Qui n'a pas entendu parler de la lettre ouverte des généraux du bel avril, peu importe le jour de sa publication ?

     Point n'est donc besoin de donner des détails sur son contenu...

L'expression écrite est plus subtile que le lancement d'un pavé dans une mare, voire un marigot...

     Sur ce sujet, Verdevase n'a pas l'intention d'appliquer la politique de l'autruche, à savoir enterrer sa tête dans le sable plutôt que dans la vase...

     Il déclare être pleinement solidaire de la démarche de ces généraux !

     Il précise que s'il s'agit de généraux à la retraite, c'est peut-être parce que l'armée d'active n'a pas la liberté de parole sans pour autant que son ressenti soit différent de celui de ses frères d'armes retraités...

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     Il se pose en outre la question suivante : la classe politique a-t-elle le droit de demander à ses soldats de risquer leurs vies à l'extérieur du territoire pour protéger le peuple français quand elle n'a rien fait depuis des décennies pour défendre les valeurs morales et culturelles nationales à l'intérieur et que les élites dirigeantes qui prétendent avoir autorité sur l'armée se sont déshonorées par leur manque de volonté et de courage ?

A cette question, il répond : NON !

     Imagine-t-elle un instant l'état d'esprit d'un soldat en " Opex " quand il apprend que des familles de représentants de l'ordre en France sont menacées ou que des représentants de l'ordre sont agressés à leurs domiciles ? Ou quand il apprend qu'il se produit de véritables scènes de guérilla urbaine à coup de mortiers d'artifice et de projectiles divers ? Ou quand le ministre de l'intérieur envisage de mieux... protéger la police ?

A ces questions, il répond encore : NON !

     Un média numérique a osé titrer une chronique :

     " Une vingtaine de généraux cacochymes signent une tribune et la médiasphère s'enflamme. "

     Si l'auteur de l'article est apparemment cultivé, il ne néglige pas l'insulte et flirte avec les sophismes et les préjugés...

     Que sait-il du parcours des généraux qu'il qualifie de cacochymes (moyenne d'âge 75 ans, précise-t-il dans le corps de sa chronique) ?

     N'y-a-t-il pas une proportion non négligable de parlementaires septuagénaires, voir octogénaires encore en fonction (au Sénat, par exemple) ? Ou de consultants conseillers du pouvoir ayant largement dépassé l'âge de la retraite ? Ou de grands patrons qui ne se résignent pas à passer la main malgré leur grand âge ?

     Quand aux députés plus jeunes de la majorité gouvernementale, qui ne sont probablement pas cacochymes, ne comportent-ils pas une bonne proportion de représentants du peuple " d'opérette " et de godillots ?


 Commentaire de Florestan:

Emmanuel Chaunu, le dessinateur de presse normand que nous connaissons tous, a pris, lui aussi, position sur ce sujet...

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 Lu aussi dans la presse normande. (Le Réveil Normand, 5 mai 2021):

L'humeur du Réveil Normand. Militaire, donne ta vie, pas ton avis | Le Réveil Normand (actu.fr)

L'humeur du Réveil Normand. Militaire, donne ta vie, pas ton avis

Une étrange injonction est faite aux militaires. Ils ont pour mission de défendre la France, de mourir éventuellement pour cela... mais en silence de préférence.

Dans une tribune publiée dans le magazine Valeurs Actuelles, une vingtaine de généraux en retraite suivie d’une centaine de hauts gradés et de plus de 1 000 autres militaires, dénoncent le « délitement qui frappe notre patrie », en accusant « les hordes de banlieues ». D’après un sondage commandé par LCI, 58 % des Français interrogés disent soutenir les signataires de cette tribune, à l’inverse de Jean-Luc Mélenchon, le président de la France insoumise, qui dénonce avec sa mesure légendaire « un appel à l’insurrection ».

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Comment faut-il interpréter ce soutien massif des Français ? Ont-ils eux aussi cette sensation de délitement pointé par la tribune des militaires ? Sont-ils d’accord avec les accusations de « laxisme qui continue à se répandre » ? C’est possible et Marine Le Pen s’en frotte les mains.

Une injonction choquante

A moins que cette adhésion à la critique d’une poignée de généraux porte en elle un autre message sous-jacent. Il ne serait pas surprenant que l’opinion publique veuille s’insurger contre l’injonction faite à un militaire, à savoir, « donne ta vie, pas ton avis ». Pour ceux qui ont eu la chance (Ndlr, oui cela a été une chance) de la faire, l’Armée nous apprend que dans ce corps là il faut obéir et fermer sa gueule, appelé ou engagé.

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C’est ainsi, c’est admis parce qu’ils signent pour cela mais n’est-il pas temps de libérer de manière plus officielle la parole de ces hommes et femmes de terrain. Que les généraux de cette tribune aient raison ou pas, ce n’est pas le propos, il peut être utile de s’appuyer sur l’expérience de ceux qui savent pour régler nos problèmes de société. Si ce sont des militaires, alors pourquoi pas ? Après tout, ce ne sont pas eux qui ont proposé de Karchériser les cités… Les abus de langage sont partout, les incompétents aussi.

Probablement, la France derrière la tribune des généraux est avant tout une France en désaccord avec l’idée que l’on puisse bâillonner l’expression d’une jeunesse que l’on envoie au combat.

Avant de lui remettre une légion d’honneur… à titre posthume.


 

Enfin, on lira, ci-après, le texte intégral de la lettre ouverte des militaires de l'Armée française à nos gouvernants parue sur le site de l'hebdomadaire "Valeurs actuelles" le 21 avril 2021 et signée par une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et un millier d'autres militaires, la plupart à la retraite mais certains sont encore d'active...

Texte signé par 24805 militaires à la retraite (5 mai 2021)

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.
Nos drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « Honneur et Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie.
– Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.
– Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas.
– Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.
Les périls montent, la violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.
Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.
Comme le disait le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation.
Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.
On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers.
Les généraux signataires :
Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT), général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale).