15 novembre 2009
Si d'autres parlent d'identité nationale, nous choisissons de parler de notre identité régionale
Voici les 14 pages passionnantes et lumineuses à lire sur les origines d'une identité régionale normande contemporaine: un petit trésor que Jean-François Brisset nous a transmis pour l'afficher sur l'EN.
Source: Revue "Terrain, revue d'ethnologie de l'Europe" N° 33 Septembre 1999, pp. 145 - 156
NAISSANCE DE LA NORMANDIE 1750 - 1850 par François GUILET (PDF)
ou à télécharger François_GUILLET
Michel H. A. Patin
13 novembre 2009
La Normandie Impressionniste: reconstruire un espace vécu régional normand?
NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2010: Reconstruire un espace vécu régional normand? (avec une dimension internationale)
Eugène BOUDIN, la plage de Trouville
Voici un lien qui vous permettra de prendre lecture du texte de Jacques-Sylvain KLEIN qui nous explique pourquoi la Normandie est devenue vers 1870 le berceau de l'impressionniste et, au delà, de la modernité picturale en France (avec la Provence et la côte d'Azur). Il y a le hasard, la lumière et la mer en Normandie ainsi que la proximité d'avec Paris qui font que le paysage est une annexe du ciel et que la Normandie est l'atelier du pittoresque pour tous les artistes.
L'essentiel n'est pourtant pas là comme le souligne Yves KLEIN (après François Guillet), il y a aussi et surtout le patrimoine historique, culturel et naturel normand à partir duquel, dès la fin du XVIIIe siècle, la Normandie se trouve intégrée dans le grand tour d'Europe des destinations culturelles pour la recréation de l'âme et du corps.
Les élites anglaises font le tour de la Normandie, avant d'aller en Italie par exemple, pour méditer devant les architectures des églises et châteaux de l'époque ducale normande, témoins des origines de l'Angleterre moderne.
Avec le développement des Bains de mer et du chemin de fer, la Normandie devenait au début du XXe siècle la première destination touristique et culturelle de France.
En 1911, lors des festivités du premier millénaire normand, la controverse fit rage entre les partisans de revisiter l'héritage viking et les érudits et historiens partisans de la préservation et de la connaissance archéologique du patrimoine issu de la grande épopée historique ducale et anglo-normande. L'identité régionale normande contemporaine était en train de naître: elle ne sera pas identitaire, ni ethno-culturelle encore moins légendaire ou mythologique puisqu'issue d'une contemplation d'abord érudite et intellectuelle puis littéraire, esthétique ou artistique du patrimoine historique et naturel normand...
A cette époque et jusqu'après la Seconde Guerre Mondiale la Normandie, en tant que telle n'avait rien à revendiquer: la Normandie était si évidente, ce pays de cocagne proche de la capitale ne crut pas nécessaire de faire de la politique avec son régionalisme...
Les choses changèrent après la terrible Libération de 1944 laissant une Normandie exangue et détruite dans ce qu'elle avait de plus précieux: ses villes. L'Après Guerre furent des temps difficiles ou courageux pour une Reconstruction pas toujours respectueuse d'un passé dont il fallait se débarrasser au nom du progrès moderne. La Normandie fut brutalement modernisée sous la botte de Paris et en perdit son unité à partir de 1956, 1960 et surtout 1972: la question régionale normande était née...
Après 38 années de Haute ou de Basse Normandie, un espace vécu régional a été brisé, des murs d'ignorance, de mépris ou de défiance ont été élevés. La prospérité illusoire des années 1970 n'est plus...
Le temps est à la Normanditude: pour la première fois les Normands sont des ploucs après avoir été longtemps les premiers des provinciaux... La division administrative achève de détruire dans les têtes le peu qu'il restait de conscience régionale normande alors que la Normandie est connue et reconnue dans le monde entier depuis le sacrifice de 1944. Le replis localiste, tentation pour les fleurs fânnées ? est grand tant la classe politique régionale a perdu toute conscience régionale normande faute de pouvoir faire une carrière politique en Normandie avec la Normandie...
La Normandie politique, cinq départements, deux régions, trois grandes agglomérations semble ingouvernable, bloquée, en panne d'idées, de projets pour l'avenir...
Arrive le Grand Paris, éternelle tentation parisienne "d'avaler la Seine aval sans l'aval des Normands". La Nature a horreur du vide... soudain ils prennent peur...
Où est le projet normand?
La réunification, on la fait quand ? Et pour quoi faire ?
(on n'a plus le temps de se poser la question d'ailleurs... Il est urgent de ne plus attendre!)
Et si on regardait le ciel? Si on regardait la mer? Si on contemplait à nouveau la Normandie et tous les chefs d'oeuvre de l'art que la Normandie a fait naître?
La peinture impressionniste et ses beautés va-t-elle sauver la Normandie?
Les boutiquiers de la Normandie s'aperçoivent qu'ils dormaient jusque là sur un trésor...
Que ce festival "Normandie Impressionniste 2010" soit l'occasion de restituer ce trésor à tous les Normands et aux nombreux visiteurs qui ne manqueront pas de venir contempler cette région normande: on y ira voir les expos, les Monet, Pissaro, Boudin, Degas, Gauguin, Corot, Turner et toutes leurs couleurs magnifiques mais on y ira aussi dans les villes et tous les beaux site de toute la Normandie, on verra les points communs et les différences, on se dira bonjour "outre l'eau" sous la pluie avec la certitude du soleil (on appelle ça ici la "ripleure")
Nous ne serons plus les horsains de nous mêmes!
Et les boutiques seront pleines...
Florestan d'Hudimesnil
11 novembre 2009
La Normandie, l'angle mort de Ouest-France?
Philippe Cléris et Isabelle Polonio du Collectif Bienvenue en Normandie étaient encore hier à Argentan pour demander des explications à l'auteur de l'article sur la Journée de la Normandie.
Si la journaliste n'y était pas, de nombreux intervenants sur l'EN y étaient eux dont notre co-rédacteur Yuca de Taillefer qui résumait la journée dans son billet.
L'EN remercie Philippe et Isabelle pour leur dévouement à la cause normande et publie si-après le compte-rendu de leur visite au bureau de OF-Argentan.
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La Normandie, l'angle mort de Ouest-France?
Avec Isabelle, nous sommes allés rencontrer Olivia FORTIN dans son bureau d'agence OF à Argentan.
L'entretien, en présence d'un autre journaliste (plus âgé) fut courtois mais ferme...
1° Confirmation qu'Olivia FORTIN était totalement absente du site de l'UP d'Argentan toute la journée du samedi 7 novembre: l'article résulte bien d'entretiens réalisés dans les trois jours précédents avec Michel ONFRAY; Laurent BEAUVAIS et Nathalie GOULET. Elle m'avait contactée sur mon portable, vendredi dernier vers 15h00 mais étant sur mon lieu de travail et n'ayant pas vérifié ma messagerie avant le 7 novembre (là fut ma seule "erreur"), Mme FORTIN n'a donc pas pu recueillir mon analyse de la question régionale normande.
2° Au cours de l'entretien, Mme FORTIN a fini par admettre que l'article, du moins son résultat final dans l'édition OF week-end du lendemain (le 08/11), avec la photo tronquée qui a été prise la veille à la fin du débat (le 07/11) était, je cite, "très maladroit".
Nous n'en avons pas moins continué de protester qu'il y avait surtout de la "malhonnêteté intellectuelle" comme nous l'a confirmé hier Michel ONFRAY lui-même dans un échange de mail sur cette affaire...
La raison véritable de ce pataquès tient à l'organisation du travail chez un producteur industriel d'information, le groupe Ouest France en l'occurence, puisqu'un pigiste devait venir "couvrir" samedi soir l'événement et que ce pigiste n'étant pas venu et que les autres journalistes OF étaient, soit absents pour le Week-end, soit en déplacement pour couvrir d'autres événements assurément plus importants qu'une énième journée normande !( NDLR: attention! voyez comment je peux aisément glisser d'un ton objectif vers un ton passablement "anguleux"...) Eh bien, le lendemain pour aller avec la photo tronquée (pas truquée mais presque...), ils ont publié le seul papier qu'ils avaient à se mettre sous la dent, à savoir, le papier de la "télé-journaliste" (pour reprendre l'excellente expression d'Isabelle) Olivia FORTIN, finalement, journaliste au plus près des faits puisqu'un modeste papier (fait au téléphone ?) qui se présentait comme l'annonce d'un débat à venir (et qui aurait dû paraître, il me semble, avant le 7 novembre, non!?), se pare finalement des oripeaux du grand reportage à chaud, si l'on n'y prend pas garde lorsqu'on est un lecteur pressé de Ouest France...
Mais il est vrai qu'un bon lecteur de Ouest France se doit être l'exégète de la... Vérité!
3° Car, voyez vous, chez Ouest France, ils ont un "angle" et face à ma remarque de fond sur le fait que cet article oubliait d'évoquer l'essentiel lorsqu'il s'agissait de traiter du débat public sur la question régionale normande, je veux parler de l'arrivée des citoyens ou de groupes de citoyens s'organisant pour créer un mouvement d'opinion normande autononome vis à vis des professionnels de l'opinion, Mme FORTIN m'a sorti son "angle" sur le sujet au risque de mépriser quelque peu les... faits! Et de m'assurer que son article reflétait globalement les opinions des trois personnalités interrogées: pas sûr que Michel ONFRAY se retrouve dans une citation qui fait accroire qu'au delà d'une bonne centaine de Normandie, LA Normandie n'existerait pas...
Car toute la question, justement, du débat et de la présentation qui en a été faite samedi dernier à Argentan était de montrer que cette Unité Normande ne demandait qu'à exister dès lors qu'un projet politique régional serait mis en oeuvre au niveau de la Normandie: la discussion de ce fameux samedi 7 novembre à Argentan, éclairée par nos soins (et synthétisée dans la charte "prendre la Normandie au sérieux"), poursuivie par les deux personnalités politiques présentes avec Michel Onfray et moi-même n'a finalement eu qu'un seul résultat:
Démontrer que c'est possible et utile sinon urgent de prendre la Normandie au sérieux en Normandie!
Les quelques 200 à 300 personnes présentes ont à la fois compris le message et l'ont apprécié à sa juste valeur: ce fut une belle soirée de prise de conscience normande!
La PRAVDA du Grand ouest a, comme vous le savez, un "angle" et nous venons de faire l'expérience, une fois de plus, que la Normandie est bien l'angle mort de Ouest- France...
Philippe CLERIS et Isabelle POLONIO
Collectif "Bienvenue en Normandie"
05 novembre 2009
SÉMINAIRE / UNIVERSITÉ POPULAIRE DE CAEN
Pour ouvrir le document cliquer sur la bande passante ou ICI.
21 octobre 2009
Université populaire de Caen
Lancement du séminaire "Normandie, avenir et identité" organisé à l'initiative du collectif Bienvenue en Normandie et de l'Université Populaire de Caen animée depuis 2002 par le philosophe Michel ONFRAY.
Le projet a été présenté hier soir par Dominique Brichard et Philippe Cléris au théâtre d'Hérouville (Centre Dramatique de Normandie) devant une salle bondée de... 700 personnes.
Bravo à nos deux amis.
"Sortir des cadres bas et haut normand pour passer à la dimension normande" Ph. Cléris
13 octobre 2009
Un grand projet normand à Mezidon et de bonnes nouvelles
Florestan du Collectif BEN, (envoyé spécial de l'EN :-)) témoigne :
Un grand projet normand à Mézidon
J'étais hier soir à Mézidon-Canon, dans le Calvados, porte sud du Pays d'Auge et important noeud ferroviaire à la jonction du Caen-Paris et du Caen-Tours, à une réunion présidée par Bernard Aubée maire de Mézidon, Arnaud Fontaine vice-président du Conseil Régional et Alain Tourret premier vice président du Conseil Régional. Le thème de la réunion était les grands projets d'Aménagement du Territoire en matière de transports et logistique en Normandie.
Inutile de dire que les trois élus présents, Tourret en tête, ont défendu la nécessité d'une fusion régionale normande dès lors qu'on avait désormais un grand projet à défendre et à partager entre les deux actuelles régions normandes: la mise en place d'un vrai TGV Normand et la mise en place d'un couloir de fret ferroviaire pour agrandir l'hinterland du Havre vers l'Ouest et le Sud Ouest avec la création d'une grande plate-forme multi-modale à Mézidon...
Voici les dernières nouvelles!
Laurent BEAUVAIS, encore lui ! a obtenu du préfet de Basse Normandie l'inscription de ce projet de plate-forme dans le cadre du Grand emprunt national de 2010. Un syndicat mixte regroupant les deux régions normandes, le Calvados, les CCI de Lisieux, du Havre et de... Caen (eh oui!) ainsi que l'agglo de Caen la Mer sera créé d'ici la fin de l'année pour un début des travaux programmé d'ici 5 ans: il s'agit d'un équipement de près de 400 hectares qui sera pensé de façon bio- dynamique et environnemental et qui ambitionne d'être la plus grande plate-forme multimodale de l'Ouest français. Plusieurs centaines d'emplois sont attendus, de gros opérateurs sont attendus tels que GEODIS... Enfin, la plate-forme multi-modale de Mézidon sera reliée directement à l'A13 avec une nouvelle 2x2 voies qui permettra enfin de désenclaver le sud du Pays d'Auge qui se positionne d'ores et déjà comme au "centre de la Normandie"...
Dans ce cadre, les deux régions normandes ont décidé de coopérer sur le dossier technique de créer un 3ème franchissement ferroviaire de la Seine (un tunnel en amont de Honfleur?)
Ce projet comme les autres grands projets d'équipement du territoire normand pourrait faire aussi l'objet d'un Grand emprunt normand à 4,5 % par an sur 20 ans contracté par les deux actuelles régions normandes auprès des collectivités territoriales, entreprises et particuliers de Normandie: Alain Tourret travaille actuellement à cette idée qui sera certainement présentée au cours de la prochaine campagne électorale...
Commentaire de l'auteur : Des réunions comme ça j'aimerais bien en faire tous les soirs!
"Merci Florestan!"
Michel H. A. Patin
14 août 2009
Tribune libre du collectif BEN dans La Manche Libre, 14 /08/09
« Soyons conquérants de nous-mêmes ! »
Réflexions pour un vrai projet régional normand
Deux articles récemment parus dans La Manche Libre (édition du 18 juillet dernier) me conduisent à partager avec vous quelques réflexions sur l’avenir de notre région, au moment même où des décisions définitives sont à prendre : les responsables de notre région seront-ils capables de prendre ces décisions par eux-mêmes pour que l’avenir de la Normandie reste EN Normandie ? Les débats sur le « Grand Paris » ; l’avenir du port du Havre ; le TGV normand ; la réforme à venir des collectivités territoriales ; les déclarations et les nombreux déplacements de Nicolas SARKOZY dans notre région, indiquent que la Normandie fait l’objet d’une attention toute particulière au plus haut sommet de l’Etat : Le moment est donc venu de prendre la Normandie au sérieux… en Normandie !
Car il y a une question régionale normande qui réclame une solution urgente !
La crise économique ne fait que rendre visible jusqu’à la caricature les faiblesses structurelles de notre région : la situation est grave, l’avenir, inquiétant. Notre région manque de perspectives, de dynamisme, de projets : la menace d’une dislocation de l’espace normand relégué au statut peu enviable de périphérie dominée et divisée du grand ouest parisien ou du grand ouest breton est bien réelle…
La sanction la plus cruelle de cette situation est la fuite massive de nos jeunes les plus diplômés, à raison d’un flux de 4000 jeunes par an (pour les deux régions normandes) : cette véritable saignée, cumulée avec l’installation, dans les campagnes et sur les littoraux encore préservés de notre région, de retraités venus de la région parisienne, entraîne un vieillissement accéléré des populations normandes dont les impôts servent à payer la formation initiale d’une jeunesse qui part nourrir le dynamisme de grandes agglomérations comme Paris, Rennes, Nantes , Lille voire … Le Mans !
Avec son profil industriel ou agro-industriel, avec ses usines parfois polluantes qu’on a su ne pas vouloir ailleurs (le nucléaire sur nos côtes et la pétrochimie dans le val de Seine), avec ses bas salaires (15% de moins par rapport à la moyenne nationale en Basse-Normandie, à peine moins en Haute-Normandie) pour des emplois trop souvent précaires ou peu qualifiés, avec un sous encadrement persistant (6% d’emplois cadres en Basse-Normandie contre 11% en moyenne nationale !) qui fait que 50 % des emplois industriels normands dépendent de sièges sociaux situés ailleurs (record national !), avec des capitales régionales endormies, avec une image qui s’est ringardisée, la Normandie est devenue une région répulsive pour sa propre jeunesse !
Les jeunes les moins bien formés et les moins mobiles, souvent issus des classes populaires déjà touchées par le précariat sinon le chômage, demeurent ici dans les « bassins de vie » que l’on ose encore nommer « bassins d’emplois » de ces nombreuses petites villes normandes encore trop souvent enclavées : un chiffre, là encore, résume cruellement la situation… A Lisieux, en 2008, le revenu mensuel médian s’élevait à … 578, 16 € !
Les divisions de notre Normandie nous empêchent d’avoir les idées, l’ambition et les forces nécessaires pour avoir les projets et les stratégies que le 6ème potentiel économique régional national ou le PREMIER potentiel industriel et maritime français mériterait d’avoir !
Car cet espace géographique et historique normand, occupé par les cinq départements actuels et dont on fêtera en 2011 les 1100 années d’existence, est triplement divisé !
A la division inutile en deux collectivités territoriales régionales depuis 1972, s’ajoute la division sournoise entre une région riche, la Normandie urbaine littorale de l’Estuaire et du val de Seine que certains verraient bien définitivement avalée par le « Grand Paris », et la Normandie des « Ploucs » plus pauvre et marginalisée de la ruralité et des petites villes en déclin dont le sort alarme l’excellent docteur Cuche…
A ces deux divisions, se superpose, hélas, une troisième qui achève de stériliser la prise de décision sinon l’avenir en Normandie: faute d’une vision globale et partagée de la région à l’échelle pertinente, les collectivités territoriales normandes, trop enclines à sombrer dans le localisme, ont encore beaucoup de mal à travailler ensemble même si des progrès sensibles ont été réalisés… Malheureusement, la guerre de « clochemerle » perdure entre les trois grandes agglomérations normandes, notamment entre Rouen et Le Havre, et nous empêche d’avoir la renaissance métropolitaine nécessaire pour que la Normandie soit enfin prise au sérieux à Paris et ailleurs…
Ces trois divisions cumulées depuis 38 ans ont eu pour conséquence de briser un « espace vécu régional » commun, de maintenir entre nous, un esprit défaitiste, fataliste de résignation ou d’auto dénigrement qui fait dire aux « Bas » que les « Hauts » sont des « Parisiens hautains » et aux « Hauts » que les « Bas » sont des « Ploucs soumis aux Bretons » (paroles entendues à l’occasion d’un derby de football entre le Stade Malherbe et le HAC).
Et si le comité départemental de tourisme de la Manche a l’impression que les Manchois « n’aiment pas assez la Manche » c’est que le conseil général de la Manche n’aime sans doute pas assez la Normandie !
Que faire ?
Tout d’abord, ouvrir les yeux et prendre la mesure de notre situation : l’autodérision peut nous y aider. C’est, par exemple, toute l’ambition des cartes postales diffusées avec succès par la joyeuse équipe d’Heula. C’est aussi repartir à la reconquête de nous-mêmes, de notre culture, de notre identité régionale : la Normandie est un bien public universel à préserver dont le nom est connu dans le monde entier ; une valeur ajoutée formidable avec un patrimoine culturel inestimable ; des savoir-faire exceptionnels (savons-nous que 90% des flacons de parfums de luxe vendus dans le monde entier sont fabriqués chez nous ?). La Normandie est une évidence pour les autres : pourquoi ne le serait-elle plus pour nous autres Normands ? Hollywood prépare une grosse production sur Guillaume le Conquérant pour 2011 et l’acteur Philippe TORRETON prépare un projet similaire pour France 2 … Pendant ce temps là, le conseil général de la Manche persiste à financer depuis 2003 sur l’aire de Gouvets (A 84) une vitrine régionale « Espace Manche Bretagne » sans aucune contrepartie réelle de nos « partenaires » bretons alors qu’il serait tellement plus pertinent d’envisager le Sud Manche comme « le pays du Mont Saint Michel, porte sud de la Normandie » avec la promotion du Scriptorial d’Avranches, de Villedieu cité de l’art du cuivre et de Granville, cité maritime préservée future ville d’art et d’histoire…
Il nous faut donc apprendre à travailler de nouveau ensemble, à penser « normand » à développer un « lobby normand » à Paris, Bruxelles et à l’international : bref ! Faire comme les… Bretons !
Exemples : développer la coopération entre les grandes et les petites villes dans une logique de réseau pour garder ici notre avenir économique. C’est le pari réussi du maire de Flers qui a su garder l’équipementier FAURECIA avec le soutien de tous les partenaires publics et privés concernés. La coopération des collectivités permet de faire venir dans nos petites villes des compétences techniques et des forces financières pour monter des projets ambitieux. Développer une coopération étroite de finances et de projets entre les grandes collectivités : c’est le pari réussi depuis 2006 entre le conseil régional, les deux conseils généraux et les grandes intercommunalités de Haute- Normandie (Contrat « 276 ») qui a permis de lever plus de 3 milliards d’euros pour financer des projets de développement local jusqu’en 2013 ! On n’ose pas imaginer l’impact d’une telle politique de coopération financière entre les cinq départements, les grandes agglos et un futur conseil régional d’une Normandie réunifiée ! Face à un état central qui se désengage, face aux inquiétudes légitimes que soulève la future réforme des collectivités territoriales, nous aurions là un puissant outil pour faire un vrai aménagement du territoire et garder l’avenir dans nos villes et nos terroirs pour qui voudrait « vivre et travailler au pays » !
Les récentes annonces du chef de l’Etat sur le « Grand Paris » et un TGV « Paris Le Havre » ont au moins eu le mérite du coup de pied dans une fourmilière normande bien endormie dans la gestion de son propre déclin : notre région n’a plus de projets et la Nature a horreur du vide ! C’est pourquoi, on saluera la mobilisation véritablement « normande » de tous les grands élus de Basse-Normandie derrière Laurent Beauvais, le président du Conseil Régional, pour obtenir une vraie desserte TGV de la Normandie en tenant compte des intérêts « haut » et « bas » normands en plaçant, ensemble pour un coût raisonnable et dans un agenda réaliste, Caen, Rouen et Le Havre à une heure maximum de Paris…
Avec la prochaine fusion des deux chambres régionales de commerce normandes, le projet d’un festival international sur l’Impressionnisme, la construction d’un réseau urbain et métropolitain, la mise en route d’un Pôle Régional d’Enseignement Supérieur normand, le développement d’un réseau de ports normands « porte océane de l’Europe », d’un réseau international des amitiés normandes, l’organisation en 2014 des « jeux équestres mondiaux », la fin du désenclavement et la promotion d’un développement local durable des petites villes, des littoraux et des zones rurales par la promotion de produits de qualité et labellisés, cette question du TGV, symbolique à elle seule du mépris dans lequel a sombré notre région divisée et affaiblie, montre que la « réunification » de la Normandie n’est pas une utopie encore moins une lubie : c’est la condition même de notre reconquête de nous-mêmes sinon de notre… survie !
Philippe CLERIS,
co-animateur du collectif citoyen « Bienvenue en Normandie »
06 août 2009
Chronique de Normandie
Dernier numéro de l'excellente chronique de Normandie
consacré au potentiel industriel normand: avec 12 milliards d'euros
d'investissement et en part de PIB le littoral et l'estuaire normand
entre Cherbourg Rouen et Le Havre est le premier potentiel industriel
et maritime français. Mais ce potentiel ne s'appartient pas lui même:
un emploi industriel normand sur deux dépend de donneurs d'ordres
situés en dehors de la Normandie, record national! Et 27 % de ces
emplois dépendent de sièges sociaux internationaux. La Normandie a donc
des mains (pas toujours très bien payées notamment en Basse Normandie)
mais n'a pas de tête (sous encadrement chronique). La Normandie
industrielle assiste souvent impuissante à elle-même en subissant la
conjoncture. Il y a donc urgence de mettre en oeuvre un pilotage
régional cohérent et pertinent de ce potentiel stratégique pour toute
la France: le message est reçu cinq sur cinq depuis peu au Havre et à
l'Elysée! Mais est-ce suffisant?
Il est temps de prendre la Normandie au sérieux EN NORMANDIE!
Collectif BEN
25 juillet 2009
Rien n'échappe au Collectif BEN
Le Collectif BEN est la sentinelle de la Normandie, ses adhérents sont des veilleurs de la Normandie tout comme les Etoiliens.
Je vous invite à prendre connaissance de leur lettre à un certain militant breton mal renseigné. Bonne lecture et MERCI à BEN.
Michel H. A. Patin
22 juillet 2009
le Collectif BEN n'est pas en vacances
la lettre du Collectif BEN adressée à Pierre BOURGUIGNON, Maire de Sotteville Lès Rouen, Président du SCOTT du Grand Rouen et Président de la toute nouvelle agence d'urbanisme de l'agglomération de Rouen.






