Brèves de Normandie
Hervé Morin interviewé par 
Le ministre de la Défense, Hervé Morin, maire Nouveau Centre d'Epaignes dans l'Eure, est en 3e position sur la liste conduite par Bruno Le Maire. Il porte le projet de la réunification de la Normandie.
Bruno Le Maire a promis de réunifier
la Normandie avant 2014. Doit-on comprendre : seulement s'il est élu
président de Région ? Ou bien : cela se fera de toute façon ?
Il y a deux options : la première est d'organiser un référendum, avec
le risque que les gens ne répondent à la question posée. La seconde,
comme le propose Bruno Le Maire, c'est l'élection en Haute et
Basse-Normandie de deux présidents issus de notre majorité. Cela
permettra de faire la réunification par la volonté des collectivités
territoriales.
Le président de la République pourrait
prendre une initiative sur ce thème en cette période de campagne
électorale ?
Le président a toujours dit qu'il était
favorable à la réunification, mais il n'y a pas, à ma connaissance,
d'annonce prévue en ce moment sur cette question.
En
période de crise, est-ce le bon moment pour mettre en avant cette
perspective ? N'est-ce pas un peu décalé ?
Cela n'a pas de
sens rester dans une région coupée en deux. Nous avons besoin d'une
région puissante, d'une Grande Normandie capable de porter de grands
projets d'investissements et de disposer d'une capacité d'influence au
niveau national et européen.
Sur quel axe principal
pèse le Nouveau Centre dans le programme proposé par Bruno Le Maire ?
Notre projet est l'aboutissement d'un long travail d'écoute et de
réflexion que le Nouveau Centre a mené conjointement avec l'UMP. Nous
voulons donner la priorité à l'emploi et investir pour l'avenir en
misant sur les secteurs de la croissance verte respectueux de
l'environnement. Notre projet s'attache aussi à améliorer la vie
quotidienne des gens en comblant les fractures territoriales, en
particulier en matière d'accès à la santé ou de réseaux de transports.
Que reprochez-vous à l'institution régionale, au moment où
vous vous apprêtez à reformer les collectivités territoriales ?
Je trouve désolant les débats au conseil régional où l'on cherche à
tout prix à reproduire ceux de l'Assemblée nationale, avec ses querelles
politiciennes systématiques et stériles. Ce que je voudrais c'est que
l'on puisse traiter les questions régionales comme un conseil municipal
de commune modeste traite des affaires locales. Lorsqu'il s'agit de
discuter du développement du réseau ferroviaire, ou de développement
économique, il n'y a pas de raison de ne pas pouvoir réfléchir et
travailler ensemble.
Comment vous la percevez
aujourd'hui cette région Haute-Normandie ?
C'est une
région qui a très mal réussi sa reconversion industrielle. Elle a
malheureusement raté en partie le développement du tertiaire, des
nouvelles technologies. Cette région, dont les indicateurs sont tous
passés au rouge devient de plus en plus un satellite de la région
parisienne, d'où le départ de ses jeunes. Et une région qui a pourtant
un potentiel colossal…
Le taux chômage élevé dans la
région fait partie des thèmes de la bataille régionale. C'est pourtant
un fait national, non ?
Qu'il y ait une dimension
nationale c'est évident. Mais je reste persuadé que la Région n'a pas su
mettre en place les outils qui permettraient de limiter la casse.
Vous
vilipendez ce qu'Alain Le Vern appelle sa bonne gestion. Pourquoi bien
gérer serait un handicap majeur ?
Une collectivité locale
c'est fait pour investir et développer des projets porteurs. Un
président de Région n'est pas là pour faire de la petite épargne. Dans
ce cas, pourquoi ne baisse-t-il pas les impôts ? Pour avancer, il ne
faut pas avoir peur d'investir.
Qu'avez vous envie de
dire aux électeurs ?
Je veux dire aux électeurs de la
majorité, que la France a vécu 25 ans de déclin, 25 ans d'immobilisme,
et que les réformes que ce gouvernement a lancées porteront leurs
fruits, mais il faut seulement un peu de patience…
Que
répondez-vous au slogan de vos adversaires : nous ne laisserons pas
Sarkozy détruire la région comme il détruit la France ?
Si Monsieur Le Vern était un leader, si c'était lui qui portait le
souffle de cette région ça se saurait. Est-ce rassurant qu'après 12 ans
de mandat il continue à n'être connu que par un habitant sur quatre ? »
Que feriez-vous en priorité si vous étiez aujourd'hui à la
présidence de la Région ?
Je ferais en sorte que la Région
porte une structure d'observation, d'anticipation et de réponses aux
risques industriels. Si j'étais président de Région je mettrais en place
cette petite structure de missions, qui aurait pour objectif
d'anticiper les situations difficiles des entreprises, de regarder par
tous les moyens possibles comment on peut sortir ces entreprises de
leurs difficultés. Si par malheur ce n'était pas possible d'éviter la
fermeture il faudrait que la Région participe massivement à la
reconversion du site. Voilà un exemple… Mais aujourd'hui à la Région ils
n'ont pas d'idée, c'en est navrant…
Le Grand Paris
voulu par le président de la République ? Gadget ou espoir ?
Le problème du grand Paris c'est qu'il renvoie à la question suivante :
la région est-elle assez puissante, assez influente, pour se développer
à la hauteur de ses potentiels ? En réalité, ce n'est pas le Grand
Paris qui est un problème, mais la petite Haute-Normandie !
Bayrou
était à Rouen il y a quelques
jours. Bayrou et vous c'est vraiment fini, fini ?
Oui… Je
n'ai pas pour vocation de passer des accords avec le PS au second tour !
L'attitude du Modem est triste. Il n'est même pas crédité de 5 %…
Passées
les régionales, il sera vite question de la présidentielle de 2012.
Vous souhaitez que votre parti y présente un candidat. Donc vous ?
Ce que je veux c'est reconstruire l'UDF, ce courant de pensée de la
droite modérée qui a toujours été représenté dans le pays, et qui, pour
cette raison, doit être présent à l'élection présidentielle.
Dans
ce cas, vous défendrez des idées autres que celle de Nicolas Sarkozy ?
Le Nouveau Centre, c'est le centre et le centre-droit. Il défend dans
la vie politique française un idéal européen, un humanisme moderne et
une société progressiste. Il y a toujours eu un candidat incarnant cette
sensibilité à l'élection présidentielle.
Propos recueillis par
Jean-Pierre Boulais
Hervé Morin et Bruno Le Maire
seront en meeting à Epaignes, dans l'Eure,
le jeudi 4 mars, à 19 h 30 salle des fêtes.
region2010