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L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande
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10 décembre 2015

LE MEPRIS DE L'IDEE DE REGION: en Alsace mais aussi en Bretagne!

La Normandie est désormais, avec la Corse,  la SEULE région province sur la nouvelle carte des régions métropolitaines françaises. Une région ce n'est pas simplement qu'une circonscription de l'action publique, le réceptacle sous politisé de l'externalisation par l'Etat central de certaines politiques publiques et encore moins une simple occasion de se verser 2626 euros par mois pour faire quatre séances plénières dans l'année.

La Normandie, seule vraie région province sur la carte, voilà une situation guère satisfaisante au moment où la Bretagne demeure amputée et où l'Alsace perd sa qualité régionale faute d'avoir réussi son référendum sur la création d'une collectivité unique en 2013.

Bien entendu, si le Front National venait au pouvoir en 2017, il rétablirait l'ancienne géographie régionale en métropole:

FN_contre_fusions_r_gionales

La France réussit ce tour de force d'organiser des élections dites "régionales" en réduisant à rien l'idée de région au point que dans les grands machins que des hauts fonctionnaires parisiens inconséquents continuent d'appeler "région", les habitants ne savent plus où ils habitent: ce mépris pour l'identité régionale a certainement généré une partie du vote Front National notamment dans l'Est de la France où le Gouvernement a eu la sotise de créer de toute pièce une question alsacienne qui n'existait quasiment pas auparavant!

Une liste régionaliste alsacienne opposée à la région du Grand fourre-tout oriental qui devra, dans sa compétence transport, gérer à la fois un terminus de RER de grande banlieue parisienne à l'Ouest et des ponts vers l'Allemagne à l'Est, faisait campagne contre la fusion:

http://www.unserland.org/

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/politique-alsace/2015/12/07/unser-land-troisieme-formation-politique-dalsace.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine

Voir aussi la chanson "Alsassinée" produite en 2015 par un collectif d'artistes alsaciens sur Youtube:

"J'étais une province entre Vosges et Forêt Noire..."

https://www.youtube.com/watch?v=wSewgXYRprE

Voir de même un clip de rap dénonçant la disparition de l'Alsace proposé par le rappeur strabourgeois Pako:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/un-nouveau-clip-de-rap-contre-la-fusion-de-l-alsace-avec-la-lorraine-et-la-champagne-ardenne-804417.html

Ou encore une page Facebook de colère alsacienne:

https://www.facebook.com/NonFusionAlsaceLorraine/

Voir enfin cette analyse cinglante paru sur la page blog de Médiapart faisant état du coup de gueule de l'artiste alsacien Tomi Ungerer:

https://blogs.mediapart.fr/latude/blog/211015/pour-lalsace-contre-la-fusion-avec-la-lorraine-et-la-champagne-ardenne

Pour l’Alsace

« Pour faire de l’Alsace une région de kougelhopfs et de dumkopfs fossilisés, la France de l’après-guerre a commis un assassinat culturel. Par le biais de l’enseignement, elle s’est acharnée à nous déraciner de nos origines qui sont germaniques » (Tomi Ungerer, 7 septembre 2009). L’artiste alsacien Tomi Ungerer aurait pu remonter plus loin dans le XXe siècle car l’entreprise française de démolition de l’identité alsacienne commença dès 1918, une fois l’Alsace récupérée. Aujourd’hui, le mariage qu’on impose à l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne participe de la même entreprise : faire disparaître l’Alsace, sa culture, sa langue, son appartenance aux pays rhénans, son droit local dans un ensemble étranger.

 L’ensemble projeté est un monstre incohérent dont la superficie est supérieure à celle de la Belgique ! On connaît bien en Alsace les performances économiques des Länder allemands dont certains sont très petits. Et que dire de Bâle et de son demi-canton dont la puissance industrielle et le rayonnement culturel sont si importants ? 

En réalité cette région a été dessinée à la va-vite, sur un coin de table de l’Elysée, un dimanche où son locataire était désœuvré.  Il ne savait que faire de la Champagne-Ardenne : la rattacher au Nord-Pas-de-Calais-Picardie ? A la seule Lorraine ? Allez, finalement on va la coller à la Lorraine et réunir tout ça à l’Alsace qui n’a qu’à tirer cet attelage improbable. « On a l’impression d’avoir servi de valeur d’ajustement, ce qui crée beaucoup de frustrations et de rancœur », dit  Jean-Paul Bachy, président ex-PS de la région Champagne-Ardenne.

Imagine-t-on raisonnable de désigner une capitale de région – Strasbourg – aussi excentrée, à 350 kilomètres de Reims par exemple ? Peut-on trouver raisonnable de marier des régions qui n’ont aucune liaison routière et ferroviaire transversale de qualité : 2 heures en voiture, 3 h 30 en train pour faire 95 km entre Colmar et Epinal (Vosges) ; 3 h 30 en voiture, de 3 h 40 à 6 heures en train pour faire 290 km entre Mulhouse et Saint-Dizier ?

C’est bien beau de vouloir gommer les Vosges, cette frontière physique, culturelle et historique – ne voit-on pas encore sur les crêtes des Vosges, à intervalle régulier, un grand nombre de bornes frontières marquées d’un « D » côté est et d’un « F » côté ouest ? – mais on ne peut ignorer que toute l’Alsace se projette vers l’Est, vers l’Allemagne et les pays rhénans, et qu’elle tourne le dos à la Lorraine, avec laquelle il n’y a plus aucune solidarité, si ce n’est, à peine, avec la Moselle qui, un temps, a partagé l’histoire de l’Alsace. On aurait pu envisager, à la limite, la reconstitution de l’Alsace-Lorraine dans son territoire de 1871 à 1918, c’est-à-dire réaliser une fusion de l’Alsace avec la seule Moselle, c’est-à-dire la Lorraine de langue germanique.  En réalité, de cette fusion-là, il ne fut jamais question à Paris, par peur sans doute de réveiller de vieux démons (?). Et pourtant, on les réveilla.

La fusion avec la Lorraine passait mal pour les raisons évoquées ci-dessus, parce qu’elle cassait en quelque sorte la solidarité et la dynamique alsacienne, économique et culturelle. Mais alors que dire de l’empilement supplémentaire de la Champagne-Ardenne. Qu’allons-nous bien pouvoir faire de cette région si éloignée, avec laquelle l’Alsace n’a strictement rien en commun, dont toute la partie centrale est en voie de désertification et est déjà dévitalisée (une grande partie des Ardennes, une partie de la Marne et de l’Aube, la Meuse et la Haute-Marne tout entières) et dont la seule partie dynamique - la région de Reims jusqu’à Troyes - est tournée vers l’Île-de-France et Paris (à 150 km de Reims et à 160 km de Troyes) avec qui elle est très bien reliée. Comme l’écrit Jean-Baptiste de Montvalon (Le Monde, 16 octobre 2015) : « Quel avenir dans ce magma confus qui s’étend vers l’ouest ? Quelle identité préserver avec des gens qui ont vocation à se fondre dans leur pauvre décor de banlieue rurale de l’Île-de-France ? »

Face à ce ratage complet qu’est déjà cette région Alca, Ala, Grand Est Europe… avant même d’exister, placés devant le fait accompli, sans qu’on leur demande leur avis, ni d’ailleurs aux Lorrains, aux Champenois et aux Ardennais, les Alsaciens, dans leur grande majorité se sont opposés à cette fusion – sur nos routes d’Alsace, beaucoup de panneaux indicateurs du nom d’une commune sont barrés de noir – les banderoles « Touche pas à l’Alsace » déployées dans toute l’Alsace et le drapeau régional Rot un Wiss (« rouge et blanc ») ressortant des tréfonds de l’histoire à l’occasion de nombreuses manifestations réunissant beaucoup de gens soucieux de l’avenir de leur Kleini Heimet  (« petite patrie ») malgré le black-out de la presse locale, très franchouillarde et qui a peur de son ombre dès que l’on évoque les particularités de l’Alsace et son appartenance au monde germanique.

Que dire de nos élus ? Bien sûr, au début, le président de la région Alsace, M. Richert (Les Républicains), suivit le mouvement et se montra lui aussi opposé à la fusion projetée. Sans aucun succès pour lui et ses collègues élus, ni aucune écoute à Paris. Tout ce petit monde politique local a démontré ainsi, s’il y avait encore la nécessité qu’il le démontrât, sa nullité complète et sa trouillardise devant un mouvement populaire qu’il ne contrôlait pas. Et sa duplicité, car, bien sûr, une fois les contours de la nouvelle région validés par le vote de l’Assemblée nationale, M. Richert a remballé son opposition de circonstance et se bat pour en être le prochain président.

Sur quoi la campagne électorale des uns est des autres sera-t-elle basée ? Probablement sur rien, aucun projet d’importance ou structurant pour la nouvelle région n’étant d’actualité. Bref, personne ne sait où il va, à l’exception du petit parti régionaliste Unser Land, présent lui aussi aux élections de décembre 2015, avec un projet bien clair : rejeter la fusion Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne. Pour que l’Alsace reste l’Alsace, reste elle-même pour être libre : Elsaß frei.


 

En Bretagne, la réunification a hanté la campagne tout comme l'absence d'un candidat ministre qui défend une Bretagne toujours amputée en Irak ou en Syrie...

L'Union Démocratique Bretonne présentait des listes en Bretagne ainsi que dans la région Pays de la Loire:

Réaction de l'UDB aux résultats du premier tour
des élections régionales dans la région administrative
Pays-de-la-Loire
 
A l'issue du premier tour des élections régionales, la liste "Choisir nos Régions et Réunifier la Bretagne" a recueilli 1,27 % des voix dans la région administrative Pays-de-la-Loire, et 2,67 % dans le département de Loire-Atlantique.

Les scores obtenus dans les quatre autres départements sont particulièrement bas et montrent que notre liste a été une fois encore considérée comme exclusivement bretonne malgré nos efforts certains d'ouvertures et d'explications. De fait le projet proposé aux électeurs prend au sérieux l'avenir de tous les départements de la région. Il est dommageable pour la démocratie que nous n'ayons pas pu l'expliquer suffisemment durant la campagne, et notamment lors du débat télévisé auquel notre tête de liste Gilles Denigot n'a pas eu le droit de participer. Les premières démocraties connues, dans les cités grecques, étaient fondées sur le principe d'égalité du temps de parole ; il serait bon de s'en rappeler à l'heure où notre démocratie semble bien menacée par la montée de l'extrême-droite.

En Loire-Atlantique, la déception première est atténuée par des scores parfois très encourageants en presqu'île Guérandaise (Batz-sur-Mer 7,72 % ; Assérac 7,65 % ; Tréffieux 5,93%...). Huit villes font plus de 5%, 25 villes plus de 4% dont Guérande, Saint-Nazaire, Pontchâteau, Guémené, Savenay, La Turballe, Le Croisic, Trignac et les villes de Brière... Il est aussi significatif que les scores de villes de Bretagne administrative située en limite du département 44 donnent un pourcentage moins élevé à Oui la Bretagne que leurs consoeurs en 44 à Choisir nos régions.

Globalement sur l'ensemble du département, les chiffres sont supérieurs aux résultats de la liste Nous te ferons Bretagne de 2010 et au total des deux principales listes bretonnes des européennes de 2014. La progression reste certes modeste, mais appréciable dans un contexte difficile où les enjeux régionaux ont disparu des radars médiatiques.
Nous espérons pouvoir relancer ce débat avec autant d'énergie, de volonté et d'implication des militants, dans un climat plus serein et plus loyal.

Nous remarquons aussi que la Loire-Atlantique a été un des rares départements français à ne donner de majorité ni à la droite ni au FN. En cela, elle confirme son ancrage breton puisqu'elle vote comme les Côtes-d'Armor, le Finistère, le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine, tandis que les autres départements de la région Pays-de-la-Loire votent nettement à droite comme dans la région voisine du Centre - Val-de-Loire.

L'UDB ne souhaite  pas limiter à ces élections sa participation à la coopérative Choisir nos Régions et Réunifier la Bretagne. Nous continuerons dans les mois à venir à discuter avec nos partenaires pour préparer l'avenir.

Que les 16 100 électeurs qui se sont mobilisés pour un souffle démocratique sur nos régions soient ici remerciés.


Michel Beaupré
Responsable de la fédération de Loire-Atlantique de l'UDB


Nil Caouissin
Porte-parole de l'UDB



Consulter en ligne :
http://www.udb-bzh.net/index.php/fr/communiques/4697-reaction-de-l-udb-aux-resultats-du-premier-tour-des-elections-regionales-dans-la-region-administrative-pays-de-la-loire

 

 

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Commentaires
H
C'est vrai,crosman , que l'identité régionale,dans le sens où nous l'entendons ne semble pas être le fort du FN ,bien qu'il en parle où la découvre .
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C
il semblerait pourtant que là où l'identité régionale ( voyez la différence entre l'Eure et le Nord Cotentin rien que chez nous) est forte le FN ne perce pas. A méditer.
Répondre
H
Les élections de régionales sont devenues nationales . Aucun grand projet ,crucial pour son avenir ou dangereux pour la Normandie n'a été évoqué, en dehors des compétences courantes,(trains,lycées, routes , choix de la préfecture, etc ...) Au 1er tour j'ai voté pour l'un des deux candidats dits "républicains". Devant un tel déchaînement de propos outranciers ,de matraquage,de leçons de morale de la part de leurs Partis politiques et des médias en tout genre qui cherchent à orienter notre vote,comme si nous étions des demeurés incapables de choisir entre PS LR, FN, les seuls qui restent en liste, ...et bien , il ne me reste que le choix de l'abstention ,ou du vote blanc,ou du vote FN . Quant à Mr le 1er ministre Valls,l'homme à la mâchoire serrée,contractée qui nous menace de risque de guerre civile,son regard noir à l'agressivité incontrôlée m'inquiète.
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H
@ barreau, bien raisonné .
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B
de plus, globalement les bretons doivent être satisfait puisqu’ils sont fiers d'avoir voté socialistes et que leur région reste socialiste.<br /> <br /> c'est donc que la nouvelle carte des régions doit leur plaire et que le gouvernement et leurs élus régionaux ne méritaient pas de "sanction" ou alors c'est une minorité, certes bruyante, mais minorité qui réclame le rattachement de L.A à la Bretagne historique.
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