Les défis qui se présentent aux jeunes agriculteurs de Normandie
Le saviez-vous ?
Les Jeunes Agriculteurs de Normandie ont une association normande couvrant les 5 départements. Ils viennent de se réunir en Conseil d’Administration le 30 mars 2006 et ont élu Jean-Yves Heurtin, 33 ans, agriculteur à Ouilly-le-Tesson dans le Calvados, Président des jeunes agriculteurs de Normandie. Il sera assisté par 2 vice-Présidents : Frédéric Tannevet de l'Orne et par Eric Avenel de Seine-Maritime.
Le Conseil d’Administration des Jeunes Agriculteurs de Normandie se compose de 20 membres issus des structures départementales des Jeunes Agriculteurs du Calvados, de l’Eure, de la Manche, de l’Orne et de la Seine-Maritime. Le mandat, au sein de cette instance, est d’une durée de deux ans.
La structure régionale des Jeunes Agriculteurs a vocation à assurer le lien entre les départements normands et la structure nationale. C’est également un échelon privilégié pour la concertation et l’échange entre tous les départements. Enfin, Jeunes Agriculteurs Normandie est maître d’œuvre dans la mise en place de projets régionaux de communication et sur le Renouvellement des Générations en Agriculture. Je leur souhaite bonne chance.
Le projet de mandature de la nouvelle équipe sera déterminé dans les semaines à venir et présenté lors de l’Assemblée Générale qui se déroulera le vendredi 16 juin à Caen. J'espère qu'ils seront prendre les mesures qui s'imposent pour éviter à la Normandie de perdre ses agriculteurs. Le constat est alarmant.
Nous le savons depuis des années, le nombre d'agriculteurs s'installant chaque année est loin d'assurer le remplacement des exploitants cessant leur activité. Ces dernières années, le fléchissement observé s'explique par : la limitation des départs à la retraite (classes creuses de la pyramide des âges), l'accroissement des unités déjà en place, ainsi que par le transfert des terres agricoles vers le secteur non agricole (essentiellement en Haute-Normandie).
Calvados |
Manche |
Orne |
Eure |
Seine-Maritime |
Total | |
2000 |
99 |
171 |
115 |
52 |
94 |
531 |
2001 |
66 |
147 |
88 |
56 |
79 |
436 |
2002 |
77 |
111 |
85 |
48 |
78 |
399 |
2003 |
54 |
112 |
96 |
39 |
69 |
370 |
2004 |
55 |
125 |
91 |
47 |
83 |
401 |
2004/2000 |
-44 % |
-27 % |
-21 % |
-10 % |
-12 % |
-24 % |
Source : Adasea 14, 27, 50, 61, 76 | ||||||
Le nombre d'agriculteurs s'installant chaque année est loin d'assurer le remplacement des exploitants cessant leur activités. Ces dernières années, le fléchissement observé s'explique par : la limitation des départs à la retraite (classes creuses de la pyramide des âges), l'accroissement des unités déjà en place, ainsi que par le transfert des terres agricoles vers le secteur non agricole (essentiellement en Haute-Normandie).
La vérité saute aux yeux, il faut moins de personnes pour cultiver plus de surface, les coûts de production, les quotas sont imposés par la politique agricole commune . Il faut produire d'avantage à moindre coût, les machines doivent être de plus en plus performantes, elles coûtent très cher et les agriculteurs n'ont d'autre choix que de s'endetter jausqu'aux os pour du matériel performant, ils y laissent leur peau. La suite on connaît, le dépôt de bilan, la vente aux enchères du matériel, l'expropriation au profit de la banque etc...
Heureusement les jeunes agriculteurs de Normandie s'inquiètent de leur avenir sinon ce serait la fin programmée de l'amour du travail de la terre. Ce serait la fin de ce qui fait le charme de la Normandie : adieu veaux, vaches, cochons, couvées ! Adieu herbages, pommiers, pressoir ! Je profite de l'occasion pour remercier le gouvernement actuel (une fois n'est pas coutume) pour avoir su préserver jusqu'en 2013 les subventions agricoles versées à nos exploitants. OUF nos exploitants auront eu chaud et ont maintenant 7 années devant eux pour prévenir aux urgences. Le revenu agricole à diminué de 10,1 % en France alors que la baisse moyenne dans l’Union européenne a été de 5,6 %.
Nos présidences régionales ne semblent pas s'inquiéter du risque de disparition du caractère rural de la Normandie. Pourquoi le feraient-ils ? Nos villages sont repeuplés les weekends par des résidants secondaires et beaucoup de retraités de la région parisienne coulent une retraite heureuse en Normandie.
Si la France a besoin d’un changement radical de politique, la Normandiea besoin de nouvelles têtes à ses commandes sinon il n'y aura bientôt plus de Normands au pays.
Michel H. A. Patin