La foire aux bestiaux de YERVILLE: une tradition normande encore vivante mais qu'il va falloir défendre, valoriser et renouveler
L'une des grandes originalités de la Normandie c'est d'avoir conservé un maillage d'hebdomadaires locaux (quasiment un journal par pays historique normand) mais aussi, par l'intermédiaire d'un maillage urbain très équilibré de petites villes ou de gros bourgs dans la Normandie rurale, notre région a gardé vivante une belle tradition, parfois très ancienne, de foires et de marchés spécialisés notamment dans la vente du bétail. Nous connaissons tous ici la foire de la Sainte Croix de Lessay, une foire millénaire créée par les ducs de Normandie pour le compte de l'abbaye bénédictine voisine. Mais le pays de Caux cher à Guy de Maupassant demeure encore vivant à l'occasion de la foire aux bestiaux de Yerville...
Pour combien de temps encore?
Ci-après, on vous propose de consulter un beau reportage proposé par Paris-Normandie:
Yerville. Malgré le mauvais temps et un peu moins de public, les éleveurs et les agriculteurs sont venus nombreux à la 18e édition du concours de bestiaux, samedi 29 février.
Il fallait être bien couvert et courageux, samedi 29 février, pour affronter la tempête et la pluie sur la place du Général-Leclerc à Yerville, à l’occasion de la 18e édition du concours aux bestiaux. Certains stands ont d’ailleurs plié bagage assez vite à cause du vent. Cette fête de la ruralité est toujours très appréciée des éleveurs et agriculteurs du secteur : exposition de matériels agricoles, présentation des animaux, dégustation de viande grillée au feu de bois... Avec la météo peu engageante, le public était toutefois moins nombreux que les années précédentes et l’effet coronavirus a également pu jouer sur la fréquentation. En raison des élections municipales, beaucoup de candidats étaient sur le terrain.
Douze éleveurs étaient présents, en provenance de la Seine-Maritime, de l’Eure et même de l’Oise. Cinquante bêtes aux qualités bouchères étaient présentées au jury, présidé par Pierre Villiers, sous l’œil attentif du public. « C’est une bonne participation », se réjouit le président du concours, le conseiller municipal Jean-Paul Devaux, secondé par Claude Soudé. Il n’est pas toujours facile de départager certaines bêtes exceptionnelles. « Dans ces cas-là, on fait sortir la bête pour l’examiner à 360° », détaille Didier Ledan, l’incontournable animateur des foires agricoles du secteur. Ces récompenses permettent aux éleveurs de valoriser leur travail et leur savoir-faire, mais aussi de faire grimper la cote des bêtes.
Le chef boucher de Super U Yerville était d’ailleurs présent pour faire son marché et cinq bêtes seront bientôt disponibles dans vos assiettes : quatre bêtes achetées chez l’éleveur yervillais Jean-Louis Lelièvre et une chez Arnaud David de Flamanville, qui sera envoyée à l’abattoir pour Pâques. En attendant, les consommateurs pourront découvrir une mini-ferme devant Super U le samedi 4 avril avec les bêtes du concours et des volailles. « Ce concours, c’est aussi le but de permettre un achat local, un circuit court », évoque Didier Ledan. Avant la remise des récompenses, l’animateur a tenu à rendre hommage à Alfred Trassy-Paillogues (qui quitte ses fonctions de maire) pour la relance de ce concours. En clin d’œil, Didier Ledan a diffusé la chanson Puisque tu pars de Jean-Jacques Goldman. Un moment d’émotion et des applaudissements du public.
Prix des plus belles bêtes du canton : Arnaud David de Flamanville. Prix spécial Émile-Thomas récompensant la race normande : femelle : Denis Vasselin de Beaudetuit (Oise), bœuf : Maxille Villey de Beuzeville (Eure). Prix de la Ville de Yerville « Robert-David » : Alexis David de Flamanville. Prix du Département : Denis Vasselin de Beaudetuit (Oise).
