Edouard Philippe, en tant que tête de liste, a été élu avec 59% des suffrages exprimés des Havrais et ce, dans un contexte inédit  d'abstention massive: Le maître des horloges de l'Elysée doit donc décider entre ce jeudi 2 juillet et le début de la semaine prochaine si Edouard pourra revoir sa Normandie au Havre ou s'il devra rester à Matignon donc à Paris jusqu'à la fin.

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II est raisonnable de penser que le président de la République n'a pas grand choix possible et il est encore plus raisonnable de penser que la seule solution raisonnable pour lui est de garder Edouard Philippe au poste très exposé de Premier ministre afin d'éviter peut-être, certainement, un maire du Havre candidat aux élections présidentielles en 2022: bien entendu, dans cette aventure, ces messieurs importants disposent à leur guise et à discrétion du vote des quelques 40% d'électeurs havrais à avoir fait preuve de civisme. Pas sûr que cela soit la méthode la plus efficace pour donner l'envie à la majorité abstentionniste de ne plus l'être...

On lira avec intérêt l'analyse de la situation politique présente proposée par le réseau citoyen du cercle normand de l'opinion qui envisage l'option d'un Edouard Philippe parti revoir sa Normandie pour de bon avec ses importantes conséquences pour la gouvernance politique de notre région...

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SITUATION COMPLEXE ET NECESSAIRE

COOPERATION NORMANDE

 

Les résultats finaux des laborieuses élections municipales en Normandie diffèrent peu avec les grandes tendances de la situation nationale : beaucoup d’abstentions, une poussée verte, peut-être moins voyante qu’ailleurs, des partis traditionnels (P.S. et L.R.) demeurant implantés dans les villes moyennes, un échec cuisant pour les macronistes de L.R.E.M. et pour le Rassemblement National, pratiquement hors jeu au 2e tour.

Tout cela rend d’autant plus remarquable la nette victoire d’Edouard Philippe, actuel Premier ministre (A.G.I.R.), au Havre.

Si M. Philippe n’est pas maintenu dans son poste de Premier ministre, nul doute que, redevenu Maire du Havre, il jouera un rôle déterminant dans la vie politique régionale. Et, tout d’abord, dans l’animation du Pôle métropolitain de l’Estuaire et le nécessaire dialogue avec les autres grandes villes de Normandie.

Le Maire de Caen, au prestige rehaussé car élu dès le 1er tour, pourrait devenir un partenaire précieux pour le Maire du Havre dans la confrontation avec M. Mayer-Rossignol, confortablement élu à Rouen et qui brigue la présidence de la Métropole Rouen – Normandie. Ce dernier aura-t-il la sagesse déployée par l’un de ses prédécesseurs, M. Sanchez, qui avait pratiquement passé un « deal » avec Hervé Morin, Président de la Région ? Pourra-t-il, de même, travailler en bonne intelligence avec le Département de la Seine-Maritime qui, de son côté, s’irritait de la concurrence en matière de prérogatives de la nouvelle Métropole ?

Ce sont, là, des querelles d’egos qui montrent la difficulté de faire marcher au même rythme les différentes collectivités locales que l’État central a pris soin de doter de compétences souvent proches. Ce qui instaure un climat de mauvaise concurrence et non de saines émulations.

 Or le Président de la République, voulant commencer, dit-il, une nouvelle étape de décentralisation (évidemment indispensable) laisse planer des doutes : va-t-il favoriser les municipalités et les communautés de communes contre les départements, soutenir les départements contre les Régions, promouvoir les métropoles contre les autres échelons de décentralisation ?

Diviser les collectivités locales pour mieux imposer une prééminence jalouse de l’État ?

Ne pas oublier qu’il sera procédé en 2021 ou 2022 aux élections départementales et régionales et que la tentation doit être grande pour M. Macron d’instaurer des rapports conflictuels entre les dirigeants des collectivités locales qui, pour la plupart, adhèrent aux partis traditionnels (P.S. - L.R. et, maintenant Verts)…

 L’intérêt de la Normandie commande aux uns comme aux autres – et nous n’oublions pas les dirigeants des petites villes et des communes rurales - , non pas de s’unir (ce serait utopique), mais de coopérer sur tous les grands dossiers, notamment celui de la relance économique et sociale, l’État restant le partenaire incontournable.

C’est le moment de faire vivre le principe de subsidiarité : ce sera le moyen de faire participer le citoyen aux affaires municipales, départementales et régionales. Sans doute le moyen de contrecarrer l’abstention, l’égoïsme, le repli sur soi-même et de promouvoir une société moins fragmentée.

L’enjeu en vaut la peine.

C.N.O. de Mont-Saint-Aignan, le 1er juillet 2020