Trop loin de Paris, la ruralité se meurt ...
Nous ne sommes plus égaux devant la République.
Je vous invite à partager le témoignage d'un chirurgien alsacien à la retraite. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement pour vous faire témoins de ce qui est décidé de Paris sans se soucier de la ruralité. les services de santé s'éloignent de la population rurale, moins de médecin, fermeture des hôpitaux de proximité alors que paradoxalement la population rurale est vieillissante. Que font les élus régionaux ? Pourquoi avons-nous encore besoin d'eux s'ils ne font rien pour améliorer ou conserver la qualité de vie de leurs administrés ? Sont-ils sourds aux appels du peuple, préfèrent-ils être aveugles plutôt que regarder la détresse en face ?
Ce n'est pas être nostalgique que penser qu'autrefois il y avait moins de mandats donc moins d'élus mais un plus grand engagement de ces derniers.
Ce n'est pas une fiction, cela pourrait se passer en Normandie, cela se passait peut-être en Normandie ?
MHAP
Un chirurgien alsacien à la retraite rapporte son vécu d’enquêteur de la Sécu en missions de dépistage sur tout le territoire.
Le chirurgien de déclarer :
<<J'ai trouvé un petit boulot convenable pour occuper ma retraite de chirurgien : les missions de dépistage de la Sécu. Et j'en vois de toutes sortes.
Je voudrais citer, ici, un cas de figure que je viens de rencontrer en milieu rural à l'occasion de ces missions Sécu qui me font découvrir mon pays et toutes sortes de français.
Dans un petit chef lieu de canton (3000 h) - où il y avait cinq médecins - il y a vingt ans - pour quinze petits villages et un bassin de 10.000 clients potentiels + un petit hôpital local de 25 lits et trois maisons de placement (retraités, infirmes cérébraux de 6 à 18 ans, déficients mentaux adultes) il n'y avait plus que trois médecins, jusque voici quinze jours.
Une mission de dépistage Sécu effectuée une semaine dans ce bled me fait découvrir sur 250 convoqués une population malade qui se plaint d'attendre des semaines pour un rendez vous chez ces généralistes débordés, qui passe des heures pour passer en consultation, qui se fait remballer pour une visite inopportune, et surtout qui émet la crainte de prendre "une mauvaise grippe" (sic) dans une salle d'attente bondée de vrais malades graves.
Or l'un des trois médecins vient de se suicider, affolant !
Et la Sécu elle, elle insiste pour que je demande aux patients vus en dépistage de désigner le nom de leur nouveau médecin traitant. J'ai vu l'un des deux médecins en pleine colère contre l'Ordre et en train de se préparer à partir ! Il m'a crié : " Le plus con sera le dernier à partir !".