Le point de vue de la CGT Normandie sur l'emploi et des mesures prises
L'Etoile, pluraliste, pratique l'équité : étant donné que la parole fut donné au MEDEF Normandie (via le questionnaire "haut" normand aux candidats des Régionales), on donne maintenant la parole à la délégation CGT Normandie (regroupant haute et basse!).
le taux d'emploi et les conditions d'emploi en région sont aux centres des préoccupations actuelles.
[Yuca de Taillefer]
Source : ANI - Agence Normande D'Information.
L’augmentation du chômage en 2009 de 19,2 % dans l’Eure, de 17 % en Seine-Maritime ou encore de 21,5 % en Basse-Normandie, révèle « l’ampleur de la casse de l’emploi et la non efficacité des mesures prises », selon Thierry Lepaon, secrétaire régional CGT de Normandie. A l’occasion d’un point presse, mercredi au Havre, il a souligné que le chômage a particulièrement touché certaines zones d’emploi telles que la vallée de la Bresle (-9% d’emplois en quelques mois) et la zone de Verneuil-sur-Avre qui connaît un taux de chômage de 10,4 %, atteignant 54,8 % pour les jeunes. A la dégradation de la situation de l’emploi en Normandie s’ajoute la détérioration des conditions de travail des Pôle-emploi, dénonce encore le syndicat CGT de Normandie.

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Phénomène relevé par le syndicat, la destruction de « l’emploi salarié demeure déficitaire » : 5.500 emplois salariés auraient ainsi été supprimés en Basse-Normandie durant le troisième trimestre 2009. Trois secteurs sont particulièrement touchés : l’industrie (baisse de 4,3%), le secteur de la construction (moins 2,4 %) et le tertiaire (d’environ 1%) où s’effondre l’intérim, selon la CGT. « Nous ne constatons pas de mutation ni de bouleversement de l’industrie vers le tertiaire », note Thierry Lepaon. A cela s’ajoute l’augmentation du chômage partiel, représentant l’équivalent de 3.200 emplois à temps plein en Basse-Normandie. Enfin, la baisse du nombre d’offres d’emplois a atteint près de 11% sur un an pour les emplois durables, de 3% pour les emplois temporaires et 33% pour les emplois occasionnels. Par contre, le syndicat constate « le retour en force des contrats aidés qui ne permettent pas aux salariés de vivre dignement et privent de moyens les caisses de notre système de protection sociale » : les contrats Initiatives emploi adultes ont ainsi augmenté de 58,3% en Haute-Normandie et les contrats d’accompagnement de l’emploi adultes de 56 % en Basse-Normandie.
La CGT propose deux mesures d’urgence : un allongement de six mois de la durée d’indemnisation du chômage, financé en taxant le recours au travail précaire qui constitue la première cause d’entrée au chômage ; l’assouplissement des conditions d’accès à l’Allocation spécifique de solidarité (ASS) - dont bénéficient actuellement 11.317 Haut-Normands -, de manière à ce qu’aucun demandeur d’emploi ne se retrouve sans revenu. « Cette mesure pourrait être financée, par exemple, en supprimant le bouclier fiscal et les heures supplémentaires qui plombent l’emploi. »
Par ailleurs, la CGT dénonce la dégradation des services rendus à l’usager par le Pôle-emploi, liée entre autres, selon Véronique Riesco, déléguée régionale CGT Pôle-emploi, à l’insuffisance de la formation, au recours à la sous-traitance et à l’externalisation ou à l’absence de suivi personnalisé avec la mise en place d’une plate-forme téléphonique : « Nous devenons une machine à refouler. » Le comble pour la CGT est que « des précaires accueillent des précaires qu’ils sont censés suivre : 10 % des salariés du Pôle Emploi en Haute-Normandie ont des CDD ou des contrats de transition professionnelle (CTP) et de première embauche (CPE) ». Autant de sujets qui ont été abordés hier, lors du meeting régional de la CGT sur l’emploi, les salaires et les retraites, au Centre des congrès de Caen. Un meeting qui se voulait « le point de départ d’une campagne qui durera plusieurs mois pour sensibiliser les salariés haut et bas-normands. »