Toutakans et Toutarouans
Je fais amende honorable, j'ai pris tardivement lecture de l'oeuvre de notre ami Grantemesnil postée ici, laquelle je m'empresse de publier à la une de l'EN. Décidément, nous avons bien des raisons de nous réjouir de la participation normande sur l'EN. Merci Grantemesnil.
Michel H. A. Patin
Les Toutakans et les Toutarouans
À l’œuvre on connaît l’Artisan.
Deux demi-régions sans capitale se trouvèrent :
Les Toutakans la réclamèrent.
Les Toutarouans s’opposant,
Devant l'opinion publique on traduisit la cause.
Il était malaisé de décider la chose.
Les témoins soutenaient qu’autour de cette capitale,
Caen, depuis Guillaume, avait tenu,
Le haut fort longtemps, mais d'autres arguaient que la taille
De Rouen en imposait plus et que son temps était venu.
Pour d'aucuns même, il n'y avait que Le Havre qui aille.
Le public, confondu de ces querelles fatales,
Fit enquêtes nouvelles et, cherchant guidance,
Entendit moult sondages, même par Ouest-France !
Mais hélas le point n’en put être éclairci.
« De grâce, à quoi bon tout ceci ?
Dit un Toutakan fort prudent,
Depuis cinquante ans que la cause est en suspens,
Nous voici comme aux premiers jours ;
Pendant cela, la cause se gâte.
Il est temps désormais que l'affaire se hâte :
Nous nous lassons et n'attendrons pas toujours !
Sans tant de contredits et d’interlocutoires,
Et de fatras, et de grimoires,
Travaillons, les Toutarouans et nous :
Voyons qui œuvrera avec le plus d'énergie
Dans une Normandie enfin réunie. »
Plût à Diex qu’on suivît cette méthode !
Le simple sens commun nous tiendrait lieu de Code,
Il ne faudrait point tant de frais :
Au lieu qu’on nous mange, on nous gruge,
On nous mine par des longueurs ;
On fait tant à la fin que l’huître est pour le Juge,
Les écailles pour les plaideurs.