HARO SOCIALISTE SUR LE RAPPORT RUFENACHT: De l'art de PROCRASTINER AVANT LES ELECTIONS!
L'Axe SEINE, c'est à dire l'intégration de l'évidence normande en tant que façade maritime du Grand Paris est un ENJEU NATIONAL
La plus grave crise de désinsdustrialisation de l'histoire économique de notre pays nous frappe
Nous sommes à moins de 50 jours avant le premier tour des élections présidentielles.
Est-il encore possible de prendre de grandes décisions pour l'avenir du pays?
Quelques définitions avant de lire la suite:
Procrastiner: toujours remettre au lendemain ce que l'on pourrait faire la veille
Grand homme ou homme d'Etat: quand un homme public fait en sorte que son destin particulier rencontre et embrasse un destin collectif (d'après Hegel)
Clameur de haro: disposition du droit normand qui consiste à traiter une plainte urgente toutes affaires cessantes en l'évoquant devant la cour jugeant en dernier ressort (autrefois, directement devant le Duc). Bref, c'est urgent, c'est injuste et ça mérite une solution rapide!
L'information : un article signé Xavier Oriot dans l'édition du 06 mars 2012 de l'édition caennaise de Ouest-France
"Haro socialiste sur le rapport Rufenacht", à propos d'une conférence de presse de tous les grands élus locaux socialistes concernés par le rapport Rufenacht sur le développement de la vallée de la Seine.
Le lieu: Le 5 mars dernier à ROUEN "la métropole oubliée" (Yves Guermond) chef-lieu d'un "territoire interstitiel" (Laurent Fabius, au Havre en mai 2010)
L'enjeu politique:
Nous sommes à quelques semaines du premier tour des présidentielles avec un président sortant, Nicolas Sarkozy qui, de son volontarisme brouillon a décidé de porter la vision de l'ancien maire du Havre, Antoine Rufenacht d'un Grand Paris doté d'une façade maritime portuaire normande. Nicolas SARKOZY, le président sortant et faisant une campagne d'outsider, a donc décidé certainement de venir en Normandie (au Havre et à Rouen) rappeler l'intérêt national de l'AXE SEINE et la volonté de confirmer la Ligne Nouvelle Paris Normandie AVANT LE PREMIER TOUR des PRESIDENTIELLES.
Problème: Nicolas Sarkozy, Antoine Rufenacht, Edouard Philippe ou Bruno Lemaire sont à droite (UMP). Jean-Paul Huchon, Laurent Fabius, Alain Le Vern, Laurent Beauvais, Philippe Duron, Bernard Cazeneuve ou Jean-Louis Destans sont à gauche (PS)
Mais pour la défense d'un enjeu national, à savoir, garder en France le premier port français, cela ne devrait pas poser de problème.
Face à cette volonté à l'oeuvre depuis 2009 et PRIS AU PIEGE PAR LE VOLONTARISME PRESIDENTIEL, les grands élus locaux socialistes concernés par "l'Axe Seine" subissent, freinent des quatre fers, ou pour les plus lucides d'entre eux, coopèrent pour que le projet soit le meilleur possible: cette dernière position, la plus intelligente et la plus lucide possible, était celle jusqu'à aujourd'hui, des élus de Basse-Normandie et de l'Eure (de gauche comme de droite) dont la mobilisation a permis de poser le principe d'une modernisation globale du ferroviaire normand avec une Ligne Nouvelle Paris Normandie irriguant toute la Normandie.
La mobilisation et la coopération des élu(e)s normand(e)s, si l'on avait à faire à des êtres humains normalement intéressés par la défense des intérêts des citoyens qui ont voté pour eux, aurait dû s'approprier le rapport Rufenacht trop axé sur l'Axe Seine pour en faire le prétexte à la présentation et à la défense d'un projet régional à l'échelle de toute la Normandie afin de démontrer EN QUOI NOTRE REGION EST UN ENJEU NATIONAL POUR L'AVENIR ECONOMIQUE DE LA FRANCE.
Depuis 2009 et les premières annonces présidentielles, dont on pourra penser ce qu'on voudra, sur le GRAND PARIS MARITIME, (projet Antoine GRUMBACH) beaucoup d'énergie collective a été dépensée, de colloques en débats, prises de paroles et communiqués, études, livres, articles, sites internet pour faire enfin émerger une prise de conscience collective d'un INTERET GENERAL NORMAND CORRESPONDANT A UN INTERET NATIONAL.
Le débat public sur la Ligne Nouvelle Paris Normandie d'octobre 2011 à janvier dernier a démontré la mobilisation forte des forces vives normandes face à la "Normandie en miettes" des responsables politiques toujours aussi incapables de penser l'évidence normande embourbés qu'ils sont dans leurs arrières pensées.
Cette mobilisation, d'ailleurs va se poursuivre et s'amplifier tout en prenant acte de l'incapacité de la classe politique normande de l'animer ou d'en prendre la direction (ex: le mouvement consulaire normand qui a décidé de fusionner en ignorant la procrastination électorale permanente du milieu politique).
Un colloque, le 14 mars 2012 à l'auditorium du Musée des Beaux arts de Caen, "Premières rencontres Normandie Demain" se proposera d'ailleurs de faire une première mesure de ce phénomène nouveau et réjouissant d'une Normandie qui s'éveille dans le sommeil des politiques...
En effet, la proximité d'une élection majeure provoque toujours dans la classe politique deux types de comportement:
- Les audacieux: les élus Havrais pour ne pas les nommer qui jouent leur va tout car au Havre on a enfin compris qu'on a moins de dix ans (2017) pour ne pas crever définitivement face à la concurrence des grands ports du Nord de l'Europe. La méthode? Donner les moyens à un président sortant aux abois l'occasion de présenter un bilan convenable en poussant le plus possible "dans les tuyaux" le projet de la LNPN avant le premier tour des présidentielles (dès le 18 mars prochain: le commissaire enquêteur sur le débat public sur la LNPN va rendre son rapport tandis que RFF aura à remettre son rapport technique juste après les prochaines législatives)
-Les procrastinateurs: qui préfèrent crier "haro" sur un rapport Rufenacht qui, malgré tous les défauts qu'on pourra lui trouver, a le mérite d'exister et qui confondent, c'est bien dommage! défense d'un intérêt régional et national avec la défense de la possible carrière parisienne d'un ancien premier ministre qui fut un grand homme d'Etat en cas de victoire de François Hollande à la présidentielle...
En prenant le risque de perdre au moins DEUX ANS ainsi que la vision globale d'un enjeu urgent qui devrait obliger toutes les collectivités concernées à un minimum de solidarité financière... (risque de "saucissonage" du projet de LNPN au détriment du port du Havre ou de la Basse-Normandie)
En effet si l'on veut bien faire un rapide bilan de l'activité des deux conseils régionaux normands (pour ne prendre que les deux collectivités territoriales les plus concernées par le rapport Rufenacht) on ne peut que se réjouir de l'existence dudit "rapport Rufenacht": si les grands élus socialistes s'en plaignent qu'ont ils réellement fait pour organiser l'Axe Seine ou pour structurer l'évidence normande depuis que l'on parle du Grand Paris?
On ne peut déplorer, par exemple, l'absence de toute étude prospective commune aux deux régions normandes, l'absence d'un cahier d'acteur commun aux deux régions normandes lors du dernier débat public malgré ce qui avait été pourtant annoncé le 7 septembre 2011 à Rouen. Malgré la bonne volonté bas-normande, le projet de LNPN n'a pas été porté comme il aurait dû l'être par les deux présidents de région socialistes de Normandie.
Par l'intermédiaire de son haut-commissaire havrais, seul l'Etat central semble capable d'avoir une vision globale de la Normandie, de la formuler et de la proposer au risque de ne proposer qu'une Normandie utile au centre parisien...
LES COOPERATIONS STRUCTURELLES INTER-NORMANDES SONT AU POINT MORT: EST-CE LA FAUTE DE RUFENACHT?
Enfin cette affaire est une occasion perdue supplémentaire pour qu'un ancien premier ministre redevienne un "homme d'Etat" moins à Paris qu'à Rouen: Est-ce la dernière?
Pour lors c'est plutôt un ancien maire du Havre qui a décidé de revêtir ce large costume... A moins que le président Hollande, se souvenant de son enfance rouennaise, ne s'empare pour lui-même de l'ambition!
Ce serait alors, "la revanche de la fraise des bois"
