Quand Ouest-France demande l'avis des Normands pour raconter la vie des Normands cela donne ça:

https://www.ouest-france.fr/elections/regionales/temoignages-ils-votent-aux-elections-ou-s-abstiennent-la-vie-des-normands-7cc6da84-d4fa-11eb-8ba8-8a08e843d49f

« Aux régionales, on élit les députés » : le rapport complexe de Normands avec les élections

« La vie des Normands », c’est le nom du feuilleton lancé par Ouest-France pour vous faire suivre des hommes et des femmes, des villes et des champs, de tous âges, pendant plusieurs mois. Sont-ils allés voter dimanche 20 juin 2021 aux élections régionales et départementales ? Pourquoi ne votent-ils pas ? Iront-ils pour le second tour ? Ils nous expliquent.

Coralie Carboni, 26 ans, trois enfants, maman au foyer à L’Aigle (Orne)

« J’ai voté, une fois, c’était pour une élection présidentielle. Je n’ai pas voté dimanche, je n’irai pas dimanche prochain non plus. Je ne savais même pas qu’il y avait des élections. Ça ne m’intéresse pas, je n’y connais rien et je n’ai pas envie de m’y intéresser. Qui que ce soit, je ne vois pas bien ce que cela peut changer… »

Huguette Fanfani, retraitée à Agon-Coutainville (Manche)

« Pour moi, c’est une évidence d’aller voter. Des femmes se sont battues pour que l’on puisse voter, alors il faut s’en servir. On ne sait jamais si un jour nous tombons dans un régime totalitaire… Il faut faire valoir nos droits. J’irai voter au second tour donc, même si je dois avouer que je n’y connais pas grand-chose en politique. Ce n’est pas évident de s’y retrouver cette année. Il y a des bonnes et des mauvaises choses. Je peux choisir un candidat pour une bonne idée et voir ensuite qu’il en a des mauvaises. Ça me fait changer d’avis. C’est difficile de bien comprendre les programmes. »

Thérèse Burnel, retraitée à Agon-Coutainville

« Non, je n’irai pas voter car je suis encore inscrite sur une liste en Ile-de-France. Mon changement de liste étant en cours, je ne peux pas me rendre aux urnes dimanche prochain non plus. Mais pour être honnête, je n’avais pas prévu d’y aller. J’ai autre chose à faire. Je prépare mon déménagement dont je n’ai pas vraiment la tête à ça. J’ai survolé brièvement les programmes des uns et des autres mais je n’ai rien retenu. »

Miloud Zaami, 59 ans, Vimoutiers (Orne), ouvrier de fonderie dans l’Eure

« Je suis Français ! Bien sûr que je vote et à chaque fois ! Là, je suis en arrêt après une intervention chirurgicale, je n’ai pas pu y aller dimanche mais j’irai pour le second tour. J’ai mes idées, je regarde les programmes, il y a les personnes que je connais… Je ne vous dirai pas qui mais j’ai choisi. J’irai avec Khadouj, ma femme. Le bureau n’est pas loin des Près-Gâteaux où on vit. Là où l’eau est montée cette semaine… Les enfants (le couple en a quatre), des fois ils votent, des fois ils ne votent pas. Les jeunes, vous savez ce que c’est… Vous avez vu ? Ils ne sont pas allés voter dimanche. C’est plus un truc de vieux. »

Noémie Dhélin, 20 ans, chargée de recrutement en alternance au Havre

« Je ne m’intéresse pas à la politique. Mon entourage, qui s’y intéresse plus que moi, essaie de m’y mettre. Je n’ai jamais été dedans en fait, je n’ai jamais lu un programme. Donc je ne suis pas allée voter pour les départementales et les régionales. J’irai pour les présidentielles, promis ! »

Régine Fourmont, 65 ans, retraitée à L’Aigle

« Je vote à chaque élection. Je lis les prospectus qu’on reçoit et je choisis en fonction des personnes. Là, on avait notre maire qui était candidat (aux élections départementales), ça compte. Je n’ai plus la « souvenance » des propositions mais je regarde les projets qui peuvent changer des choses, même si je sais que tout n’aboutira pas. Je voterai à nouveau dimanche. La Région, c’est important : ses élus, les députés, nous défendent au Sénat le jeudi après-midi (1). »

Étienne Lenorais, 23 ans, en recherche d’emploi à Caen

« Je ne m’intéresse pas assez à la politique pour avoir un avis fort. Malgré tout, je vais voter. Après, il y a toujours ce côté guéguerre des partis où les uns et les autres veulent faire entendre leurs arguments. Je pense que si on enlève les extrêmes, n’importe quel parti peut faire des choses bien comme des choses pas bien. Mis à part sur l’écologie qui mérite davantage d’efforts, je n’ai pas d’attentes en particulier car ma situation me place dans le milieu un peu haut du panier, sans les problématiques des gens trop haut qui vont râler parce qu’on leur enlève quelque chose et celles des gens en difficulté.»

(1) Les élus au conseil régional sont les conseillers régionaux. Les députés, élus aux élections législatives, siègent à l’Assemblée nationale. Au Sénat siègent les sénateurs.


 

Commentaire de Florestan:

Stéphanie Séjourné, Quentin Valognes et Bastien Bocquel les trois journalistes a priori normands de la rédaction caennaise de Ouest-France nous offrent ce bouquet de témoignage qui est censé nous éclairer sur l'état d'esprit de nos concitoyens normands vis-à-vis de la politique en général et de l'élection pour le conseil régional de Normandie en particulier. L'objectif est de nous expliquer, sans prendre trop de risques intellectuels ni même beaucoup travailler, les raisons de l'abstention massive observée dimanche dernier lors du premier tour.

Sauf que ces témoignages, pris ensemble, ne valent rien pour la bonne et simple raison qu'ils ont été sélectionnés arbitrairement par des journalistes qui n'expliquent pas leurs méthodes de travail pour écrire ce genre d'article dans un quotidien régional qui n'est pas réputé pour sa bienveillance à l'égard de l'idée régionale normande...

Dans les 33% de concitoyens normands qui ont réussi à trouver le chemin des urnes, plus de 36% d'entre eux ont voté pour le bilan normand d'Hervé Morin: ce n'était donc pas si difficile de trouver un Normand fier de sa région pour témoigner de son vote dimanche dernier.

Dans une édition bretonne de Ouest-France, un tel témoignage de fierté régionale aurait vite trouvé sa place dans la dernière page en couleur du quotidien, la page des Bretons heureux...

Enfin, les grands médias dits régionaux, audio-visuel et presse écrite n'ont fait que peu de pédagogie des enjeux normands pour stimuler la curiosité des électeurs sur des sujets qui les concernent pourtant tant dans leur quotidien que pour leur avenir: le covid a bon dos et on ne peut que déplorer cette paresse intellectuelle...

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