UNITE NORMANDE: Réalité ou Fiction?
L'Etoile de Normandie n'a cessé de vous alerter et d'alerter les têtes de listes en lice pour la présidence du futur conseil régional de Normandie à partir du 4 janvier prochain:
Le risque est de restaurer l'unité normande pour rien!

L'urbaniste du Grand Paris Antoine Grumbach a déclaré il y a quelques jours dans la presse qu'il faudra, à terme, fusionner la Normandie avec la région parisienne dans le cadre de l'AXE SEINE.
Un axe Seine toujours autant pensé depuis un bureau de Matignon qu'au temps de Paul Delouvrier qui avait, dans les années 1960, le projet funeste de noyer définitivement la métropole rouennaise dans un continuum urbain et industriel pour faire Paris sur Mer: le corridor d'une Normandie utile et subalterne à la région parisienne au détriment de la Normandie dans sa globalité si on prend la peine et le temps de lire les 74 pages du Schéma stratégique d'aménagement de la Vallée de la Seine présenté le 16 janvier 2015 par le préfet François Philizot, délégué interministériel à l'aménagement de la Vallée de la Seine.

L'épée laser de Dark Vador Grumbach tranche la nuit normande... Qui sera du bon côté de la force dimanche 13 décembre 2015 au soir?
Comme nous l'avons déjà écrit ici, la question de la gouvernance de l'AXE SEINE va se poser dès janvier 2016 car il en va de l'existence même de la Normandie en tant qu'entité politique régionale un tant soit peu maîtresse de son avenir!
En attendant, AUCUNE TETE DE LISTE N'A REAGI AUX PROPOS D'ANTOINE GRUMBACH!
Ci-après, lire la dernière note proposée par l'Union Pour la Région Normande:
- NOTE U.R.N.

REUNIFICATION DE LA NORMANDIE REALITE OU FICTION?
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Le 1er janvier 2016 les régions de Haute et de Basse Normandie seront réunifiées en une seule région Normandie. Est-ce que cette évolution institutionnelle majeure qui se justifie pleinement sur tous les plans est de nature à assurer une véritable unité normande ? Rien n'est moins sûr si l'on observe certaines évolutions récentes et actuelles sans parler de celles qui sont programmées par l'Etat pour le moyen et long terme concernant notre région.
La réussite de la réunification normande, toutes les têtes de listes aux élections régionales de Normandie ont insisté sur ce point, reposera sur la nécessité impérative qu'un équilibre territorial soit respecté tout d'abord sur le plan de la localisation des centres politiques (Préfecture régionale et Hôtel de Région notamment) et ensuite sur le plan de l'aménagement du territoire normand.
Si, sur le premier point, un consensus semble apparaître avec une répartition des fonctions politiques à Rouen et Caen notamment, il n'en est pas de même concernant la politique d'aménagement du territoire.
En effet - et il est vain de le nier - sur ce plan, il existe deux Normandie recouvrant au moins partiellement les territoires des deux anciennes régions normandes du fait des initiatives prises par l'Etat et acceptées par les exécutifs régionaux actuels ces dernières années.
Chacun connaît le concept développé par l'urbaniste Antoine Grumbach il y a quelques années visant à faire de Paris une « ville-monde » apte à rivaliser avec les grandes métropoles mondiales. A ses yeux, cet objectif qui, dans le principe est louable, ne peut être atteint que si Paris est doté d'un accès à la mer. Ce qui suppose la mise en place d'infrastructures de transports, ferroviaires et routières, notamment entre Paris et le Havre via la Vallée de la Seine. La concrétisation du concept Grumbach implique donc, dès le départ, deux délimitations géographiques distinctes selon qu'un territoire appartient ou non à la Vallée de la Seine, la notion de Normandie n'ayant aucune justification aux yeux de l'Urbaniste.
Si la pensée de Monsieur Grumbach s'était cantonnée au plan purement intellectuel et spéculatif, ses conséquences pour la Normandie n'auraient présenté qu'un intérêt limité mais l'Etat ayant décidé de donner, au moins en principe, un contenu au concept de Monsieur Grumbach, il en va différemment.
Le 22 avril 2013, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, par décret, créait un délégué interministériel à l'aménagement de la Vallée de Seine en la personne du préfet François Philizot, celui-ci étant placé sous son autorité directe. Instruction était donnée à M. Philizot de rédiger un « Schéma stratégique » pour la Vallée de la Seine à l'horizon 2030 programmant ainsi l'avenir de l'ex « Haute » Normandie pour cette période. La création de la Délégation interministérielle, la nomination de M. Philizot reçurent l'approbation sans réserves de M. Nicolas Mayer-Rossignol qui participa, par ailleurs, à la rédaction du Schéma stratégique pour la Vallée de Seine qui entérinait et pérennisait ainsi la distinction entre les territoires des ex régions de Basse et de Haute Normandie en même temps qu'il programmait la « dissolution » de la Normandie dans un ensemble « Vallée de Seine » dominé sans partage par l'Ile de France.
L'attitude deM. Nicolas Mayer Rossignol s'expliquait d'autant mieux qu'il a toujours été hostile jusqu'à la dernière minute à l'idée de réunification normande au profit de «rapprochements» avec la Picardie et l'Ile de France.
En 2014, à l'heure où on parlait de réunification normande, cette reconstitution de facto de la « Haute » Normandie par le biais du « Schéma Vallée de Seine » ne manqua pas d'inquiéter à un double titre les habitants de la partie occidentale de la Normandie. D'abord, ce « Schéma » l'excluait tout d'abord des grands projets d'aménagement régionaux, le département de l'Orne pour sa part ayant été formellement écarté du périmètre de celui-ci par M. Ayrault.
Une seconde raison était de nature à mécontenter les habitants de Normandie occidentale: en effet, du fait du désengagement financier de l'Etat dans l'Axe-Seine c'est la Normandie qui assurera en grande partie le financement des équipements que comporte celui-ci. Parexemple, le contournement routier de Rouen (coût : 1,2 milliard €) sera pour la moitié de cemontant (600 millions €) à la charge de la région Normandie via le versement auconcessionnaire d'une « subvention d'équilibre ». Une partie notable du financement de la liaison Serqueux-Gisors ( > 260 millions € ) sera de la même façon à la charge de laNormandie. La partie occidentale de la Normandie se voit ainsi infligé la double peine : tout en n'étant pas partie prenante à l'Axe-Seine elle participera substantiellement à sonfinancement
Au mois de janvier 2015, au moment même où M. Philizot, flanqué de MM. Mayer-Rossignol et Beauvais présentait à Caen le « Schéma Vallée de Seine » avec les conséquences qui viennent d'être évoquées pour la Normandie occidentale, Joël Bruneau maire de Caen, lançait le Pôle métropolitain « Caen-Normandie Métropole » regroupant 32 intercommunalités de la partie occidentale de la Normandie de Cherbourg à Alençon enpassant par Falaise, Deauville, Honfleur Bayeux etc... totalisant plus d’un million d'habitants. L'objectif de ce puissant Pôle métropolitain tel qu'il a été défini par Joël Bruneau : «Lancer un message important aux autres territoires de la future région en précisant tout d'abord que la grande Normandie ne peut se passer de sa partie occidentale » et qu'il y a nécessité de « créer un pôle d'équilibre entre Paris et l'Axe Rennes-Nantes et de jeter les bases d'une véritable coopération avec le Sud de l'Angleterre ».
On voit qu'avec ce projet on est loin de celui préconisé par MM. Grumbach et Mayer-Rossignol confinant la Normandie au rôle subalterne de corridor parisien vers la mer !
A la lumière des considérations qui précèdent, il importe que les dirigeants de la nouvelle Normandie, dès le début de l'année 2016, prennent conscience des facteurs potentiels de division normande qui viennent d'être rappelées afin de faire en sorte que la réunification institutionnelle de notre région soit, sur le plan territorial, autre chose qu'une fiction.
Caen le 9 décembre 2015
Union pour la Région Normande – www. union-region-normande.com
02 33 54 52 80 - 06 32 24 41 71