Il y a pas de quoi être fier
Depuis 1999, la Basse-Normandie a gagné 4 000 nouveaux habitants par an, pour un total de 1 443 000 Bas-Normands en 2004. Fait nouveau, il y a désormais plus d'arrivées de nouveaux habitants que de départs. « C'est la première fois depuis 1945 que le solde migratoire régional est positif. Cela s'explique par un moindre départ des actifs depuis 2000, étant entendu que le phénomène de retour des retraités au pays, pour s'installer principalement au bord de la mer, est bien ancré depuis une dizaine d'années », explique Laurent Di Carlo, responsable des études à l'Insee de Basse-Normandie.
En revanche, les Bas-Normands font de moins en moins de bébés et la population vieillit. En 1975, la région comptait deux fois plus de jeunes de moins de 20 ans que de personnes âgées de plus de 60 ans. La Basse-Normandie était une région jeune. Ce n'est plus le cas. Les deux catégories de population que sont les moins de 20 ans et les plus de 60 ans sont pratiquement à égalité, avec 24 % chacune.
Autre enseignement : la croissance du péri-urbain au détriment des ville-centres. À Caen, la population se tasse avec 111 200 habitants, (117 000 en 1999) et la petite commune de Louvigny explose. Quant aux campagnes, l'Insee confirme qu'elles « reprennent du poil de la bête ». Excepté des cas particuliers, (- 6,9 à Lignères dans l'Orne, - 2,5 à Champ-du-Boult dans le Calvados, - 4,6 à Neuville-en-Beaumont dans la Manche) les communes rurales ont su stopper l'hémorragie des départs vers la ville : on ne peut plus parler de désertification rurale. Avec des records comme à Angey + 7,3 % de croissance annuelle, + 6 % au Pin, idem à Landes-sur-Ajon...
En outre, la Basse-Normandie se classe au quatrième rang des régions françaises pour le nombre de résidences secondaires avec un taux de 16 %, contre 10 % pour la moyenne nationale.
Depuis 1999, la variation annuelle de population bas-normande est de 0,30 %. Elle est de 0,27 en Haute-Normandie, 0,73 en Bretagne, 0,76 en Pays de Loire et 0,58 en France métropolitaine. De 1990 à 1998, cette évolution n'était que 0,25 en Basse-Normandie. Tous ces résultats devront être confirmés avec la nouvelle vague d'enquêtes du recensement devenu annuel. Dès le 20 janvier, 600 agents recenseurs vont enquêter dans 360 communes bas-normandes.
Jean-Jacques LEROSIER.