On nous rapporte l'existence d'une pollution des eaux de la Seine dans le port de Rouen au niveau du bassin Saint-Gervais non loin du port de plaisance...

La métropole de Rouen a porté plainte...

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https://www.lecourriercauchois.fr/actualite-282651-pollution-dans-le-bassin-saint-gervais-la-metropole-de-rouen-porte-plainte-contre-x

Pollution dans le bassin Saint-Gervais. La Métropole de Rouen porte plainte contre X

Pollution. C'est un récipient de pesticide percé, dans une entreprise de transport à Canteleu, qui a provoqué cette pollution.

Samedi 22 mai, en soirée, l'eau du bassin Saint-Gervais, à proximité du port de plaisance de Rouen, a été polluée par une fuite de pesticide. Une irisation de couleur bleue à hauteur du quai du port de plaisance de Rouen, pour une surface totale d'environ 500 m2, avait alors été observée. Cette pollution provient d'une entreprise de transport, située chemin de Croisset à Canteleu. C'est un récipient de pesticide qui était percé.

Selon la préfecture, "les fortes précipitations de l'après-midi ont emporté une partie du liquide échappé jusqu'à la Seine. Immédiatement, les gendarmes de la brigade fluviale et des équipes spécialisées en risques chimiques du SDIS 76 ont procédé à l'obturation des regards d'eau pluviale situés dans l'entreprise. Aucun barrage flottant n'a pu être mis en place dans le port car la densité du produit ayant fui était très proche de celle de l'eau. Avec l'appui d'une entreprise de travaux publics spécialisée dans l'assainissement et en lien étroit avec les équipes du grand port maritime de Rouen et de la ville, deux hydrocureurs (camions-citernes avec pompe haute pression) ont été installés sur place pour réaliser un pompage." Le récipient d'insecticide contenait du thiamétoxame, substance active dont la production, le stockage et la circulation sont autorisés en France jusqu'au 1er janvier 2022.

Toujours selon la préfecture, "les modélisations réalisées ont mis en lumière une pollution très inférieure aux seuils entraînant un risque létal pour la faune aquatique (à savoir de l'ordre de 0,8 mg/l, la dose létale pour la faune aquatique s'établissant à 100 mg/l, soit plus de 100 fois moins). Au soutien de cette modélisation, aucun impact n'a été constaté par les équipes lors de leurs observations qui vont se poursuivre dans les jours à venir, en lien avec l'Office français de la biodiversité, pour caractériser l'éventuel impact de la fuite sur le milieu."

Une enquête judiciaire a été lancée par les enquêteurs de la brigade fluviale de gendarmerie de Rouen, sous l'autorité du procureur de la République, afin d'établir les causes de l'incident ainsi que les responsabilités.

"Notre territoire est à nouveau souillé"

Pour la Métropole de Rouen Normandie "le produit pesticide contiendrait des néonicotinoïdes, en particulier du thiaméthoxame, substance hautement nocive, très soluble dans l'eau, interdite en France depuis près de… trois ans ! Si ces éléments devaient être confirmés, il serait absolument scandaleux que de telles substances aient pu être stockées et circuler sur le territoire, sans contrôle adéquat ni transparence. Résolument engagée pour la prévention des risques, la Métropole Rouen Normandie va donc porter plainte contre X dans le cadre de cet événement."

Pour Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole, et Charlotte Goujon, vice-présidente en charge des risques industriels et de la santé, "cette pollution de la Seine, dont nous avons eu connaissance samedi 22 mai, est un nouveau scandale (...) Un an et demi après l'incendie (Lubrizol) du 26 septembre 2019, notre territoire est à nouveau souillé. Comment se fait-il qu'un tel produit ait pu être stocké et circuler sur notre sol ? Où sont la transparence et la rigueur pourtant indispensables à la sécurité industrielle ?"

Les deux élus demandent au préfet de la Seine-Maritime "de rendre public l'ensemble des éléments à sa disposition permettant d'expliciter les circonstances et les conséquences de cet événement. Pourquoi cette entreprise stocke-t-elle des produits dont l'utilisation est interdite ? Quels sont les effets concrets sur la Seine de cette pollution, pour les populations, la faune, la flore ?"


 

Voir aussi ce communiqué diffusé par la préfecture de région:

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Commentaire de Florestan:

Une fois de plus se pose la redoutable question de la cohérence des politiques publiques de prévention des risques industriels dans la métropole de Rouen qui est, en terme relatif, la métropole la plus industrielle de France.

Le "monde d'après" ne consiste pas à chanter les louanges d'un monde qui n'existera jamais ou à faire des opérations de communication: la réalité maltraitée par l'idéologie se venge toujours... Notamment à Rouen.

Mais le plus désagréable sinon le plus inquiétant dans cette consternante affaire c'est que le procès d'incompétence et d'incurie mené par le Nouveau Maître de Rouen contre le Préfet et les services de l'Etat se poursuit, entretenant depuis l'affaire Lubrizol une très mauvaise ambiance relationnelle et de travail entre la présidence de la métropole de Rouen et le représentant de l'Etat en Normandie.

On craint d'avoir à deviner la suite de cette médiocre polémique entre Nicolas Mayer-Rossignol et le Préfet Durand qui dessert gravement l'intérêt général normand:

En effet, il est probable que les services de l'Etat invalideront les propositions alternatives avancées par les associations écologistes et la majorité socialo-écolo de la métropole de Rouen pour ne pas réaliser l'actuel projet de contournement autoroutier Est de Rouen...

La guéguerre entre le préfet de région et le Nouveau Maître de Rouen risque de se poursuivre...