Tête de liste en Normandie pour les régionales, Hervé Morin, député UDI de l’Eure, lance sa campagne. En Basse-Normandie, les têtes de liste seront désignées en juillet.
L’accord entre Républicains et UDI accorde trois régions aux centristes dont vous, en Normandie. Où en êtes-vous dans les départements ?
Mon objectif est de conduire la liste d’union la plus large possible, de rassembler Républicains, UDI et MoDem pour gagner. Dans l’Eure, je conduirai la liste. En Seine-Maritime, ce sera Françoise Guégot, députée les Républicains.Pour la Basse-Normandie, on se donne un peu de temps afin que chacun trouve sa place et soit à l’aise dans la campagne. Cela sera décidé en juillet afin de construire les listes en septembre.En contrepartie, vous soutenez la participation des centristes à la primaire à droite ? Vous voterez Sarkozy ? Juppé ?C’est une démarche de cohérence et de responsabilité. Nous ne pouvons pas prôner l’union au niveau territorial et l’exclure, a priori, au niveau national. Ce n’est pas une question de personnes. On verra plus tard. Pour l’instant, ce sont les régionales.
Le fil rouge de votre campagne ?
Tout pour l’emploi ! La meilleure des politiques sociales, c’est la création d’emploi et le soutien à nos entreprises. D’ailleurs, je lance ma campagne dans une entreprise de Boulleville (Eure), qui emploie 1 000 personnes. Si nous gagnons, nous créerons une agence régionale de développement dotée d’un fonds de 100 millions d’euros, comme cela existe en Israël et au Québec. Les entreprises ont souvent des problèmes de fonds propres. Il faut les aider pour l’innovation, l’export, la montée en gamme.
Selon vous, la faiblesse normande d’aujourd’hui ?
Le train. Je vais dire au président de la SNCF qu’il est urgent de passer de la parole aux actes. Il nous faut un réseau régional digne de ce nom, avec un meilleur cadencement entre Caen et Rouen, des trains plus modernes, et un bon raccordement avec Paris. La SNCF a confié des responsabilités à deux anciens présidents de Région, Alain Le Vern et Philippe Duron. Pour quels résultats ? Ce sont les fossoyeurs du train en Normandie. Sur le fret, c’est catastrophique. Je suis opposé à un canal Seine Nord sans desserte préalable du port du Havre. L’activité portuaire du Havre est stratégique pour le développement de la Normandie.
Le choix de la capitale ?
La réunification de la Normandie, ce n’est pas l’addition de la Haute et de la Basse, mais une ambition radicalement nouvelle. Il faut trouver le juste équilibre ; c’est pourquoi je propose la préfecture à Rouen et le conseil régional à Caen. Les socialistes veulent tout donner à Rouen et réinventent une usine à gaz en proposant deux sièges pour le conseil régional, à Rouen et à Caen. On connaît le gaspillage du double siège du Parlement européen entre Strasbourg et Bruxelles avec des centaines de fonctionnaires à déplacer. Ne laissons pas les socialistes commettre la même erreur en Normandie !
Ce samedi, vous lancez votre campagne…
Avec beaucoup de détermination. C’est un tournant dans mon parcours. Si nous gagnons, je démissionnerai de mon mandat de parlementaire et je m’engage à renoncer à entrer au gouvernement si la proposition m’en était faite. Je veux remettre l’identité normande au cœur de notre projet collectif. On connaît bien les Bretons ; on doit mieux connaître les Normands. La Normandie est un nom connu dans le monde entier et cette notoriété doit profiter aux Normands. Je proposerai un grand événement populaire pour marquer le réveil de la Normandie et notre fierté d’être Normands !

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