dessus du seuil des 100000 habitants:
Sur ce dernier point, le potentiel de renouvellement urbain n'est pas dans le bétonnage sur table rase hélas pratiqué dans le tissu urbain caennais rescapé des bombes de 1944 et des nombreuses démolitions faites après mais dans la rénovation-transformation des immeubles du centre-ville reconstruit des années 1950/1960 accompagnée d'une végétalisation des rues et des coeurs d'îlot: c'est en noyant le béton dans la verdure que le centre-ville de Caen pourra séduire de nouveaux habitants.

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Caen: une ville très minérale, notamment dans sa partie reconstruite après 1944...

En effet, les touristes et ces nouveaux habitants au profil social "métropolitain supérieur" (d'autres diront... "bobos") disposent d'un pouvoir d'achat supérieur à celui dont dispose les populations locales. Pour mémoire, on rappelle que le revenu mensuel médian des Caennais s'élevait à 1600€ en 2019: diviser une chalandise locale sans grand pouvoir d'achat en dupliquant des offres commerciales à peu près identiques entre la périphérie et le centre de Caen, voilà une belle politique de Gribouille!
Joël BRUNEAU en tant que maire de Caen et président d'une agglomération caennaise qui se montre incapable de maîtriser son urbanisme commercial désormais tentaculaire, a tout faux!
Ecouter sous le lien suivant, l'analyse proposée par le sociologue Jean Viard sur l'antenne matinale d'Europe 1 (22 mars 2021):
DE L'ART DE CHANGER DE L'OR...

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...EN PLOMB!

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L'idée de créer une halle gourmande dans le centre-ville de Caen pour valoriser la gastronomie caennaise et les produits locaux normands est un excellente: nous l'avons toujours défendue ici et ailleurs!

Mais la noyer dans un banal projet immobilier sans grande imagination en MASSACRANT le patrimoine végétal et mémoriel d'une ville normande martyre de la Seconde Guerre Mondiale est vraiment...

CONSTERNANT!

Pour mémoire, nous avions proposé les trois alternatives réalistes suivantes:

1) Créer un grand parc et jardin public dans le prolongement de la place de la République en restituant à l'identique en pierre de Caen l'ancien portail monumental de l'hôtel-de-ville d'avant 1944 pour en faire le mémorial aux victimes civiles caennaises de la Seconde Guerre Mondiale.

2) Créer la halle gourmande en réhabilitant la friche de l'immeuble du "Chandivert" (îlot Bellivet) qui fut la brasserie de Caen jusqu'en 1951.

3) Recréer le marché couvert municipal sur la place Courtonne au bout du bassin Saint-Pierre.