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L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande
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10 avril 2006

Trop loin de Paris, la ruralité se meurt ...

Nous ne sommes plus égaux devant la République.

Je vous invite à partager le témoignage d'un chirurgien alsacien à la retraite. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement pour vous faire témoins de ce qui est décidé de Paris sans se soucier de la ruralité. les services de santé s'éloignent de la population rurale, moins de médecin, fermeture des hôpitaux de proximité alors que paradoxalement la population rurale est vieillissante. Que font les élus régionaux ? Pourquoi avons-nous encore besoin d'eux s'ils ne font rien pour améliorer ou conserver la qualité de vie de leurs administrés ? Sont-ils sourds aux appels du peuple, préfèrent-ils être aveugles plutôt que regarder la détresse en face ?

Ce n'est pas être nostalgique que penser qu'autrefois il y avait moins de mandats donc moins d'élus mais un plus grand engagement de ces derniers.

Ce n'est pas une fiction, cela pourrait se passer en Normandie, cela se passait peut-être en Normandie ?

MHAP

Un chirurgien alsacien à la retraite rapporte son vécu d’enquêteur de la Sécu en missions de dépistage sur tout le territoire.

Le chirurgien de déclarer :

<<J'ai trouvé un petit boulot convenable pour occuper ma retraite de chirurgien : les missions de dépistage de la Sécu. Et j'en vois de toutes sortes.

Je voudrais citer, ici, un cas de figure que je viens de rencontrer en milieu rural à l'occasion de ces missions Sécu qui me font découvrir mon pays et toutes sortes de français.


Dans un petit chef lieu de canton (3000 h) - où il y avait cinq médecins - il y a vingt ans - pour quinze petits villages et un bassin de 10.000 clients potentiels + un petit hôpital local de 25 lits et trois maisons de placement (retraités, infirmes cérébraux de 6 à 18 ans, déficients mentaux adultes) il n'y avait plus que trois médecins, jusque voici quinze jours.

Une mission de dépistage Sécu effectuée une semaine dans ce bled me fait découvrir sur 250 convoqués une population malade qui se plaint d'attendre des semaines pour un rendez vous chez ces généralistes débordés, qui passe des heures pour passer en consultation, qui se fait remballer pour une visite inopportune, et surtout qui émet la crainte de prendre "une mauvaise grippe" (sic) dans une salle d'attente bondée de vrais malades graves.

Or l'un des trois médecins vient de se suicider, affolant !

Et la Sécu elle, elle insiste pour que je demande aux patients vus en dépistage de désigner le nom de leur nouveau médecin traitant. J'ai vu l'un des deux médecins en pleine colère contre l'Ordre et en train de se préparer à partir ! Il m'a crié : " Le plus con sera le dernier à partir !".

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Commentaires
M
D'abord merci à Marie dont le site nous fait rêver et dont l'auteur a les pieds sur terre.<br /> <br /> Pour journalistenormand, <br /> La région pourrait faire quelque chose, elle en a les pouvoirs et les moyens. Je me souviens d'un temps pas si lointain avec des cantons qui avaient leur dispensaire, avait des soeurs infirmières, avaient une maison de retraite etc... <br /> <br /> Au dispensaire il y avait une salle de consultation mise gratuitement à la disposition de médecins qui tour à tour venaient y assurer des heures de consultations puis les visites à domicile (RDV pris auprès du dispensaire); les soeurs infirmières pouvaient continuer les soins aux personnes isolées et alerter le médecin si besoin était.<br /> <br /> Tout a disparu aujourd'hui, plus de dispensaire, plus de salle de consultation gratuite, plus de soeurs infirmière ... Les villages sont de plus en plus pauvres, ils ne peuvent plus subvenir seuls aux carences de tout ordre, il leur faut les aides de la région.<br /> <br /> Cela se fait certains coins de France où les présidences de région sont encore humanistes, elles construisent des salles de consultation et rémunèrent les heures du médecin. Et oui il y a des régions qui offrent l'installation d'un médecin, il y a des communes qui ont créé des groupements de services tels des dépôts de médicaments en Mairie gérés par la Pharmacie la plus proche...<br /> <br /> On parle de solidarité, la seule chose que je sais c'est que nos élus régionaux sont trop solidaires de leurs privilèges et qu'ils ne se sentent plus responsables de leurs administrés. Ils croient aussi à l'Etat providence.<br /> <br /> Ce qu'ils oublient : l'Etat c'est nous donc forcément eux aussi.<br /> <br /> Michel H. A. Patin
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M
De plus en plus il n'y a plus de médecin dans nos campagnes, les jeunes ne veulent pas faire de déplacement, nous avons le cas dans notre agglomération.<br /> Les villages se meurent par un manque d'énergie, plus de contrainte, un petit boulot tranquille et tout ira bien, sans ambition, mais que faire ?<br /> Marie
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Y
Merci à MHAP et Stéphane Canu de parler de l'inquiétante pénurie sanitaire. Voilà ce que je sais globalement du sujet :<br /> <br /> La répartition est très inégalitaire à travers le territoire pour la densité des médecins : pour 100 000 habitants elle varie entre (chiffres de 2000) 424 pour l’Ile-de-France et 409 pour Provence-Alpes-Côte d’Azur, et 241 en Picardie (j'ai pas les chiffres pour la normandie, mais c'est proche du chiffre de la Picardie); les inégalités entre centre villes et banlieues vont également en s’accentuant ; <br /> <br /> "Les solutions ne manquent pas, mais ce qui frappe c’est leur non préparation, la recherche dans l’urgence de solutions mal étudiées à des problèmes connus depuis plus de vingt ans." (précise Jean de Kervasdoué, ancien Directeur des Hôpitaux).<br /> <br /> L’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS) pronostique un "problème aigu de renouvellement". <br /> L’Observatoire confirme largement le constat souvent évoqué d’un fort déséquilibre entre le nord et le sud de la France. "L’offre de soins de premier recours est déjà déficitaire dans quelques territoires", souligne un rapport de 2004.<br /> <br /> des solutions?? : encourager les médecins proches de la retraite à rester encore en activité, valoriser financièrement les implantations rurales dans le Nord de la France. <br /> <br /> A Marie > merci pour le lien :)
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J
C'est édifiant ! Mais, il est certain qu'il ne s'agit pas d'un phénomène propre à l'Alsace. La Normandie aussi souffre d'une pénurie de médecins, de dentistes aussi, d'ailleurs. Je ne pense cependant pas que les Régions y puissent quoi que ce soit. Il n'existe aucune règlementation qui permettrait une meilleure répartition des médecins sur le territoire national en fonction des besoins. Alors, ils partent tous où brille le soleil…
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M
Je te mets également dans mes liens.<br /> Bonne journée.<br /> Marie (originaire de Saint-Lô)
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