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L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande
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8 octobre 2009

Grande Normandie : Laurent Fabius a sorti ses conditions

Dans un entretien avec le premier quotidien français Ouest-France, de ce jour, Laurent Fabius parle, une fois n'est pas forcément coutume, de Normandie (et ce très sérieusement !) et du projet de réunification des deux petites régions normandes ...
La question de la capitale est toujours omniprésente... C'est donc si important que ça de faire de "sa ville" une capitale, alors qu'il est tout de même question de l'interet général de la normandie et de ses habitants !!! Laurent Fabius ne veut pas en démordre et affiche sa préférence pour Rouen ! [signé Yuca de Taillefer]

T_norsVoyantsGrands
crédit photo : agence Reuters.
Tiens, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius doivent prendre sans doute plaisir
à s'imaginer l'un chef du "Grand-Paris" et l'autre de la "Grande Normandie".....

L'ITW de l' West France
jeudi 08 octobre 2009
Grande Normandie : les conditions de Fabius

Président de la communauté d'agglomération rouennaise, l'ancien Premier ministre - très critique sur la réforme des territoires - n'imagine pas une autre capitale normande que... Rouen.

Entretien

Face au Grand Paris présenté, hier, en conseil des ministres, une grande Normandie est-elle une opportunité ?

Le Grand Paris, en Ile-de-France, c'est surtout une procédure très peu démocratique. Chez nous, en Normandie, ce peut être une bonne chose s'il s'agit de stimuler le développement équilibré de l'axe Seine ; une mauvaise chose, s'il s'agit d'une simple opération de communication visant à privilégier Paris et Le Havre, en oubliant l'agglomération rouennaise et la Basse-Normandie.

Face à nos protestations, le désenclavement ferroviaire autour de Mantes semble désormais acté. Il faut aussi que Rouen ait une nouvelle gare, non pas dans un champ de patates, au nord de l'agglomération, mais en centre-ville. Et que tout cela soit réellement financé.

La fusion des deux Normandie, bonne ou mauvaise idée ?

La coopération entre les deux Normandie est déjà une réalité dans des domaines comme le tourisme, grâce à Alain Le Vern, Philippe Duron, Laurent Beauvais. La fusion implique au moins trois conditions : une consultation des populations des deux régions par référendum ; un projet de développement fondé notamment sur une desserte ferroviaire d'ensemble rapide et financée ; enfin, la capitale de la Normandie est Rouen. On ne peut avoir deux ou trois capitales.

Certains voient l'exposition « Normandie impressionniste », dont vous êtes l'initiateur, comme le premier acte d'une grande Normandie. Vrai...

On dit souvent que la Normandie ne croit pas assez en ses atouts. Nous avons donné naissance à l'un des plus grands mouvements de l'histoire de la peinture. « Normandie Impressionniste » insistera sur cette identité et racontera aux Européens, aux Américains, aux Japonais, aux... Normands ce que nous sommes. Caen, Cherbourg, Saint-Lô, Lisieux, Honfleur, Trouville, Deauville, Cabourg... ont répondu à notre appel. Un « guide du Routard de l'impressionnisme normand » accompagnera ce grand festival.

Les élections régionales, c'est avec les Verts ou sans eux au premier tour ?

Je suis favorable, dès le premier tour, à des listes de rassemblement de la gauche et des Verts. Est-ce parce que les élections approchent qu'il faut se diviser ? S'il y a une justice en politique, la gauche sera reconduite en Haute et Basse-Normandie ! Les équipes ont fait du bon travail.

Quel est votre regard sur la nouvelle donne territoriale ?

Sévère, comme de nombreux élus de tous bords. Bien sûr, il faut des réformes. Mais, ce qui est proposé est une fausse clarification. Le gouvernement veut recentraliser, en saucissonnant les textes : un projet controversé sur les compétences, un autre sur les finances qui étrangle nos territoires, un troisième tendancieux sur les modes d'élection. On rajoute une nouvelle strate avec les métropoles. Quant au mode d'élection, c'est le bouquet de la confusion, avec des élus obligés de cumuler région et département !

Les élus ne sont-ils pas trop nombreux ?

La démagogie anti-élus, c'est un fumet qui me déplaît fortement. Chacun connaît son maire, les élus sont des gens dévoués. En réalité, M. Sarkozy veut concentrer tous les pouvoirs. Il est président de la République, il n'en est pas propriétaire, que je sache ! Le prochain congrès des maires de France, en novembre, devrait montrer ce refus qui monte de nos territoires au nom de l'intérêt général et de la défense des services publics locaux.

Recueilli parJean-Jacques LEROSIER.

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Commentaires
F
C'était ce samedi dans Libération, voici l'article...<br /> <br /> ...avec cette réserve que le journaliste de Libé croit que le projet de TGV normand de desserte équilibrée entre Caen, Rouen et Le Havre, n'est finalement toujours pas finalisé et acté alors que c'est le cas depuis le 8 août dernier (lettres de mission du ministre des Transports Dominique Bussereau envoyées à Laurent Beauvais et à Jean-Pierre Duport, conseiller d'état en charge de conduire le futur débat national sur le TGV Normand en 2010)<br /> <br /> (Libération, le 10/10/2009)<br /> <br /> Paris-Le Havre, la bataille de Normandie!<br /> <br /> "L’architecte Antoine Grumbach en a rêvé. Seine Métropole, son projet d’étendre la capitale le long de la Seine jusqu’à la Manche, a tapé dans l’œil de l’Elysée. Un axe de rébellion se dessine en Normandie. "<br /> <br /> Par EDOUARD LAUNET<br /> <br /> <br /> "Le 29 avril, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, Nicolas Sarkozy monte en chaire pour prononcer un discours fleuve sur l’avenir de la région parisienne. Il y est question, majuscules comprises, de «Beau», de «Grand», de «Vrai» : jamais la plume du scribe Henri Guaino n’a plongé si profondément dans l’encrier de Victor Hugo pour faire vibrer des horizons grandioses. Mais soudain, face à son public de ministres, d’urbanistes et d’élus locaux, le chef de l’Etat décoche cette phrase impérative : «Faisons le choix stratégique que nous dicte la géographie : Le Havre, c’est le port du Grand Paris, et la Seine est l’axe nourricier autour duquel la métropole a vocation à s’ordonner.» En quelques mots un nouveau cap a été assigné au développement de la capitale : vers la mer.<br /> Jolie formule<br /> <br /> Ce n’était là ni du Hugo, ni du Guaino et encore moins du Sarko, c’était du Bonaparte. Le 7 novembre 1802, le futur empereur s’était arrêté au Havre et, si l’on en croit Michelet, avait lancé aux commerçants de la ville : «Paris, Rouen, Le Havre sont une seule et même ville dont la Seine est la grand-rue.» Jolie formule qui, il y a cinq ans, avait déjà frappé l’imagination de l’architecte et urbaniste Antoine Grumbach. Au point que, depuis, ce dernier s’est efforcé de donner chair à cette vision, jusqu’à en faire l’un des dix projets présentés ce 29 avril à la Cité de l’architecture (jusqu’au 22 novembre), pour imaginer un avenir au «Grand Paris». Et ce projet a d’emblée tapé dans l’œil de l’Elysée.<br /> <br /> Sous le nom de Seine Métropole, Grumbach et son équipe ont jeté les plans d’une ville linéaire descendant le fleuve de Paris jusqu’à la Manche, via Rouen. Soit une alternance de zones urbaines et de nature sur 350 kilomètres, comme un couloir de vie, de loisirs et d’activités desservi par un dense réseau de transports (pardon, par un «tressage des mobilités»). Ainsi Le Havre deviendrait-il authentiquement le port de Paris, ainsi Paris trouverait-il, comme la plupart des grandes métropoles mondiales, un débouché maritime à l’heure où la mondialisation fait transiter par la mer 85 % des échanges de marchandises.<br /> <br /> Le projet de Grumbach est extrêmement séduisant, à la fois utopique et concret, et, surtout, il rompt avec le développement radioconcentrique de la capitale. En sus, il y a dans cette vision comme une incarnation de l’éternel «désir de mer» de la capitale. La voie vers la Manche ne serait plus la monotone autoroute de Normandie, mais la Seine, à la fois vecteur et lieu de vie. Et le bout du chemin ne serait plus les plages de la Côte fleurie et leurs éphémères villégiatures mais Le Havre, une ville rendue séduisante par le regard neuf qu’on porte sur son centre reconstruit radicalement par Auguste Perret, béton hier oppressant devenu comme par magie patrimoine de l’humanité classé par l’Unesco. Et puis il y a les nouveaux docks, une vie culturelle ressuscitée, la plage, le large. Bref, un horizon.<br /> <br /> Avant même que les dix équipes phosphorant sur le Grand Paris n’entament leur travail de synthèse (c’est la suite prévue par le processus), le président de la République a donc adoubé cette échappée grumbachienne vers l’Ouest et, peu après, il a donné son feu vert à une ligne TGV devant relier Paris et Le Havre en une heure : c’est le premier élément concret du projet. A charge toutefois, pour l’équipe de Seine Métropole, de réunir une large adhésion populaire autour de sa vision.<br /> <br /> Or un obstacle imprévu s’est dressé. Dans sa descente de la Seine, voici que le Grand Paris se heurte à… La Grande Normandie.<br /> <br /> Guerres picrocholines<br /> <br /> Depuis au moins trente ans, Haute et Basse-Normandie (administrativement séparées en 1956) cherchent un moyen de se rabouter pour former la grande région que tout le monde ou presque appelle de ses vœux. Mais il y a les alternances politiques, les guerres picrocholines entre barons normands, le choix épineux d’une capitale, les lourds processus administratifs, si bien que rien ne se fait. Or la région parisienne se lance soudain dans une quasi-annexion de la Haute-Normandie (Seine-Maritime et Eure). Paris débarquera-t-il sur des terres vaincues ? L’estuaire de la Seine est-il condamné à n’être qu’une lointaine banlieue de la capitale, comme Rouen l’est déjà plus ou moins ? Et que deviendra Caen, capitale de la Basse-Normandie (Manche, Orne et Calvados), laissée à l’écart de ce schéma séquano-séquanais ?<br /> <br /> En juin, le grand géographe de la Normandie Armand Frémont a pris l’initiative d’écrire aux barons normands - le maire UMP du Havre Antoine Rufenacht, le maire PS de Caen Philippe Duron, le président de l’agglomération de Rouen Laurent Fabius, les présidents de régions Laurent Beauvais (Basse-Normandie) et Alain Le Vern (Haute) - pour leur tenir à peu près ce langage : le projet Grumbach est intéressant, mais il prendrait plus de sens avec une Normandie unifiée.<br /> <br /> Armand Frémont est à la Seine, si l’on ose cette image, ce que Dany Cohn-Bendit est au Rhin : il a vécu ses vingt premières années au Havre (Seine-Maritime, en haut), mais fait sa carrière universitaire à Caen (Calvados, en bas) où il fit fleurir son concept d’«espace vécu» (1). Ensuite, le géographe a exercé de hautes fonctions loin de sa Normandie, prenant alors du recul. Comme conseiller à la Datar, en particulier, il a acquis la conviction que les problèmes de la région parisienne ne pouvaient pas se résoudre que dans la seule Ile-de- France. Il fallait une vision plus large : «Celle de Grumbach, qui ne manque pas de souffle ni de culot, est la seule qui voit au-delà du bassin parisien, analyse Frémont. En outre, le projet s’appuie sur une ligne de force qui n’est pas une invention : la vallée de la Seine est un axe d’urbanisation réel.» Oui, mais la Normandie là-dedans ? «C’est le problème. Il est nécessaire qu’existe une grande région capable de dialoguer avec le Grand Paris, sans quoi Le Havre et l’estuaire de la Seine ne seront plus que des appendices de l’Ile-de-France. Par ailleurs, un axe Paris-Le Havre sans unification de la région serait un mauvais coup porté à la Basse-Normandie, qui se retrouverait marginalisée.»<br /> <br /> D’autres géographes sont beaucoup plus critiques qu’Armand Frémont. «Le développement d’un axe Paris-Rouen-Le Havre et l’unification de la Normandie sont deux projets inconciliables. Il faudra trancher», estime Bruno Lecoquierre, directeur de l’UFR de Lettres et sciences humaines de l’université du Havre, qui voit mal comment un quasi-rattachement de la Haute-Normandie à la région parisienne laisserait possible la création d’une grande Normandie. Quand on veut épouser sa moitié, la laisse-t-on partir avec un(e) autre ? «Le projet de Grumbach est intéressant en tant que réflexion intellectuelle, mais relève plus de la communication politique que de l’aménagement du territoire. Dans les faits, et dans ce qui a déjà été accompli sur le terrain, l’unification normande est une évolution plus naturelle que le développement d’un axe Paris-Le Havre.» Bruno Lecoquierre n’est pas trop inquiet, puisqu’il pense que le projet Grumbach a peu de chance de voir le jour, et toutes les chances de jouer un rôle d’accélérateur dans la fusion des Normandie.<br /> Collectif et happening<br /> <br /> D’ici les régionales du printemps prochain, le débat risque d’être vif, alimenté par les contributions de sites comme normandie2010.org, animé par un collectif de géographes de Rouen, Caen et Le Havre, ou encore par les interventions du collectif Bienvenue en Normandie, dont la critique du projet Seine Métropole est plus radicale : «Grumbach confond la géographie avec les cartes de géographie», écrit son animateur Philippe Cléris, enseignant caennais qui dénonce une volonté de «captation d’une Normandie "utile" urbaine et industrielle de 40 km de large et de 200 km de long au seul profit de l’agglomération parisienne.» En juin, le collectif est allé jusqu’à organiser un happening anti-Grumbach dans la Cité de l’architecture !<br /> <br /> La révolte normande n’est pas seulement géographique, elle est aussi politique. Car ce Paris étendu jusqu’au Havre ressemble fort à une sorte de pied de nez élyséen fait à la Normandie socialiste. Le PS tient les deux régions, leurs capitales, les départements (hors Manche et Orne). Or Seine Métropole est un grand trait d’union tiré vers Le Havre UMP d’Antoine Rufenacht, grand gagnant de l’opération. Le maire est un homme respecté pour son bilan dans sa ville, et influent au niveau national : il fut hier directeur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac, il est désormais un proche de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Ce projet de Grand Paris jusqu’au Havre lui offre une sorte de consécration. Aujourd’hui, argumente-t-il, seul face à l’«Internationale socialiste normande», il fait avancer sa région, lui obtient une ligne TGV, lui offre des perspectives internationales puisqu’il s’agit de faire du Havre l’égal d’Anvers et de Rotterdam, voire mieux puisque son port est plus proche de l’Atlantique que ses concurrents du nord.<br /> <br /> Du coup, pour Rufenacht, l’unification normande est devenue secondaire, au point qu’il se plaît à parler de sa ville comme d’un futur «XXIe arrondissement maritime de Paris». «J’ai été un militant de la Grande Normandie depuis 1972, explique-t-il, et j’en reste un partisan. Mais les esprits ne semblent pas mûrs, et les obstacles sont tels que je préfère m’en remettre à un principe de réalité : saisissons le projet d’Antoine Grumbach pour avancer. D’ailleurs, pourquoi ce grand axe de la Seine ne deviendrait-il pas l’épine dorsale de la Normandie à créer ?»<br /> <br /> Si Rufenacht est le grand gagnant, Philippe Duron, le député-maire PS de Caen, fait figure de grand perdant. Car la capitale de Basse-Normandie est laissée à l’écart du projet Seine Métropole. Pire : le TGV normand dont le principe semble acquis voit son cours remonter vers le nord, taillé sur mesure pour Le Havre. «Le projet d’Antoine Grumbach est objectivement intéressant, car développer l’axe de la Seine est pertinent, concède Philippe Duron. Hélas, l’affaire charrie aussi des aspects tactiques pour Nicolas Sarkozy : puisqu’il a du mal à dialoguer avec les élus de l’Ile-de-France, le président a choisi de déplacer le champ de bataille vers l’Ouest.»<br /> Rouen s’arrête à sa gare<br /> <br /> Enfin, le maire de Caen voit lui aussi une menace sur l’unification : «Si la région parisienne descendait jusqu’au Havre, que resterait-il de la Normandie après ça ?» Et de rappeler que Nicolas Sarkozy a déclaré voilà peu : «Les Normandie, on les aime, mais en faut-il deux ?» Pourtant, «le gouvernement n’a rien fait depuis un an et demi pour que le dossier avance.» Pour autant, Philippe Duron estime qu’il serait idiot de lutter contre l’influence de l’Ile-de- France, qu’il faut au contraire «construire avec elle», mais pas dans un rapport de forces si défavorable. Quant à Rouen, qui est déjà largement dans la zone d’influence de la région parisienne, elle semble se préoccuper avant tout de l’emplacement de sa future gare. Elle la voulait au sud, mais voilà que le projet Grumbach l’imposerait au nord, pour faciliter la desserte TGV du Havre.<br /> <br /> Toutes ces objections laissent Antoine Grumbach de marbre, il se demande même pourquoi on vient l’emmerder avec ça. La seule région pertinente à ses yeux, c’est le bassin hydrographique de la Seine. Et pour lui, il faut même voir plus loin, au-delà de cette utopique communauté urbaine s’étendant tout au long du fleuve, en imaginant d’ores et déjà une super-mégalopole européenne comme un triangle dont les coins seraient Paris, Londres et Rotterdam.<br /> <br /> De toute manière, «Seine Métropole dépasse la bipolarité Paris-province», plaide l’architecte urbaniste, habité par une vision dont il est devenu le prophète, ou du moins l’évangéliste. Depuis le 30 juin, il dit avoir animé pas moins de trente réunions publiques pour faire partager son rêve. L’une des plus importantes a eu lieu le 22 septembre à la Chambre de commerce et d’industrie du Havre, qui a dû refuser du monde. Devant 800 personnes, Grumbach a parlé pendant une heure et quart sans reprendre son souffle. La salle était acquise à son projet, et le moment était historique car c’est précisément le jour de la création de cette chambre de commerce, en 1802, en Bonaparte était venu agiter cette idée de grande ville Paris-Rouen-Le Havre !<br /> Modes de gouvernance<br /> <br /> Depuis, il y a eu Fernand Braudel et son Identité de la France, dans laquelle l’historien juge «Paris trop continental pour avoir un statut mondial» (selon les termes de Grumbach), notant au passage que Rouen aurait été a priori une meilleure candidate que Paris au rang de capitale (les faits en ont décidé autrement). Eh bien, affirmait Grumbach, c’était aujourd’hui l’heure d’un renversement de l’histoire. Dès le Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de 1965, Paul Delouvrier avait esquissé un développement de la région parisienne le long de la Seine. Sans suite. Grumbach y voit toutefois un signe : «Quand des idées réapparaissent de manière récurrente, c’est qu’elles ne doivent pas être trop mauvaises.»<br /> <br /> Grumbach et son équipe n’ont pas dans leurs cartons des plans de villes nouvelles à construire tout au long de la vallée de la Seine. Ils estiment que c’est plutôt via le tressage des réseaux de transports et d’infrastructures (culture, recherche, télécoms…) que la grande communauté urbaine prendra forme. Ils envisagent de nouveaux modes de gouvernance pour gérer cet ensemble, comme un GIP Vallée de la Seine (Groupement d’intérêt public). Dès la mi-octobre sera désigné un responsable pour coordonner les ports du Havre, de Rouen et de Paris. Afin de donner une substance au rêve, une exposition universelle pourrait être organisée le long du fleuve.<br /> Piste cyclable<br /> <br /> Le poète Ferdinand Lop, éternel candidat aux présidentielles, voulait prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer (c’eût été la Méditerranée). Antoine Grumbach, lui, veut relier la Concorde à la Manche. Le premier proposait de supprimer le wagon de queue des métros. Le second veut faire très vite une piste cyclable de Paris au Havre pour «développer un sentiment d’appartenance collective à la vallée de la Seine». Rendez-vous en 2017, année des 500 ans de la fondation du Havre par François Ier, pour voir si les idées de Grumbach ont eu plus de chance que celles de Lop."<br /> <br /> (1) Son dernier ouvrage est «Normandie sensible», éditions Cercle d’art, 2009.<br /> <br /> NDLR: et en 2011, on fête quoi au fait?
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T
Cher Florestan, je répondais simplement aux arguments démographiques d'Alnor "... une Normandie qui se désertifie au profit de sa capitale, à l'instar de la région Midi-Pyrénées..." par des chiffres de démographie. On ne va pas se réconcilier ce soir et de toute manière ce n'est pas ce parallèle qui est important. Ce qui me déplait c'est de réduire la question de la Réunification à celui de la capitale et d'agiter le chiffon rouge du déclin pour celle qui ne serait pas choisie, et même pour tout le reste de la Normandie! Nous savons tous ici que c'est le jeu des opposants les plus féroces, et que cet argument doit être combattu et contré.
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F
Pour reprendre les analyses d'Alnor, choisir Rouen comme capitale et métropole unique en Normandie amenerait à renforcer la polarisation du territoire (chose en soi qui peut être positive si cette polarisation est compensée par un vraie mise en réseau): la Normandie souffre en effet d'une polarisation insuffisante, Caen, Rouen et Le Havre, agglos prises séparément ou, mieux encore, prises ensemble, n'arrivent pas à polariser l'ensemble des territoires normands pour ne pas même parler des marges du Sud Manche, de l'Orne ou de l'Eure, territoires normands qui partent actuellement en lambeaux par l'effet des polarisations voisines. Là où la réflexion d'Alnor ne peut fonctionner (je résume sa pensée et je le prie de m'en excuser...) c'est que Rouen ne pourra jamais polariser la Normandie comme Nantes ou Toulouse polarisent leur région parce que Rouen et les autres villes normandes sont situées à proximité du Très Grand Paris, mégalopole de taille mondiale dotée de ... 11 MILLIONS d'habitants, SECONDE ZONE LA PLUS RICHE d'EUROPE avec Londres:<br /> <br /> Les jardiniers ont remarqué que les seules plantes capables de pousser et de prospérer sous un très gros tilleul sont celles qui ont des racines traçantes en réseau: là on pourra reprocher à Thierry 50 de ne pas assez intégrer la notion de réseau de villes ou de réseau métropolitain dans la réflexion. D'une manière générale, nous avons tous beaucoup de mal à penser en logique transersale de réseaux de villes (comme aux Pays Bas avec la Randstadt ou la Ruhr allemande) car nous vivons dans un très vieux pays centralisé atteint de macrocéphalie aigue. <br /> <br /> Affirmer, à la rigueur, que Rouen est la capitale de la Normandie, on pourra dire que c'est à la fois évident (légitimité géo-historique et poids économique et démographique) et absurde au regard des réalités de la géographie urbaine normande: Rouen ne pourra être capitale que dans le cadre d'un réseau métropolitain normand associant étroitement Caen et Le Havre et que dans le cadre plus vaste d'un grand réseau des villes moyennes normandes connecté au réseau central à trois têtes. Concrètement, sur le terrain, la logique de réseau est à l'oeuvre et l'on s'aperçoit que la mise en réseau permet des structures à la fois plus souples et plus solides ainsi que moins gourmandes en espace et en énergie que toutes les hypercentralisations!<br /> Du fait de sa proximité avec le Très Grand Paris, la Normandie souffre plus qu'une autre région (si ce n'est l'Ile de France elle-même...) du syndrôme "Centre/Périphérie(s)": raison de plus de ne pas faire la même chose que le "Grand Paris" en Normandie avec un hypothétique "Grand Rouen"!<br /> <br /> L'urgence est donc à la reconstruction d'un vrai projet métropolitain normand partagé entre Rouen, Caen et Le Havre pour donner les impulsions et les perspectives nécessaires dont on a d'ores et déjà besoin à Cherbourg, Dieppe, Evreux, Saint -Lô, Alençon, Argentan, Flers, Gisors, Eu, Vernon, Lisieux, Bernay etc...<br /> <br /> Cela pourrait passer par la réunion en conférence d'urbanisme des trois agences d'urbanisme des villes et agglos de Rouen, Caen et Le Havre: le collectif BEN a écrit en ce sens, en août dernier à Pierre Bourguignon, le nouveau patron de la toute nouvelle agence d'urbanisme de Rouen, nous attendons toujours sa réponse...
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A
Je n'ai jamais comparé les populations des villes de Normandie avec celles de Midi-Pyrénées. J'ai simplement parlé de la dynamique territoriale qui résulte du renforcement de la capitale et plus grande agglomération, dynamique qu'illustre parfaitement le cas de Toulouse et de sa région, et qui correspond bien au cas de la Normandie pour les raisons que j'ai déjà expliquées.<br /> <br /> Si les chiffres suffisaient à justifier toutes les comparaisons, alors on irait skier à Rouen comme à Grenoble, Caen serait en territoire viticole au même titre que Tours, et le climat du Havre serait semi-continental comme celui de Reims. Heureusement la géographie ne se résume pas à un chiffre de population, même si cela doit contrarier Thierry50.
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T
Alnor voici des chiffres de manière a étayer mon propos, ce sont les populations des aires urbaines des régions concernées de plus de 80 000 habitants (1999):<br /> <br /> Normandie :<br /> <br /> Rouen : 518 316<br /> Caen : 370 851<br /> Le Havre : 296 773<br /> Cherbourg : 117 855<br /> Evreux : 97 177<br /> Elbeuf : 86 162<br /> Dieppe : 81 419<br /> <br /> Midi-Pyrénées :<br /> <br /> Toulouse : 964 797<br /> Agen : 94 659<br /> Albi : 85 960<br /> Montauban : 75 158<br /> <br /> Bretagne :<br /> <br /> Rennes : 521 188<br /> Brest : 303 484<br /> Lorient : 186 379<br /> Saint-Brieuc : 121 237<br /> Quimper : 120 441<br /> Vannes : 118 029<br /> <br /> Pays de Loire :<br /> <br /> Nantes : 711 120<br /> Angers : 332 624<br /> Le Mans : 293 159<br /> Saint-Nazaire : 172 3798<br /> Laval : 102 575<br /> <br /> Chacun pourra se rendre compte a quel point la Normandie réunifiée ressemblera plus à nos régions voisines qu'à Midi-Pyrénées. Les chiffres datent un peu, on sait que l'agglo toulousaine a encore pris de l'ampleur vis-à-vis des ses petites voisines.<br /> <br /> Autre remarque, voici une liste des autres grandes villes qui ne sont pas capitales régionales, ce qui ne les empêchent nullement, pour certaines, de se développer :<br /> <br /> Nice : 933 080 hbts dans l'aire urbaine<br /> Toulon : 564 823<br /> Douai - Lens : 552 682<br /> Grenoble : 514 559<br /> Valenciennes : 399 677<br /> Tours : 376 374<br /> Saint-Etienne : 321 703<br /> Reims : 291 735 (la commume de Reims a ravi au Havre le titre purement honorifique de plus grands sous-préfecture française)<br /> Avignon : 390 466<br /> Mulhouse : 271 024<br /> Béthune : 268 439<br /> Dunkerque : 265 974<br /> Perpignan : 249 016<br /> Nimes : 221 455<br /> Pau : 216 830<br /> Bayonne : 213 969<br /> Etc...
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