09 janvier 2012
Pas de Normandie = pas de projets = pas d'ambition = pas d'argent= pas de projets= pas d'avenir en Normandie!
Un TGV à 250 km/h entre Paris et la Normandie ?
Ouest-France (Caen) samedi 07 janvier 2012

Moins cher qu'un train à 250 km/h qu'il faudrait inventer, un TGV limité à cette vitesse pourrait transporter les 14 millions de voyageurs par an entre Paris et la Normandie. En 2025 !
François Hollande était mercredi à Caen pour parler apprentissage (lire Ouest-France d'hier). Interrogé sur les gros dossiers régionaux, l'EPR et la ligne nouvelle Paris - Normandie, le candidat socialiste à la présidentielle n'a pas oublié qu'il est né à Rouen « et qu'il y a deux Normandie » (NDLR quand Nicolas Sarkozy n'en veut qu'une). « Je connais les difficultés du train dans cette région. Les Normands ont droit à des trains qui arrivent vite et à l'heure. » De quoi rassurer tous ceux qui portent cette ligne nouvelle quand le même soir, à quelques encablures du Zénith où François Hollande s'adressait aux militants, une nouvelle réunion s'ajoutait au débat public qui s'achèvera à Caen le 30 janvier. Thème de la soirée : les dessertes, le réseau et le matériel roulant.
Sur-mesure ou prêt-à-porter
Faut-il y voir un essoufflement ou un sujet moins grand public, il n'était qu'une soixantaine de présents. De toutes les considérations techniques de Réseau ferré de France, il faut retenir qu'une ligne à grande vitesse ne suffit pas. Il faut y ajouter des ramifications pour desservir les 54 gares des deux Normandie. Elles seront reliées à des gares dites de rendez-vous (terme emprunté aux Suisses) à Caen, Lisieux et Rouen (nouvelle gare). Il convient alors de synchroniser les trains des petites lignes avec la ligne maîtresse Paris - Caen - Cherbourg dans un créneau de quinze à vingt minutes. L'objectif est de mieux remplir les rames. On comprend l'enjeu économique. Excepté Caen, il faudra construire de nouveaux quais ou allonger ceux qui existent pour accueillir des rames de 330 m.
Le directeur d'Alstom a évoqué les différents trains pour cette ligne entre « le sur-mesure plus cher et le prêt-à-porter ». Le sur-mesure c'est un train à 250 km/h qui n'existe qu'au Japon. D'où l'idée de faire rouler un TGV, construit en série et donc 30 % moins cher. Qui peut le plus, peut le moins : s'il peut atteindre 350 km/h, il sera limité à 250. Car les infrastructures ferroviaires, moins chères que celles d'un TGV, ne permettront pas d'aller plus vite.
Reste le nombre de voyageurs et de trains à l'heure. Les Verts, opposés à ce projet « décidément pas raisonnable », relèvent une croissance assez faible. Sachant que même sans ligne nouvelle, il y aura de toute façon une augmentation « au fil de l'eau », due aux variations démographiques et économiques. Même sans la LNPN, en 2025 les voyageurs Normandie - Paris passeront de 8,3 millions à 11,2 millions par an. Avec le projet ils seraient 14 millions (+25 %).
Quant à la fréquence, elle resterait d'un train chaque heure jusqu'en 2025. Il faudra attendre 2040 pour deux trains la même heure. C'est bien loin.
Xavier ORIOT.
Commentaire de Florestan: le commentaire est dans le titre.
NON, il ne faut pas en Normandie un train à 320 km/h car il faut desservir un réseau régional de villes.
OUI, il faut une modernisation globale ferroviaire de la Normandie car c'est un ENJEU NATIONAL: celui de garder en France le premier ensemble portuaire français et le 5ème européen...
QUI VA OSER ENCORE LE DIRE d'ici la fin du débat public? Qui va oser dire que les Ecologistes sont les fourriers du transport routier? Qui enfin va oser dire qu'il faut penser l'unité normande pour pouvoir enfin comprendre l'utilité du projet de Ligne Nouvelle Paris-Normandie?
22 décembre 2011
TREVE DES CONFISEURS... ENFIN PRESQUE!
Florestan va prendre à partir de demain Jeudi 23 décembre quelques jours de congés du côté de la Savoie (qu'il faudrait aussi fusionner au sein de la région Rhône-Alpes): c'est la trêve des confiseurs ou la trêve de "Dieu" (si l'on y croit, du moins par les temps qui courent évitons de croire au premier père Noël qui passe... On risque d'ailleurs d'en voir beaucoup bien après ce 25 décembre avec peut-être un grand déballage de printemps de hottes bien remplies de guirlandes bien brillantes, voire même des pères Noël roses et verts qui parient sur la mort de l'Ours UMP et qui se voient déjà au seuil du bel été!)
C'est donc la trêve des confiseurs: mais attention aux con-fiseries! Surtout au pays de la GOURMANDIE!
Ainsi ne confondez pas "Camembert de Normandie " et "Camembert fabriqué en Normandie": lequel est le vrai?
C'est pourquoi restons en veille durant ces agapes de ce cru 2011 finissant avec quelques sujets dont il faudra se saisir dès la rentrée de janvier 2012:
D'ABORD, le PLUS URGENT...
1) La LIGNE NOUVELLE PARIS NORMANDIE: le débat public se termine le 30 janvier prochain, le commissaire enquêteur rend son avis le 3 avril prochain, soit trois semaines à peine avant le premier tour des élections présidentielles. Les trolls d'Europe Ecologie les Verts vont-ils définitivement faire dérailler le projet? Le candidat François HOLLANDE à la présidence de la République va-t-il reprendre à son compte l'enjeu national d'un Grand Paris doté d'une façade maritime en Normandie avec le projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie? Nous avons écrit au candidat pour qu'il se prononce dans le cadre du débat public en cours avant sa clôture... A la rentrée, nous interpelerons aussi son porte-parole, un certain Bernard Cazeneuve, député-maire PS de Cherbourg...
2) LNPN (suite), LE COUP DE GUEULE ET LA MISE AU POINT D'UN PRESIDENT DE REGION NORMAND: Laurent BEAUVAIS
A lire dans la dernière livraison (bas-normande) du magazine "Reflets" du Conseil Régional de Basse-Normandie: on ne peut que souscrire aux propos et analyses de Laurent Beauvais non sans faire remarquer que le 7 septembre dernier Laurent Beauvais et son compère mauvais coucheur dont je préfère taire le nom (c'est la trêve de Dieu) nous avaient promis un "cahier d'acteur commun aux deux régions normandes": ce cahier d'acteur commun ne sera pas à tel point que le CRHN a préféré en faire un avec l'Ile de France et les autres grandes collectivités de l'Axe Seine... Nous le répéterons donc début 2012 en guise de voeux: Loin des rives normandes, on vous souhaite une bonne baignade dans l'Axe Seine! Et le conseil régional de Haute-Normandie a depuis longtemps préparé ses cartes de voeux avec le logo adapté!
UN DEMI LEOPARD QUI SE NOIE DANS LA SEINE EN REGARDANT VERS PARIS!
3) RAPPROCHEMENTS METROPOLITAINS EN NORMANDIE: vers la fin des chiens de faïence (... de ROUEN)?
Autre dossier à suivre à la rentrée de janvier prochain, les grandes manoeuvres métropolitaines autour de l'idée de créer un ou plusieurs pôles métropolitains en Normandie:
On sait que Louviers (Communauté d'Agglomération Seine Eure) est favorable à l'idée d'un rapprochement avec Rouen et Elbeuf (CREA) pour créer un pôle métropolitain de plus de 600 000 habitants
http://haute-normandie.france3.fr/info/rouen-et-louviers-creent-un-pole-metropolitain-71712506.html
On sait aussi que Ouistreham le port de Caen est enfin contraint et forcé par Monsieur le préfet de rejoindre comme il se doit l'agglomération de Caen la Mer (ou l'amère? On hésitera toujours sur l'orthographe!)
http://basse-normandie.france3.fr/info/ouistreham-tenue-de-rejoindre-caen-la-mer-71724950.html
Le localisme à 79 ans passés du maire de Ouistreham a fait son temps: la Normandie se meurt de ces potentats locaux qui confisquent l'avenir de leur territoire... Caen a un port et son débouché maritime est Ouistreham. A terme il faut préparer le rôle du port de Caen au sein du syndicat mixte Ports Normands Associés dans le cadre de la future CCIT de l'Estuaire qui sera créée en 2013. Ledran puisque c'est le nom du satrape qui règne en ces lieux, doit comprendre que l'avenir maritime normand ce n'est pas que les Bretons de la Britanny Ferries!
On parle aussi d'un rapprochement métropolitain entre Caen La Mer et Le Havre (CODAH) mais l'idéal ne serait-il pas de relancer la coopération métropolitaine entre Caen, Rouen et Le Havre plutôt que de continuer à se regarder comme des chiens de faïence? De toute façon, des mains puissantes tirent sur le napperon normand de tout côté: les sujets de faïence finiront, s'ils ne bougent pas d'eux-mêmes, en vulgaires tessons!
La perspective d'intégrer l'Estuaire de la Seine, de construire la façade maritime du Grand Paris, l'achèvement du désenclavement ferroviaire du port du Havre vers le Sud, du contournement par l'Ouest de la région parisienne, l'émergence en 2015 de la 6ème région économique de France, font que les choses sérieuses arrivent et que la récréation pour certains responsables politiques est plus que terminée!
A défaut d'avoir des hommes et des femmes d'Etat en Normandie, ce sera donc à l'Etat central lui-même de prendre ses responsabilités! Et les élus bretons viennent de nous démontrer que l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même (cf. le billet posté par MHAP)
A LIRE ci-après, la réflexion plutôt pertinente de Laurence DUMONT députée PS de Caen et vice-présidente de l'Assemblée Nationale sur la question métropolitaine normande: l'héritage polycentrique normand interdit en Normandie toute possibilité d'un "petit Paris de province" puisqu'au pays d'Alphonse ALLAIS, les "villes sont à la campagne"!
A quand (à Caen?) une relance du projet de "Normandie Métropole"? flingué à l'automne 2009?
4) DERNIER SUJET à SUIVRE: les précisions par décret au sujet de la future chambre régionale des comptes DE Normandie en conséquence de la loi réformant les chambres régionales des comptes votée le 25 octobre 2010. Pour la première fois depuis longtemps, la Normandie va pouvoir échapper à l'écartèlement qui la démembre depuis 30 ans: le TOUTACAEN vs TOUTAROUEN c'est surtout le TOUTARENNES OU LE TOUTANANTES OU LE TOUTALILLE!
Et Paris est certainement la capitale indiscutable et indiscutée d'une Normandie divisée!
Tout dépendra de la rédaction du futur décret à paraître avant le premier tour des présidentielles:
précisera-t-on une ville au détriment de l'autre ou se gardera-t-on de le faire pour plutôt proposer un calendrier et une date butoir pour laisser les Normands s'organiser: on sait que c'est risqué mais le "ptêt ben qu'oui ou le ptêt ben qu'non" c'est aussi le temps nécessaire à un vrai débat démocratique avant de trancher définitivement... Sauf que nous n'avons plus le luxe d'avoir le temps de l'indécision:
2012 sera une année de tempête! Mais pour un Normand sage, le mauvais temps c'est le temps qui dure trop longtemps...
Sur ces considérations, je souhaite à tous les amoureux et les amoureuses de la Normandie (ainsi qu'aux amoureux EN Normandie) un joyeux Noel et de bonnes fêtes de fin d'année avec bien entendu de bons produits normands sur votre table!
Rendez-vous au Jour de l'an!
05 novembre 2011
LES COCUS DE L'AXE SEINE, SUITE...
NORMANDS ou GRAND- PARISIENS ?
Antoine Rufenacht Commissaire Général au Développement de la Vallée de la Seine a présenté aux « grands élus » normands le 20 octobre dernier son pré-rapport qu’il avait auparavant rendu au Premier ministre le 30 septembre 2011.
On sait que les « grands élus » de la Fabiusie ont boudé la présentation de M Rufenacht non pas sur le fond mais sur la forme : Laurent Fabius aurait souhaité prendre connaissance du texte avant sa présentation officielle…
Mais il eût été plus judicieux de protester sinon de proposer une ambition et un projet normand à cette occasion car sur le fond justement la question existentielle est désormais posée :
AXE SEINE ou NORMANDIE ?
To be or not to be ?
Dans ce document de 50 pages, l’équipe du commissaire général Rufenacht (dans laquelle on ne trouvera aucun expert ou géographe spécifiquement normand...) propose 6 pistes de travail à explorer pour le développement décisif de l’Axe Seine en tant qu’enjeu national et européen…
Toute la question est de savoir comment le pilotage de cet « axe Seine » va se réaliser, sur quel périmètre territorial ou régional et au profit de qui !
C’est là la dernière chance pour la Normandie en tant qu’ensemble géo-historique ayant encore une justification économique, institutionnelle ou culturelle d’exister après onze siècles d’histoire…
Mais il faut rappeler que c’est parce que l’Etat central avait voulu piloter directement l’aménagement de la Basse-Seine entre Paris et Le Havre que la division des cinq départements normands en deux régions administratives avait été décidée dans les années 1960 :
C’était donc le moment pour les « grands élus » « normands » (les guillemets sont hélas doublement nécessaires) d’avoir la mémoire longue et de s’emparer de l’opportunité d’un intérêt renouvelé de l’Etat central pour le potentiel maritime de la Basse-Seine pour co-produire avec Paris et l’Ile de France cette ambition qui ne doit pas reproduire les erreurs de l’ancien Schéma de Développement et d’Aménagement Urbain proposé en 1965 par Paul Delouvrier :
La Normandie existe encore et ne se limite pas au tube digestif de la Région parisienne dont Rouen serait le gros colon et Le Havre le trou du c…
C’est l’insertion de cet « Axe Seine » au cœur de la 6ème région de France animant l’arrière pays d’un estuaire et baie de Seine, abritant le 1er avant-port européen sur la Manche, de Cherbourg à Dieppe, qui donnera réellement à cet « Axe Seine » sa vraie dimension nationale et européenne au moment où il faut penser le contournement complet de la région parisienne à l’échelle de l’isthme européen qui traverse la France. (inscription du "maillon ouest" au schéma européen des infrastructures de transport)
On partagera donc les priorités du Commissaire Rufenacht sur tous les points suivants :
- Urgence de la remise à niveau des infrastructures de transport pour que les ports de l’Axe Seine cessent de perdre des parts de marché vis à vis d’Anvers, Rotterdam, Bremhaven ou Hambourg.
- Mise en valeur du potentiel fluvial de la Seine et de la baie de Seine (bases logistiques multimodales ; améliorer la connexion du port du Havre avec le fleuve ; mise en réseau des ports normands ; renforcer les coopérations entre les ports du Havre Rouen et Gennevilliers)
- Reconquête logistique de l’axe Seine face à la concurrence des logisticiens du port d’Anvers ou de Rotterdam qui procèdent selon une logique redoutable d’intégration verticale de la chaîne logistique sur une très grande profondeur géographique de l’hinterland (c’est le fameux « Gateway » dont ici on se gargarise dans de nombreuses tables rondes entre deux plantes vertes, table basse, fauteuils et journaliste gentil modérateur !)
- Reconquête du mode ferroviaire en profitant de l’arrivée de la Ligne Nouvelle Paris Normandie qui va libérer des sillons pour le fret ferroviaire (le rapport évoque la réouverture de la ligne Le Havre- Gisors)
- Projet de développement économique d’ambition national qui seul permettra de justifier la dépense de quelques milliards pour la remise à niveau fluviale, ferroviaire ou routière de la 6ème région de France (par ex : le contournement de Rouen et l’axe routier Amiens-Orléans). Ce projet économique s’articulerait sur cinq points forts :
- La logistique
- La mise au point du moteur décarboné français
- La chimie verte
- Les énergies renouvelables
- L’agriculture péri-urbaine, durable et labellisée
(On notera une vision essentiellement industrielle "haut" normande tout droit issue du Contrat Régional de Développement Economique hémiplégique concocté dans son coin par le Conseil régional de Haute-Normandie: le potentiel caennais de recherche fondamentale en physique nucléaire et sur le cerveau humain échappe aux radars de l'équipe Rufenacht!)
- S’appuyer enfin ! sur le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur normand qui est le second de France ( 70000 étudiants ; 4000 enseignants ; 2200 doctorants ; 2400 cadres et 140 laboratoires de recherche) pour l’ampleur et l’intensité des coopérations en cours ou envisagées entre les universités de Caen, Rouen et Le Havre (comme quoi ce n’étaient pas les équipes d’enseignants chercheurs qui avaient déjà l’habitude de travailler à l’échelle normande qui étaient les responsables pendant plus d’un an du blocage suicidaire de ce dossier). Il s’agit de combler le trou normand à l’ouest de Paris entre Lille au Nord et Rennes ou Nantes à l’Ouest : il y a encore des opportunités à saisir dans le programme d’investissements d’avenir mais il faudra être très réactif !
On sera donc (presque) d’accord sur tous ces points …
SAUF UN !
Et ce point est essentiel pour la réussite de cette ambition « Axe Seine » : l’équipe du Commissaire Rufenacht souhaiterait « créer de l’identité et de la fierté » afin de faciliter l’appropriation des enjeux de l’ « Axe Seine » et donc du « Grand Paris »
Nous avions plusieurs fois écrit à Antoine Rufenacht (la dernière fois c’était encore en août dernier) pour lui rappeler que les gens n’habitent ni des corridors ni des espaces et encore moins ne campent sur un « axe » mais qu’ils habitent, pratiquent et aiment des territoires « géo-historiques » clairement identifiés avec des noms propres : villes, pays, région-province, état-nation…
Une simple soirée de football entre le HAC et le PSG suffirait à démontrer que la
SEQUANITUDE N’EXISTE PAS et qu’existent en revanche le sentiment d’appartenance à la ville du Havre ou de Paris en tant qu’Havrais ou Parisien mais aussi en tant que Normand, Breton, Auvergnat, Corse, Savoyard, Français, Portugais, Italien, Polonais, Arabe, etc… Qu’existe encore aussi et surtout, un sentiment d’appartenance à la Normandie (notamment dans l’Eure mais aussi dans le pays de Caux, le Cotentin , le Bessin, le pays d’Auge ou dans les bocages bas-normand) qui fait, certes moins de bruit que certains hâbleurs de l'identité régionale, mais qui ne doit pas être méprisé pour autant à moins alors d'assumer un véritable schéma COLONIAL de soumission symbolique et territoriale!
« Avaler la Seine aval sans l’aval des Normands ? »
(collectif BEN, le Monde 16 octobre 2009)
Créer des événements culturels festifs sur le fleuve de Paris jusqu’au Havre en reprenant l’expérience de Normandie Impressionnisme ou de l’Armada est donc un enfer pavé de bonnes intentions si l’identité de la Normandie se dilue dans les eaux de la Seine qui charrient le parisianisme jusqu’à la mer… Car ces deux exemples cités dans le rapport Rufenacht sont des initiatives normandes et rouennaises plus particulièrement : dans cette perspective, à cause du saboteur Le Vern , l’anniversaire du 11ème centenaire de la Normandie (911 –2011) n’a pas été conçu comme une mise en Seine de la Normandie… Le temps où les Normands remontaient la Seine pour en imposer à Paris est effectivement lointain : « les Vikings sont fatigués !»
« Les Normands vont-ils devoir apprendre à devenir des Grand-parisiens ? »
(Bertrand Tierce, "Chronique de Normandie", 24 octobre 2011 N°247)
Antoine Rufenacht le 30 septembre dernier, justement, nous a répondu que, je cite, le développement de la Vallée de la Seine concerne naturellement l’ensemble de la Normandie.
La gouvernance de la vallée de la Seine sera complexe car, prévient le rapport Rufenacht, il faudra associer l'ensemble des acteurs publics et privés tout en impliquant durablement l’Etat central : le projet doit se poursuivre quoiqu’il arrive après 2012 car il est fort possible que les décideurs parisiens ne soient toujours pas très sensibles à ce qui pourrait encore se passer en aval du pont de Puteaux…
En effet, avec l’ouverture du Canal « Seine-Nord-Europe », le Grand Paris maritime pourrait très bien se faire avec une option flamande d’ici 10 ans si l’évidence normande en reste à l’état de mémorial commémoratif ou d’une superbe idée objet de nos plus belles palabres ou engueulades (par ex : débat sur la « réunification »)
Il faut un LOBBY NORMAND
Cette ambition de la Seine maritime (au sens strict) , ne peut qu’être qu’une ambition normande et portée par une volonté normande sous peine d’être UNE NOUVELLE FOIS les COCUS d’un grand pari !
(Image extraite du dossier de presse de l'agence Grumbach lors de la présentation du projet "Seine-Métropole" à la Cité de l'architecture du palais de Chaillot à Paris en juin 2009: on notera qu'il était à l'origine prévue de bien éclairer la route des Cocus dans la nuit normande...)
10 septembre 2011
Antoine RUFENACHT à CAEN: Normandie ou Axe Seine?
Jeudi 8 septembre, Antoine RUFENACHT en tant que haut-commissaire au développement de la Vallée de la Seine, cause nationale, était à la préfecture de région à Caen pour rencontrer une cinquantaine de décideurs "bas-normands"...
Comme nous l'avons écrit cet été au représentant officiel du gouvernement et ancien maire du Havre, l'Axe Seine limité au seul "axe Seine" quand bien même qu'il s'agisse d'un enjeu national, ne fera jamais le poids face à la concurrence portuaire et logistique d'Anvers ou de Rotterdam...
Plus qu'une simple fenêtre ouverte au bout d'un long corridor, il faut intégrer la façade maritime régionale privilégiée et évidente de la France au niveau des enjeux européens: c'est la Normandie qu'il faut penser et c'est donc à la Normandie qu'il faut penser!
Le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie", dans un cahier d’acteur du Débat Public National sur la Ligne Nouvelle Paris Normandie, va proposer la création d'un ETABLISSEMENT PUBLIC DE COOPERATION INTERREGIONALE NORMAND spécifique pour que l'intérêt général de l'Axe Seine ne soit pas qu'un intérêt parisiano-centré qui pourrait très bien faire son miel le moment venu avec Anvers, à l'occasion de la future ouverture du canal de gabarit européen "Seine-Oise-Nord"...
Face à Paris, face à l'Etat central et ses haut-fonctionnaires, face à la SNCF et à RFF, face aux élus de la région Ile de France, les collectivités territoriales normandes (2 régions, 5 départements, 3 grandes agglomérations...) doivent se regrouper pour enfin PESER et PROPOSER un projet de territoire...
Le haut-commissaire RUFENACHT va donc entendre tout le monde et il risque hélas d'entendre surtout les doléances et les craintes de décideurs et d'élus locaux qui faute d'avoir suffisamment réfléchi par le passé à une vision stratégique ou géo-politique normandes, craignent de subir alors qu'il faut agir...
Les deux présidents de région normands ont enfin compris qu'il était temps, face au gouvernement et face aux incertitudes du calendrier (les présidentielles de l'an prochain) et du financement de la Ligne Nouvelle Paris Normandie de proposer une vision et d'agir en conséquence...
Chose qui a été comprise plus tôt et plus vite du côté des forces vives régionales et du mouvement consulaire normand qui se prépare, d'ores et déjà à la création de la 6ème CRCI de France à l'horizon 2015...
Ci-après, la brève de France 3 "basse" Normandie :
Antoine Rufenacht rencontre les Bas-Normands
Antoine Rufenacht, ancien maire du Havre et commissaire pour le développement de la Seine était ce matin à Caen
L'axe Paris-Le Havre est central dans le projet d'aménagement du territoire impulsé par le président de la République, projet connu sous le nom de Grand Paris. Les responsables Bas-Normands aimeraient bien ne pas être mis de côté. Une cinquantaine d'entre eux ont répondu à l'invitation d'Antoine Rufenacht.
L'ancien maire du Havre est venu ce matin à Caen en tant que commissaire pour le développement de la Vallée de Seine. Politique, économie, énergie, éducation, tourisme et même santé, tous les secteurs étaient représentés à cette réunion. "Nous qui sommes au pied du pont de Normandie, on a compris depuis longtemps qu'il allait se passer beaucoup de choses autour du Havre et de l'axe avec le Grand Paris", explique Christian Fougeray, président de la chambre de commerce et d'industrie du Pas d'Auge, "Ce serait dommage que les Bas-Normands, notamment Caen, n'en bénéficient pas. Je pense que c'est très bien qu'il (Rufenacht) vienne sur place nous expliquer le projet et que nous luis disions quels avantages nous pourrions apporter à cet ensemble."
Pour l'ancien maire du Havre, le Grand Paris est une cause nationale. Il est venu préciser la place de la Basse-Normandie dans ce vaste projet et a tenu à écouter les doléances de chacun, quelles que soient les couleurs politiques: "C'est le projet d'une génération, en 20-30 il y aura des alternances dans les deux sens, ce projet doit être approprié par tout le monde et non pas porté par une formation politique." Antoine Rufenacht doit rendre son rapport final en mars 2012.
NDLR: à cause des élections sénatoriales de ce mois de septembre le colloque de Caen sur la place de la Normandie dans l'Axe Seine prévu le 26 septembre prochain, a été repoussé au début 2012, c'est après le Débat Public. Si ce dernier était un échec ce colloque aura-t-il lieu?
La Normandie aura-t-elle encore l'heur de plaire?
C'est bien maintenant, en cette année 2011 commémorative de son XIe centenaire que l'on va décider si la "Normandie", en tant que telle peut prolonger ou non son aventure "géo-historique" particulière pour le plus avantage de la France (enjeu du Grand Paris maritime) et de nos concitoyens qui habitent ou qui apprécient leur Normandie...
05 septembre 2011
SOYONS AMBITIEUX POUR ROUEN...
LA CATHEDRALE DE LA RIVE GAUCHE
Avec le projet de la Ligne Nouvelle Paris Normandie, Rouen, la « métropole oubliée » a l’opportunité historique de s’équiper de la grande gare centrale qui ferait de Rouen LE grand carrefour ferroviaire dans l’ouest du bassin parisien…
Allons ! Ne soyons pas mesquin comme un certain Alain Le Vern qui nous serine qu’on ne trouvera jamais les milliards nécessaires ! Certes, s’il s’agit seulement d’améliorer le service d’une ligne de la grande banlieue ouest de Paris entre Mantes la Jolie et Rouen pour mieux faire circuler des bétaillères à deux étages, inutile de dépenser des milliards pour justifier la meilleure sortie ferroviaire en LGV du magma grand-parisien ou pour construire une gare centrale et un tunnel de 6km de long dans une agglomération urbaine et industrielle perdue dans un méandre de l’Axe Seine à 120 km à l’ouest du « Grand Paris »…
Mais s’il s’agit de faire de Rouen LE carrefour ferroviaire dans l’ouest du bassin parisien qui manque entre le Nord européen et le Grand Ouest ligéro-breton, s’il s’agit de faire de Rouen la base logistique ferroviaire au départ de l’actuelle gare de Sotteville pour étendre vers l’Est et le Sud l’hinterland des Grands Ports maritimes normands de la Seine, s’il s’agit d’achever enfin le contournement complet de la région parisienne à l’échelle européenne avec la création d’un « maillon Ouest », s’il s’agit de faire de Rouen l’étoile ferroviaire de la Normandie, 6ème région de France avec une gare centrale de rencontre et toutes les correspondances nécessaires entre les TGV, les TER reliant les grandes villes normandes entre elles et un tram-train d’agglomération d’Yvetot à Elbeuf, s’il s’agit enfin de proposer un Eurostar « anglo-normand » Paris/ Londres via Rouen-Amiens et Calais (en raison de la saturation annoncée de l’actuelle ligne Paris/Lille et de la Gare du Nord), il faudra alors être très ambitieux pour le site de Saint-Sever (ex Sernam) : il faudra bâtir la nouvelle cathédrale de Rouen sur la rive gauche…
Et pour une telle ambition, un nom un seul, s’impose : l’architecte hispano-suisse Santiago CALATRAVA
Un précédent magnifique existe : la gare centrale de Liège les Guillemins inauguée le 18 septembre 2009
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Guillemins.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/Gare_des_Guillemins_Sept._2008_Side_view_02.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3f/Guillemins-27-mai-2007.jpg
26 juillet 2011
L’Axe Seine ne suffit pas : le « cœur » de la Normandie se mobilise !
L’association « EURE NORMANDIE + » se mobilise pour la promotion d’un tracé de la future Ligne Grande Vitesse (Ligne Nouvelle Paris Normandie) qui permette la desserte de l’ensemble du territoire normand…
Le scénario « B » étudié par la commission de préparation du débat public qui aura lieu cet automne semble à cet égard le plus pertinent en terme de coût , en terme d’impact sur l’environnement et en terme de service rendu au territoire : ce scénario de LNPN via Evreux permettrait en effet une desserte du cœur de la Normandie, actuellement « à cheval » entre les régions administratives de Haute et Basse Normandie, de Vernon à Lisieux en passant par Evreux et Louviers… tout en préservant l’essentiel : la liaison Paris /Rouen / Le Havre / Caen en moins d’1h 30.
Les élus eurois mobilisés dans cette association veulent, en outre, rappeler que l’ensemble urbain « Vernon-Evreux-Louviers » rassemble 233 523 habitants et quelques 10821 entreprises (notamment le pôle aéronautique de Vernon)…
Cette démarche est donc comparable à celle des élus Bas-normands (notamment Laurent Beauvais président du CRBN et Philippe Duron député-maire de Caen) qui affirment depuis le début, non sans courage et lucidité, que le seul « axe Seine » ne sera pas suffisant en terme de population et de territoire pour assurer la rentabilité interne de la future ligne : c’est un bassin urbain d’au moins un million d’habitants entre Caen à l’Ouest, Le Havre au Nord, Rouen à l’Est et Evreux au Sud qu’il faut défendre et valoriser pour aller chercher les financements… Dès maintenant !
Se focaliser sur le seul « Axe Seine » avec les agglomérations de Rouen et du Havre isolées face au mastodonte du Grand Paris comme cela a été présenté au dernier colloque de Rouen , ou se focaliser sur la seule urgence du nœud ferroviaire rouennais ou du « bouchon » du Mantois, comme le fait Alain Le Vern, c’est non seulement manquer d’ambition mais c’est surtout prendre le risque politique de la mise sous tutelle définitive d’une Normandie « utile » placée sous l ‘étroit contrôle de la région parisienne…
En clair : le cœur de la Normandie et ses marges occidentales (Eure + Basse-Normandie) se mobilisent pour éviter le suicide par noyade dans l’Axe Seine d’une Normandie rouennaise et seino-marine !
C’est peut-être actuellement du côté d’Evreux ou de Caen que les intérêts de Rouen, en tant que métropole qui attend toujours d’être à la tête d’une vraie région, sont paradoxalement, les mieux défendus !
Face aux atermoiements rouennais (Fabius est tenté d’attendre après les élections présidentielles de 2012), face à la complexité du dossier notamment financière, face à l’urgence de l’agenda (débat public clos en janvier 2012 et mission de financement achevée en mars 2012) la mobilisation des élus de l’Eure et de la Basse-Normandie est donc exemplaire !
Nous espérons donc que le Commissaire Général au Développement de la Vallée de la Seine, un certain Antoine Rufenacht qui vient de constituer son équipe de travail installée au ministère de la Ville, qui a annoncé son désir de rencontrer les élus normands et les forces vives de notre région, comprendra, en tant que représentant de l’Etat et porteur d’un intérêt national et européen en Normandie qu’une vallée ne peut être qu’un corridor et qu’un Estuaire a toujours deux rives !
Le 26 septembre prochain aura lieu le colloque de Caen : Antoine Rufenacht a d’ores et déjà souhaité être présent. Il serait donc judicieux que les élus eurois animateurs de l’association « Eure-Normandie + » y soient aussi pour rencontrer les élus bas-normands et rappeler ainsi à l’envoyé du Gouvernement qu’une vision commune de la Normandie peut finalement exister dans et au-delà du seul « Axe Seine »…
Car, sans préjuger de la bonne foi d’Antoine Rufenacht qui a toujours défendu l’idée d’unité normande et du rôle impartial qu’il souhaite désormais jouer (son équipe accueille notamment Laurence Tison-Vuillaume, adjointe au maire de Rouen en charge de la Culture et conseillère régionale au CRHN : elle sera en quelque sorte « l’œil de Fabius »…), il faut dire que le libellé de sa lettre de mission reçue du Premier Ministre le 24 mai dernier, fera frémir tous ceux et celles qui sont mobilisés actuellement pour une Normandie active et non pas simplement agie:
« Concevoir les modalités d’un développement durable et intégré sur la grande échelle de la vallée de la Seine, valorisant les atouts de l’ensemble des territoires franciliens et normands directement ou indirectement concernés »
« Identifier les vecteurs culturels et socio-culturels ainsi que les initiatives qui pourraient développer un sentiment d’appartenance , facteur de cohésion territoriale, à cette partie singulière du Grand Paris qu’est la Vallée de la Seine »
« Définir les objectifs et les modalités de fonctionnement d’une gouvernance destinée à créer du consensus ou arbitrer les divergences (sic !), coordonner les actions et assurer un suivi des décisions prises et des actions en cours »
Pour qu’il en soit autrement, il faut donc que les élus normands « apprennent à chasser en meute comme les bretons » !
Le conseil vient d’Antoine Rufenacht et le message est reçu 5/5 dans l’Eure et en Basse-Normandie…
Et à Rouen ?
11 juillet 2011
LA MISSION IMPOSSIBLE DE RUFENACHT
AXE SEINE: LA MISSION IMPOSSIBLE DE RUFENACHT
http://basse-normandie.france3.fr/info/le-commissariat-general-a-l-axe-seine-installe-69618171.html
Rufenacht prêt à commencer sa mission: sera-t-elle impossible?
Elle sera limitée dans le temps avec un rapport qui sera remis au président de la République au printemps prochain et un pré-rapport qui sera rendu public le 15 septembre prochain soit avant le 26 septembre (colloque de Caen auquel devrait participer le commissaire général à l'Axe Seine) et donc avant le lancement officiel du débat public sur la LNPN qui doit commencer en octobre 2011 pour s'achever en janvier prochain...
Pour le commissaire général de la mission interministérielle à l'Axe Seine; trois noeuds gordiens seront à trancher:
1) Intéresser enfin la région parisienne et les décideurs parisiens et franciliens à l'Axe Seine comme lien maritime naturel (pour l'instant ils s'en fichent: Anvers pourrait très bien faire l'affaire...). Il faut donc que la Normandie fasse du lobbying!
2) Faire en sorte que les solutions de financement couvrent globalement l'ensemble du projet: le phasage technique est incontournable mais la solidarité financière globale entre tous les acteurs l'est tout autant sinon plus. En clair: le projet et le chantier ne doit pas se limiter au seul problème du "bouchon du Mantois". Et en plus clair encore: Contourner efficacement Le Vern qui, précisément, ne veut pas aller plus loin que le Mantois ou Rouen au nom du réalisme financier...
3)Inciter les collectivités territoriales normandes à se mobiliser collectivement pour présenter et défendre un projet de territoire global pouvant justifier les 10 à 13 milliards prévus pour une ambition qui doit être présentée comme un enjeu national... C'est sur ce point essentiel que se noue le problème le plus difficile qui risque de mettre définitivement en péril le projet de LNPN: les grands élus de Normandie sont divisés tant du côté des grandes métropoles (concurrence entre Caen, Rouen et Le Havre) que du côté des deux Conseils Régionaux (à majorité socialiste tous deux!) avec un CRBN qui pousse et un CRHN qui freine et surtout avec deux visions prospectives du territoire qui s'ignorent mutuellement ou presque. Avec en outre, la tentation et la tentative de certains grands élus (Laurent Fabius et Alain Le Vern) de jouer la montre (attendre les présidentielles de 2012 pour reprendre la main en cas d'alternance à gauche) au risque de faire capoter dès maintenant le processus de mise en oeuvre d'un projet qui est officiellement piloté "depuis l'Elysée"...
Face aux sempiternelles procrastinations électorales d'une classe de professionnels de la politique aveuglés par des arrières pensées toujours renouvelées, il est donc urgent et vital que cette ambition et ce vrai INTERET GENERAL NORMAND soit, en que tel, pensé et porté par les décideurs et les animateurs les plus lucides de la société civile normande: il faut désormais dire que nous avons en avons plus qu'assez que notre avenir régional soit toujours le jouet de considérations politiciennes plus ou moins avouables et bornées dans le temps (MON mandat) et l'espace (MA circonscription)
Serions nous devenus les "âmes mortes" de nouveaux feodaux? (cf. Nicolas Gogol)
Cette à cette vraie question que devra répondre le prochain débat public sur la LNPN
05 juillet 2011
UNIVERSITES en NORMANDIE: COOPERER ou DISPARAITRE!
On vient de l'apprendre... Le Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur pour lier ensemble et mutualiser les moyens les universités de CAEN; ROUEN et du HAVRE va être constitué très prochainement: il était temps! La signature est imminente...
Valérie PECRESSE, ex-ministre de l'enseignement supérieur a frappé du poing sur son bureau avant de partir: pas de PRES pas de sous pour l'université en NORMANDIE au risque que nos trois universités ne soient pas éligibles aux milliards programmés dans le grand emprunt national sur la recherche scientifique. Mme la présidente de l'université de Caen et M le président de l'université de Rouen vont devoir s'entendre enfin et permettre aussi à l'université du Havre d'exister davantage...
Laurent FABIUS qui s'était longtemps opposé à la logique du PRES mise en oeuvre par le gouvernement UMP actuel prétextant un machin inutile de plus, surtout inutile pour renforcer la visibilité scientifique et technnologique de la métropole rouennaise, vient enfin de changer d'avis: c'est au contraire en construisant un réseau solide des universités normandes en y développant les complémentarités et les solidarités nécessaires que le pôle scientifique de Rouen, notamment celui du Madrillet en matière de Recherche-Développement tourné vers l'industrie va pouvoir se développer en profitant des recherches et expériences faites dans un réseau de chercheurs universitaires en Normandie: les coopérations indispensables avec le mastodonte francilien resteront car elles sont incontournables (par ex: le pôle de compétitivité MOVEO dont la direction est encore partagée entre Ile de France et les deux régions normandes) mais sans PRES normand, l'université de Rouen isolée, prenait le risque fort d'être définitivement satellisée dans la banlieue universitaire parisienne: Laurent Fabius a donc enfin compris!
Il fallait aussi mettre fin rapidement à un paradoxe intellectuel devenant de plus en plus insupportable pour nombre d'acteurs de l'enseignement supérieur ou de la recherche en Normandie: la Normandie (Haute et Basse) pouvait-elle indéfiniment restée sans PRES à 200km des universités et grandes écoles parisiennes entre le PRES de Lille et le PRES Grand-Ouest liant désormais les universités de Rennes; Nantes et Angers avec 150000 étudiants? La Normandie pouvait-elle restée indéfiniment sans structure de solidarité commune alors que nos universités normandes ont été les premières dès la fin des années 1980 a développer des coopérations intérrégionales avec l'expérience notamment du Pôle Universitaire Normand, de VIKMAN un réseau informatique et d'informations communs aux trois campus avec aujourd'hui 8 écoles doctorales communes (un record !) des CHU qui coopérent totalement depuis des années, une école de commerce déja fusionnée et des écoles d'ingénieurs INSA Rouen et ENSI Caen parfaitement complémentaires et qui veulent fusionner depuis longtemps!
Caen, la plus vieille université de l'Ouest français, siège de la délégation normande du CNRS et sa soeur cadette l'université de Rouen après s'être opposées, peuvent jouer désormais de complémentarités réelles: le pilotage de la recherche fondamentale à Caen, le pilotage de la recherche développement industrielle à Rouen et la logistique du commerce international au Havre... Nucléaire médical; logistique du conteneur maritime; moteur décarboné, à l'échelle nationale, les universités normandes offrent des recherches déjà très spécialisées: des expériences et des études qu'on ne fait qu'ici!
S'il y avait donc une région de France où le PRES allait de soi car il y a déjà ici un contenu préexistant et ancien c'était bien la Normandie: dans de nombreuses régions françaises ayant depuis peu un PRES, c'est souvent le contraire: les équipes de recherches se découvrent et apprennent à travailler ensemble pour la première fois (ex: entre Nantes et Rennes)...
La bataille du PRES normand était donc devenue la caricature de la question régionale normande: nier les évidences pour la poursuite d'arrières pensées de pouvoir plus ou moins inavouables.
PRES; métropolisation; régionalisation; infrastructures; aménagement du territoire; sur de nombreux sujets d'avenir, la Normandie est LE cas d'école... Pourquoi faudrait-il que nos décideurs, notamment politiques, soient toujours tentés par le modèle du cancre?
01 juillet 2011
PROJET NORMAND: le PSRCRDE...
Intervention publique au titre du Collectif "Bienvenue en Normandie", le jeudi 30 juin, Théâtre des cordes, dans le cadre de la présentation du Plan Stratégique régional bas-normand "Basse-Normandie 2020 + " réalisé à partir des analyses du Groupe de prospective "Normandie 2020+"
INTEGRER L’EVIDENCE NORMANDE :
vers un nouveau modèle régional de l’Aménagement du Territoire
I ° La NORMANDIE, un cas d’école pour illustrer TROIS ENJEUX ou DEFIS NATIONAUX :
· Garder en France le premier potentiel d’économie maritime du pays : pour demeurer une mégalopole mondiale, le Grand Paris veut se doter d’une dimension maritime via l’axe Seine. On a à peine 10 ans pour que cela soit l’option normande et non pas l’option flamande. Intégrer l’évidence normande c’est à nouveau doter la France d’une grande ambition maritime avec le réseau des ports normands de Cherbourg à Dieppe comme avant-port européen sur la mer la plus fréquentée du Monde.
· Aménager le Grand Bassin parisien dans un rayon de 200 km autour de la région parisienne : depuis 40 ans avec la politique des métropoles régionales d’équilibre reliées à Paris par un réseau ferré étoilé de TGV, les lointains se sont rapprochés mais les proches se sont éloignés : Rouen ; Caen ; Amiens ; Tours ; Orléans ; Dijon ; Reims autant de capitales ou métropoles régionales qui ont été un peu oubliées. La LNPN est un projet expérimental : une LGV pas un TGV car il faut inventer la grande vitesse de proximité. 250 km/h à 200 km de Paris non pas pour aller au plus vite de A à B mais pour desservir A/B/C ou D, un réseau de villes proches comme en Allemagne, Pays-Bas ou l’Italie du Nord. Intégrer l’évidence normande c’est doter la France d’un modèle régional européen.
Pour le fret : c’est la question d’achever le contournement complet de la région parisienne par l’Ouest dans le cadre du schéma européen des infrastructures de transport et créer les alternatives Nord-Sud ou Est-Ouest à l’axe quasi exclusif aujourd’hui Lille / Paris / Lyon / Marseille.
· Lancer le Grand Chantier de l’ACTE 3 de la décentralisation pour une France des régions et de l’approfondissement démocratique : le cadre actuel des 22 préfectures et conseils régionaux est périmé. Le découpage entre Haute et Basse Normandie date de 1960 époque où l’Etat central s’occupait de tout ou presque. Aujourd’hui, le Monde est ouvert à toutes les échelles et l’Etat central aménageur est lointain et impécunieux. Il faut d’urgence une vraie réforme territoriale pour enfin faire émerger de vraies régions, démocratiquement responsables avec de vraies compétences et une vraie maîtrise des moyens pour sortir du piège actuel : la régionalisation de la centralisation avec transfert de compétences mal définies ou mal financées vers les collectivités sous les yeux vétilleux des préfets. La question normande sera un laboratoire, celui de la mise en cohérence de la gouvernance institutionnelle avec les réalités géo-historiques et économiques de la 6ème région de France : il ne s’agit surtout pas de faire une « grande Normandie » mais de retrouver la géo-histoire de la « vraie Normandie » autour de la baie et de l’estuaire de la Seine, notre bien commun. Pour ne pas être marginalisée l’avenir Basse-Normandie dépend de la Haute-Normandie. Pour ne pas être que l’armoire technique de la région parisienne, l’avenir de la Haute-Normandie dépend de la Basse-Normandie. Intégrer l’évidence normande, c’est éviter que le Grand Paris ne soit définitivement la capitale d’une Normandie en miettes !
II° La NORMANDIE, la « REGION DOUCE » pour un modèle alternatif de l’Aménagement du Territoire :
· La « région douce » pour éviter le couple infernal Centre/ Périphéries :avec une métropole régionale millionnaire à trois têtes à 200km à l’ouest du « Grand Paris ». Une petit Paris de province en Normandie, c’est impossible : tant mieux ! Avec une grande agglomération à moins de 100 km ; une ville moyenne tous les 40 km ; une petite ville tous les 20 km et un gros bourg rural tous les 10 km, c’est le rêve du normand Alphonse Allais qui peut être réaliser : la diffusion fine des services urbains sur l’ensemble du territoire régional et éviter d’accentuer la vraie division normande : celle d’une Normandie utile de l’axe Seine connectée au Grand Paris ignorant la Normandie des arrières-pays ruraux de l’Eure à la Manche.
· La « région douce » pour éviter les méfaits de la spécialisation des territoires : les villes et territoires normands offre une étonnante variété de paysages et de profils socio-économiques, telle une mosaïque avec toujours plus de complémentarités que de concurrences entre mer et terre; vallées et plateaux ; bocages et campagnes ouvertes ; urbanité et ruralité ; tourisme de culture et de nature et industrie. Polyvalence ; complémentarités ; équilibre : la Normandie devrait être un modèle d’aménagement du territoire. C’est la conviction partagée depuis toujours par la DATAR et c’est le rêve jusque-là impossible des élus urbains et régionaux normands les plus lucides depuis 1972…
· La « région douce » pour vivre et jouir d’une qualité de territoire : la Normandie est une évidence géo-historique exceptionnelle par sa densité et sa qualité. L’identité régionale normande ne consiste pas à revendiquer une communauté ethnolinguistique exclusive ou excluante. C’est un art de vivre ou une façon d’être ou de jouir d’un bien public patrimonial culturel et naturel d’une grande qualité. Face à des propositions régionales plus communautaires ou plus récréative, la région douce normande doit s’affirmer comme la région de la recréation de l’âme et du corps entre les plus grandes régions urbaines d’Europe : Paris et Londres.
CONCLUSION : La discussion sur le sexe des anges normands à réunifier n’a plus lieu d’être. Il y a désormais des enjeux : le Grand Paris maritime et un projet : la LNPN. Le cadre institutionnel actuel est périmé, il faut intégrer l’évidence normande parce qu’il y a enjeux et projet. Il faut penser à l’échelle pertinente. Au 1er janvier 2015 : il y aura qu’une seule CRCI en Normandie, ce sera la 6ème de France et la première pour l’économie maritime. Mais les deux conseils régionaux normands nous proposent ici un Plan Stratégique Régional bas-normand qui se voudrait normand et là-bas un Contrat régional de développement économique haut-normand ignorant la Normandie alors qu’il faudrait dès maintenant penser à un agenda pour une coopération structurelle entre Haute et Basse Normandie dans le but de doter la LNPN du projet de territoire qu’elle mérite. Le 8 juin dernier 12 géographes universitaires normands dans Libération donnaient l’alarme : « coopérer ou s’effacer ».
Le 26 septembre 2011, aura lieu un important colloque à Caen sur l’avenir même de la Normandie : comme souvent, le courage et la lucidité vient des marges qui, face à la cécité du centre, ont le devoir de réfléchir à l’avenir…
Doit-on parier qu’à Caen, à l’automne prochain à la veille du débat public sur la LNPN, on réfléchira finalement plus sûrement à l’avenir de Rouen et de la Haute-Normandie que sur les bords de la Seine ou chez les emmurés de la Caserne Jeanne d’Arc ?
16 juin 2011
La Normandie, première région UNESCO de France?
Le classement de la côte d'Albâtre et de la vallée de la Seine à l'Unesco avance
Interrogé en marge de sa conférence de presse sur la politique touristique du département de Seine-Maritime ce mardi à Jumièges, Didier Marie a annoncé que le dossier de classement de la Côte d'Albâtre et de la vallée de la Seine au patrimoine mondial de l'Unesco "avance". Le Conseil général de Seine-Maritime, qui porte cette double candidature, doit en débattre le 28 juin prochain. "Nous avons préféré lancer les deux procédures de façon concommitantes" a rappelé ce mardi le président du département de Seine-Maritime. "Nous avons dix-huit mois pour déposer le dossier" a-t-il ajouté. "Ce double projet, il faut le faire vivre, le faire partager par les Seinomarins. L'intérêt de la procédure de classement à l'Unesco est double : mobiliser les acteurs locaux et qualifier l'identité forte du patrimoine départemental en suscitant une grande fierté" a ajouté le président du Département. Autre dossier de candidature déposé à l'Unesco, la demande de classement au patrimoine mondial des plages du Débarquement. Cette candidature, parrainée par l'ancienne ministre Simone Veil est portée par la région Basse-Normandie avec le soutien du Mémorial de Caen, qui accueille en cette fin de semaine un colloque international d'historiens sur la place du Jour J et de la bataille de Normandie dans la mémoire des pays belligérants.
(Source: Paris-Normandie, jeudi 16 juin 2011)
Commentaire de Florestan...
On rappelera à tous DEUX EVIDENCES:
1° La Normandie, si ces deux projets aboutissent et si on se calme sur les éoliennes terrestres du côté de la Baie du Mont Saint Michel, serait la PREMIERE REGION UNESCO de France avec pas moins de 7 SITES ou OBJETS classés sur la liste du Patrimoine mondial de l'Humanité:
La baie et le Mont Saint Michel
La tapisserie de Bayeux
La dentelle d'Alençon
La ville du Havre
Le site de la Hougue et Tatihou
Les plages du Débarquement
Les falaises d'Etretat et les Boucles de la Seine...
Qui dit mieux?
2° La Normandie n'a qu'un seul Comité régional de Tourisme: il devient donc redoutablement urgent de CESSER de cracher dans la soupe de l'évidence normande!!!
Monsieur Didier MARIE, président de tous les "Seinomarins" du Monde, doit comprendre qu' Etretat, ce "Mont St Michel de la Nature" ou les Boucles de la Seine sont des sites qui ont, avant toute chose, une réputation nationale ou internationale: quel intérêt de barbotter à bord de la Seino Marine alors que la Normandie est connue dans le Monde entier?
Le CRT Normandie actuellement présidé par Alain Tourret devrait être l'instance de coordination pour la pleine réussite de ces deux initiatives mettant en valeur le patrimoine culturel et naturel normand au moment où l'UNESCO s'interroge sur le maintien de son label sur la Baie du Mont Saint Michel...





