20 mai 2012
La "Gourmandie" fête ses 10 ANS: FAITES DES NORMANDIVORES
Alors que la « Gourmandie » s’apprête à célébrer ses 10 ans, l’Irqua (Institut régional pour la qualité agroalimentaire) qui gère cette marque collective synonyme de qualité et de valorisation des produits à l’échelon régional, inaugure une nouvelle campagne de communication. Son credo : devenez « Normandivore » !
Officiellement lancée en 2003, la marque collective « Produit en Gourmandie » s’offre une nouvelle identité. Forte de désormais 300 produits fabriqués par une centaine d’entreprises normandes, « Gourmandie » a toujours été synonyme de qualité, d’origine et de saveur, et entend bien le demeurer. Pour ce faire, l’Irqua, sous l’impulsion de son nouveau président, Sébastien Windsor, vient de programmer une nouvelle campagne de communication autour d’un nouveau visuel et surtout d’un nouveau slogan : « Devenez Normandivore ».
Si l’annonce de cette nouvelle campagne a été faite sur l’espace normand du Salon de l’Agriculture, c’est dès cette semaine, à l’occasion du tour cycliste de Normandie, que débutent officiellement les hostilités. Ainsi la « Gourmandie » récompensera-t-elle le meilleur Normand de chaque étape. Suivront d’autres rendez-vous, festifs, populaires ou professionnels, pour marquer les esprits (Festival des AOP/AOP de Cambremer, fête du ventre à Rouen, Salon international de l’alimentaire de Villepinte…).
« Cette campagne quelque peu décalée avec ce terme de « Normandivore » sera également l’occasion de valoriser la proximité, le produit et manger local », souligne Sébastien Windsor, président de l’Irqua. « Une idée à la croisée de l’écologie, des préoccupations de sécurité alimentaire et de santé, de la défense du monde agricole et agroalimentaire et des emplois locaux, de la lutte contre l’uniformisation des goûts et la préservation du patrimoine gastronomique… », soulignent les responsables. « Un sentiment exacerbé d’appartenance à une région, à un terroir, une identité régionale qui s’affirme et des consommateurs militants qui revendiquent leur fierté d’être Normands ».
Enfin, sur les mois de mai et septembre, deux campagnes d’affichage seront organisées sur toute la Normandie, soit près de 1 000 faces dans les principales villes des cinq départements normands.

- Commentaire de Florestan:
- Alors il paraît que le département du Morbihan a fait sa pub à Caen au pied du château... La météo normande s'est chargée de laver cet affront! Que d'eau qui ne rendra certainement pas le cidre du gars qui a toujours raison meilleur!
- Ce dimanche bien au chaud, alors que la "vouéchie" se déchaînait au dehors, dégustation de deux magnifiques araignées de mer pêchées la veille sur le platier de Chausey avec du pain du boulanger local, une louche de crème crue de Jersey.... (hummm) et une bonne bouteille de poiré du Domfrontais!
- Voilà de bien saines occupations!
- Bon appétit à toutes et tous!
14 mai 2012
Jean-Marc AYRAULT, le duc de Nantes, Premier ministre?

Jean-Marc AYRAULT, le député-maire de Nantes, président de l'agglomération de Nantes, président du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée Nationale depuis 10 ans est pressenti pour être le Premier ministre du président Hollande.
Alors qu'est annoncé pour l'année prochaine un "acte III" de la décentralisation avec l'idée d'un renforcement des compétences des conseils régionaux, on peut s'interroger sérieusement sur l'opportunité de nommer Jean-Marc AYRAULT Premier ministre, l'un de ces grands barons cumulards et métropolitains (un pied à Paris l'autre à Nantes) qui sont plus que réservés sur l'idée de REGION...
Comme nous l'avons déjà écrit ici, France Hollande aura forte affaire non pas avec des éléphants mais avec les hippopotames qui pataugent dans les estuaires: Fabius sur son Axe Seine refusant la géo-histoire normande et Ayrault sur son estuaire ligérien entre Nantes et Saint-Nazaire refusant la géo-histoire bretonne...
Plus que jamais la question de fond c'est:
Quelles régions sur quels territoires?

On ne peut plus se permettre la procrastination de l'Histoire: la France est au milieu du gué entre centralisation et régionalisation... Les bonnes idées, les solutions on les connaît mais on verra ça toujours après les élections: la crise économique et institutionnelle dans laquelle nous sommes désormais plongés, nous interdit de continuer la politique de l'autruche qui s'enfonce la tête dans le "mille-feuilles"...
Le "sytème" représentatif démocratique et républicain français, comme ailleurs en Europe, connaît sa plus grave crise de légitimité depuis plus de 50 ans...
Centralisation, régionalisation, métropolisation...
1) Pour commencer, on peut se réjouir qu'enfin soit proposée la régionalisation de l'aménagement du territoire français en associant les régions à l'effort de ré-industrialisation et de ré-équipement du pays.
2) Mais avec quelles régions (compétences et finances à définir et à approfondir par rapport aux départements, aux agglos et aux préfets) et sur quels territoires? (garder le découpage actuel ou oser recomposer la carte départementale à partir des permanences géo-historiques et économiques, la Normandie étant LE "cas d'école"...)
3)A la lumière de la recherche géographique la plus récente, l'avenir du territoire français c'est la RURALITE URBAINE (pour le meilleur ou pour le pire), autrement dit , comme l'avait prédit plaisamment Alphonse ALLAIS:
"mettre les villes à la campagne"
Or justement, la Normandie de par son passé de province riche et peuplée (25% des communes françaises sont en Normandie!); la densité de son semis de villes sur le territoire (3 métropoles régionales, des dizaines de petites villes ou moyennes, une centaine de gros bourgs ou villages "centre"), est l'une des régions de France les plus "péri-urbanisées":
Cette "région douce" pourrait être un laboratoire, un modèle à proposer nationalement, s'il y avait l'entente politique pour promouvoir un "projet normand"... Mais cela implique d'expérimenter des pratiques territoriales qui ne sont pas encore assez installées dans la tradition politique française où le localisme le plus étroit peut justifier l'autoritarisme du centralisme "jacobin":
réseau solidaire, coopération des complémentarités, discussion, consensus, compromis, démocratie participative avec les citoyens-habitants...
4) Enfin s'il doit y avoir un véritable "ACTE 3" de la décentralisation, une question de fond doit être vite tranchée:
Faire une régionalisation ignorant la métropolisation au risque de voir des mécanos artificiels et une concurrence entre les territoires régionaux et les métropoles? (ex: Nantes la Bretagne ou le Grand ouest ligérien; Rouen, l'Axe Seine ou la Normandie...).
Ou au contraire, faire une régionalisation de la métropolisation qui permette de faire revivre les réseaux de villes régionaux mis en place par la "géo-histoire" qui ont à irriguer les territoires au lieu de les drainer:
la métropole tripolaire normande et la toile d'araignée des petites villes normandes, le "sillon" lorrain, le réseau ligérien du "Val de Loire", l'étoile urbaine rhônalpine, le collier provençal de perles littorales et les petites villes de l'arrière pays; la "troménie" des villes bretonnes qui se boucle à Nantes dont le port et l'estuaire permettaient aux villes ligériennes d'avoir l'accès au large...
Il faudra lier régionalisation et métropolisation:
Les deux actuellement disjonctent et risquent de faire disjoncter des territoires qui s'urbanisent en profondeur... La ruralité urbaine s'étend, s'autonomise et n'a plus autant besoin du centre de la métropole centre. Mais si la métropole centre continue d'ignorer ou de mépriser ce qui se passe sur le territoire autour d'elle à 20, 30, 40km ou plus, pas étonnant de constater certains résultats électoraux:
Ainsi, le vote pour le Front National a fait des bons dans les terroirs du Perche, de l'Ouche ou du Vexin ou du côté de Vernon car sur ces marges normandes, (explication qui en vaudra d'autres) les populations craignent la concurrence foncière avec les Franciliens qui viennent jusqu'ici chercher un logement avec le meilleur rapport/qualité prix possible, tout en profitant des avantages liés à leur emploi en Ile de France (meilleur salaire, tarification SNCF plus avantageuse...)
La Normandie, de par sa proximité avec l'hyper-métropolisation parisienne, sa ruralité urbaine déjà accomplie, la densité de son réseau de villes, ses trois métropoles régionales, est donc la région de France idéale pour lier régionalisation et métropolisation...
Bref! la Normandie, un "cas d'école"... une fois de plus!
12 mai 2012
L'Humour (vache) bringé récompensé du prix Alphonse ALLAIS
François Morel, Prix Alphonse Allais 2012
L'humoriste, scénariste et comédien François Morel a reçu, mercredi 9 mai, le Prix Alphonse Allais pour l'ensemble de son œuvre. C'est Bernard Pivot qui lui a remis la Comète de Allais. L'Académie Alphonse Allais a été créée en 1954 à Honfleur, à l'occasion du centenaire de la naissance d'Alphonse Allais. Laurent Beauvais était présent à la remise du prix.
(Source: CRBN, Vendredi 11 Mai 2012 08:43 )
Commentaire de Florestan:
Cet excellent ruminant qui se dit bas-normand devrait nous proposer aussi quelques vacheries haut-normandes... La réunification par l'humour? On devrait en effet, en rire, à la manière des Russes de l'époque soviétique ou des Algériens sous la férule du FLN: un humour "bringé" et vache tirant sur le noir.
N'hésitez donc pas!
Postez sur l'Etoile de Normandie vos meilleures blagues sur la Normandie et son (im)possible réunification...
On les enverra ensuite à qui vous savez, Caserne Jeanne d'Arc à Rouen...
10 mai 2012
Contrairement à la NORMANDIE,LE VERN ne fera jamais le BUZZ...
Le clip normand qui fait le buzz
Parmi les trésors normands : l'abbaye du Mont Saint-Michel.

En trois mois, il a été visionné plus d'un million de fois. "Normandie pour la vie", le nouveau film du Comité régional de tourisme, est un succès.
Sites à couper le souffle, art de vivre et terroirs, histoire, paysages, loisirs... Sorti il y a trois mois, le clip imaginé par le Comité régional de tourisme qui vante en un peu moins de minutes les atouts de la Normandie, a déjà enregistré plus d'un million de vues sur Youtube. De quoi le hisser au rang des vidéos touristiques "les plus populaires du web" indique le CRT, dont la page Normandie Tourisme réunit 11.500 fans sur Facebook.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=AmrCH0AhbDg
Commentaire de Florestan:
On saluera ce succès normand (enfin!) sur la websphère et ce n'est que légitime! La Normandie reprend peu à peu la place qu'elle avait avant la Seconde Guerre mondiale dans le tourisme culturel de villégiature: la première région patrimoniale et culturelle de France...
Un bémol cependant: on attend sur youtube, peut-être un vendredi 13 ou un 1er avril, ou alors la semaine des quatre jeudis ou de la saint Glinglin une video du président du comité régional de tourisme de Normandie nous dire qu'il n'est plus le président "de je ne sais plus quoi"!
05 mai 2012
Histoire normande et tragique de la dernière 2CV ...
Normandie : « Tué » par le vol de sa 2 CV
Paris-Normandie: publié le samedi 05 mai 2012 à 07H24
ENQUETE.Un nonagénaire est mort : le chagrin l'a emporté après le vol de sa 2 CV de collection d'une valeur de 110 000 €. La voiture a été retrouvée brûlée dans l'Eure.
Roger Brioult, un nonagénaire de l'Orne (à Résenlieu), l'avait commandée en 1974 : il s'était fait livrer en 1988 la dernière « deudeuche » sortie des usines Citröen de Levallois-Perret. Une véritable pépite de collection valant près de 110 000 €. La voiture était si connue qu'elle était presque invendable, selon les spécialistes. « C'est soit un vol de gamins inconscients qui réalisent ensuite qu'ils ont fait une connerie et c'est la patate chaude. Soit c'est une commande. Un collectionneur à ce point hystérique que sa passion a supplanté sa morale », tranchait, dans Ouest-France, Dominique Pagneux, ami de la victime.
Le précieux véhicule avait été la cible de voleurs bien renseignés à la mi-mars. La voiture, gris-cormoran, avait été emportée sur un plateau par les cambrioleurs qui avaient ciblé cette 2 CV parmi 14 voitures de collection.
La voiture retrouvée incendiée mercredi
C'est l'épouse de Roger Brioult qui a découvert le vol le 13 mars. A 95 ans, la vieille dame avait remarqué qu'une barrière avait été déplacée à l'arrière de la propriété. Les cambrioleurs avaient aussi cassé une fenêtre avant d'ouvrir la porte du garage. Depuis ce vol, le reste de la collection de vieilles voitures a été mis à l'abri dans un lieu tenu secret. Le 24 mars, le nonagénaire, qui était déjà malade, a été emporté par le chagrin. « Il a été abasourdi par ce vol », disait à Ouest-France sa fille Lydie Brioult.Visionnaire, Roger Brioult avait compris dès 1974 que la marque aux chevrons, en signant la 2 CV, avait créé une voiture exceptionnelle, s'adressant à tous les types de conducteurs. C'est pourquoi il réserva la dernière voiture de la chaîne de production, certificat à l'appui, ce qui en fit tout l'intérêt. Le véhicule n'avait jamais roulé.
La voiture volée, invendable, a été retrouvée mercredi à la Roussière, au sud de Broglie, près de La Barre-en-Ouche dans l'Eure. Les voleurs, sans doute conscients que le véhicule n'était plus négociable, ont préféré l'incendier pour effacer toutes les traces de leur vol.
C'est un promeneur qui a découvert l'épave et qui a informé la gendarmerie. Le véhicule de collection, qui n'avait roulé que pour effectuer les essais, n'affichait que 5 km au compteur…
Commentaire de Florestan:
La Normandie des belles années de l'Après Guerre et des Trente Glorieuses n'en finit pas de mourir... pour le symbole:
La dernière Deudoche brûlée, le paquebot France désossé en Inde, le râle du dernier Turbotrain, la fin de Moulinex, Bourvil qui se prend toujours des rateaux amoureux... Anquetil première victime du dopage cycliste.
Reste un EPR à terminer et une division à effacer .
Mais la Normandie "vintage" années 1950/1970 est à la mode au cinéma: en témoignent les films qui sortent (cf. Le Havre d'Aki Kaurismaki) ou qui vont sortir...
Mieux qu'Amélie Poulain, "j'irai revoir ma Normandie"... en deudoche (pas en Ferrari, ça fait trop "bling bling") du jeudi au dimanche soir en profitant des RTT
04 mai 2012
MENACES sur le patrimoine urbain de CAEN...
En suivant ce lien, vous trouverez un article, comme toujours percutant et bien documenté de Didier Rykner de la Tribune de l'Art au sujet des facéties coûteuses et inutiles d'un haut-fonctionnaire de l'Etat (en l'occurrence, le DRAC de Basse-Normandie) qui s'en prend à une statue et son socle ayant réchappé aux destructions massives de 1944...
http://www.latribunedelart.com/inquietudes-pour-la-statue-de-louis-xiv-sur-la-place-saint-sauveur-de-caen-article003708.html
Il est EDIFIANT de constater que les "Vandales" soient ceux qui sont censés nous en protéger!

Place Saint-Sauveur à Caen: le socle et statue de Louis XIV en soldat romain, un rare bronze datant de l'époque de la Restauration (1828), oeuvre du sculpteur Louis Petitot: le socle est dans le colimateur du DRAC, M. Kleber Arhoul... Par les temps qui courent n'y aurait-il pas d'autres priorités?
Reste néanmoins le problème de l'achèvement de la récupération par la ville de Caen, près de 70 ans après les destructions de la Libération, d'une qualité architecturale et monumentale d'espaces publics médiocres ou enlaidis par une Reconstruction qui avait d'autres urgences et d'autres priorités...
Le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie" profite de cette navrante circonstance pour rappeler une revendication et une proposition:
S'il faut créer une oeuvre d'art contemporaine sur l'espace public caennais, qu'elle soit consacrée à honorer la mémoire même du fondateur de la cité, un certain GUILLAUME LE CONQUERANT qui n'a toujours pas sa statue à Caen!!
Cette statue, associée à la profonde culture équestre de notre région, pourrait être érigée dans le château ducal ou sur ses abords (par exemple, devant l'église Saint-Pierre) à l'occasion des JEUX EQUESTRES MONDIAUX de 2014

Affiche apposée le 18 janvier 2007 (jour de la Saint Guillaume) par le collectif "Bienvenue en Normandie" sur le socle de la statue équestre du Connétable Duguesclin, oeuvre du sculpteur Arthur Leduc et qu'à Caen, touristes et habitants prennent pour une statue équestre de Guillaume le Conquérant...
Ci- après, le texte d'un courrier envoyé au député-maire de Caen, Philippe Duron le 6 décembre 2011 (lettre restée pour lors sans réponse...
A l’attention de Monsieur Philippe DURON, député-maire de Caen
Réflexions sur le patrimoine édilitaire à Caen : entre mémoire et amnésie…
avant le retour du Conquérant en 2014 ?
Caen, le 6 décembre 2011
Monsieur,
Le bilan mitigé de la commémoration du XIème centenaire de la Normandie (911-1944), les discussions en cours sur le réaménagement de la place Saint-Sauveur mais aussi la perspective d’accueillir à Caen en 2014 les Jeux Equestres Mondiaux, nous amènent à vous faire part des réflexions suivantes concernant le patrimoine édilitaire symbolique présent dans l’espace urbain caennais.
Avec la guerre et l’occupation nazie, les destructions de la Libération de 1944 et celles engendrées par la Reconstruction des années 1950, la ville de Caen a perdu la plupart de ses places publiques (au profit d’une conception utilitariste de la voirie) et par voie de conséquence, a vu disparaître la majeure partie de son patrimoine édilitaire : statues, fontaines et monuments ont été soit fondus ou détruits et jamais rétabli.
Ne restent dans l’espace public de la ville que quatre monuments de l’Avant-guerre :
- La statue en pied et en empereur romain de Louis XIV, place St. Sauveur ;
- La statue équestre du connétable breton Duguesclin réalisée par Arthur Leduc, au bout des fossés St. Julien et qui vient de faire l’objet d’une restauration exemplaire ;
- La colonne de la Victoire ailée de la Grande Guerre érigée dans les années 1920, place Foch ;
- L’étudiant rescapé de l’ancien monument au professeur Demolombe autrefois place de la République fondu par les Allemands et qui accueille aujourd’hui les visiteurs à l’entrée du musée de Normandie.
La récupération et la restauration de ce patrimoine statuaire n’a pas été, bien entendu, une priorité de la Reconstruction, d’abord préoccupée par la grande urgence du relogement des sinistrés et s’intéressant surtout, dans le domaine du monumental, à la commémoration de la tragédie héroïque de 1944 : les nombreuses plaques et inscriptions lapidaires appelant sans cesse dans les rues caennaises le passant au souvenir ont remplacé monuments, statues et fontaines d’autrefois.
La sculpture publique s’est donc faite plus discrète se réfugiant dans l’ornement des impostes des porches des nouveaux immeubles reconstruits.
Les tentatives de récupération de l’art statuaire à Caen des années 1950-1970 s’avèrent plutôt médiocres ou maladroites :
Ainsi, une fort modeste statue de Malherbe (en vulgaire calcaire et non en pierre de Caen) trônant discrètement au fond de la place Bouchard (à l’emplacement de l’hôtel d’Etienne Duval de Mondrainville, l’ami du poète caennais) tente de faire oublier la monumentale statue en bronze qui ornait autrefois l’escalier d’honneur de l’ancienne université, rue Saint-Sauveur.
Plus troublant : l’arrivée à Caen en 1962 d’une banale statue équestre de Jeanne d’Arc symbole de la Résistance et placée sur la nouvelle place du même nom. Il faudrait, en effet, rappeler que cette statue venant d’Oran et donc « rapatriée » en France après l’indépendance de l’Algérie faisait partie d’un monument commémorant le 100ème anniversaire de l’Algérie française avec des bas reliefs évoquant la conquête militaire de 1830 que la municipalité caennaise n’a pas voulu…
En outre, certains monuments que l’on croyait disparu ou détruits pendant la Guerre auraient pu restaurés et rétablis : ainsi, la fontaine en fonte du XIXe siècle des « Trois Grâces » d’après Germain Pilon qui ornait autrefois le Cours des Alliés face à la célèbre brasserie du Chandivert avait disparu puis fut retrouvée après la Guerre en pièces détachées dans une propriété privée : cette fontaine sert aujourd’hui de bac à fleurs remisé au fond du square municipal de Langrune S/Mer. Cette fontaine doit revenir à Caen à son emplacement d’origine pour améliorer un espace urbain devenu bien médiocre !
Néanmoins, une réussite éclaire ce paysage plutôt morne : le phénix de Louis Leygues érigé en 1957 devant le nouveau palais universitaire d’Henri Bernard (qui abrite aussi une très belle galerie de portraits de Normands célèbres gravés dans le béton par Charles-Emile Pinson), est devenu le symbole officiel de l’Université de Caen. Cette sculpture en bronze d’une grande qualité est malheureusement cachée par la station du tramway qui l’ignore totalement : elle pourrait être déplacée et installée quelques mètres en face pour donner enfin du sens à l’esplanade-fontaine de la Paix.
Enfin et surtout, un oubli déjà présent avant la Guerre est toujours perpétué hélas depuis 1944 : l’absence de tout monument ou de toute statue consacré à Guillaume le Conquérant et à la reine Mathilde, le couple fondateur de la ville de Caen comme nouvelle capitale de la Normandie à partir du XIe siècle. En cette année 2011 durant laquelle nous avons fêté (trop discrètement) le XI ème centenaire de la naissance de la Normandie, il faut relever que certaines évidences n’ont pas besoin d’être commémorées !
Ce bilan de l’art édilitaire caennais pose donc question et c’est un vrai sujet qui pourrait être un terrain d’expériences et d’expression pour des artistes contemporains qui, s’il y avait une réelle volonté politique pour la mettre en œuvre, pourraient avoir l’ambition d’achever la reconstruction symbolique de la ville à condition d’avoir la curiosité culturelle et affective nécessaire.
Consciente semble-t-il du problème, l’ancienne maire de Caen, Mme Lebrethon avait mis en œuvre un « parc de sculptures contemporaines » dans l’enceinte du château de Caen, mais ce parc en est malheureusement un : les œuvres, déconnectées du contexte historique et symbolique caennais sont reléguées derrière le musée des Beaux-arts.
Cette question est donc à nouveau d’actualité à l’occasion du projet de réaménagement de la place St. Sauveur : la statue de Louis XIV en pied et en empereur romain a beaucoup voyagé. Conçue originellement pour l’actuelle place de la République (ci-devant place Royale), l’œuvre actuelle, réplique fondue en 1828 par Louis Petitot de l’original détruit pendant la Révolution, avait été déménagée après 1963 sur le socle en pierre laissé vacant par la destruction en 1943 de la statue de l’écrivain Elie de Beaumont. Auparavant, Louis XIV, chassé par un kiosque à musique républicain avait été relégué contre le mur de clôture de l’ancien lycée Malherbe occupant alors les locaux de l’ancienne abbaye aux Hommes qui deviendra dans les années 1960 le nouvel hôtel de ville.
Cette statue doit être à nouveau déménagée pour rejoindre le fond de la place St. Sauveur sur un axe formée par le portail de l’église St. Sauveur et la place Fontette, l’autre place publique ancienne préservée à Caen : ce choix n’est donc pas idiot même si on eut préféré que Louis XIV retrouvât son emplacement d’origine au centre d’une place de la République qui n’a toujours pas retrouvé sa forme et son lustre d’Avant-guerre.
Nous n’aurions pas à évoquer, à nouveau, ces problématiques aujourd’hui (il y a en ce moment, vous en conviendrez, des sujets beaucoup plus urgents !) si M. Arhoul, l’actuel DRAC n’avait pas eu l’idée saugrenue de détruire le socle en marbre et emmarchement de granit situé au centre de la place St. Sauveur pour poser le bronze impérial du roi Soleil sur un piédestal en… plexiglas transparent !! Heureusement, cette idée a depuis été abandonnée au profit d’une restauration du socle existant.
(ndlr : il est cependant toujours question d’une intervention contemporaine sur ce malheureux socle…)
Néanmoins, l’art contemporain doit s’inscrire dans l’espace public caennais : c’est même une nécessité. Mais cette contribution contemporaine ne doit pas poursuivre la destruction massive d’il y a 60 ans. Le patrimoine urbain caennais n’a pas à subir une nouvelle guerre !
Au contraire, les artistes contemporains doivent faire œuvre de pacification et de « résilience » en magnifiant les deux grands symboles caennais :
- La paix et la réconciliation après 1944
- L’héritage européen des Normands du XI et XIIe siècles
Les grands espaces libres de l’urbanisme des années 1950 attendent d’être animés par l’Art tandis que le château ducal ou ses abords attendent toujours d’être honorés par la statue équestre du Conquérant. Les Jeux Equestres Mondiaux de 2014 auront lieu à Caen, ville capitale d’une région qui fut et reste encore un haut lieu de la civilisation du cheval : sera-ce l’occasion d’un grand retour du Conquérant dans la cité qu’il a fondé ? Nous espérons que le projet culturel en cours autour de la mémoire de Guillaume qui doit unir les deux rives de la Manche dans le cadre du programme européen INTERREG sera mené à bien : il serait certainement judicieux que la ville de Caen y prenne part et que l’art de notre époque puisse rendre enfin justice de l’absence du cavalier Guillaume dans sa ville…
Quoiqu’il en soit décidé ou non sur ce projet d’ici 2014, j’ai le plaisir de vous informer que nous étudions actuellement la possibilité de créer prochainement à Caen une association ayant pour but la création, par souscription publique, d’un monument équestre dédié au Conquérant.
Bien cordialement,
Le collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie »
Erik ORSENNA pour la Réunification NORMANDE

L'écrivain Erik Orsenna, qui sera le prochain commissaire général du Festival Normandie Impressionniste 2013 souhaite la Réunification de la Normandie
Sur le blog de Laurent Beauvais, président du Conseil Régional de Basse-Normandie:
(3 mai 2012)
"On ne présente plus Eric ORSENA (sic). J'ai voulu le rencontrer car il est devenu normand . Je m'étais promis de le rencontrer pour mieux le connaître et lui parler de la Basse- Normandie.
A l'occasion de cet entretien nous avons abordé beaucoup de sujets d'actualité régionale comme la deuxième édition de Normandie Impressionniste ( il est président du conseil scientifique ) ainsi que les projets 2014 de la région comme les Jeux Equestres , le Mont Saint Michel ou bien encore le 70 ième anniversaire du débarquement . A ce sujet je lui ai parlé du projet difficile que nous portons avec notre candidature au classement des plages au patrimoine mondial de l' Unesco . Il m'a fait part de sa disponibilité pour nous aider à ce sujet .
Il s'avère être un partisan de la réunification et j' ai essayé de lui expliquer en quoi ce beau projet territorial souffrait de nombreuses résistances .
Et puis nous avons parlé de son travail d'écrivain et de son dernier ouvrage consacré au papier et à son histoire mondialisée"
07 avril 2012
LA NORMANDIE ENFIN SUR LES RAILS!
La Ligne Nouvelle Paris Normandie validée par RFF
Par Catherine BERRA (France 3 Basse-Normandie, 06/04/12)
Les "cahiers d'acteur" qui ont servi à alimenter le débat public sur la Ligne Nouvelle Paris-Normandie
France 3 Basse-Normandie
Réseau Ferré de France annonce ce jeudi soir son intention de poursuivre ce projet d'envergure.
Après la longue série de réunions publiques organisées tout l'hiver autour de cette future ligne ferroviaire, le gestionnaire du réseau ferroviaire français, a donc décidé de se prononcer en faveur du projet ce jeudi et de lancer les études préalables à l'enquête d'utilité publique.
Dans son communiqué, Réseau Ferré de France affirme avoir tiré "les enseignements du débat public organisé par la Commission nationale de débat public qui s'est tenu dans les trois régions concernées pendant quatre mois", du 3 octobre 2011 au 3 février 2012.
Ce débat "a fait apparaître des points de convergence, notamment sur la nécessité de construire de nouvelles gares dont une à Rouen (rive gauche) sur le site de Saint-Sever" (Seine-Maritime).
Le gestionnaire du réseau confirme que le projet "doit répondre à trois grands objectifs" : réduire les temps de parcours entre Paris et Rouen (45 minutes contre une heure et huit minutes aujourd'hui), Paris-Le Havre (une heure et quinze minutes contre deux heures et deux minutes) et Paris-Caen (une heure et quinze minutes conte une heure et quarante-sept minutes), augmenter la capacité du système ferroviaire, (...) et améliorer la desserte des ports.
Pour y parvenir, RFF a retenu plusieurs caractéristiques présentées lors du débat public, la première étant la création d'une "ligne nouvelle réservée à la circulation de voyageurs pour une vitesse de 250 km/h à l'ouest de Mantes (Yvelines) et de 200 km/h entre Paris et Mantes".
Autre caractéristique retenue : la mise en place "de voies dédiées sur lesquelles circuleraient notamment les trains sans arrêt entre Paris/La Défense et Mantes".
Dans le secteur de Mantes, RFF préconise, en outre, "la mise à 4 voies de la section entre Mantes et Epône (Yvelines) pour désaturer le réseau dans ce secteur".
La poursuite des études par RFF se fera sous l'égide d'un comité de pilotage associant notamment l'Etat et les principales collectivités locales.
Commentaire de Florestan:
L'Etoile de Normandie tient à remercier les personnalités suivantes pour leur engagement depuis la fin de l'année 2008 pour la réussite de cette belle ambition...
Bernard CAZENEUVE, le député-maire PS de Cherbourg et promoteur de la pétition "pour une Normandie à grande vitesse"
Laurent BEAUVAIS, le président PS du Conseil régional de (Basse) Normandie et promoteur du "Y" normand
Antoine RUFENACHT, l'ancien maire UMP du Havre et actuel commissaire au développement de la Vallée de la Seine
Jean-Pierre DUPORT, préfet honoraire, conseiller d'Etat et président du comité de pilotage technique du débat public
Gérard LISSOT, président du CESER de Haute-Normandie et président de l'association pour la Ligne Nouvelle Paris Normandie
Pierre MOURARET, maire PCF de Dives sur Mer et vice-président du Conseil régional de (Basse) Normandie
Jean CALLEWAERT, président du CESER de Basse-Normandie
Pierre BOURGUIGNON, député-maire PS de Sotteville les Rouen et président de l'agence d'urbanisme de l'agglomération de Rouen
Clotilde VALTER, conseillère générale PS du Calvados
Edouard PHILIPPE, le maire UMP du Havre et président de l'agglomération du Havre
Philippe AUGIER, le maire NC de Deauville
Jean LEVEQUE, économiste et urbaniste
Armand FREMONT, géographe et écrivain
Pascal BULEON, géographe à l'université de Caen
Madeleine BROCARD, géographe à l'université du Havre
Yves GUERMOND, géographe à l'université de Rouen
Arnaud BRENNETOT, géographe à l'université de Rouen
Michel BUSSI, géographe à l'université de Rouen
Yves LOIR, président de l'Union pour la Région Normande
Didier PATTE, président du Mouvement Normand...
Remercier aussi pour leur engagement et la qualité des arguments en faveur du projet:
la fédération normande de la CGT
Sans oublier de nous envoyer à nous mêmes quelques fleurs, quand même! Le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie" ayant rédigé le 23ème cahier d'acteur du débat public...
05 avril 2012
MOBILISATION autour d'un quotidien normand... censurée sur Paris-Normandie.fr
Paris-Normandie: action au golf Hersant
AFP Publié le 04/04/2012 à 18:40
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Environ 200 salariés de
Paris-Normandie se sont invités aujourd'hui au golf Robert-Hersant à la Chaussée d'Ivry (Eure-et-Loir) pour affirmer que le groupe du même nom, propriétaire du quotidien normand en difficulté, a les moyens de sauver le journal, ont-ils annoncé à l'AFP.
Propriétaire du golf, la famille Hersant "a aussi les moyens de gérer nos difficultés d'exploitation et de faire repartir le journal sans nous faire passer au tribunal de commerce", a déclaré à l'AFP Benoît Marin-Curtoud, délégué du SNJ à Paris Normandie.
Les salariés sont venus avec leur pique-nique pour passer plusieurs heures sur place, a dit le représentant syndical.
Pour Jean Gersin, représentant la FILPAC, "le dossier Paris Normandie a une connotation nationale au sens où une région entière risque de se retrouver privée de quotidien". "Au plan national, la pratique Hersant risque de se généraliser, c'est indigne de la presse et de l'information en général", a-t-il estimé.
Le golf Robert Hersant est situé sur les bords de l'Eure. Selon son site internet, son parcours "est l'un des plus beaux en Europe" et "s'étend autour de majestueuses pièces d'eau dominées par des collines habillées d'essences d'arbres rares aux feuillages écarlates en automne".
La Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI), filiale du Groupe Hersant Média (GHM), qui édite Paris-Normandie et les quotidiens de la pointe de Caux, Havre Libre, Le Havre Presse et le Progrès de Fécamp a été placée en redressement judiciaire le 29 février.
La direction a présenté depuis un plan de redressement qui prévoit notamment la suppression de 111 postes de travail sur 307.
Paris-Normandie: péage-gratuit
Le billet de Florestan posté ce jour sur Paris-Normandie.fr a été supprimé par la modération du site internet du journal haut-normand qui visiblement ne souhaite pas que les lecteurs aient l'occasion de réfléchir sur l'avenir de ce titre de presse pourtant essentiel pour l'avenir de notre région et de l'image qu'elle doit avoir auprès de nos concitoyens normands.
Dans ce billet, tout en rendant hommage au courage et à la mobilisation des personnels de la SNPEI (Société normande de presse d'édition et d'impression) qui manifestent contre le cynisme financier du Groupe Hersant Médias, nous en appellions de nouveau à sortir du LOCALISME EDITORIAL pour proposer aux lecteurs normands le GRAND PORTAIL REGIONAL D'INFORMATIONS GENERALES qui manque en Normandie...
Nous réitérons donc ici cette proposition et nous réaffirmons que l'ETOILE DE NORMANDIE soutient les personnels de la SNPEI tout en leur disant qu'ils ont intérêt à ELARGIR LEUR MOBILISATION:
L'AVENIR DE PARIS-NORMANDIE NE CONCERNE PAS QUE LA HAUTE-NORMANDIE MAIS BIEN L'ENSEMBLE DE LA NORMANDIE
03 avril 2012
LE MEPRIS FRANCAIS POUR LES LANGUES REGIONALES
L'Etoile de Normandie défend les langues régionales françaises:
Avec plus de 25000 Normand(e)s qui parlent la langue normande (surtout dans le Pays de Caux et le Nord Cotentin) avec un enseignement bilingue dans certains collèges, avec des liens culturels très actifs avec les locuteurs en langue normande dans les îles anglo-normandes, une renaissance de la chanson à textes en langue normande et d'une littérature contemporaine en langue normande depuis la fin des années 1970, la Normandie du normand doit encore sortir du folklore du mépris que les responsables d'institutions culturelles "en région" continuent d'avoir pour les expressions culturelles régionales...
Rappelons aussi que c'est un ministre normand de Valéry Giscard d'Estaing, Hubert Bassot député de l'Orne, qui porta en France pour la première fois la question des langues régionales sur la voie législative...
Ce week-end les militants et amoureux des langues régionales françaises se sont mobilisés: la France n'a pas ratifié la charte européenne des langues régionales notamment parce que la Constitution affirme en son article 2 que le français est la langue de la République. Le français n'est pas en danger mais le français se rabougrit en France face au rouleur compresseur anglais ou s'avachit dans ses accents et sa syntaxe en oubliant ses racines linguistiques régionales ou en refusant la rencontre stimulante avec les langues de France étrangères au français (catalan, basque, breton, flamand, alsacien, italien, corse)
Langues régionales : Des manifestations dans tout l’Hexagone
30/03/2012
Samedi, les défenseurs des langues et cultures régionales appellent à manifester sur tout le territoire. Leur revendication ? Acquérir pleinement la reconnaissance de cette diversité linguistique et culturelle française.
Neuf ans après la grande manifestation qui avait réuni 12.000 personnes à Rennes en 2003, où en est le dossier sur la protection des langues régionales ? Apparemment, l’avancée n’a pas été suffisante. En effet, samedi, ce sont de nombreuses manifestations qui sont prévues en France, de Quimper à Ajaccio, de Strasbourg à Bayonne. Se joignent également au mouvement les Picards à Saint-Quentin, les Poitevins à Poitiers, les Savoyards à Annecy, mais aussi les Bretons, les Corses et les Alsaciens. Le mot d’ordre des organisateurs est clair, les langues et culturesrégionales, symboles d’une diversité précieuse, doivent être pleinement reconnues en France. Ils considèrent ainsi qu’il faut modifier la Constitution pour permettre la ratification de la Charte des langues minoritaires.
L’exemple de la Bretagne
Comme le déclare Ouest France, en Bretagne, le nombre d’enfants scolarisés dans les trois filières bilingues est en progression régulière et a franchi le seuil des 14 000 élèves. Cela ne représente toutefois que 2.5 % des élèves de primaire (contre 40 % au Pays Basque et 12 % en Alsace). Ce vivier de jeunes locuteurs, est donc encore bien insuffisant pour compenser la disparition des générations bretonnantes les plus âgées. Le nombre de Bretons parlant leur langue régionale est aujourd’hui estimé à 200 000, un chiffre en constante régression. Certes, le travail de nombreuses associations culturelles a permis à la langue bretonne de retrouver une certaine visibilité, notamment dans la toponymie et la signalétique. Mais elle reste très discrète dans la plupart des domaines de la vie courante, les services publics, le monde du travail. Enfin, de toutes les languesrégionales d’Europe considérées comme « vivantes », la langue bretonne est celle qui bénéficie du plus modeste accès à la télévision.
Une avancée législative est nécessaire
C’est pour toutes ces raisons que les défenseurs des langues régionales, dites « langues de France », estiment que seule une avancée législative, leur donnant un statut et des moyens, peut aujourd’hui sauver une diversité linguistique que Gilbert Dalgalian, linguiste, considère comme « un élément à part entière de la biodiversité » et que la plupart des politiques qualifient de « richesse » nationale. Les attentes des défenseurs ont depuis des années été déçues, malgré de multiples rappels ou condamnations de la France par l’Union européenne. Promis en 2007 par Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle, et rapidement confirmé par Christine Albanel, ministre de la Culture, un projet de loi sur les langues régionales a été enterré par Frédéric Mitterrand, dès son arrivée au ministère de la Culture, en 2009.
Un point sur la situation : la Charte des langues régionales n’a pas été ratifiée
Comme le rappelle le site internet d’informations Quoi.info, une Charte des langues régionales a été rédigée par le Conseil de l’Europe en 1992. Elle pose comme objectif « la protection des langues régionales ou minoritaires historiques de l’Europe » et liste des engagements pratiques pour les États, touchant aussi bien l’enseignement que les médias ou les relations entre les citoyens et l’administration. Les États qui la ratifient acceptent entre autres que l’accusé ait le droit de s’exprimer dans sa langue régionale lors d’une procédure pénale et que leslangues régionales puissent être utilisées dans les échanges avec l’administration. Des dispositions qui sont en phase avec les revendications du collectif du 31 mars. Celui-ci souhaite notamment l’instauration du « bilinguisme dans les services publics à direction nationale et territoriale : la Poste, la SNCF, Pôle emploi, l’administration régionale, départementale, municipale ». Si la France a signé la Charte des langues régionales, ce qui signifie qu’elle approuve ses objectifs, elle ne l’a cependant pas ratifiée. En 1999, le Conseil constitutionnel a, en effet, estimé que la Charte comportait « des clauses contraires à la Constitution », notamment par rapport à son article 2.
Voir le site:http://www.languesregionales.org