commentaire de Florestan:
l'alma mater normande est caennaise depuis 580 ans, c'est ainsi! Les universités de Rouen et du Havre sont les filles de celle de Caen c'est ainsi... Jusqu'en 1965 l'académie et rectorat de Caen concernait les cinq départements normands plus celui de la Sarthe (Le Mans). En raison de son importance culturelle et historique internationale, le droit normand est toujours enseigné à Caen. Depuis la fin des années 1980, les universités de Caen, Rouen et du Havre ont pris l'habitude de travailler ensemble notamment en créant un réseau commun de laboratoires et d'écoles doctorales: c'était l'expérience longtemps unique en son genre en France du "Pôle Universitaire Normand" ou du réseau numérique "Vikman". On sait que fort de cette expérience, les écoles de commerce normandes ont déjà fusionnées (Ecole de Management de Normandie à Caen et au Havre) qu'il n'y a qu'une seule délégation régionale normande du CNRS: elle se trouve à Caen d'ailleurs...
Justement, forts de cette expérience de coopération inter-régionale en réseau, les universitaires normands auraient dû être les premiers à proposer un projet de Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur (PRES): mais on sait qu'à cause de l'opposition de Laurent Fabius, un grand universitaire normand bien connu, contre toute idée de mettre le siège du futur PRES normand à Caen, le projet normand sera le dernier PRES validé par le gouvernement en 2011 ce qui nous permettra d'échapper aux milliards du plan d'investissement dans la recherche et l'enseignement supérieur prévu par le ministre d'alors Valérie Pécresse...
Compte-tenu de l'histoire que ce livre vient enfin opportunément rappeler, il est légitime que le siège du PRES Normandie soit à Caen sans préjuger de ce que les universités du Havre (logistique maritime, commerce international) et de Rouen (ingéniérie, recherche-développement, droit des affaires) peuvent apporter à la recherche et à l'enseignement supérieur en Normandie, région qui fut autrefois de "sapience" mais qui, aujourd'hui, à moins de 300 km de la région parisienne cumule tous les handicaps du sous-développement scolaire:
1) un taux général d'illettrisme dans la population supérieur à la moyenne nationale dans les académies de Caen et de Rouen
2) une fuite massive de tous les jeunes post-bac hors des deux demi-régions normandes: fuite souvent définitive...
Malgré tout, il y a des plateaux scientifiques d'excellence de niveau mondial dans les universités normandes: on citera, par exemple, la recherche fondamentale sur l'imagerie du cerveau humain à Caen ou la conception d'un moteur automobile propre à Rouen... Mais face à la proximité de la région parisienne, certains sont tentés par le renoncement qui consisterait à fondre le PRES normand dans une MEGA région parisienne...