CLAMEUR DE HARO: L'heure de la révolte girondine a sonné dans l'EURE!
L'Etoile de Normandie soutient totalement les élus normands du département de l'Eure, à commencer par Guy Lefrand le maire d'Evreux qui s'opposent à une suppression de la taxe d'habitation dont on ne sait comment elle sera compensé financièrement par un Etat central jacobin impécunieux, qui fragilise la continuité des services publics au niveau le plus local et le plus concret et qui détruit le principe même de notre République, à savoir, le consentement à l'impôt.
Lire cet article proposé par Paris-Normandie:
http://www.paris-normandie.fr/actualites/politique/evreux--haro-sur-la-technocratie--OE11049142#
Écharpes tricolores des grands jours, soleil généreux et pancartes « L’État m’a tuée » réalisées spécialement : hier devant l’hôtel de ville d’Évreux, le maire (LR) de la capitale de l’EureGuy Lefrand et l’association des maires et élus de l’Eure, se retrouvaient pour manifester contre la disparition d’une grande partie des recettes générées par la taxe d’habitation ainsi que la baisse des dotations de l’État - lire également p. 19.
« Emmanuel Macron se trompe »
« Nous sommes 200 élus - ils étaient plutôt 150, l’Eure compte 604 communes, Ndlr -, les communes sont en danger, nous sommes la République, le peuple a plus de bon sens que les technocrates », haranguait Guy Lefrand. Lequel a, comme plusieurs communes de l’Eure, fait fermer ses services municipaux en signe de protestation - lire nos précédentes éditions.
« Si l’État veut supprimer les services publics en supprimant les impôts que perçoivent les collectivités, qu’il le dise », s’emportait Guy Lefrand. Applaudissements nourris parmi les élus, essentiellement ruraux, alors que le conseil municipal d’Évreux était loin d’être au complet...
Soutenu par la sénatrice (LR) Nicole Duranton, le sénateur (UDI) Hervé Maurey, Jean-Paul Legendre (LR), président de l’union des maires et élus de l’Eure et vice-président du Département - on comptait peu d’élus départementaux - Guy Lefrand a été rejoint sur le perron de l’hôtel de ville par le président (UDI) de la Région Normandie, l’Eurois Hervé Morin.
L’ancien maire d’Épaignes, qui lui aussi s’est retrouvé sous les feux des caméras des chaînes en continue, s’est adressé au président de la République. « Emmanuel Macron se trompe, il ne pourra pas refonder et transformer le pays seul depuis l’Élysée mais avec les collectivités locales et l’État. Continuons le combat ! », a-t-il lancé devant le mur érigé symboliquement contre « la technocratie et pour protéger la démocratie locale », clamait Guy Lefrand.
Le résultat?
A lire, ci-dessous, dans la Gazette des communes où l'on voit que le mot "girondin" devient un élément de langage d'un gouvernement jacobin aux abois... On verra aussi que la question très complexe de l'organisation et du financement de la gestion du risque d'inondation dans les bassins versants des rivières et des fleuves (GEMAPI) était au menu des discussions: un sujet que l'ancien maire du Havre connaît très bien.
http://www.lagazettedescommunes.com/527963/edouard-philippe-en-operation-deminage/
Publié le 06/10/2017

Edouard Philippe devant l’Assemblée des communautés de France réunie en convention ce 6 octobre à Nantes.
Le Premier ministre a confirmé des assouplissements sur le transfert des compétences eau, assainissement et Gémapi. Il a également ouvert la voie à un système de bonus-malus dans l’octroi des dotations d’Etat. Mais pour l’ADCF qui dénonce les coupes étatiques dans les secteurs de l’eau et du logement, le « pacte girondin » cher au Premier ministre reste à construire.
Changement d’air pour Edouard Philippe. Fraîchement accueilli la semaine dernière à Orléans lors du congrès de Régions de France, le Premier ministre a été, à l’issue de son allocution du 6 octobre 2017, longuement applaudi par les adhérents de l’Assemblée des communautés de France réunis en convention à Nantes. Devant les bons élèves de la classe des élus locaux, le Premier ministre a multiplié les professions de foi intercommunales.
Pour l’ancien patron de la communauté de l’agglomération havraise, les EPCI à fiscalité propre sont définitivement la bonne « maille » pour mener des politiques en matière d’aménagement du territoire, de mobilité, de logement… Elles sont l’une des expressions de « la décentralisation assumée, agile et intelligente » qu’il appelle de ses vœux.
Assouplissements et « clarifications »
Dans le droit fil de l’intervention 24 heures plus tôt, de la ministre auprès du ministre de l’Intérieur Jacqueline Gourault (Modem), le chef du Gouvernement ouvre la porte à des assouplissements à la loi « NOTRe ». Il confirme la mise en place d’une concertation sur le transfert de la compétence « Eau et assainissement » à l’ensemble des intercommunalités. Un groupe de travail sera créé en ce sens, piloté par Jacqueline Gourault dans le cadre de la Conférence nationale des territoires.
Objectif, selon la ministre: éviter que ce secteur ne finisse dans l’escarcelle « des grands groupes financiers ». Il faudra avoir les reins solides pour assumer cette compétence. « Le réseau d’adduction d’eau date souvent des années 1970 et nécessite des travaux », rappelle d’ailleurs Edouard Philippe.
S’il se montre prêt à discuter de certaines modalités du transfert aux intercommunalités, le Gouvernement n’entend pas rendre cette opération optionnelle. Une proposition de loi, destinée à remettre en cause le caractère obligatoire de cette attribution aux EPCI à fiscalité propre, est portée au Sénat par le président du groupe LR, Bruno Retailleau. La chambre haute l’a votée, mais au grand contentement de l’ADCF, la commission des lois de l’Assemblée nationale vient de le rejeter. Conséquence : elle ne sera même pas examinée dans l’hémicycle.
Par ailleurs, le Premier ministre annonce un « certain nombre de clarifications » sur le transfert de la compétence « Gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations » (GEMAPI) au bloc commune-intercommunalités. Jacqueline Gourault, toujours elle, avait précisé, le 5 octobre devant la convention de l’ADCF, que le Gouvernement entendait « légiférer sur les modalités de mise en œuvre, la maîtrise d’ouvrage et le financement » de la Gémapi.
Depuis l’orée de la réforme territoriale, ce chantier titanesque, d’une complexité abyssale, cause des sueurs froides aux édiles. L’Assemblée des communautés de France souhaite que l’essentiel de ce transfert, qui débutera au 1er janvier 2018, se déroule au 1er janvier 2020.
But de la manoeuvre : mieux définir les contours des interventions des établissements publics territoriaux de bassin auxquels communes et intercommunalités subdélègueront une partie de la compétence Gemapi. Il s’agit embrasser des périmètres plus larges que le bloc local, mieux taillés pour la gestion des cours d’eau. L’ADCF veut aussi garantir le financement de ces politiques. Elle souhaite, enfin, faire en sorte que les départements, qui ne seront pas maîtres d’ouvrage sur les interventions liées au littoral et aux grands fleuves, mettent la main à la poche.
Une proposition de loi révisant l’architecture de la Gémapi sans remettre en cause les premiers transferts au 1er janvier 2018, est en préparation. Elle pourrait être portée à l’Assemblée nationale par le président du groupe MoDem Marc Fesneau, qui possède la vertu d’être à la fois un ancien dirigeant de l’ADCF et un proche de Jacqueline Gourault.

