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L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande
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4 novembre 2009

09.11.1989, les murs de la honte et moi.

Jeune militaire des Forces Françaises en Allemagne affecté à un Escadron de Guerre Electronique à Bad-Lauterberg im Harz, j'ai surveillé le ciel de l'autre coté du mur (die Mauer) ou plutôt de l'autre coté du rideau de fer (Eiserne Vorhang), barrière infranchissable ou presque ne séparant pas seulement les 2 Allemagnes mais bien l'Europe de l'Ouest de l'Europe de l'Est, c'était de 1979 à 1983. A mon retour à la vie civile, je trouvais un autre mur, celui de la honte qui coupe en deux la Normandie. Je n'avais plus pour mission de surveiller un mur mais le devoir moral d'en faire sauter un autre. C'est ce que j'essaie de faire depuis 1984. Aujourd'hui j'ai les cheveux gris, je vie dans une Allemagne réunifiée et participe activement à l'Etoile de Normandie pour faire tomber le mur qui fait de l'ombre à la Normandie.

Le mur de Berlin et son rideau de fer sont tombés le 09 novembre 1989, deux années après mon retour en République Fédérale d'Allemagne. J'ai assisté à la ferme volonté des Allemands de l'Est à vivre libres et autrement, des étudiants, des jeunes couples pour la plupart qui début novembre manifestaient dans les rues de République Démocratique d'Allemagne. En RFA, nous étions les témoins privilégiés de la révolte du peuple de RDA. J'avais peur pour les manifestants, je craignais que cela tourne au bain de sang en parfaite connaissance des représailles encourues. Heureusement il n'y eu pas recours à la force armée ni de tentative de rétablir l'ordre. Quelques temps auparavant, le bureau politique avait destitué E. Honecker de la présidence du ZK (pour Zentralkomitee : comité central) du SED (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands = Parti socialiste de l'union), et de là même de la Présidence de la RDA. Le nouveau pouvoir voulant sauver le régime, celui qui lui permettait d'exister(*) décidait l'ouverture prochaine des frontières. Les promesses jamais tenues ou toujours retardées le peuple de la RDA les connaissait trop bien, il ne quittait plus la rue. Tenace et bruyant il obtenait du Politbüro (bureau politique) l'ouverture immédiate des frontières et la permission de sortir sans visa dès le 09 novembre au soir.

(*) cela devrait vous rappeler quelque chose

Je n'oublierai pas les images de la télé est allemande ni les Vopos (Volkspolizei = gardes aux frontières) qui se trouvaient soudainement face à des milliers de Genossen (ainsi était nommés les citoyens de la RDA) qui voulaient dans la nuit sortir du pays. C'est qu'étant en service sur la frontière ils n'avaient pas regardé la télévision et personne au bureau politique n'avait pensé à les prévenir. L'euphorie populaire pouvait sur un coup de feu finir en révolution sanglante mais les Vopos n'appliquaient pas les consignes de tirer sur tout fuyard. Une fois la situation éclaircie ils s'effaçaient laissant passer leurs compatriotes à Berlin ouest. 

20 ans après tous les esprits ne sont pas réunifiés, l'ex-RDA s'est vidée de sa jeunesse partie travailler à l'Ouest, les plus âgés sont restés chez eux à regretter l'Etat providence qu'était pour eux la RDA dont le système consistait à accompagner (surveiller) ses ressortissants tout au long de leur vie. J'ai trouvé parmi les Ossis (ainsi sont encore appelés les gens issus de la RDA) une majorité de gens heureux de leur nouvelle existence, tel un habitant de Leipzig devenu berger au Spitzingsee près de Munich, rencontré au détour d'un chemin de montagne et qui porte fièrement le costume traditionnel bavarois, des jeunes de la FDJ (Freie Deutsche Jugend = organisation de la jeunesse) partis trouver fortune à l'étranger etc… Les Allemands originaires de la RDA sont très cultivés, ils ont eu malgré eux quarante années pour cela.

La réunification de l'Allemagne coutait cher aux contribuables allemands. Heureusement il y eu la générosité des voisins européens qui votaient à Bruxelles les aides de l'Union Européenne à la reconstruction de l'Allemagne. Permettre à des familles de se retrouver ou enlever les œillères que porte une population toute entière cela n'a pas de prix.

Aujourd'hui, l'Allemagne réunifiée est la 4ème puissance économique mondiale derrière les USA, le Japon et la Chine et devant la France 6ème. La réunification fut bénéfique aux deux Allemagnes, pardon à l'Allemagne. 

Ce qui paraissait impossible il y a vingt ans le devint par la volonté de trois hommes : N. GORBATCHEV, H. KOHL ET G. BUSH; alors que réunifier la Normandie, une région injustement divisée dans et par une démocratie, continue à nous être refusée alors qu'elle ne réclame aucune intervention extérieure ni de subventions.

LA HONTE EST AUJOURD'HUI SUR CES ELUS NORMANDS QUI N'ONT RIEN FAIT, NE FONT RIEN OU NE FERONT RIEN POUR REUNIFIER LA NORMANDIE.

Michel H. A. Patin

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Commentaires
K
Non au Referendum. La Normandie doit être réunifiée par réparation de l'erreur que l'Etat a commise par le passé, donc par l'Etat. Ci-dessous un article d'Albert Du Roy paru dans Normandie Magazine relatif à la démocratie directe :<br /> <br /> L'inquiétude justifie-t-elle pour autant l’organisation d’un référendum ? Et pourquoi pas aussi sur des sujets importants actuellement en débat : la taxe carbone, la récidive, l’énergie nucléaire, la suppression de la taxe professionnelle, le mariage homosexuel… ? Toutes les enquêtes montrent que les citoyens apprécieraient d’être souvent consultés, et donc de devenir décideurs. Ou plutôt d’avoir le sentiment de le devenir…<br /> <br /> La « démocratie directe », que symbolise le référendum, est une illusion dangereuse. Pour de multiples raisons. D’abord parce que l’on répond rarement à la question posée. L’opinion, en réalité, en profite pour manifester son humeur du moment. Lors du dernier référendum européen en France, ce fut le cas ; les Français n’ont pas voté « non », ils ont voté « merde » ! Il en irait probablement de même si on les interrogeait sur l’avenir de la Poste. Ensuite parce que l’opinion est vulnérable, et cela d’autant plus que les nouvelles technologies ouvrent une voie royale, et incontrôlable, aux manipulations et tromperies de toutes sortes. Enfin parce que l’opinion est changeante, plus sensible à l’émotion qu’à la réflexion : un référendum sur la peine de mort, par exemple, donnerait à coup sûr des résultats fort différents selon qu’il aurait lieu en période « calme » ou au lendemain d’un crime odieux. Le référendum irlandais vient d’illustrer cette versatilité, passant du « non » de la fierté nationaliste d’avant-crise au « oui » de l’angoisse sociale devant la montée du chômage.<br /> <br /> L’exercice du pouvoir demande constance, cohérence, sang-froid. Et aussi capacité de creuser en profondeur les tenants et aboutissants de sujets souvent fort complexes. Cette responsabilité a été confiée à nos représentants, à nos élus. Notre responsabilité à nous, citoyens, est de bien les choisir, de les contrôler avec sérieux, et, surtout, de renouveler notre confiance aux meilleurs, et de sanctionner sévèrement par notre vote ceux qui ont trahi leurs engagements. Cette responsabilité essentielle, sommes-nous vraiment certains de l’exercer correctement ? Poser la question, c’est déjà y répondre…
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M
Tu sais Kirikou, la peur fut depuis toujours une arme politicienne. <br /> <br /> Pour se faire entendre, pour se faire élire, il faut semer la peur. Qu'importe le genre de peur, cela peut-être la peur de l'autre, la peur de perdre son emploi, la peur de perdre des acquis, la peur de ne pas s'intégrer, la peur de ne plus retrouver ses marques...<br /> <br /> En politique il est devenu normal de faire peur. En Normandie, les Le Vern et autres aiment à faire du choix de la capitale normande un problème. Pire ils installent la peur en prédisant la perte de milliers d'emplois pour la ville qui ne serait pas retenue. Toi et moi on sait que ce ne sont que des mensonges destinés à nous faire PEUR.<br /> <br /> Un exemple parmi tant d'autres : j'avais entendu de retraités que le traité de Lisbonne remettrait en cause leur retraite car cette dernière ne serait plus versée par la France mais par l'Europe... Bien sûr des retraités l'ont cru.<br /> <br /> Mon message aux retraités adressé plusieurs fois ici et dans l'Unité Normande lorsque j'avais encore l'oreille du MN était et reste encore : de voter POUR LA REUNIFICATION en pensant à l'avenir de ses enfants et petits enfants mais ce message a du mal à passer tant les anti-réunification inventent de nouvelles peurs.<br /> <br /> C'est une des raisons qui me pousse à être contre un réferendum car il est plus facile de jeter du discrédit sur quelqu'un ou quelqu'idée que d'en faire la propagande.<br /> <br /> Aux prochaines régionales les anti-réunification chercheront encore à faire peur à une couche hésitante de la population normande, n'est ce pas Monseigneur? <br /> <br /> Ils sont passés maîtres dans cet exercice, à nous de rendre l'exercice périlleux.<br /> <br /> Merci de ta contribution,<br /> Michel
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K
Le Conseil Général de Seine-Maritime a son siège à Rouen, çà ne l'empêche pas d'avoir plusieurs maisons et directions des routes ou autres directions dans d'autres villes du département, notamment au Havre, à Dieppe... Dans ces antennes du département, les élus locaux y ont leurs bureaux mais il y a aussi de nombreux emplois qui exercent les missions du Département localement. Donc Caen ou Rouen pourrait très bien être capitale et conservant le même patrimoine immobilier et les mêmes agents. L'une des deux villes seraient siège, l'autre l'antenne locale. Pour ce qui est des emplois d'Etat, avec la RGPP, d'ici quelques années, ils seront réduis à une peau de chagrain et ce sur tout le territoire national. Donc pas besoin de compter sur eux pour chiffrer les emplois de demain. Il ne faut pas perdre de vue que les Conseils régionaux n'ont pas tous leurs emplois dans la capitale pour exercer leur mission (par exemple pour l'entretien des lycées, les agents concernés n'exercent pas tous dans la capitale mais dans la région toute entière). Donc cette histoire de capitale n'est pas un obstacle suffisant à empêcher la fusion des deux Normandies.
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F
Si les Allemands avaient étés aussi pointilleux sur le nom de la future capitale. Fêterions nous les 20 ans de la réunification Allemande ?<br /> <br /> A oui j'oublie, l'Allemagne n'est pas atteinte du syntrôme Français. C'est un pays Fédéral et non jacobin.
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F
Quand on parle du chiffre de 3000 EMPLOIS administratifs en cause dans le débat sur la capitale de la future Normandie réunifiée, cette estimation provient du rapport EDATER qui dit précisément ceci:<br /> <br /> Si la capitale normande c'est TOUTAROUEN, c'est 1800 EMPLOIS qui quittent CAEN: c'est la raison pour laquelle Duron, le député maire de Caen, a évoqué "un Moulinex de l'emploi public"<br /> <br /> Mais si la capitale normande c'est TOUTACAEN, c'est 1500 EMPLOIS qui partent de ROUEN, d'où la crispation de Valérie Fourneyron député-maire de ROUEN...<br /> <br /> Un total donc d'un peu plus de 3000 EMPLOIS EN CAUSE donc...<br /> <br /> Sauf qu'il faut lire le rapport EDATER jusqu'au bout en ce sens qu'il ne PRECONISE SURTOUT PAS, JUSTEMENT!, une capitale TOUTACAEN OU TOUTAROUEN mais UNE CAPITALE MISE EN RESEAU pour que CHAQUE EMPLOI qui aurait à déménager soit à Caen ou soit à Rouen soit TOTALEMENT COMPENSE!<br /> <br /> Ainsi, si l'on choisit ROUEN comme capitale (c'est à dire y installer le couple CR + Préfecture) Rouen doit laisser partir 1800 EMPLOIS à CAEN.<br /> Si on contraire on choisit CAEN (qui a ma préférence pour des questions d'équilibre général du territoire d'une Normandie à cinq départements) c'est 1500 emplois caennais qui devraient partir à Rouen...<br /> <br /> Enfin cette cuisine n'a de sens si l'on fait enfin un peu de gastronomie en Normandie! Il faut d'abord penser au projet métropolitain normand qu'une telle organisation doit pouvoir servir! Mais nos élus conditionnés par le réflexe localiste auront-ils le courage et l'intelligence de s'élever à ce niveau?<br /> Il faudra bien car le Grand Paris pointe le bout de son nez et Lille, Nantes ou Rennes continueront à se repaître des dépouilles des "capitales" normandes...<br /> <br /> Il est vrai qu'un cimetière serait plus simple à gérer que la Terre des vivants...<br /> <br /> C'est pourquoi il est urgent de dire la vérité sur cette question sensible à la bêtise et à la mauvaise foi comme les lichens sont sensibles à la pollution atmosphérique!<br /> <br /> (je ne parle pas évidemment de nos amis contributeurs de l'Etoile mais de certains hommes et femmes de la classe politique qui n'ont pas lu le rapport EDATER jusqu'au bout...)
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