La Normandie réunifiée doit cesser de bouder et ressusciter en aval de Saint Lazare: ne plus regarder seulement la Ville lumière comme une phalène attirée par la lampe. Lui tourner le dos et regarder de nouveau vers la mer. Ainsi la Normandie, fille de la mer et de fleuve, renaîtra...
Avec ses 640 km de côtes, la Normandie dispose d’une imposante façade maritime. Selon une étude de l’Insee, 46.500 personnes travaillaient en 2012 dans l’économie maritime, soit 3,6% de l’emploi total normand. C’est relativement peu. La Normandie ne pointe qu’à la quatrième place sur ce point derrière PACA (126.000), la Bretagne (80.000) et la Nouvelle Aquitaine (49.000). Elle devance simplement les Hauts-de-France, l’Occitanie et les Pays de Loire.
Comme dans les autres régions maritimes, c’est le tourisme qui arrive en Normandie à la première place pour l’emploi avec 37% des effectifs (17.400). Derrière apparaissent le transport (10.500), les produits de la mer (5.500), la construction et la réparation navale (4.400) l’énergie (4.200) et les services publics (3.900).
Dans le détail, l’énergie constitue la principale originalité de la Normandie avec plus de la moitié des capacités du littoral français réparties entre trois centrales nucléaires (Paluel, Penly et Flamanville) et une quatrième au charbon (Le Havre).
Le transport maritime forme une autre spécificité avec les deux Grands ports maritimes du Havre et de Rouen dont le trafic s’est élevé à 85 millions de tonnes en 2012. D’autres ports plus modestes (Cherbourg, Caen, Dieppe, Fécamp, Granville et Le Tréport) complètent un maillage plutôt dense. Le secteur des produits de la mer s’appuie sur la pêche, l’aquaculture, et la transformation des captures. Mais la Normandie ne tire pas tout le potentiel de ces activités : une bonne partie de la pêche normande est transformée à Boulogne-sur-mer, soulignent les auteurs de l’étude. De même le tourisme est nettement moins présent en Normandie que dans les autres régions maritimes.
Ce secteur est concentré dans la baie du Mont-Saint-Michel, le long du littoral du Calvados, entre Arromanches et Honfleur ou encore à Etretat. Dans ces localités, ce secteur peut constituer « l’essentiel » de l’économie maritime locale. Enfin, la construction et la réparation navale avec DCNS et les services publics liés à la mer comme les douanes ou la marine nationale sont concentrés dans la pointe du Cotentin.
L’économie maritime normande, à dominante masculine et faiblement qualifiée, a particulièrement souffert de la crise. Entre 2007 et 2012, mille emplois ont été perdus dans les ports du Havre et de Rouen, 350 dans la flottille de pêche, 250 dans la construction et réparation navales… En revanche, le tourisme s’est maintenu et la production d’énergie s’est envolée avec 850 emplois créés dans les centrales nucléaires.
Commentaire de Florestan:
On retrouve là encore la plaie de notre Normandie qui s'est négligée elle-même dans la division et le déclin: la déqualification couplée aux bas salaires, signature sociale du manque d'ambition.