Le Mont Saint Michel, en dépit des dernières grandes marées, ne bougera pas du quai de Ouistreham, tout comme d'ailleurs, le Normandie il y a quelques jours... Ce fameux "Quai de Ouistreham" dont les rigueurs sociales furent décrites dans une enquête retentissante par la journaliste Florence Aubenas qui s'était faite passer pour une modeste femme de ménage, fait encore, hélas, parler de lui au chapitre peu reluisant de la pénibilité du travail et de la faiblesse des rémunérations...
Car aux classiques raisons d'un légitime combat syndical nous ajouterons le fait que la ligne Ouistreham- Portsmouth, en plein développement, est la ligne normande (avec Cherbourg et Le Havre) qui permet à cette compagnie maritime fondée à Roscoff par une coopérative agricole spécialisée dans le chou-fleur, de gagner encore de l'argent (puisque l'exploitation de la ligne historique de Roscoff est, quant à elle, déficitaire).
Là encore, si les priorités de l'intelligence territoriale sont à l'agenda d'un futur conseil régional de Normandie, il va bien falloir s'intéresser d'un peu plus près à la cohérence de l'activité transmanche en Normandie et à la pertinence des acteurs de ce secteur stratégique pour l'économie maritime normande, dans le cadre de la future compétence régionale exclusive portuaire...
Ouistreham. Grève à la Brittany Ferries depuis hier soir
Le Mont-Saint-Michel qui devait assurer la rotation vers Portsmouth, lundi soir, à 23 h, est toujours à quai. Les marins du service du pont sont en grève.
540 passagers et 103 véhicules de fret n'ont pas pu embarquer hier soir, à 23 h, au départ du port de Ouistreham en direction de Portsmouth. A la suite d'un mouvement de grève, des marins du service de pont du ferry Le Mont Saint-Michel est d'ailleurs toujours à quai.
La semaine dernière, un même mouvement de grève s'était déroulé à bord du second navire de la ligne, le Normandie.
"Les marins demandent la prise en compte de la pénibilité du travail à bord du Mont Saint-Michel et du Normandie, car la ligne de Ouistreham est en plein développement", explique la CGT. Les revendications concernent aussi le nombre de marins travaillant au garage des véhicules de fret et une compensation financière pour le "temps de sommeil très morcelé".
Le mouvement de grève à bord du Mont Saint-Michel se poursuit au moins jusqu'en milieu d'après-midi ce mardi. "Une décision sera prise à la relève de l'équipage", précise la CGT.