Le redécoupage territorial imaginé par François Hollande est à la Une des journaux régionaux ce mardi. Revue de presse.
Si plusieurs quotidiens nationaux, pour des raisons de délais de bouclage, n'ont pas pu publier la carte des régions imaginée par François Hollande, la presse régionale a, dans son immense majorité, réussi à faire paraître la tribune présidentielle et à titrer sur les futures frontières régionales.
« Le big-bang des régions », comme le titre Midi Libre, « n'a pas fini de susciter les commentaires. Ni les résistances ! », écrit Jean-Michel Servant, dans le quotidien du Languedoc-Roussillon.
« En ouvrant la boîte de Pandore du redécoupage, François Hollande fait des mécontents, y compris au sein de sa famille politique... », écrit Michel Urvoy, dans Ouest-France.
Les suprises de la nouvelle carte sont largement commentées dans la presse régionale. « On va rire. (...) C'est finalement avec Champagne-Ardenne que le locataire de l'Élysée veut marier tous les Picards ! », écrit David Guévart, dans le Courrier Picard. Car, comme le souligne l'Union de Reims, c'est « contre toute attente » que François Hollande a proposé la fusion des région champardennaise et picarde.
Surprise aussi avec le « mariage à trois », cette « super région Centre - Limousin - Poitou-Charentes », à la Une de La Nouvelle République. « Ségolène Royal peut s'enorgueillir d'offrir à son Poitou-Charentes un horizon dégagé au Centre, avec une superficie impressionnante... », note Christophe Hérigault. « Et l'avis du peuple ? », s'interroge L'Echo, à propos de ce « mariage à trois » (République du Centre).
« Si le sort fait au Poitou-Charentes ou à la Picardie ne changera pas le cours de l'Histoire, le respect des fortes identités qui nous habite mérite mieux que le débat de chiffonniers entre grands féodaux du PS qui a présidé à la refonte des régions », prévient Jean-Louis Hervois, dans La Charente Libre.
La Montagne, qui fait briller deux alliances sur sa première page pour symboliser le mariage Auvergne - Rhône-Alpes, analyse le statu quo en Bretagne et Pays de la Loire. « La Bretagne conserve son autonomie... La constitution d'un Grand Ouest mou avec les Pays de la Loire avait même été considérée comme un casus belli par de potentiels Bonnets rouges. Du coup, ces mêmes Pays de Loire, vers lesquels lorgnait la région Centre dans l'optique d'un grand axe ligérien, conservent eux aussi leur propre intégrité. »
D'autres quotidiens se réjouissent ouvertement de ce redécoupage. C'est le cas de La Voix du Nord : « notre région reste... le Nord-Pas-de-Calais ». Pour le quotidien, c'est « une reconnaissance de son poids démographique et de sa force économique ».
« Une seule et unique Normandie », insiste Le Havre Presse, pendant que L'Yonne Républicaine salue « le mariage de la Bourgogne avec la Franche-Comté » et que les DNA titrent : « Ce sera l'Alsace-Lorraine », sous-entendu sans la Champagne-Ardenne. « Va pour la fusion Alsace-Lorraine », souffle L'Est Républicain.
Sur leurs sites web, les quotidiens régionaux font la part belle aux réactions des élus et des internautes. Sud-Ouest propose par exemple de trouver « un nom pour la région Poitou-Charentes/Limousin/Centre ».
Sur l'excellent site 76actu on trouvera un aperçu à peu près complet des réactions politiques plus ou moins intéressées ou intéressantes: la bonne nouvelle du jour c'est que les deux présidents de région de Normandie annoncent qu'ils vont collaborer à la mise en oeuvre de la volonté présidentielle en Normandie. Il est clair que Laurent Beauvais qui a toujours été favorable à l'idée évidente de réunification normande est désormais en position de force.
Il faut donc préparer la perspective des prochaines élections régionales de l'automne 2015 et ne pas perdre de temps: il faut sans tarder présenter le PROJET D'INTERET GENERAL NORMAND. Les pompiers pyromanes de la Fabiusie sont donc priés de rester à la caserne !
Le président de la République, François Hollande, a annoncé, lundi 2 juin 2014, la "simple" réunification de la Normandie. Une trop petite Région ? Réactions.
Dernière mise à jour : 03/06/2014 à 14:09« On deviendra la plus petite Région de France, avec la Corse (Ndlr : Ce qui n’est pas le cas, au regard du nombre d’habitants. Derrière les deux Normandie, figurent la Bretagne (3 259 659 habitants), la Picardie/Champagne Ardenne (3 258 234 habitants), Bourgogne/Franche Comté (2 822 837 habitants), et effectivement la Corse (322 120 habitants) », soupire-t-on dans les couloirs du Conseil régional de Haute-Normandie.
Laurent Fabius, l’ancien président de l’Agglomération de Rouen, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, défendait l’idée d’une région « Arc-Manche » regroupant les deux Normandie, mais aussi le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Région Haute-Normandie, était favorable, lui, a un rapprochement avec la seule Picardie.
Le président de la République, François Hollande, a finalement opté pour une « simple » réunification des deux Normandie, lundi 2 juin 2014 (la nouvelle carte de France et les explications du président de la République sont à découvrir ici). La Haute-Normandie (1 848 000 habitants) et la Basse-Normandie (1 479 000) devraient fusionner. Si la (très) grande Région imaginée par Laurent Fabius (neuf millions d’habitants) avait du poids, elle n’avait pas vraiment de cohérence, outre celle de se coller à la circonscription nord-ouest des élections européennes.
Le Conseil des ministres doit examiner deux projets de loi le 18 juin. Le premier sera porté par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et concernera la nouvelle carte et la date des élections régionales, qui pourraient être repoussées au printemps 2016. Le second projet de loi est entre les mains de la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu, et portera sur le transfert des compétences des conseils généraux supprimés, aux super-régions ou aux agglomérations. Le nom de la future Métropole de Rouen, « Métropole Rouen Normandie », lui, est déjà trouvé, et devrait être présenté, en grande pompe, devant la cathédrale de Rouen, le vendredi 13 juin 2014, ainsi que son logo.
Laurent Beauvais (président du Conseil régional de Basse-Normandie) et Nicolas Mayer-Rossignol (président du Conseil régional de Haute-Normandie) diffuse, mardi 3 juin 2014, un communiqué commun :
« Le Président de la République vient d’affirmer sa volonté de réformer la carte territoriale française en regroupant un certain nombre de Régions. Il fait ainsi le choix de rassembler la Haute et la Basse-Normandie. Nous saluons cette décision et nous engageons à la mettre en œuvre dès à présent. Très rapidement, nous allons travailler à la préparation de cette fusion dans les meilleures conditions en nous appuyant notamment sur nos coopérations. L’évolution de notre organisation doit contribuer à améliorer l’action publique et à conforter les services publics de proximité, sans augmenter la fiscalité locale. Au-delà des frontières administratives, notre priorité commune est claire: le développement de la Normandie. Ensemble, nous allons y consacrer toute notre énergie. Nos deux territoires sont dotés d’atouts majeurs et complémentaires qui doivent sortir renforcés de ce rapprochement. Pour y parvenir, le Gouvernement doit maintenant préciser les compétences et les moyens dont il entend doter les nouvelles Régions françaises. D’ores et déjà, nous appelons de nos vœux un engagement fort du Gouvernement sur les grands projets structurants pour la Normandie, en particulier le développement de la Vallée de la Seine.»
Dominique Gambier, maire de Déville-lès-Rouen et vice-président de la Région Haute-Normandie, n’est pas opposé à la fusion des deux Normandie, mais pense que cette nouvelle carte régionale n’entraînera pas d’économies : « C’est le contraire qui va se produire par homogénéisation “par le haut” des politiques de personnel , par extension de politiques publiques qui pouvaient manquer dans une des deux régions. Ce n’est pas la suppression de quelques élus qui peut expliquer ces économies qui seront rapidement absorbées par des déplacements plus nombreux ! ». Le changement de limites administratives, la suppression de structures, les inconnues sur la gouvernance, le flou sur les calendriers, absorbent aujourd’hui l’essentiel des énergies, créent des incertitudes dommageables dans une période ou la priorité absolue devrait être l’action pour l’investissement et l’emploi », juge-t-il dans une tribune publiée sur son blog. « Qu’en est il des contractualisations qui s’achèvent et qui peinent à être renouvelées pour préparer l’avenir ? Comment contractualiser avec des conseils généraux qui doivent « à terme disparaître » ? D’ici l’automne 2015 il ne faudrait pas que l’immobilisme prédomine !
Commentaire de Florestan:
Personne n'est contre l'unité de la Normandie, c'est bien !
Mais il faut faire le distinguo entre ceux qui sont vraiment intelligents et ceux qui ne veulent pas se faire passer pour des imbéciles tout en nous prenant pour des cons... quand ils disent que la "grande" Normandie qu'ils craignaient jusque-là serait désormais la plus petite région de France.
La nouvelle carte proposée ignore les réalités régionales: le critère géo-historique a été contourné sauf en Normandie... sauvée par le 70ème anniversaire du Débarquement. On dirait qu'un bombing carpet s'est abattu sur les actuelles 22 régions sauf sur la Normandie qui reste debout telle une cathédrale intacte au coeur d'une ville ruinée...
http://lci.tf1.fr/politique/14-regions-au-lieu-de-22-ce-qui-n-est-pas-encore-tranche-8429616.html
Limouchentre ou Terre du Milieu : quel nom pour la région Poitou-Charentes-Centre-Limousin ?
Réforme territoriale : les Nantais déçus
Réforme territoriale : concrètement, on va économiser combien ?
L'ampleur de la réforme territoriale voulue par François Hollande demeure très incertaine tant elle dépend d'abord, soulignent les présidents de région, des moyens dont ils disposeront à l'avenir. Découvrez la carte des incertitudes.
François Hollande, qui rêvait d'un big bang territorial pour se relancer, a revu ses ambitions à la baisse avec une nouvelle architecture régionale moins ambitieuse qu'attendu et une mort plus douce des départements, sans désamorcer les critiques de tous bords sur le mode de "l'improvisation". En dévoilant le nouveau découpage en 14 régions (contre 22) qu'il appelle de ses voeux, le chef de l'État a véritablement donné le coup d'envoi d'une réforme soumise à bien des aléas et qui, de son propre aveu, prendra plus de temps qu'il ne le souhaitait. L'objectif est que les régions redessinées soient opérationnelles "au 1er janvier 2016", selon des sources gouvernementales.
L'ampleur de la réforme demeure très incertaine (voir plus bas la carte des incertitudes) tant elle dépend d'abord, soulignent les présidents de région, des moyens dont ils disposeront à l'avenir; les régions françaises sont aujourd'hui des nains politiques, avec un budget annuel près de dix fois inférieur à celui des Länder allemands. François Hollande a certes promis "des moyens financiers propres et dynamiques" pour les nouvelles entités, dont six naîtront d'une fusion, mais n'a donné ni précision ni calendrier. Ces nouvelles ressources seraient créées dans la loi de finances 2016, par redéploiement d'impôts existants, selon des sources gouvernementales, pour ne pas alourdir davantage les prélèvements obligatoires.
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Quant aux économies escomptées de l'ensemble de la réforme (régions, départements et intercommunalités), elles se chiffreraient à "une dizaine de milliards d'euros" par an d'ici 5 à 10 ans, selon le secrétaire d'État à la Réforme territoriale, André Vallini. Mais d'après un spécialiste de la décentralisation, il ne faut pas attendre d'économies "à court terme".
Deux projets de loi passeront en Conseil des ministres le 18 juin, a précisé mardi le Premier ministre, Manuel Valls, qui espère un vote et une promulgation "avant la fin de l'année" du premier texte, qui redessine la carte régionale et prévoit le report de six mois, à l'automne 2015, des élections régionales et départementales. Le deuxième texte, consacré aux compétences des régions et au renforcement de l'intercommunalité, viendra au parlement "après les élections sénatoriales" de septembre prochain, selon l'entourage du Premier ministre.
D'ici là, voici en carte les incertitudes qui demeurent :
14 régions métropolitaines
François Hollande voudrait voir fusionner le Midi-Pyrénées et le Languedoc Rousillon, la Bourgogne et la Franche-Comté, l'Auvergne et le Rhône-Alpes, la Picardie et la Champagne-Ardennes, l'Alsace et la Lorraine, la Basse et la Haute-Normandie et enfin le Poitou-Charentes, le Centre et le Limousin.
Commentaire de Florestan:
La Normandie est donc la région la plus sûre de France !
Quelques Unes de la presse régionale ce mardi. | DR/http%3A%2F%2Fs.tf1.fr%2Fmmdia%2Fi%2F30%2F5%2Fle-13-heures-du-26-septembre-2013-villages-du-limousin-turenne-10999305tujfa_1608.jpg%3Fv%3D1)
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