La réalité numérique augmentée pour admirer encore plus le patrimoine historique normand
En 1944, la Libération de l'Europe a commencé dans un musée d'art et d'histoire à ciel ouvert: la Normandie.

L'église de Montebourg, la ville de Saint Lô, l'ancien parlement de Normandie à Rouen: ce dernier a heureusement été reconstruit à l'identique...
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Les destructions ont été immenses et malgré les restaurations, les restitutions notamment des monuments, beaucoup de belles architectures, des coeurs de ville entiers, ont irrémédiablement disparu. Les nouvelles technologies numériques permettent dorénavant de découvrir, via des applications de réalité augmentée, ce magnifique patrimoine architectural et artistique normand dans sa plénitude: les éléments disparus sont ainsi ressuscités le temps d'une visite.
Et c'est ainsi que les nouvelles technologies vont permettre d'enrichir et de renouveler la relation déjà séculaire en Normandie existant entre la population et son patrimoine historique et architectural: l'admiration romantique des ruines dont l'un des hauts lieux en Europe fut le site de l'abbaye de Jumièges va trouver une justification plus immédiate et pédagogique par la restitution des états antérieurs à la ruine à l'aide d'un écran tactile.
Cette technologie très efficace est très attendue pour renouveler la flânerie dans les centre- villes normands de la Reconstruction de l'Après Guerre, on pensera à Saint Lô ou à Caen où des projets de numérisation intégrale des architectures disparues en 1944 sont à l'oeuvre: il faudra néanmoins faire accepter aux élus locaux l'idée qu'il ne s'agit pas d'un projet passéiste et nostalgique pour partir à la recherche des fantômes d'une ville perdue.
Car il semble évident que la Normandie, la région patrimoniale par excellence, doit être la région de tête en France pour le déploiement de ces nouvelles technologies de réalité augmentée au service de la reconnaissance du patrimoine historique.
Lire sur ce sujet l'excellent article de Paris-Normandie:
Immersion. Avec la réalité augmentée, une nouvelle ère s’ouvre pour le tourismeet la valorisation du patrimoine. Une innovation qui vient en appuide la visite traditionnelle.
Regarder les vestiges des caissons du port artificiel d’Arromanches, les cheveux au vent, et se retrouver plongé au moment même du Débarquement. Visiter les ruines de l’abbaye de Jumièges et découvrir les lieux tels qu’ils étaient avant que les Vikings ne débarquent en 841. Avec juste une tablette ou un smartphone.
Il y a eu la première révolution des audioguides, puis celle de la vidéo et des bornes interactives. Place maintenant, dans les musées, les monuments ou les sites historiques à la réalité augmentée, une façon de lier le passé au présent en superposant le virtuel au réel, de faire revivre l’histoire sur des mobiles. «Cela permet de voir ce que l’on ne peut pas montrer» assure Charlotte Lapiche, chef du service patrimoine de Falaise et directrice du château Guillaume-le-Conquérant. «Nous avons remis le Moyen Âge en couleurs,» sourit la quadragénaire.Au château de Falaise, toute la scénographie de l’endroit, sous la direction d’un comité scientifique, a été revue en 2013. C’est au travers de jumelles stéréoscopiques que l’on découvre la basse-cour telle qu’elle était vers la seconde moitié du XIIe. À l’intérieur, le visiteur est plongé dans la vie du château grâce à la réalité augmentée. Sur l’iPad-mini proposé gratuitement à l’entrée, apparaissent les pièces du château entièrement meublées et décorées d’objets d’époque. Du coup, le nombre de visiteurs est passé de 55 000 à 71 000 l’an dernier. Avec un taux de satisfaction très élevé. «Ce n’est pas seulement grâce à la réalité augmentée» tempère Charlotte Lapiche, «c’est grâce aussi à notre politique d’animations, notre approche du public scolaire, la réalité augmentée est un outil complémentaire» Pour la directrice, ce sont les contenus qui font la différence. «Le rendu est exceptionnel, il permet de plonger dans la réalité du château XIIe siècle, ses volumes, son mobilier. C’est d’autant plus important que le château était vide.»
La réalité augmentée va-t-elle booster la fréquentation des sites et des musées ? «Le marché a complètement explosé,» souligne Gaël Hamon, le patron d’Art graphique et patrimoine, qui a conçu l’appli Jumièges 3D mais aussi celle du pont d’Avignon, des Invalides... « De nombreuses petites boîtes se créent, 10% seulement vont survivre.» Avec le risque de voir émerger des applis low cost, où le travail historique serait moins abouti. «Bientôt, on aura du haut de gamme, de la moyenne gamme et du bas de gamme,» se désole Gaël Hamon.
Booster le nombre d’entrées
«On a tant d’entrées, on veut arriver à tant». C’est à tous les coups ou presque la demande qu’entend Antoine Allain, le patron de Biplan Cherbourg quand le propriétaire d’un site ou d’un monument le contacte. Le chef d’entreprise s’est lancé dans la réalité augmentée dès 2009, quand il a répondu à un appel d’offres du ministère de la Culture pour un projet sur Cherbourg. Il s’agissait de faire renaître le château fort complètement disparu de la surface la ville. «Au départ, les guides conférenciers avaient peur de cette concurrence. Maintenant, ils se servent de notre application pour les visites». Devenue une des références en la matière, la société a aussi réalisé l’application sur Arromanches et Antoine Allain le reconnaît, «la tendance est forte aujourd’hui et les demandes affluent.»
D’un château en ruines du sud de la France, d’une abbaye en Belgique. Avec la volonté affirmée de booster les entrées et de faire revenir les visiteurs en leur proposant une aventure virtuelle. «On nous demande souvent de coupler avec un parcours ludique pour les enfants» souligne Antoine Allain.
En février dernier, à Bagnoles-de-l’Orne, lors des Rencontres du Tourisme en Normandie, le président de la Région Normandie Hervé Morin a mis l’accent sur ces nouveaux outils. Dans la région, Château-Gaillard, aux Andelys, ou bien encore le site de gallo-romain de Lillebonne semblent des cibles idéales.
Olivier Cassiau
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Meilleure appli culturelle mondiale en 2013

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