EOLIENNES MARINES: VENTS MAUVAIS AU LARGE DES COTES NORMANDES...
Les grandes manoeuvres capitalistiques en cours dans le secteur des industriels de l'éolien suscitent les inquiétudes d'Hervé Morin: les trois grands projets prévus au large des côtes normandes (Courseulles, Veulettes et Le Tréport) pourraient être concernés...
Vendredi 17 juin, les leaders de l'éolien ont annoncé leur fusion. Le président de la Région Normandie s'inquiète de cette alliance qui pourrait compromettre les projets normands.
Mise à jour : 17/06/2016 à 19:29 par Karine Lebrun
La fusion des deux leaders de l'éolien inquiète la Normandie et son président, Hervé Morin (Photo d'illustration ©Areva).
C’est désormais officiel. Après plusieurs mois de tractations, le groupe espagnol Gamesa et l’allemand Siemens ont annoncé, vendredi 17 juin 2016, la fusion de leurs activités dans l’éolien pour créer un géant mondial du secteur, alors que la demande pour les énergies renouvelables explose. Le président de Région Normandie, Hervé Morin, a immédiatement réagi à cette annonce et demande au gouvernement de veiller au respect des engagements qui ont été pris pour favoriser l’implantation de la nouvelle filière éolienne offshore en Normandie. La crainte qui s’exprime en filigrane :
Ne plus voir se développer dans la région tous les projets de développement de l’éolien offshore souhaités notamment par Adwen et Areva, partenaires de Gamesa, qui pourraient être écartés désormais des décisions du nouveau leader européen.
> Lire aussi : Éolien offshore. Menaces sur le projet de construction de deux usines au Havre
Les deux groupes se sont entendus pour « la fusion de l’activité éolienne de Siemens, services éoliens inclus, avec la société Gamesa en vue de créer un nouveau leader mondial des turbines éoliennes », expliquent Siemens et Gamesa dans un communiqué commun.
Les deux parties possèdent des activités complémentaires. L’allemand est davantage présent en Amérique du Nord et en Europe du Nord et leader dans l’éolien maritime (offshore) alors que l’espagnol est plus fort dans l’éolien terrestre en Inde, en Chine et en Amérique latine, où la demande est en plein boom.
Cette fusion « créera un géant mondial parmi les fabricants de turbines, dans l’offshore et l’onshore (NDLR : éolien terrestre) », avec un chiffre d’affaires cumulé de 9,3 milliards d’euros, a assuré le patron de Gamesa, Ignacio Martin.
Ce rapprochement était attendu depuis des mois. Gamesa avait confirmé fin janvier l’existence de discussions. Mais les négociations achoppaient sur l’avenir d’Adwen, la coentreprise créée en 2015 par Gamesa et le français Areva et regroupant leurs actifs dans l’éolien offshore. L’État français et les élus locaux de Normandie craignaient que le rapprochement de Gamesa et de Siemens ne remette en cause les projets d’Adwen d’implanter de nouvelles usines dans cette région. Les capacités industrielles du conglomérat allemand pourraient en effet suffire à équiper des champs d’éoliennes en France sans se doter de sites de production supplémentaires. Areva et Gamesa ont annoncé en parallèle un accord qui donne à Areva trois mois pour décider de vendre à l’espagnol sa part de 50% dans leur coentreprise, ou chercher un autre investisseur prêt à racheter la totalité d’Adwen.
La solution pour Areva, en grande difficulté financière, pourrait venir des États-Unis : "General Electric, qui veut se renforcer dans l’éolien offshore, serait intéressé par Adwen, qui doit notamment fournir des éoliennes pour plusieurs champs éoliens au large des côtes françaises" annonce le journal Les Échos.
La Normandie, Hervé Morin le rappelle, a réalisé des investissements très importants opérés dans les ports de Cherbourg (Manche) et du Havre (Seine-Maritime) en vue de l’implantation d’usines de turbines, de pales et de fondation. Le président de Région souligne aussi la mobilisation des acteurs institutionnels et privés dans la perspective de la création de cette nouvelle filière éolienne française voulue par le gouvernement début 2012. Hervé Morin, qui s’est entretenu encore récemment avec le Premier ministre et le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du numérique, confirme qu’il sera extrêmement vigilant sur l’évolution de ce dossier capital pour la Normandie.
"Je demande au gouvernement de demeurer mobilisé afin que l’ambition nationale de créer une filière éolienne en France, essentiellement en Normandie, se concrétise avec ce nouvel acteur industriel", insiste le président de Région.
Commentaire de Florestan:
Les nuages s'amoncellent à l'horizon des éoliennes marines au large des côtes normandes mais il ne faut pas non plus sous-estimer les difficultés proprement normandes, à savoir, la question de la compatibilité entre le projet éolien au large de Courseulles et la création d'un site UNESCO pour les plages du Débarquement de 1944 et l'opposition continue des pêcheurs du Tréport au projet éolien...
Lire ci-après:
http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/seine-maritime/dieppe/conteste-par-les-pecheurs-l-etat-maintient-son-choix-de-localisation-du-parc-eolien-de-dieppe-le-treport-1027081.html