MESSAGE DE L'ETOILE DE NORMANDIE à Monsieur Hervé MORIN, président de la Normandie, à Monsieur Marc LEFEVRE président du conseil du département de la Manche et à Monsieur Ian GORST, ministre en charge des affaires étrangères auprès des Etats de Jersey...

IL Y A URGENCE A PRESERVER L'INTERET GENERAL DE LA PECHE ARTISANALE DANS LES EAUX DU GOLFE ANGLO-NORMAND !

IL Y A URGENCE A PRESERVER L'INTERET GENERAL NORMAND ENTRE LES ILES ET LE CONTINENT !

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 https://www.ouest-france.fr/normandie/peche-a-jersey-la-colere-des-normands-et-bretons-prete-a-exploser-f87e841a-ac1e-11eb-bd4c-6c45bd504be8

Pêche à Jersey : pourquoi la colère des Normands et Bretons est prête à exploser

Les pêcheurs manchois se sont réunis à Cherbourg puis Granville, ce lundi 3 mai 2021. La colère monte contre les conditions de pêche imposées par Jersey dans le cadre des accords post-Brexit.

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Tout semblait bien parti vendredi 30 avril. Une partie des pêcheurs de Manche Ouest avait reçu ses autorisations de pêche dans les eaux territoriales jersiaises. L’autre partie de liste semblait en bonne voie. Mais dans tous les contrats, il faut lire les petites lignes… Car si les bateaux ont bien été autorisés, c’est à certaines conditions imposées par le gouvernement du bailliage de Jersey. « Ces autorisations de pêche sont incohérentes. Sans explication, les autorisations varient de 7 à 170 jours de pêche par an par bateau. Un caseyeur pêchant bulot et homard s’est retrouvé avec une autorisation que pour les bulots », expliquait, lundi, un groupe de pêcheurs.

Ce lundi matin, une soixantaine de pêcheurs s’est rassemblée devant la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) à Cherbourg. Mais après une entrevue avec Jean-Pascal Devis, directeur adjoint, le moral est au plus bas. « Il nous a confirmé que Jersey était souverain dans ses décisions. Leurs décisions risquent d’être irréversibles », déclare Romain Davodet, pêcheur de Carteret. Avec les pêcheurs bretons concernés, ce sont environ 250 navires qui sont impactés, soit 900 familles. « Et plus de 2 000 emplois à terre. »

« Une décision unilatérale »

Les pêcheurs prennent alors la route de Granville pour une réunion à la criée. La tension est palpable. L’exaspération gagne même Bertrand Sorre, le député LREM de la Manche. « Cette décision unilatérale de Jersey est totalement illégale. Nous sommes soumis depuis trop longtemps au bon vouloir du Royaume-Uni. Il faut que la Commission européenne fasse son travail ! »

David Sellam, de la Direction interrégionale de la Mer, parle sans filtre. « On a en face de nous des gens qui ne sont pas de bonne volonté. Jersey est parasitée par une frange extrémiste emmenée par le ministre de l’environnement, John Young, et le directeur du comité des pêches local, Don Thompson. Tout ce qu’ils veulent, c’est voir l’effort de pêche français réduit et ils profitent du Brexit. Si on veut la paix préparons la guerre… Si on veut mettre la pêche de Jersey à genoux, on peut le faire. »

La vente sous criée est d’ores et déjà interdite aux Jersiais à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), elle le sera dans les prochaines heures à Granville. « C’est un poker menteur, s’insurge Didier Leguelinel, du comité des pêches. On a aussi les moyens de couper l’approvisionnement en électricité de l’île. Que l’État fasse la preuve de ses moyens de pression. »

Assez pour calmer la colère des pêcheurs ? Dans les rangs, on plaide pour la confrontation directe. « J’ai fait le plein du bateau, on est prêt pour le coup de Trafalgar. » Jean-Claude La Vaullée navigue depuis quarante ans dans les eaux de Jersey sur son Cach. « Et on m’a octroyé… onze heures de pêche par an. C’est quoi ça ? Un pourboire ? »

« Ce qu’on veut, c’est travailler »

L’inquiétude est palpable parmi les jeunes. Parmi eux, Théo Marais, pêcheur de Gouville. « Je fais construire mon premier bateau. J’ai 24 ans, c’est un bateau à 825 000 € que je ne suis même pas sûr de pouvoir mettre à l’eau ! On aime nos métiers. On ne veut pas vivre des aides, ce qu’on veut, c’est travailler. »

La réunion se termine mais un petit groupe d’une trentaine de marins reste. Ils envisagent de se rendre à Jersey jeudi. Les comités des pêches normands et bretons ont, dans un communiqué conjoint, appelé « à une suspension de toutes relations économiques avec Jersey, dont la liaison ferry avec le continent. Afin que la provocation ne devienne pas une humiliation pour la France et l’Europe ».


 Commentaire de Florestan:

Sur le dossier très sensible de la pêche post-Brexit, nous avons ici toujours pris soin de ne surtout pas jeter de l'huile sur le feu en rallumant d'inutile querelles nationalistes chauvines entre la France et l'Angleterre puisque nous savons ici en tant que Normands authentiques que dès que les relations se tendent entre l'Angleterre et le continent ou entre l'Angleterre et la France c'est la Normandie et les Normands qui trinquent le plus et en premier... La Seconde guerre mondiale en témoigne jusqu'au tragique!

En outre, la Normandie a de par son histoire, ses héritages culturels et institutionnels partie liée avec l'actuelle monarchie britannique, notamment dans la personne même de la Reine ou du Roi d'Angleterre puisque le souverain britannique est encore "duc" de Normandie pour les états et bailliages de Jersey, Guernesey, Aurigny et seigneurie de Sercq.

En conséquence, en raison de ces liens originaux, profonds et concrets, les responsables politiques Normands qu'ils soient des îles ou du continent (la Normandie française) ont un devoir particulier de sauvegarder un particularisme précieux dont le maintien permettrait d'assurer au mieux l'intérêt général pour la préservation, la valorisation et le développement d'un golfe anglo-normand au patrimoine naturel exceptionnel par sa qualité.

Concernant la pêche, il est donc URGENT de ne pas oublier l'évidence de l'héritage historique, culturel, patrimonial du lien entre la Normandie continentale et ses outremers (îles anglo-normandes et Royaume-Uni) car cette évidence doit servir d'outil politique pour permettre à TOUS de ne pas oublier l'autre évidence:

A savoir que les pêcheurs Normands, Bretons, Jersiais et Guernesiais pratiquent, peu ou prou, TOUS une pêche artisanale qualitative soucieuse de préserver la ressource.

Nous en appelons donc au calme et au volontarisme politique: mettre tous les acteurs concernés autour d'une table pour reconstruire ensemble le cadre des accords de la baie de Granville étendus des îles Chausey aux Casquets pour faire reconnaître à Bruxelles mais aussi à Londres et à Paris l'originalité et la spécificité du golfe anglo-normand ou normanno-breton!

Pour le dire, d'un mot: mettre enfin en oeuvre... LE PLAN HUGO!

http://normandie.canalblog.com/archives/2020/12/07/38694573.html

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Hervé MORIN et Marc LEFEVRE sont obligés d'entrer dans un rapport de force qui est pour nous un véritable crève-coeur!

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Par ailleurs, au JT de 19h de France 3 Normandie du 3 mai 2021, il a été précisé que la Ministre de la Mer a précisé que "les nouvelles exigences dont Londres a assorti la délivrance d'autorisations de pêche dans les îles anglo-normandes et notamment l'île de Jersey sont nulles et non avenues car elles n'ont pas été notifiées à la Commission européenne".


 Voir enfin:

https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/droits-de-peche-a-jersey-les-manchois-denoncent-un-coup-de-force-anglo-normand-1620055980

Droits de pêche à Jersey : les Manchois dénoncent "un coup de force anglo-normand"

Lundi 3 mai 2021 à 18:17 -
Par , France Bleu Cotentin
Réunis à Granville trois jours après avoir reçu les licences leur permettant de continuer de pêcher dans les eaux de Jersey, les professionnels manchois ont dénoncé ce lundi les conditions imposées par les autorités de l'île anglo-normande. Certains se disent prêts au blocus de l'île.

Les pêcheurs manchois étaient réunis lundi après-midi à Granville pour exprimer leur colère et leur incompréhension après la délivrance par les autorités de Jersey des fameuses licences leur permettant de continuer de pêcher dans les zones anglo-normandes malgré le brexit. Ces licences sont assorties de conditions de pêche inacceptables pour les professionnels manchois, remontés contre ce qu'ils considèrent comme un coup de force de Jersey qui va à l'encontre des traités signés avec l'Union européenne.   

Nombre de jours de pêche revus à la baisse

Après avoir attendu des semaines, les patrons pêcheurs s'attendaient à recevoir un permis de pêche dans les eaux anglo-normandes, qui leur permettrait de continuer les prélèvements dans les mêmes proportions. Sauf qu'ils se sont vu attribuer un nombre de jours de pêche limités sur un an : de 7 jours, autrement dit rien du tout, à 170 jours selon les bateaux. Dans tous les cas, c'est bien en deçà du nombre de jours effectifs passés jusqu'ici dans les eaux jersiaises. 

En outre, la licence stipule également à quelle pêche peut prétendre chaque bateau. Pour les pêcheurs manchois rassemblés à Granville hier, c'est un coup de Trafalgar. Un abus de pouvoir. La colère est palpable et certains envisagent d'aller défier Jersey en organisant un blocus de l'île. Pour l'instant, réponse moins belliqueuse, la décision a été prise d'interdire la débarque des poissons des pêcheurs anglo-normands à la criée de Granville

Engager un bras de fer diplomatique

Les professionnels attendent maintenant que la France et l'Europe fassent pression sur les autorités de Jersey pour les faire reculer. Il y a les moyens en remettant en cause des accords bancaires, les règles des échanges commerciaux ou encore l'approvisionnement énergétique de l'île. Encore faut-il qu'il y ait la volonté politique estiment les pêcheurs qui s'inquiètent des délais pour trouver une issue favorable à la crise.


 Commentaire de Florestan:

Nous déplorons que Ian Gorst, le ministre des affaires étrangères des Etats de Jersey n'est pas eu la possibilité d'imposer son point de vue face au trublion "nationaliste" qui préside et malmène le comité des pêches de Jersey.

Il y a urgence à revenir à la table de négociation pour ne pas jeter par dessus bord tout ce qui unit la Normandie aux îles anglo-normandes. Fondamentalement, il faut craindre l'idée qu'à Saint-Hélier tout comme à Saint-Pierre-Port, la classe politique locale n'a pas encore saisie toute la portée du Brexit pour l'avenir des îles anglo-normandes et notamment celle-ci:

La relation particulière à la Normandie continentale et la relation à la France va devenir, à terme, plus importante que la relation institutionnelle et politique au Royaume-uni, notamment dans ses aspects les plus concrets (par ex: la fourniture en énergie).

Face à cette crise inédite, il faudrait que puisse intervenir, d'une manière ou d'une autre, les baillis de Jersey et de Guernesey car ils ont le devoir de maintenir l'intérêt général selon l'antique coutume normande.

Voir aussi:

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/peche-post-brexit-jersey-accuse-la-france-de-reagir-de-maniere-disproportionnee-20210505

Pêche post-Brexit: Jersey accuse la France de réagir de manière «disproportionnée»

Les autorités de Jersey ont accusé mercredi la France de réagir de manière «disproportionnée» après une menace implicite de Paris de couper le courant sur l'île anglo-normande en raison des conditions de pêche imposées aux marins français après le Brexit.

«Ce n'est pas la première menace que les Français ont formulée envers Jersey ou le Royaume-Uni depuis que nous sommes dans ce nouvel accord», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Ian Gorst, sur la BBC en référence à l'accord post-Brexit conclu entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. «Il apparaîtrait disproportionné de couper le courant juste parce qu'il faut fournir des détails supplémentaires afin que nous puissions affiner les licences» de pêche avant leur octroi, a-t-il ajouté.

La ministre française de la Mer, Annick Girardin, a affirmé mardi que la France était prête à recourir à des «mesures de rétorsion» si les autorités britanniques continuaient à restreindre l'accès des pêcheurs français à ces eaux. S'exprimant devant l'Assemblée nationale, elle a fait allusion à des répercussions éventuelles sur le «transport d'électricité par câble sous-marin» qui alimente l'île depuis la France.

Liste de 41 navires français

Selon son ministère, le Royaume-Uni a publié vendredi une liste de 41 navires français autorisés à pêcher dans les eaux de Jersey, mais cette liste s'accompagne de nouvelles exigences «qui n'ont pas été concertées, discutées ni notifiées avant» dans le cadre de l'accord. Le ministère de la Mer a signalé à Bruxelles ces nouvelles mesures imprévues, et attend désormais de la Commission, seule habilitée à négocier avec le Royaume-Uni, qu'elle obtienne des «éclaircissements».

«Je pense qu'une solution peut être trouvée. Je suis optimiste sur le fait que nous puissions accorder davantage de temps pour que ces éléments soient fournis» en vue de l'octroi des licences, a indiqué Ian Gorst. Dans un communiqué publié mardi, le gouvernement de Jersey a assuré avoir «octroyé les licences de pêche conformément à l'accord commercial» conclu entre Bruxelles et Londres fin décembre.

Interrogé sur la chaîne Sky News, le secrétaire d'État britannique chargé du programme de vaccination anti-Covid, Nadhim Zahawi, a souligné qu'il était nécessaire de «travailler de manière constructive» pour «aplanir les différends». «C'est un problème sur lequel la Commission doit travailler avec notre équipe», a-t-il ajouté, soulignant que selon les Britanniques, «la Commission prend au sérieux certains de ces défis opérationnels que nous devons régler ensemble».