Les bas-Normands pour un TGV-normand
Nicolas Sarkozy se rend aujourd'hui au Havre. Face au projet de relier le Havre à Paris en une heure par TGV, les élus bas-normands, réunis hier à Caen, réclament un « TGV normand ».
Le « hasard de calendrier » a bien fait les choses pour Laurent Beauvais. La veille de la venue du président de la République ce jeudi au Havre, le président bas-normand, PS, organisait, hier à Caen, une rencontre des élus bas-normands, de gauche et de droite. Malgré deux absents de poids, Jean-François Le Grand et Alain Lambert, présidents UMP de la Manche et de l'Orne, représentés par un vice-président, c'est « l'union sacrée » pour obtenir un train rapide entre la Normandie et Paris.
« Si TGV il y a, il doit être normand. Pas seulement havrais », disent, en substance, les Bas-Normands. Avant de rappeler les engagements pris par Dominique Bussereau, le secrétaire d'État aux Transports, le 6 avril, à Caen. « Ces engagements peuvent et doivent être rendus compatibles avec la volonté présidentielle de relier le Havre à Paris en une heure », résume Bernard Cazeneuve, député-maire PS de Cherbourg.
Front uni
Face au « TGV Sarko », les élus Bas-Normands veulent montrer un front uni. « Faire entendre notre voix haut et fort », tonne Philippe Duron, député-maire PS de Caen. « Nous délivrons ce message à Caen aujourd'hui. En septembre, j'espère que nous le porterons tous ensemble à Paris », dit Laurent Beauvais.
Présidente divers droite du conseil général du Calvados, Anne d'Ornano insiste sur la « nécessaire concertation entre élus normands, mais aussi avec l'État, sans apprendre tel ou tel projet par hasard ! »
Objectif d'équité aussi. « Nous posons le principe d'une égalité de traitement entre les liaisons Caen ¯ Paris et Le Havre ¯ Paris avec mêmes temps de parcours et mêmes calendriers de réalisation », réaffirme le communiqué commun publié à l'issue de la réunion.
En réunissant, dès hier, la « conférence des exécutifs bas-normands », Laurent Beauvais a rendu jaloux Alain Le Vern, son collègue haut-normand ! « J'organiserai début septembre une conférence des exécutifs hauts-normands, a-t-il indiqué hier. L'hypothèse excluant Caen et Rouen, oubliant des millions d'habitants, porterait en elle les germes de l'échec. »
Les Hauts-Normands ont réagi en ordre dispersé. Valérie Fourneyron, députée-maire PS de Rouen, déplore « un axe élyséo-havrais ». Dans un courrier adressé le 13 juillet à Nicolas Sarkozy, Laurent Fabius, président socialiste de l'agglomération rouennaise, demande de « n'oublier aucune des deux régions normandes et de ses trois grandes agglomérations ». Premiers éléments de réponse, ce jeudi au Havre.
Jean-Jacques LEROSIER.
Ouest-France 16.07.2009