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L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande
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16 mai 2021

Les couvées de Brullemail dans l'Orne ou l'arche de Noé normande..

La Normandie dispose d'un patrimoine agro-alimentaire exceptionnel déjà distingué par une quinzaine de labels sous standard AOC/AOP, un record parmi les régions françaises.

Mais cette qualité et cette typicité normandes ne pourraient pas exister sans le patrimoine vivant des races animales normandes, un patrimoine qui est menacé mais qui fait l'objet, enfin! d'une politique publique spécifique mise en oeuvre par le conseil régional de Normandie depuis la réunification.

Cette politique publique aide tout particulièrement les initiatives des professionnels qui mettent en oeuvre des conservatoires des races normandes afin d'en assurer la pérennité.

Bel exemple trouvé dans l'Orne avec la ferme des "couvées de Brullemail" spécialisée dans la reproduction des races avicoles normandes: le canard de Duclair et la poule du Merlerault, deux races normandes menacées d'extinction, font l'objet d'un programme spécifique...

Les Couvées de Brullemail dans l'Orne se lancent dans la sauvegarde d'espèces normandes en voie de disparition | Le Réveil Normand (actu.fr)

Les Couvées de Brullemail dans l'Orne se lancent dans la sauvegarde d'espèces normandes en voie de disparition

Daniela et Jean-Philippe Simonet ont lancé leur entreprise de volailles bio en plein confinement à Brullemail, aujourd'hui ils développent la sauvegarde de races normandes.

Le Réveil Normand

La famille Simonet a posé ses valises en plein confinement durant l’année 2020 à Brullemail (Orne). Venant de Seine-Maritime, ils ont profité d’une mutation pour découvrir ce département auquel ils ont trouvé très rapidement de nombreuses qualités.

Ils y ont créé leur entreprise d’élevage de volailles fermières bio, de production d’oeufs, Les Couvées de Brullemail, et, après maintenant une première année riche en enseignements, ils se lancent un nouveau défi avec la production de deux races normandes en voie de disparition, la poule du Merlerault et le canard de Duclair

La Région Normandie en soutien

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Voilà un an maintenant que Daniela Simonet, souvent accompagné d’un ou deux de ses trois enfants, sillonne les marchés du Pays de Courtomer et de Moulins-la-Marche pour y présenter sa production d’oeufs ou de volailles bio.

Un an à améliorer, examiner, peaufiner, repenser. Avec une grosse satisfaction, il y a un marché, une attente de la clientèle pour des produits locaux de qualité.

Et, dans cette réflexion Daniela et son mari Jean-Philippe ont fait le constat qu’il existait une véritable demande pour des canards fermiers bio.

Du coup, plutôt que de ne miser que sur la variété Barbarie, ils ont décidé d’opter pour une race normande devenue confidentielle, le canard de Duclair. L’une des vingt races que la Région Normandie a mis en avant comme patrimoine génétique à protéger.

74 canards la plus grosse livraison

Dans cette aventure, le couple Simonet s’est rapproché de plusieurs intervenants intéressés par la sauvegarde de ces races anciennes dont le Conseil Régional, le Parc naturel régional des Boucles de la Seine, le Club de sauvegarde des races avicoles normandes, le lycée agricole de Sées, ou encore le Centre de sélection avicole de Béchanne dans l’Ain.

Bien souvent, ces races anciennes ne doivent leur salut que par des élevages amateurs ou de petites exploitations agricoles mais n’offrant pas une production suffisante pour garantir un brassage important des populations et donc d’éviter les consanguinités.

Aux Couvées de Brullemail, un rythme de croisière a été trouvé avec les races actuelles de volailles.

Pour le canard de Duclair, il faut en revanche calculer au plus juste son temps de ponte (uniquement d’avril à août ce qui est très réduit) mais également son temps de croissance de 90 à 120 jours maximum. Au-delà il perd de sa tendreté. Avec un cahier des charges en bio particulièrement pointu, c’est un travail de précision !

Pour leur première expérience, ils viennent tout juste de recevoir 74 canetons âgés de un jour, la plus grande livraison jamais faite en Normandie. A terme, leur idée est de travailler avec le lycée agricole de Sées et son incubateur.

« Les sauver, par l’assiette ! »

On tourne en rond avec des races comme ça si on ne passe pas à une production un peu plus importante. Il faut un cheptel minimum sinon la consanguinité entraîne le déclin inexorable. On ne peut les sauver que par l'assiette !

Jean-Philippe SimonetLes Couvées de Brullemail

Le couple admet que cette démarche, associée à une approche bio, est un très gros challenge « mais c’est passionnant » !

Moutons, chèvres, poules…

Leur sauvegarde des races anciennes normandes va au-delà des canards de Duclair puisque des moutons, des Roussins de la Hague, jouent le rôle de désherbeurs naturels pour les hautes tiges dont les poules ne veulent pas, non sans que, au préalable, les chèvres des fossés aient débroussaillé les haies bocagères.

Pour cette variété de chèvres rustique, l’organisation est très simple. On met le mâle et la femelle dominant au piquet et tout le reste du troupeau reste à proximité ! Un éco-pâturage parfait.

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Et puis il y a la poule du Merlerault. Une variété magnifique, au plumage noir profond, affichant parfois des reflets bleutés, reconnaissable à sa petite crête en V. La race est en voie de disparition faute d’élevages d’importance. Année après année, la race perd ses qualités originelles.

A l’image de ce qui a été fait depuis une bonne vingtaine d’années avec la Gournay, il faudra environ sept ans pour retrouver une Merlerault sauvée du déclin mais Jean-Philippe Simonet espère le soutien des collectivités locales, des restaurateurs aussi, soucieux de mettre en avant des variétés locales.

Parce que cette poule affiche un sacré caractère, tant dans son comportement que gustativement !

Une poule un brin sauvage sur les bords qui aime peu dormir dans un poulailler douillet et lui préfère des branches de noisetier, perchée à quatre mètres de hauteur !

Autant dire qu’elles sont difficiles à élever, il leur fait de l’ultra plein-air, elles sont rustiques et farouches, mais le jeu en vaut la chandelle.

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