L'Etoile de Normandie

Le Magazine Internet des Normands, entre Traditions & Modernité - "Ce site s'inscrit dans la volonté de mettre fin à la division administrative de la Normandie, morcelée depuis 1956 par le bon plaisir de l'Etat, contre l'avis des élus et des citoyens".

26 mai 2011

L'oeuf et la poule

L'Œuf et la poule

Jeudi 26 Mai 2011

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand

 

Nous commenterons largement le second colloque sur l’Axe Seine, qui vient de se tenir au Zénith de Rouen le lundi 23 mai, dans le numéro 320 de L’Unité Normande paraissant en juin. Au reste, la presse locale et les lettres d’information relatent à l’envi cette réunion où plus de 1 600 participants ont sagement écouté, au cours de quatre tables rondes, des personnalités exprimant espoirs et exigences concernant le devenir de l’Axe Seine, la nécessité de la Ligne Nouvelle Paris – Normandie (L.N.P.N.), le concept de Ville Monde ambitionné par la Capitale, la politique maritime de la France et, comme un leitmotiv, la place et le rôle de la Normandie dans ce projet qui sera la « grande affaire normande » du XXIè siècle.
Dans ce communiqué de circonstances, nous n’exprimerons que notre sentiment sur le positionnement actuel des protagonistes et, disons-le d’emblée, sur le malaise que nous ressentons devant le manque d’unanimité normande des responsables politiques – et eux seuls ! – pour relever le défi de notre devenir. Nous en sommes attristés (cela ne fait que quarante ans que cela dure !) et furieux (nous invitons le plus grand nombre à partager notre indignation).

Deux déclarations politiques ont dominé les débats : celle de Monsieur Bruno Le Maire, en tant que Ministre de l’Aménagement du Territoire, de représentant du Gouvernement et – il a tenu à la préciser – d’Élu de Normandie, et le discours de Monsieur Laurent Fabius, ancien Premier Ministre, président de la C.R.E.A. – puissance invitante –, lui aussi Élu de Normandie, mais se croyant encore un destin national (ce dernier point n’étant pas neutre car il avait choisi le registre du leader de l’opposition).

Bruno Le Maire a prononcé un discours volontariste se plaçant délibérément dans une approche normande.
Résumons son propos :
  • Il faut s’engager totalement en faveur de l’Axe Seine.

  • La Normandie a des atouts considérables :
- Sa vocation maritime : 550 km de côtes, 5 ports essentiels sur la mer la plus fréquentée du globe, l’importance du trafic transmanche…
- Sa proximité avec Paris : il s’agit d’en tirer bénéfice.
- La Seine est un atout capital.

  • Mais nous subissons des handicaps :
- Le retard des infrastructures, notamment ferroviaires, qui perturbe gravement le trafic des voyageurs et, surtout, celui du fret.
- La proximité de la Capitale ne doit pas se traduire par une subordination de la Normandie.

  • La première réponse, c’est le projet de L.N.P.N.
- L’idée en a été lancée (ou relancée ? N.D.L.R.) il y a deux ans et on n’a pas perdu de temps, grâce au Comité de pilotage ad hoc piloté par le Préfet Duport.
- Le Débat Public sera ouvert à l’automne : M. Guérin a été désigné pour le présider et R.F.F. a « mouliné » tous les scénarii. Il s’agit d’un projet de prix élevé : de 9 à 13 milliards d’euros. C’est la raison pour laquelle, en même temps que le Débat Public, travaillera une Commission du Financement, le but étant que, lors de la conclusion définitive de cette phase de concertation, c’est-à-dire au printemps 2012, toutes les décisions puissent être prises en connaissance de cause.

Il s’agit d’une stratégie collective : l’ensemble des collectivités territoriales est concerné. C’est un projet global pour la Normandie : Evreux, Caen, Cherbourg doivent en bénéficier comme les villes de l’Axe Seine.
Rappelant son autre casquette de Ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire a tenu à rassurer le monde rural : réduire au maximum les empiétements sur le foncier agricole et respecter au maximum les impacts environnementaux.

Dans sa conclusion, le Ministre de l’Aménagement du Territoire a rappelé l’intérêt CONJOINT du Grand Paris et de la Normandie à jouer pleinement l’ambition de l’ouverture sur l’Océan et il a résumé en trois options essentielles l’architecture du projet :
  • Organiser le développement durable de la Vallée de la Seine, sur tous les plans (infrastructures, urbanisme, université et recherche, innovation).
  • Organiser la gouvernance du projet qui concerne trois régions, treize départements, d’où la mission confiée à Antoine Rufenacht, qui pourra s’appuyer sur la nouvelle D.A.T.A.R.
  • Sauvegarder l’identité normande aux cotés de celle du Grand Paris : l’effort commun étant l’une des forces de la Vallée de la Seine.

Et Bruno Le Maire termina son propos en rappelant que l’État avait contribué au financement de Port 2000, que Rouen a reçu 50 millions d’euros de la part de l’État, que l’État investira 4 milliards d’euros dans le Canal Seine – Nord et entreprend la réalisation de la ligne de fret Serqueux – Gisors : l’État se mobilise et nous avons collectivement à bâtir la grande région normande.


Il revenait à Monsieur Laurent Fabius de mettre un point final au Colloque Axe Seine. Il articula son intervention en deux parties à tonalités fort différentes. Dans un premier temps, brillant comme à l’accoutumé, il résuma l’intelligence produite au cours des quatre tables rondes ; dans un second temps, autant ironique que mesquin, il ne put s’empêcher d’embourber le débat dans une vision étriquée et politicienne du véritable défi qu’il eût fallu relever avec le brio, l’enthousiasme, le lyrisme dont fit preuve, par exemple, le Maire de Paris, Monsieur Bertrand Delanoë, qui l’avait précédé à la tribune…

Qu’a dit Laurent Fabius ?
  • Les Normands savent se rassembler. La Seine est notre lien. Agir ensemble dans l’intérêt du territoire : ce peut, d’ailleurs, être un remède à la crise. Des initiatives sont prises dans tous les domaines. L’industrie joue un rôle central dans l’économie et pour l’emploi. Il n’y a pas de territoires et pas d’usines sans ouvriers (1re table ronde). Nous subissons des retards dans la coopération des universités, on attend toujours le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur – PRES. Avec Paris et Le Havre, la C.R.E.A. étudie la modalité de mises en service du réseau des zones logistiques : la Vallée de la Seine servant de « gateway » et d’ « hinterland portuaire » (3e table ronde). L’Axe Seine peut être un laboratoire des mobilités du futur, notamment avec les véhicules électriques, ce qui suppose des infrastructures nouvelles – bornes, parking ad hoc – (2e table ronde)
  • De même, il faut développer les patrimoines environnementaux et touristiques de la Vallée de la Seine. La Normandie, sur ce plan, a des atouts d’importance mondiale : en témoigne le succès considérable du Festival Normandie Impressionniste, qui sera réédité en 2013. Il faut parler de la culture, « sans culture, il n’y a pas de futur ». Elle est vecteur de sens pour le territoire et nous devons envisager un grand événement culturel autour du fleuve, etc.

Jusque là, tout va bien et Laurent Fabius se mettait au diapason des orateurs qui l’avaient précédé (MM. Philippe et Delanoë, respectivement Maire du Havre et de Paris)… Mais la tonalité changea brusquement. Ce fut alors un assaut en règle contre l’intervention de Bruno Le Maire.

  • Ironie : Bruno Le Maire est un contorsionniste : n’a-t-il pas dit qu’ « entre la Région Ile de France et la Normandie, nous devrons agir main dans la main et sur un pied d’égalité » ?
  • Dépit et polémique : Le 29 avril 2009, le Président Sarkozy lance l’idée de l’Axe Seine dont il voit la réalisation en… 2015 (?) Finalement, il n’y a de concret que la nomination récente d’un Commissaire Général en la personne de M. Rufenacht.
  • Rancœur : Quand on sait que le contournement Est de Rouen n’est toujours pas décidé au niveau de l’État malgré nos démarches auprès des services de M. Borloo… C’est la Région qui finance à 100 % les T.E.R.
  • Dubitatif et sceptique : Il faut préalablement au Débat Public un engagement sur le montant de la participation financière de l’Etat. On a décidé de nommer parallèlement au Débat Public une Commission de Financement. On sait ce que cela veut dire : « Un chameau est un dromadaire dessiné par une commission » !
  • Péremptoire et définitif : Au début du printemps 2012, aucune décision ne pourra être prise parce que les autorités n’auront plus la légitimité pour s’engager.

Bref, Laurent Fabius conclut sa péroraison en faisant part d’une (feinte) déception : il attendait du Ministre qu’il arrivât avec des espèces sonnantes et trébuchantes…

C’est là qu’il faut s’interroger sur l’éternel dilemme : qui de l’œuf ou de la poule marque le début de l’évolution ?
Le premier dit : faisons notre choix d’un scénario et l’on adaptera le financement ad hoc. Le second rétorque : tant que l’on ne connaît pas le financement, on ne peut choisir le scénario…

Chacun, donc, se renvoie la balle et, finalement, nous pouvons résumer la problématique politique de la manière suivante :
  1. Les responsables de la Région – surtout ceux de « haute » -Normandie – sont vexés de n’avoir point eu l’idée du Grand Paris et de l’Axe Seine.
  2. Par tous les moyens, ils cherchent à en différer pour l’après 2012 – et on devine pourquoi ! – la mise en chantier.
  3. Le prétexte est tout trouvé : pas d’argent, donc pas de projet crédible.
  4. En attendant, on amuse la galerie en rabâchant l’antienne sur les atouts de la Région, ses potentialités inexploitées (les actuels responsables sont en place depuis quand ?)
  5. Il est urgent d’attendre pour que l’actuel titulaire de l’Élysée ne puisse remplir la besace de son bilan avec la mise en route d’un « projet pharaonique » (Sarkozy dixit !).
Tout cela est politicien, mesquin et manque de vision à long terme. En effet, c’est par la vision à long terme que l’on pourra décrocher les financements, tant publics que privés, tant français qu’étrangers.
Quant au malaise que nous avons encore une fois ressenti à l’issue de cette rencontre, il porte sur la sensation de mépris exprimé par les dirigeants socialistes de « haute » Normandie à l’égard de leurs collègues – pourtant de la même écurie – de « basse » Normandie. Ces derniers (MM. Laurent Beauvais et Philippe Duron, respectivement président du Conseil régional de la demi-région de « basse » Normandie et maire et président de l’Agglo de Caen – La Mer) n’ont eu droit qu’à un strapontin. A croire que les socialistes séquaniens font leur miel de la théorie Grumbach d’un Paris – la Mer limité à la seule Vallée de la Seine… Tant pis pour les territoires adjacents réduits au rang de « ploukistans » !

Nous affirmons avec force que le projet Axe Seine ne peut avoir de consistance que s’il s’appuie sur un projet global normand : il est donc urgent d’accélérer les convergences fusionnelles entre les deux parties de la Normandie.

Didier PATTE
Président

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17 janvier 2011

Une Vidéo avec l'historien Claude QUETEL

A l'occasion de l'anniversaire des 1100 ans de la Normandie, l'historien Claude QUETEL évoque le caractère des Normands, les personnages qui ont fait la Normandie, la réunification de la Normandie, l'avenir de la Normandie, ses voisins les bretons, le Grand Paris, le Mont-Saint-Michel...

Un discours direct et sans détour.

Claude QUETEL est notamment l'auteur des ouvrages :
    L'almanach de la Normandie (2002 - 384 pages)
    La seconde guerre mondiale (2003 - 184 pages)
    Histoire de la Normandie. Des origines à nos jours (2009 - 311 pages) avec Roger Jouet
    etc...

L'interview est réalisée par
Tendance-Ouest (durée 11 minutes).

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16 décembre 2010

"Quand la Normandie s'éveillera..." écrit Pierre Assouline

Pierre Assouline est un journaliste (Le Monde, Nouvel Observateur) et romancier. Un grand érudit sachant rester afable , chic et posé. Son blog "La République des Livres" (hébergé par "Le Monde")bénéficie d'une grande audience, une référence.

pierre_assouline

Il signe ce jour un article portant regard sur la Normandie & les Normands : Histoire, provinces, Célébrations & Festivités 2011, réunification, associations ("Normanring" & le "Réseau Normand 911-2011" sont cités), autonomie, politique.... tout y passe dans un article synthétique, concis... mais aussi élégant et précis.  A lire !

Le titre de l'article fait penser à un livre lu dans ma jeunesse concernant un peuple asiatique :

Quand la Normandie s’éveillera…

Republique_des_Livres

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09 octobre 2010

Le PRES enfin dans notre paysage normand?

De notre ami Florestan :

NORMANDIE UNIVERSITE ENFIN SUR LES RAILS!


On vient de l'apprendre (source: ANI et Drakkar online en date du 4/10/10), le Pôle de Recherche d'Enseignement Supérieur associant les trois universités normandes (Caen, Rouen et Le Havre) est en voie de création: selon le Recteur d'académie de Rouen, Marie-Danièle CAMPION, les universités normandes, rassemblées dans un nouvel EPCS (Etablissement Public de Coopération Scientifique) baptisé "Normandie Université", vont enfin pouvoir présenter les projets des six grands réseaux de recherche normands au grand emprunt national pour la recherche (22 milliards d'euros).

Les six projets présentés couvrent toutes les filières d'excellences porteuses d'avenir dans TOUTE la Normandie: les budgets présentés pour chacun de ces projets pourront aller de 1 à 20 millions d'euros...

Avec Normandie Université, c'est la Normandie scientifique et universitaire qui sort enfin du cône d'ombre à l'ouest de l'écrasant plateau international et universitaire parisien et qui permettra de faire valoir la Normandie comme une grande région maritime, industrielle, agricole et culturelle entre Lille au Nord et Nantes et Rennes à l'ouest...

La guerre suicidaire pour le siège du PRES a donc ENFIN pris fin: ce sera une présidence tournante de trois ans partagée entre Caen et Rouen. Il fallait que cela cesse vite, car pas de PRES normand, pas d'argent pour les projets normands.

Au coeur du dispositif, il y a la volonté des écoles d'ingénieurs de Caen (ENSI) et de Rouen (INSA) de fusionner pour la rentrée 2011: avec le PRES normand, ce sont près de 86 000 étudiants et des dizaines de laboratoires qui seront concernés et qui pourront bénéficier des moyens et des mutualisations nécessaires.

La Normandie scientifique et universitaire sort enfin de l'ombre: elle est désormais à la 9ème place française en sachant s'entendre pour se faire entendre...

Tout ne fait que commencer et de nombreuses difficultés ne manqueront pas de mettre à l'épreuve toutes les bonnes volontés, mais on se réjouira tout de même que la Normandie universitaire et scientifique ne se suicide plus: c'est encourageant pour l'avenir!

Car après le compromis sur le PRES doit venir le compromis métropolitain normand sur la "capitale"... bien sûr!

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22 mars 2010

Quelles perspectives d'avenir du Bassin Parisien ?

Comme le signale Florestan en commentaire, la présidence de la conférence des 8 régions du "Grand Bassin Parisien" va tourner.
Cette conférence à plusieurs buts comme de coordonner les politiques communes à 8 régions du Bassin Parisien dont fait partie la Normandie (et ce depuis 2008). Les dernières élections ne devraient pas boulverser les perspectives ainsi envisagées.


Source :  L’IAU (Institut d'Aménagement et d'Urbanisme) Ile-de-France, qui assure la maîtrise d’œuvre

L'objet des « Perspectives Bassin Parisien », est de fonder une dynamique ambitieuse pour le Bassin parisien, qui s'inscrive à l'échelle européenne et qui respecte l'équilibre des territoires. Il s'agit de définir une stratégie de développement équilibrée et durable des huit régions du Bassin parisien, autour de 7 principaux engagements des présidents de régions :

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  1. Ouvrir le Bassin parisien aux échanges maritimes internationaux.
  2. Renforcer l'accessibilité au réseau LGV européen et aux plates formes aéroportuaires d'Ile de France.
  3. Faciliter les déplacements au sein du Bassin parisien.
  4. Impulser la construction d'un Bassin parisien par et autour des métropoles régionales.
  5. Promouvoir des stratégies communes d'innovation et de développement économique.
  6. Valoriser les continuités écologiques.
  7. Permettre la mise en œuvre des engagements.

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Ces grandes thématiques pour un Bassin Parisien "attractif, durable et solidaire" doivent se décliner en projet concret à partir de l'étude qui fait part de pistes concrètes.

Pour en savoir plus :
site de L’IAU  Ile-de-France
le pdf « Perspectives Bassin Parisien », sur le site de l'IAU

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D'autres part : un pacte Grande Seine 2015 sera signé le 2 avril prochain par 30 maîtres d’ouvrages (communes, intercommunalités), avec les départements de la Seine-Maritime et de l’Eure, la région de Haute-Normandie, le port de Rouen, l’agence de l’Eau Seine-Normandie et l’Europe.

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18 mars 2010

Qui joue le jeu de la Grande normandie (par l'Express)

l'Express renouvelle son dossier sur la lanscinante question de la réunification normandie... Alors qui joue le jeu de la Grande Normandie et qui ne le joue pas ?
Dossier spécial L'EXPRESS REGION NORMANDIE.

Grande Normandie

La dernière chance de la réunification

Grand Paris, réforme des collectivités locales : les projets gouvernementaux sont venus réveiller les rêves d'unification de la Normandie. Mais les élus peinent à parler d'une même voix. Ce dossier lancinant pourra-t-il aboutir ?

La Normandie, on l'aime. Mais en faut-il vraiment deux ?" La petite phrase de Nicolas Sarkozy est venue relancer le vieux rêve, aux allures d'Arlésienne, de la réunification. Voilà vingt ans que les élus locaux de tout bord la promettent.

Unie, la Normandie ne deviendrait-elle pas ipso facto la 5e région de France ? Ne serait-elle pas plus forte pour affronter la compétition entre territoires ? La coupure artificielle en deux régions administratives, entérinée par décret en 1960, ne s'évanouirait-elle pas ? Las. Depuis, les rapports se sont accumulés... mais les promesses sont restées lettre morte. Au point que la population, plutôt favorable à l'idée, ne semble plus trop y croire.

Et voilà que le président de la République prend tout le monde à contre-pied. "Cela nous a bousculés. On est sorti de notre ronronnement", reconnaît Jean-François Le Grand, président (UMP) du conseil général de la Manche et tête de liste aux régionales en Basse-Normandie. L'intervention présidentielle est passée d'autant moins inaperçue qu'elle s'inscrit dans un contexte singulier.

La réforme des collectivités locales facilitera, si elle est adoptée, les expérimentations territoriales - et notamment les regroupements de régions. Surtout, Nicolas Sarkozy a repris à son compte les travaux de l'architecte Antoine Grumbach sur le Grand Paris et son ouverture maritime. Tout en promettant la construction d'une ligne à grande vitesse (LGV) entre Paris et Le Havre.

"C'est l'opportunité du siècle ! s'enflamme Alain Cousin, député (UMP) de la Manche. A nous de jouer dans la cour des grands avec le Grand Paris." L'ancien député (PRG) du Calvados Alain Tourret est sur la même ligne : "Jusqu'alors, Paris était tenté de regarder vers Lille et le coeur de l'Europe.

Pour la première fois, un schéma de développement vers l'ouest apparaît. Le potentiel de développement économique est énorme." Mais d'autres voix se font critiques. "Avec son TGV qui oublie Caen, Nicolas Sarkozy est en train de couper en deux la Normandie, fustige ainsi Bernard Cazeneuve, le député-maire (PS) de Cherbourg. S'il avait voulu complexifier la réunification, il ne s'y serait pas pris autrement." Le Grand Paris serait-il incompatible avec la Grande Normandie ? Ou, au contraire, sa dernière chance ?

C'est en Basse-Normandie que les annonces présidentielles ont suscité le plus d'émoi. Normal. Dans son premier discours, Nicolas Sarkozy laissait entrevoir un tracé de LGV situé au nord de la Seine et reliant Paris au Havre en une heure, ce qui supposait de ne pas passer par le centre de Rouen. Une véritable provocation pour les Rouennais comme pour les Bas-Normands ! Depuis, le président a rectifié le tir et promis une infrastructure "qui reliera Paris au Havre par Mantes et Rouen en une heure et quart et profitera également aux deux régions". Une phrase savamment soupesée... Il n'empêche ! La crainte de marginalisation fut telle que les élus bas-normands, toutes étiquettes politiques confondues, font bloc.

Laurent Beauvais, président (PS) du conseil régional de Basse-Normandie, est en première ligne. Sa stratégie ? Présenter un front uni pour défendre la stratégie du "Y" ferroviaire. A hauteur de Rouen, la LGV normande se scinderait en deux tronçons allant l'un vers Le Havre, l'autre vers Caen. L'objectif - crucial - est d'arrimer la Basse-Normandie au Grand Paris, mais aussi de rapprocher les trois grandes villes normandes.

"J'ai obtenu le déclenchement d'études de faisabilité d'une LGV jusqu'à Caen", se réjouit Laurent Beauvais, qui a dû mettre 300 000 euros au pot pour y parvenir. La stratégie est audacieuse. Car les élus courent le risque, en réclamant une ligne nouvelle d'un coût exorbitant (environ 10 milliards d'euros pour l'ensemble du "y"), d'hypothéquer les engagements gouvernementaux de modernisation de la ligne existante Paris-Caen-Cherbourg.

Les géographes déploient force arguments favorables

Aujourd'hui, il est difficile de trouver un élu bas-normand hostile à la réunification. Même parmi ceux qui, comme Jean-François Legrand, disent appartenir à la "Normandie armoricaine" et se tournaient jusqu'alors "tout naturellement" vers le Grand Ouest. "Notre intérêt est de nous rapprocher d'un pôle européen comme l'Ile-de-France... à condition d'avoir la capacité d'exister en tant que grande Normandie pour ne pas être transformés en réserve d'Indiens du Grand Paris." Fervent partisan de l'unification, Alain Tourret a livré en urgence, fin décembre, un énième rapport sur la question.

L'intérêt de ce nouvel opus ? Avancer des propositions concrètes - la création d'une université anglophone, l'harmonisation des outils administratifs entre conseils régionaux, le lancement d'un grand emprunt interrégional, etc. - pour tenter d'emporter la décision.

Les géographes se sont, eux aussi, réveillés et déploient force arguments favorables à la réunification. "La Normandie est idéalement située entre la Manche, la mer la plus fréquentée du monde, et l'Ile-de-France. Or elle n'en profite pas, déplore Pascal Buléon, directeur de la Maison de la recherche en sciences humaines de Caen. La mer est la dimension oubliée de la Normandie, car, dans nos schémas mentaux, la richesse réside dans la ruralité."

Autres atouts de la Normandie, peu valorisés jusqu'alors : sa proximité avec la région parisienne et la qualité de son environnement. De quoi jouer intelligemment la carte du télétravail, grâce aux outils modernes de connexion haut débit. Et Pascal Buléon de citer l'étalement croissant du trafic autoroutier sur toute la semaine ou ces nouveaux actifs installés dans le Perche qui travaillent de plus en plus longtemps sur place dans ce qui n'est plus tout à fait leur résidence secondaire.

Des indices laissent penser qu'aucun rapprochement n'est en vue

Si l'effervescence est de mise en Basse-Normandie, cela n'est en rien le cas en Haute-Normandie. Avec les projets du Grand Paris et de l'axe Seine, les élus de cette région se sentent en position de force. Pour eux, la réunification n'est absolument pas d'actualité, même si aucun ne prend le risque politique de s'opposer ouvertement au projet.

"Les coopérations interrégionales, c'est ça, l'avenir !" soutient Alain Le Vern, président (PS) de la Haute-Normandie, qui défend une approche "réaliste", ancrée sur la vie des habitants, à l'opposé des "constructions géostratégiques fumeuses". "Il faut regarder les réalités en face, poursuit-il. Rouen n'est pas tournée vers Caen. Et nos filières économiques nous poussent naturellement vers l'Ile-de-France, le Centre ou la Picardie."

La carte des échanges économiques plaide en sa faveur. Tout comme des petits détails qui n'en sont pas : la Haute et la Basse-Normandie ne disposent ainsi pas de la même zone de vacances scolaires, ni du même quotidien régional (Paris Normandie pour la première, Ouest-France pour la seconde). Pour se dédouaner de toute accusation d'ostracisme vis-à-vis des cousins bas-normands, Alain Le Vern vante les projets menés en commun (pôle de compétitivité croisé, promotion touristique, aéroport de Deauville, etc.).

L'approche de la coopération interrégionale serait-elle suffisante ? Pas sûr ! Dans les domaines clefs de la santé, des ports ou des sites universitaires, le bilan est bien maigre. "J'ai acquis la conviction que la Normandie a perdu en substance, faute d'unité", avance Alain Tourret.

Les universités sont ainsi passées à côté de la manne du plan Campus, à cause de leur trop petite taille. Quant au futur Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) de Normandie, il se heurte toujours à un problème de domiciliation... Pis ! La coordination entre les deux conseils régionaux demeure balbutiante... Même leur système informatique diffère ! "La fusion n'est pas un but en soi, mais elle serait la solution idéale pour optimiser les coopérations", résume Bernard Cazeneuve.

D'autres indices symboliques laissent à penser qu'aucun rapprochement n'est en vue. Depuis janvier 2009, la ville de Rouen a renoncé à payer sa - pourtant modeste - contribution (21 000 euros annuels) à Normandie Métropole, l'une des rares instances internormandes. "Nous avons pris cette décision au regard de la petitesse de son bilan", argumente la députée-maire (PS) Valérie Fourneyron.

Un mauvais signal pour son homologue de Caen, le socialiste Philippe Duron, qui souhaiterait réanimer cette structure au lendemain des élections régionales afin de relancer un réseau entre les trois grandes villes normandes. Quant au maire (UMP) du Havre, Antoine Rufenacht, il n'a pas jugé bon d'inviter les élus bas-normands au colloque sur le Grand Paris qu'il organise dans sa ville en mai prochain. Ce qui lui a valu de recevoir un courrier courroucé de Philippe Duron...

Le blocage semble donc total. Et l'on voit mal comment les prochaines régionales pourraient changer la donne, même si la droite donne de la voix en s'appropriant le thème de la réunification pour sa campagne. "La gauche en a rêvé. Nous, nous la ferons", assure Jean-François Le Grand.

"Il faut arrêter de parler et agir !" insiste Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et tête de liste (UMP) en Haute-Normandie. D'aucuns estiment que seul l'Etat pourrait débloquer le dossier. Une option peu crédible, tant le président de la République essuie déjà de nombreuses critiques pour sa réforme des collectivités locales et la "recentralisation" qu'elle entraînerait.

"Un projet fourre-tout imposé d'en haut"

Certains en viennent carrément à douter de la réalisation d'une LGV normande annoncée pour "après 2020" ! Car le projet ne bénéficie à ce jour ni de fonds fléchés ni d'un calendrier précis. De plus, sa rentabilité est douteuse. "Il y a un risque qu'elle ne voie pas le jour faute d'argent, mais aussi dans le cas où Nicolas Sarkozy ne serait pas réélu en 2012", analyse Philippe Duron. Alain le Vern renchérit : "Le Grand Paris, c'est juste un bon coup médiatique pour le président de la République. Un projet "fourre-tout" imposé d'en haut aux ploucs de Normandie."

Observateur attentif des dossiers normands, le directeur de l'Ecole de management de Normandie Jean-Guy Bernard pointe un autre "grand danger" : l'incapacité des Normands à présenter un front uni pour que la promesse présidentielle se réalise et bénéficie à la Normandie tout entière. "Le Havre a besoin de nous pour réussir, complète Philippe Duron. Sans un lobbying territorial parfait de l'ensemble des acteurs bas et hauts-normands, rien ne se fera." A ce jour, la dynamique est loin d'être enclenchée. Et la Grande Normandie est peut-être en train de laisser passer sa dernière chance...

Le casse-tête de la capitale

Comment choisir entre Rouen, Caen et Le Havre ? Il n'est pas sûr qu'il y ait une solution...

Quelle serait la capitale d'une Normandie réunifiée ? La bataille rangée que se livrent les Normands sur cette question semble sans fin. Elle fut d'ailleurs parfois mise en avant pour bloquer tout processus d'unification.

D'où la décision de Bruno Le Maire et de Jean-François Le Grand, têtes de liste (UMP) en Haute- et Basse-Normandie, "de ne pas faire de la question de la capitale un préalable". Une position dilatoire, qui fait sourire... "Au contraire, il faut en parler, estime Laurent Beauvais, président (PS) du conseil régional de Basse-Normandie. Nous avons intérêt à être clair si l'on veut que la population tranche en toute connaissance de cause. Il y a quand même près de 3 000 emplois à la clef."

Pour les Bas-Normands, la cause est entendue : Caen doit être choisie, ne serait-ce qu'en raison de sa "position géographique centrale". Dans son rapport sur la réunification, l'ancien député (PRG) du Calvados Alain Tourret est allé jusqu'à faire plancher un cabinet d'architectes sur la localisation du futur hôtel de la grande région (voir ci-dessus).

"Choisir Rouen ou Paris comme capitale de la Normandie, c'est la même chose !" tonne-t-il, au risque de choquer. Laurent Beauvais joue plus finement : "Je suis partisan de l'innovation territoriale, dit-il. Caen serait capitale régionale et Rouen métropole, comme le prévoit la réforme des collectivités locales." Problème : Laurent Fabius, président de la communauté de l'agglomération rouennaise, ne veut pas en entendre parler. "Je suis contre l'idée de supprimer tout pouvoir aux communes", indique-t-il.

Résultat : l'affaire tourne en rond. Et les montages sophistiqués de partage des rôles (la préfecture à Rouen, le conseil régional à Caen, le conseil économique, social et environnemental au Havre) n'ont pas suffi à débloquer la situation. De plus, l'Etat s'est bien gardé de donner des indications sur la localisation de ses directions dans une Normandie unifiée.

Pour contourner le problème, le député-maire (PS) de Caen, Philippe Duron, pousse une autre option : la création d'un pôle métropolitain entre Le Havre, Rouen et Caen. L'avantage ? Constituer un ensemble significatif de 1 million d'habitants entre des villes distantes de moins de trois quarts d'heure. Un projet ambitieux qui, pour le moment, demeure encore au stade de l'ébauche.

Ce qu'ils en pensent...

Petit panorama des positions des grands acteurs sur la réunification.

Laurent Beauvais : Le partisan par conviction et par nécessité

C'est pour lui que la partie est le plus difficile. Devenu président du conseil régional de Basse-Normandie il y a moins de deux ans, le socialiste Laurent Beauvais, 57 ans, doit s'imposer sur la scène nationale tout en évitant la marginalisation de sa région qu'entraînerait la structuration de l'axe Paris-Rouen-Le Havre.

Partisan par conviction - mais aussi par nécessité - de la réunification, il doit affronter les résistances de quelques-uns de ses mentors politiques. "Je ne désespère pas que nous ayons un jour une position plus harmonisée entre nous", lâche-t-il sans trop y croire. S'il n'a accueilli le rapport Tourret que du bout des lèvres, c'est parce que les solutions proposées dans ce document - très favorable à l'unification - ont irrité plusieurs de ses précieux soutiens. Telle Josette Travert, l'influente présidente de l'université de Caen, hostile à la fusion avec ses collègues rouennais. Entre diplomatie et fermeté, la voie est étroite pour Laurent Beauvais.

Jean-François Le Grand : Le converti de fraîche date

Longtemps, ce "Normand armoricain (comme il se définit lui-même) a naturellement regardé vers la Bretagne. De la presqu'île du Cotentin, Rouen semblait bien trop éloignée pour le président (UMP) du conseil général de la Manche.

Et voilà que le président Sarkozy évoque le Grand Paris et sa façade maritime. Et que, propulsé tête de liste UMP pour les régionales en Basse-Normandie par les hasards de la vie politique, Jean-François Le Grand se retrouve entouré de fervents défenseurs de l'unification (Philippe Augier, Hervé Morin...). Mieux ! Bruno Le Maire, tête de liste (UMP) en Haute-Normandie, a choisi de faire de la réunification l'un de ses principaux thèmes de campagne.

Il n'en fallait pas plus pour que Jean-François Le Grand ne vire sa cuti... tout en prenant soin, toutefois, de veiller aux intérêts de "sa" Normandie armoricaine. N'a-t-il pas récemment déposé une proposition de loi au Sénat afin de "sanctuariser" le financement prévu pour la modernisation de la ligne Paris-Caen-Cherbourg ? On n'est jamais trop prudent.

Philippe Duron : L'homme des petits pas

Depuis qu'il n'est plus président de région, Philippe Duron n'est plus aussi en pointe sur le projet de réunification. L'homme est réputé prudent et habile. Sagement, il attend le lendemain des élections régionales pour pousser une nouvelle carte qui ferait la part belle aux villes. Normal, pour le maire de Caen qu'il est devenu !

Ce passionné d'aménagement du territoire parie donc sur la constitution d'un pôle métropolitain entre Caen, Rouen et Le Havre. "Un tripode cohérent autour de l'estuaire de la Seine" dit-il, dont Paul Delouvrier, le grand planificateur du général de Gaulle, avait déjà eu l'intuition. Un bon signe...

Alain Le Vern : L'opposant de toujours

Il ne dira jamais qu'il est contre l'unification. Mais il peine à cacher le fond de sa pensée. Le "Monopoly régional", ce n'est pas son truc ! Ce serait plutôt l'affaire de doux poètes ou de journalistes parisiens. Lui se targue de s'intéresser à la "vraie vie des gens", pas aux limites administratives du territoire.

Le patron socialiste de la Haute-Normandie prône une approche méthodique, projet par projet, seule façon, à ses yeux, de pratiquer la politique efficacement. Tout juste consent-il à promettre un référendum sur l'unification après les élections "afin de faire appel à l'intelligence des habitants". Mais sa conviction personnelle est faite depuis longtemps : l'avenir de sa région ne passe pas par un rapprochement avec Caen.

Bruno Le Maire : Le nouveau chantre de l'unification

Il a la verve des nouveaux venus et une force de conviction à soulever les montagnes. "Beaucoup de Normands souffrent de cette séparation et aspirent à porter haut et loin l'identité régionale, assure Bruno Le Maire. Je ne me résigne pas à l'idée que la Normandie soit réduite à un simple noeud d'échanges économiques et administratifs..." Parachuté dans l'Eure à l'occasion des législatives de juin 2007, le ministre de l'Agriculture cherche, depuis, à soigner son ancrage local. Rien de tel que l'étendard de l'unification pour y parvenir.

Alors, Bruno Le Maire s'emploie à "rendre leur fierté aux Normands" et leur parle de grandeur. Il veut créer une cité européenne de l'énergie aux environs de Dieppe, installer un parc offshore géant d'éoliennes au large du Tréport, attirer les industries innovantes, développer le haut débit... Le tout, en prenant soin d'écarter, le temps de la campagne, les sujets qui fâchent comme la sempiternelle question de la capitale. Un équilibre fragile.

Antoine Rufenacht : Le déçu pragmatique

Si le maire (UMP) du Havre a été l'un des supporters de la réunification, il a lâché prise depuis quelques années. Las des parlottes et fatigué de se battre pour un dossier qui n'avance pas. Aujourd'hui, Le Havre est sous le feu des projecteurs et ses perspectives de développement économique sont énormes. Alors Antoine Rufenacht joue perso, pour ne plus perdre de temps.

Son but ? Transformer Le Havre en vrai centre de décision portuaire et maritime" grâce à la délocalisation d'entreprises et d'administrations. Dans la visée du maire, figure notamment le secrétariat général de la mer.

Valérie Fourneyron : L'indécise

La réunification n'est "absolument pas (sa) priorité", même si elle reconnaît un "certain bon sens" à vouloir être "plus grand et donc plus fort". Sa priorité, c'est bien sûr la ville qu'elle a conquise de haute main en mars 2008. Lorsque Rouen fut concurrencée par sa vieille rivale Le Havre dans le cadre du Grand Paris, la députée-maire (PS) Valérie Fourneyron est montée au créneau pour défendre bec et ongles son projet de gare sur la rive gauche de la Seine, à deux pas de la cathédrale.

Depuis, elle s'efforce d'obtenir la connexion de la nouvelle ligne à La Défense et à Roissy. Et continue de marteler, aussi souvent qu'elle le peut, sa vérité : "Rouen est le vrai port de Paris. Un port de fond d'estuaire doté d'un puissant hinterland de 22 millions d'habitants, indispensable pour éviter le transport des marchandises sur la route." Alors, vous comprenez, la réunification... "Si les Normands le veulent, pourquoi pas ? Mais ils me semblent plus intéressés par une amélioration des lignes ferroviaires."

Alain Tourret : Le croisé de l'unification

Il a encore frappé. En présentant, le 21 décembre dernier, un nouveau rapport favorable à la réunification, Alain Tourret tente le tout pour le tout. Le vice-président (PRG) du conseil régional de Basse-Normandie a "l'intime conviction que les deux régions ont perdu de grands combats faute d'union".

Son approche se nourrit désormais d'une réflexion plus économique qu'historique. Visionnaire, il affirme que "la fusion n'est qu'une étape" et "que, en 2030, l'Ile-de-France et la Grande Normandie réunies formeront la plus importante région d'Europe". Dans l'immédiat, son rapport a irrité. En faisant de Caen l'inévitable capitale, en s'attaquant à des bastions (université...), en critiquant violemment les préfets de la République accusés d'immobilisme... Alain Tourret n'en a cure : "Personne, en dehors de la Normandie, ne comprend pourquoi la Grande Normandie n'existe pas."

Le cas Fabius

Sans être "hostile" à la Grande Normandie, Laurent Fabius semble plutôt rétissant et pose ses conditions quant à ce projet.

Lorsqu'on l'interroge sur la Grande Normandie, Laurent Fabius s'en sort par une pirouette : "Il faut aller à l'idéal en comprenant le réel", glisse-t-il en citant Jaurès. En clair : l'essentiel n'est pas de rechercher une solution institutionnelle pour la Normandie, mais de décrocher des garanties sur le financement et le calendrier de réalisation de la LGV normande promise par Nicolas Sarkozy. "Faute de quoi, cela revient à faire du bruit avec sa bouche", tacle-t-il.

Pour porter la cause de l'unification, nombreux sont ceux à avoir songé à lui. Mais à 63 ans, l'ancien Premier ministre ne semble pas disposé à en faire son "grand oeuvre". Sans doute par scepticisme sur ses chances de succès. Aussi par manque d'envie de s'imposer comme nouveau "duc de Normandie".

Si Laurent Fabius dit n'être "pas du tout hostile" à la fusion, il pose ses conditions : Rouen doit être la capitale et le passage par un référendum s'impose. Il ne manque pas l'occasion, aussi, de pointer les contradictions du projet gouvernemental de réforme territoriale, qui affaiblit l'échelon régional (par la baisse prévisible des ressources et la suppression de la clause de compétence générale...) en affirmant le défendre.

Pour l'heure, Laurent Fabius s'emploie plutôt à mettre la dernière touche à Normandie impressionniste, son exposition phare prévue en juin. Une manière bien à lui de contribuer à l'émergence d'une Grande Normandie.

"Il y a une chance réelle pour la Normandie"

Pour le grand géographe de la Normandie Armand Frémont *, une région de référence et de poids doit exister face au Grand Paris.

Vous avez récemment pris contact avec quelques grands élus normands afin de les convaincre de relancer le processus d'unification. Pour quelle raison ?

Je veux tout d'abord préciser que je ne suis pas un de ces fanatiques de l'unification qui avancent des raisons historiques ou idéologiques pour la réclamer. La finalité de mon initiative est très différente et consiste à redonner vitalité à cette région, à aider à son développement.

Or, j'en ai la conviction, avoir ces deux petites régions est un handicap. Et un paradoxe, alors même que le nom de Normandie est connu et reconnu de par le monde ! J'ai dit à ces grands élus que le projet d'Antoine Grumbach [NDLR : le développement de l'axe Seine entre Paris et Le Havre] était intéressant, mais qu'il fallait une Normandie réunifiée pour qu'il prenne tout son sens. Pour rééquilibrer ce projet, qui est d'abord parisien, une région de référence et de poids doit exister face au Grand Paris.

Comment ont-ils réagi ?

Laurent Beauvais, le président du conseil régional de Basse-Normandie, est totalement sur ma ligne. Philippe Duron, le maire de Caen, est plus prudent et cherche à pousser le triangle métropolitain Rouen-Caen-Le Havre. Antoine Rufenacht, le maire du Havre, joue la carte de sa ville, car il en a l'opportunité.

Quant à Laurent Fabius, il demeure étrangement silencieux... Le vieux géographe que je suis fait un peu de volontarisme. Mais j'estime de mon devoir de dire qu'il y a là une chance, confuse mais réelle, pour la Normandie. Si l'unification échoue, les deux régions prendront un mauvais coup.

Pourquoi le dossier n'a-t-il pas bougé depuis des décennies ?

Pour plusieurs raisons. Sur un plan politicien, tout le monde se marque. Chacun a en tête l'obsession des équilibres politiques. Ensuite, le choix de la capitale régionale pose un vrai problème. Pour s'en sortir, il faut définir ce qu'on veut qu'elle signifie.

Si on joue une politique du territoire équilibré, c'est Caen ; si on joue le poids économique et démographique et le dynamisme, c'est Rouen, voire - je le dis un peu par provocation - Le Havre. Il a aussi manqué à la Normandie un grand politique pour taper du pied dans la fourmilière et incarner ce dessein de l'unification. Enfin, les deux Normandie ont connu un grand marasme et perdu beaucoup d'éclat. Ce qui ne pousse pas à aller de l'avant...

Y a-t-il une identité normande ?

Oui, elle existe historiquement, même si elle n'est pas aussi éclatante que l'identité bretonne, par exemple. L'identité normande est très mesurée et assez floue, à l'image du caractère de sa population. Sur les marges géographiques, le rapport des habitants à leur région est fort affaibli : Avranche regarde vers la Bretagne, Alençon et le sud de l'Orne, vers la Sarthe, une partie de l'Eure vers Paris, le pays de Bray vers la Picardie...

Mais une région n'a pas besoin d'être homogène pour exister. Regardez Rhône-Alpes ! Ce qui importe, c'est plus la complémentarité et la volonté que l'homogénéité. De toute façon, ce n'est pas sur l'identité que l'on peut espérer bâtir un avenir.

La solution peut-elle venir d'un homme extérieur à la région, comme le président de la République ?

Ce n'est pas exclu, car la Normandie, même quand elle est socialiste, reste légitimiste. Il n'y aura pas d'opposition frontale au pouvoir parisien, y compris en Basse-Normandie. Cela nécessite toutefois de la constance de la part du président, faute de quoi cela n'ira pas très loin.

Je vacille un peu dans mon opinion sur l'aménagement du territoire. J'ai toujours été favorable à la décentralisation, mais l'éparpillement des responsabilités locales est tel qu'il me semble que nous sommes dans l'incapacité de nous en sortir par nous-mêmes. C'est pourquoi l'intervention de l'Etat me semble indispensable

* Dernier ouvrage paru : Normandie sensible. Ed. du Cercle d'art, septembre 2009.

Posté par Yuca 2 Taillefer à 16:37 - Etudes, Analyses, Avis - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Analyses des rapports de force politiques en Normandie.

A l'issu du premier tour, et avant le second : Un bref retour sur le rapport des forces politiques en Normandie.
Où l'on se rend compte que le proverbial principe d’incertitude qui prévaut en Normandie (p’têt’ ben…) ne s’applique pas de manière uniforme de haut en bas.

[par Yuca de Taillefer].

"Basse" - Normandie :

Laurent Beauvais (PS-PCF) 32.55%
Jean-François Le Grand (UMP) 27.69%
François Dufour (EE) 12.01%
Rodolphe Thomas (MoDem) 8.09%
Valérie Dupont (FN) 8.70%
Christine Coulon (NPA-PG) 4.99%
Fernand Le Rachinel (PDF) 3.71%
Pierre Casevitz (LO) 1.45%

La participation a été de 47,14%.
Laurent Beauvais, malgré une faible connaissance de son nom par la population, est arrivé premier lors du premier tour, ce qui lui donne une grande chance de victoire au second.  Avec 32,6%, il améliore nettement le score de 23,9% remporté par la liste PS-PCF en 2004 (la liste Vert-PRG avait scoré 8,4%), faisant de cette région de France l'une des régions où le PS a fait relativement son plus gros gain.
D'autre part, l'UMP, où la désignation de tête de liste n'a pas été simple, a fait un score proche de celui de 2004 (27.69% contre 28,74%).
Le FN rate de peu le second tour par la présence de la liste dissidente de Le Rachinel qui score à 3,7%.
A remarquer, le bon résultat du MoDem, qui remporte son deuxième meilleur résultat national. Pour le report au second, l'UMP peut espérer récuperer les voix de cet électorat.

Cependant, par addition, la Gauche de gouvernement totalise 44,56% (Laurent Beauvais a annoncé lui que ce serait «ric-rac»).
Jean-François Le Grand ne devra pas seulement décider les électeurs du Modem à voter en masse pour lui (ce qui est apparaît peu probable, contrairement à 2004 ou UMP et UDF se retrouvait pour le second tour), mais aussi le FN et les électeurs du PDF. Mais une surprise peut venir de l'énorme réservoir de voix que sont les abstentionistes du premier tour.

On remarque que la sociologie politique de la "basse " - Normandie ressemble à celle des régions Centre, Pays-de-la-Loire et même Poitou-Charentes : les résultats de l'UMP y sont faibles alors que la sociologie de ces régions est traditionnellement centriste ou de centre-droit, enfin toujours de vote dit modéré.
Ces régions ne se reconnaissent manisfestement pas dans la politique gouvernementale et dans son style (donc il n'est donc pas entièrement surprenant, que le PS y face l'une des plus grande percée en France par rapport à 2004 au premier tour).

vote_policier
Faut-il obliger les abstentionnistes à voter comme le désire Laurent Fabius ?
Dites on pourra le faire sur internet ?

"Haute" - Normandie:

Alain Le Vern (PS) 34.87%
Bruno Le Maire (UMP) 25%
Nicolas Bay (FN) 11.79%
Claude Taleb (EE) 9.12%
Sébastien Jumel (FG) 8.39%
Danielle Jeanne (MoDem) 2.88%
Christine Poupin (NPA) 2.56%
Brigitte Briere (DLR-CNI) 1.79%
Carl Lang (PDF) 1.46%
Bernard Frau (AEI) 1.13%
Gisèle Lapeyre (LO) 0.99%

La participation a été de 46,38%.
Si l'UMP avait de grands espoirs dans la voisine "Basse" - Normandie, il n'a jamais eu de tels espoirs en "Haute".
Alain Le Vern (PS) , face à la coalition EE et la liste FG présentent au premier tour (contrairement à 2004) remporte un excellent 34,87%, contre 38.86% en 2004 alors qu'il avait le soutien dès les premier tour du PCF et des Verts.

Sébastien Jumel, nouvelle vedette du PCF et maire de Dieppe prouve sa forte implantation dans la région et notamment à Dieppe, où il prend la première place.
En "haute" aussi, le FN est de retour, et sera présent au second tour, aucunement gêné par la dissidence de Carl Lang.
Le MoDem, avec 2,88%, score un de ses plus mauvais résultat en France métropolitaine.

La combinaison de Gauche de gouvernement (addition PS-EE-PC) donne 52,38% (contre 38.86% seulement pour Alain Le Vern en 2004). Une élection déjà annoncée comme archi-triomphale...

La Droite de gouvernement, en revanche, chute de 33,65% (UMP + UDF de Hervé Morin en 2004) à seulement 26,79% (UMP+DLR/CNI). Sale temps pour la Droite avec la présence du FN au second tour, qui la condamne au second rôle, voir une grosse gamelle comme certains la prédisent ! Les réserves de voix se situent encore une fois parmi ceux qui ont boudé les urnes au premier tour !

Enfin dans tous les cas, c'est les électeurs qui ont le dernier mot...
A vous de faire mentir les statistiques et la "sociologie politique"..
et les triomphes électoraux déjà annoncé...
VOTEZ

Posté par Yuca 2 Taillefer à 10:48 - Etudes, Analyses, Avis - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2010

Le Classement des régions en développement durable par Terra Eco

Le développement durable est devenu une marotte, une tendance forte. Mieux produire, moins laisser d'empreinte sur l'environnement, tels sont souvent les priorités présentées aujourd'hui. L'écologie est donc tendance, et le "green business" fleurit, d'ailleurs, au passage, il n'en faut pas plus pour attirer les escrocs et margoulins de tout poil...
Mais il faut vivre avec son temps, et en ce moment c'est clairement la course à la "verdure" ..., il suffit de capter les discours !

Le magazine d'information Terra Eco propose un classement des régions pour le développement durable, en compilant les bilans des régions (à partir de différentes sources auxquelles on peu accordé crédit).

Bon cramponnez vous, asseyez vous, ça va peut-être être un choc si vous êtes habitués à des discours lénifiants et attrappe-gogos! :
La "Haute" - Normandie comme la "Basse" - Normandie ne sont pas en tête des régions les plus dynamiques et volontaristes du pays, les notes sont mauvaises voir très mauvaises pour l’économique, le social et l’environnemental


NB sur les ctritères pris en compte : Si le CES (Conseil économique, social et environnemental) planche aujourd’hui sur 45 critères du développement durable ; Terra eco en a retenu 21. Soit 7 pour chacun des trois piliers du développement durable ; l’écologie, l’économie et le social.

Dans ce classement, pour ce qui est du "trèfle à trois feuilles" ( trio environnement, économie, social), la "basse" a de meilleurs classement que la "haute" :
  - Environnement : 14ème et 22ème !
  - Economie : 13ème et 20ème !
  - Social : 18 ème et 21ème !
Au classement général, la "Haute" - Normandie a une place de choix : 22ème sur 22 !
Ce qu'il y a d'encourageant, le seul point positif,  c'est... qu'elle ne peu pas faire pire !! (quoique...)

La "haute"-Normandie est dans les choux écolos et bobos ! C'est la soupe à la grimace dans cette région qui voit pourtant des auto-proclamés demi - "socialistes" et demi - "écolos" siégés dans leur demi-éxécutif depuis de nombreuses années :
Exemple d'un écart très important montrant la disparité entre régions : la part des espaces protégés est de 4,31% en Haute-Normandie, contre près de 40% en Paca ! Vive la Provence, Honte à la "Haute" et à ceux qui la gère !

De rares surprises :
- En taux de mèdecins, ou en taux de diplomes :
La Normandie se classe dans le fond du fond !!
- Une "cata" aussi pour l'espérance de vie en "Haute" - Normandie,
- la "haute" - Normandie est 3ème pour les dépenses publiques par habitant, même si les "Hauts"- Normands peuvent bien se demander où est consacrés cet argent, leur argent au passage, et dans quoi il est investit !... Peut-être bien à l'amélioration ferroviaire Paris-Le havre, ou Le Havre-Caen ou Le Havre-Rouen ou Rouen-Evreux ???? .

La fracture écologique
Certes pour comprendre, il faut regarder dans le rétroviseur, car l'héritage normand c'est du lourd ! :
   - le classement est précisé subjectif par Terra Eco : les régions n’ont pas le même héritage industriel ni le même patrimoine naturel.
  - un siècle de tradition industrielle intensive en Normandie (comme en Picardie ou  Nord-pas de Calais) avec ce que cela signifie de pollutions de l’eau ou de l’air, maladies professionnelles, nuisances chariées en tout genre… ; on ne peut donc pas du tout comparer avec les conditions  totalement différentes pour le Limousin, qui forcément apparaît en tête du classement. Ayant fait longtemps n'importe quoi n'importe où aux ordres des planifications venu des "Z'Aménageurs Zélés" outre-Normandie, il est aisé de comprendre que cela laisse de nombreuses traces.

Paradoxe normand et écolo voir bobo :
- En politique, selon les sondages, la cumulation d'Europe Ecologie et des Ecologistes Indépendants font plus de voix en "Basse" qu'en "Haute" alors que l'urgence des problèmes liés à ces thèmes apparaît plus nettement dans la "Haute".
Reste que parfois on se demande si "l'urgence", c'est le fait d'en parler beaucoup plus que le fait d'agir...
Je préfère les "taiseux" qui font, plutot que les "diseux" des meetings qui ne font pas grand chose..

On peut toujours dire qu'il y a bon bilan budgétaire.. Mais le bilan politique est lui totalement calamiteux !
Il est temps que les Normands prennent conscience par eux-mêmes des atouts, forces et faiblesses de leur propre région.
Des changements de braquets s'imposeraient... !

Posté par Yuca 2 Taillefer à 12:20 - Etudes, Analyses, Avis - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 février 2010

Témoignage d'un directeur d'école supérieure normande.

Recueillir des témoignages est important pour vraiment mettre le doigt sur nos difficultés en Normandie pour garder les jeunes diplomés. Un Témoignage de Jean-Guy Bernard, directeur de l'École de management de Normandie qui sort de sa réserve de fonction pour plaider la Réunification de la Normandie.
Et Souvenons nous Normands, c'est en jouant haut que l'on s'en sortira, pas en jouant petits bras ! [Yuca de Taillefer]

Source logo_ouestfrancefr

Trois questions à...

Jean-Guy Bernard, directeur de l'École de management de Normandie, un millier d'étudiants à Caen, un millier au Havre, une centaine à Deauville.

Quel est votre regard sur l'enseignement supérieur en Basse-Normandie ?

Nous souffrons d'une absence d'image de nos territoires, d'où un manque d'attractivité des étudiants. Notre concours est national. Or, nous avons de grosses difficultés à recruter à Caen comme au Havre. Les chefs d'entreprises ont le même problème pour attirer les familles de cadres. Autre handicap : les transports, des salaires plus faibles que la moyenne nationale pour les emplois qualifiés. Ceci dit, un étudiant sur cinq est Normand à l'entrée de l'école. En sortie, un diplômé sur quatre reste en région. C'est positif. Il y a dix ans, c'était l'inverse.

Carte_Normanniae
En illustration, une carte de Normandie originale et créative
oeuvre du fondateur du site marchand
de produits normands Normanniae (carte publiée avec son aimable autorisation).

Et sur l'offre de formation après bac ?

La Basse-Normandie a mis le paquet. Elle doit maintenant transformer l'essai en travaillant en réseaux, en unissant ses forces. Ce que nous avons fait en fusionnant les écoles de commerce du Havre et Caen. Ce que fait l'École d'ingénieurs de Caen avec l'Insa de Rouen. Ce que viennent, enfin, de réaliser les trois universités de Caen, Rouen, Le Havre avec la mise en place d'un Pres, pôle de recherche. À la condition, aussi, que les élites normandes se mobilisent davantage pour leurs territoires, que j'espère voir réunifiés.

Voulez-vous dire que les Bas-Normands sont trop réservés ?

Ils ont une certaine pudeur à communiquer. Et une propension à se dénigrer. Ils pensent que l'herbe est plus verte plus loin. Et, du coup, partent étudier ailleurs... à valeur égale de formation. Quel paradoxe !

Posté par Yuca 2 Taillefer à 20:15 - Etudes, Analyses, Avis - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2010

Sondage sur les enjeux des Régionales

Un sondage intéressant est organisé sur un blog normand

Pour répondre aux questions ci dessous, suivre le lien suivant : http://lehavrepolitique.over-blog.com/article-le-havre-politique-sondage-elections-regionales-de-haute-normandie-par-copoh-45059708.html

CoPoH : Pourquoi allez-vous voter aux Elections Régionales de Haute-Normandie ? (les mêmes questions sont également valables pour les électeurs de la "basse").

Posté par Yuca 2 Taillefer à 17:10 - Etudes, Analyses, Avis - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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