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L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande
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11 mai 2011

Appel des géographes pour l'Unité Normande

Heureusement qu'il y a encore du bon sens en Normandie. Merci mesdames et messieurs les géographes.

APPEL

 

La Normandie : coopérer ou s’effacer ?

Douze géographes* des Universités de Caen, du Havre et de Rouenprennent position dans le débat sur la Normandie

(fil-fax 22/04/11)
La Normandie a occupé l’actualité à l’occasion des projets du Grand Paris. Le président de la République s’est prononcé en faveur de l’unification de la Haute et de la Basse-Normandie. Dans ce cadre, l’architecte-urbaniste Antoine Grumbach a proposé une urbanisation linéaire de la capitale jusqu’à la mer. Jacques Attali a avancé cinquante propositions pour appuyer un tel projet. Des études sont en cours pour la réalisation de lignes ferroviaires à grande vitesse (LGV). La réflexion sur l’avenir de la Normandie a été ainsi largement ouverte. Elle est essentielle. Elle doit se poursuivre.

Douze géographes des Universités de Caen, du Havre et de Rouen signataires de ce texte ont été associés individuellement à telle ou telle de ces démarches et ils en reconnaissent l’intérêt. Mais ils regrettent qu’une réflexion n’ait pas été engagée concernant l’ensemble du territoire normand, et que les intérêts de chacun, région, département ou grande ville, aient été le plus souvent préférés à une vision régionale et globale dans le cadre de l’hexagone et de l’Europe. Ils souhaitent que la démarche soit plus crédible aux yeux des populations. Conscients du temps qu’ils ont eux-mêmes consacré à ces questions, ils pensent utile de prendre position sur quelques points essentiels.

Province historique, la Normandie, Haute et Basse associées ou réunies, constitue une belle et grande région. Située à proximité des deux plus importantes métropoles d’Europe, Paris et Londres, elle est à la fois terrienne et maritime. Elle associe à toute la gamme des activités économiques, agriculture, élevage, industrie, commerce maritime, pêche, tourisme, un patrimoine naturel et culturel qui fait le charme de ses campagnes, de son littoral et de ses villes. Le triangle des trois grandes cités, Rouen, Caen et Le Havre, vaut bien une métropole de niveau européen, d’autant plus qu’il est complété par un réseau serré de petites villes et de villes moyennes. Pour autant, tout ne va pas pour le mieux dans l’univers normand. Un seul indice : la démographie y est atone, le déficit migratoire sensible au profit de la région parisienne, surtout chez les jeunes. Et le nom de Normandie, pourtant connu du monde entier, semble plutôt dévalué en France et en Normandie même. Entre une métropole parisienne devenue mondiale, un Nord-Pas-de-Calais en renouveau, une Bretagne pourtant partie de plus loin et des Pays de la Loire redynamisés autour de Nantes, toutes régions très actives, les deux petites Normandie seraient-elles devenues un angle faible de l’Hexagone après en avoir été longtemps un point fort ?

La capacité d’initiative des collectivités locales n’est pas en cause, mais leurs  actions se développent dans des périmètres limités et elles peinent à se coordonner. Leur impuissance récurrente à construire collectivement un projet territorial convaincant s’est traduite par les échecs successifs de Normandie métropole (1990-2002), du Projet métropolitain normand (2002-2007) et les difficultés incompréhensibles d’élaboration de la DTA de l’estuaire (1998-2004) et du Pôle Régional de l’Enseignement Supérieur. Fragmentée par ses rivalités internes, la Normandie n’est pas en mesure de combler son retard dans le domaine  des communications. Elle est mal reliée à l’aéroport de Roissy, pourtant proche, et l’absence de liaison ferroviaire performante de Caen avec Rouen et Le Havre reste une question ouverte. Le port du Havre est dépendant d’un hinterland trop limité. Les responsables régionaux divisés ne pèsent pas d’un poids suffisant pour imposer une politique cohérente d’aménagement du territoire.

Dans ces conditions, il est impératif de rompre avec une vision traditionnelle du développement territorial en Normandie. Des activités phares sont fortement menacées à moyen ou long terme : le pétrole et le nucléaire comme sources d’énergie prépondérantes, les industries mécaniques (automobile, électroménager), l’élevage… Pour les renouveler et en créer de nouvelles, il faut soutenir des orientations transversales au développement dans le cadre d’un projet ambitieux d’aménagement et de promotion du territoire.
- La façade maritime de la Normandie ouvre la France sur l’une des mers les plus fréquentées du monde. Il convient de rompre avec l’absence d’une politique maritime nationale. La Région, consciente de cette position, doit participer à un renouveau en se donnant les moyens d’intervenir dans les échanges internationaux, plus généralement dans le domaine maritime.
- L’amélioration des connexions de la Normandie toute entière est un enjeu majeur : avec Paris, les aéroports internationaux, le réseau des trains à grande vitesse européen comme entre Caen, Rouen et Le Havre. Mais la question de la vitesse doit être combinée avec la qualité des services, l’interconnexion des modes de transport - notamment collectifs - pour une meilleure desserte de l’ensemble des territoires et des populations. Il faut, avec la même attention, étendre et structurer les arrière-pays portuaires en développant le fret ferroviaire et la navigation fluviale.
- Le développement futur de la Normandie impose d’amplifier et de diversifier les actions de formation initiale et continue, impulsées notamment par la Région, pour combler les retards en matière de compétences qui pénalisent son développement économique, social et culturel. Il faut stimuler et accompagner en tous domaines la recherche, l’innovation et les initiatives qui s’avèrent vitales pour relever les défis auxquels la Normandie est déjà et sera de plus en plus confrontée.
- Il est temps d’ouvrir sur ces questions un débat citoyen qui ne se limite pas à des manifestations médiatiques ou à une communication institutionnelle et qui soit capable de susciter une solidarité régionale et la compréhension du plus grand nombre. Il s’agit de combiner le développement économique avec la qualité des relations sociales, le respect du cadre de vie et l’épanouissement culturel.

La Normandie qui a été illustrée par Guillaume le Conquérant, Alexis de Tocqueville, Gustave Flaubert, et qui a été le berceau de l'Impressionnisme et de beaucoup d’autres créations artistiques et culturelles, ne doit pas être seulement considérée comme un espace économique mais aussi comme un espace vécu, qui doit tenir toute sa place dans les grandes évolutions du monde. Ainsi pourraient converger, avec audace et esprit de coopération, les initiatives et les volontés pour promouvoir un nouveau modèle de développement.

* Arnaud BRENNETOT (Rouen), Madeleine BROCARD (Le Havre), Pascal BULEON (Caen), Michel BUSSI (Rouen), Sophie de RUFFRAY (Rouen), Anne-Marie FIXOT (Caen), Armand FREMONT (Caen et Paris), François J. GAY (Rouen), Yves GUERMOND (Rouen), Robert HERIN (Caen), Bruno LECOQUIERRE (Le Havre), Laurent LEVEQUE (Le Havre).

 

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Commentaires
F
On ne pourra qu'approuver sur le fond moyennant quelques nuances de détails ce communiqué de l'Union Démocratique Bretonne: la question régionale normande est doublement celle d'un ENJEU NATIONAL<br /> <br /> 1) Garder en France donc en Normandie, le premier potentiel d'économie maritime du pays (Grand Paris maritime: option normande ou option flamande?)<br /> <br /> 2)Inventer un nouveau modèle régional d'aménagement du territoire à 200 km de Paris: [G]la "région douce". [/G]Réseaux de villes; Grande Vitesse de proximité; diffusion des services urbains et qualité résidentielle du territoire; respect et valorisation d'un BIEN PUBLIC géo-historique d'une densité et d'une qualité exceptionnelles, la Normandie...<br /> <br /> Cela vaut aussi naturellement pour la Bretagne; les provinces-départements du Val de Loire (Anjou; Maine; Touraine; Blésois; Orléanais; Berry...) le Poitou; le Dauphiné et la Savoie en Rhône-Alpes; la Gascogne, le Béarn ou le Pays-basque en Aquitaine... Cela vaut aussi pour le "grand" Languedoc, la Provence associée au Pays niçois...<br /> <br /> Ce sera l'assurance enfin de la survie pour la Picardie associée au vrai "Nord" (Flandres et Artois/ Hainaut) ou pour la renaissance de la Champagne, de la Bourgogne ou de la Lorraine autour des réseaux de villes métropoles régionales... (réseau Rémois; sillon lorrain; val de Saône...)<br /> <br /> <br /> Et c'est l'Alsace qui devrait commencer ce grand chantier institutionnel avec le projet de fusion des départements dans la région unique d'Alsace: tous les dossiers sont différents et complexes mais tous reviennent à servir l'idée suivante:<br /> <br /> la centralisation autoritaire, cette "maladie infantile" de la géographie régionale française doit cesser: elle n'est plus pertinente pour les défis du XXIe siècle (contrôler la mondialisation; souveraineté alimentaire, culturelle, sociale économique co-partagée entre citoyens et les Etats Nations, l'échelon régional étant l'échelon intermédiaire idéal pour penser le "GLOCAL" (Global / Loca) ou le "BIOCAL" (Bio / local) pour assurer l'avenir agricole des territoires ruraux)<br /> <br /> Cela passera par un ACTE 3 de la décentralisation (après 1982 et 2004) qui ne peut plus ignorer la nécessaire réconciliation entre géographie administrative ou politique et la "géo-histoire"...[:)]
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R
Dans le cadre de la lutte pour la réunification administrative de la Bretagne, l'Union Démocratique Bretonne avait proposé un redécoupage des régions de l'Ouest. Ce plan intégrait notamment une réunification de la Normandie -aujourd'hui divisée entre Haute et Basse Normandie- en partant du constat que la division administrative entraîne une perte de cohésion économique et identitaire des territoires concernés.<br /> Dans une tribune publiée le 8 juin Libération, douze géographes critiquent le vide politique concernant l'avenir de la Normandie. La Haute Normandie est menacée d'annexion à un "Grand Paris", qui s'étendrait jusqu'au Havre; projet pharaonique voulu par quelques fonctionnaires et Nicolas Sarkozy pour marquer son mandat, alors même que l'argent manque déjà pour les villes pauvres de banlieue... Quand à la Basse Normandie, elle est reléguée à un vaste "grand ouest" dont le seul point commun serait de réunir les laissés pour compte des ambitions gouvernementales. <br /> Les conséquences de cette scission sont bien concrètes: insuffisance des liaisons entre les trois grandes villes normandes, Caen, Rouen et Le Havre, au profit d'une attraction vers la capitale qui vide la Normandie de ses forces vives. Faute de perspectives à l'échelle régionale, de nombreux jeunes émigrent vers l'Ile De France. Alors que l'émigration massive vers Paris au XXème siècle a engendré d'inextricables problèmes d'urbanisme, de cohésion sociale et de transports (dans Paris même, les transports sont régulièrement congestionnés malgré la densité du réseau, et un plan de plus de vingt milliards d'euros a été adopté pour mieux desservir les villes de banlieue... sans satisfaire personne), est il vraiment raisonnable de continuer à accentuer les déséquilibres pour satisfaire la volonté de puissance de quelques technocrates? <br /> Les auteurs ne réclament pas ouvertement la réunification de La Normandie, mais cette revendication peut se lire en creux dans tout l'article. Ils y rappellent la profondeur historique et culturelle de la région et regrettent son lent démembrement. Les Normands ne semblent avoir le choix qu'entre l'annexion à la région parisienne et le déclin économique, irrémédiable si un projet d'avenir collectif ne vient pas transformer les vieilles industries appelées à disparaître (pétrole, nucléaire...). <br /> Cette situation, qui rappelle celle de la Bretagne, divisée depuis le régime de Vichy, valide l'analyse de l'Union Démocratique Bretonne selon laquelle la conformité du découpage des régions avec leur réalité historique et culturelle conditionne la cohésion économique et sociale des territoires.
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F
Mercredi 18 mai se tenait à Paris le dernier comité de pilotage du débat public pour la Ligne Nouvelle Paris Normandie présidé par Jean-Pierre DUPORT<br /> <br /> ci-après le texte du communiqué de presse du CRBN:<br /> <br /> "Dernier comité de pilotage de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie avant le lancement du débat public<br /> <br /> Communiqué de presse du 18 mai 2011<br /> Aujourd’hui, s’est tenu à Paris le dernier comité de pilotage de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie avant le lancement du Débat Public en octobre prochain. Le comité, présidé par Jean-Pierre Duport, a ainsi conclu ses travaux sur ce projet pleinement normand, qui mettrait Caen et Cherbourg respectivement à 1h15 et 2h15 de Paris.<br /> <br /> Cette dernière réunion du Comité a permis :<br /> <br /> - de mettre en perspective toutes les options qui seront soumises au débat public et de statuer sur des choix préférentiels : création d’une gare de confluence, arrivée à la gare Saint-Lazare dans tous les cas, création d’une gare à la Défense connectée à Saint-Lazare, création d’une gare à Saint-Sever (Rouen rive gauche)<br /> <br /> - d’acter que d’ores et déjà, les modèles économiques étudiés par RFF démontrent que l’investissement considérable nécessité par ce projet, sera amorti par des gains en termes de fiabilité, de confort, de capacité, de régularité et de rapidité.<br /> <br /> En outre, Pierre Mouraret, vice-président de la Région Basse-Normandie en charge des transports a réaffirmé que « Les questions financières doivent être abordées à l’occasion du débat public et non après : Quelles seront les contributions des Collectivités, de l’Etat, de RFF ? Quel sera le prix du billet pour les voyageurs ? Ce sont là des questions essentielles au déroulement efficace du débat public. »<br /> <br /> Les élus bas-normands sont convenus de présenter une contribution commune à l’ensemble des collectivités du territoire pour le débat public de l’automne.<br /> <br /> A l’issue du Comité, l’ensemble des participants a tenu à saluer la qualité du travail réalisé, en seulement un an et demi, par Jean-Pierre Duport et RFF."<br /> <br /> <br /> Commentaire: il ne faudrait pas que cette qualité de travail soit perdue à l'occasion du débat public car les régions concernées, notamment les deux régions normandes n'ont toujours par proposé de projet de territoire. La DATAR n'a toujours pas été saisie tandis que les deux régions normandes s'engagent sur des démarches de réflexion ou de prospective qui manquent de cohérence...<br /> D'un côté la Basse-Normandie fait l'effort de se projeter en Normandie à l'horizon 2020 dans le cadre d'un "Plan Stratégique Régional" qui n'a pas pu être élaboré avec des experts haut-normands tandis que la Haute-Normandie ignorant l'espace normand, donc la Basse-Normandie, concocte dans son coin un cadre régional de développement économique qui risque de s'avérer trop étroit...<br /> <br /> Le risque est donc grand que l'on n'ait pas de présentation cohérente d'un projet ou d'une ambition régionale à l'échelle normande à l'occasion du débat public sur la LNPN: cette absence pourrait faire échouer le débat public...<br /> <br /> En clair: si LEVERN [Non]veut sa gare à St Sever et financer les 1 MILLIARD nécessaires, il lui faudra faire un projet régional avec les Bas-normands
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F
Le 23 mai prochain, le collectif BEN envoie deux correspondantes au colloque de Rouen "Seine d'Avenir" acte II où les acteurs et décideurs régionaux de toute la Normandie seront présents pour prendre les dernières nouvelles de la LNPN et du Grand Paris tourné vers la mer...<br /> Près de 2000 personnes sont attendues.<br /> <br /> Nous avons fait une centaine de photocopies de l'appel des 12 géographes normands qui seront distribuées au moment de la pause café et repas du colloque...
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C
Il suffit de corriger à chaque fois et d'expliquer et on avance...j'entends des choses bien pire sur la Bretagne ou les chtis à Paris!!!!<br /> <br /> Parler de sa région avec intérêt et sans véhémence fait avancer les choses ...Ce que je fais.<br /> <br /> Par contre quand on voit la marque mère Poulard mettre galette bretonne sur ses paquets on est bien trahi par les siens!!!
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