La gestion plutôt calamiteuse depuis 2009 du grand projet d'avenir de Ligne Nouvelle Paris Normandie va-t-elle consommer le divorce qui se prépare entre les deux Normandie(s) ?

Non pas celui qui opposerait une Normandie plus haute ou plus basse que l'autre. Mais celui qui s'accroît dangereusement entre la Normandie concrète des acteurs économiques, sociaux et culturels normands qui, sur le terrain, intègrent sans complexe le formidable potentiel de l'évidence normande en coopérant, en fusionnant et en partageant une "vision" normande

ET...

Une Normandie politico-institutionnelle plus que jamais éparpillée façon "puzzle" par notre caste d'élus de Tontons flingueurs qui renvoie, d'une façon générale, au "blocage français", à l'inefficacité du "mille feuille administratif", à ce nouvel "Ancien régime" d'élites politiques, administratives plus ou moins sorties du même moule de grandes écoles qui se connaissent parfois trop bien et qui croient gouverner un pays et une société qui ont pris le parti de la résignation, du mépris ou, mieux encore, du contournement de cette aristocratie perçue comme parasite par tous les porteurs de projets et de vision innovantes pour l'avenir.

Alexis de Tocqueville observait déjà en son temps que les élites françaises préféraient les concepts, les théories, les convictions aux faits, aux solutions concrètes...

Bref, pour résumer...

D'un côté, la Normandie concrète déjà réunifiée ou en voie de l'être... (une seule chambre régionale de commerce et d'industrie d'ici 2016; une seule chambre régionale d'agriculture; une seule cour régionale des comptes; un seul comité régional touristique; un pôle de recherche et d'enseignement supérieur; une seule caisse d'Epargne; une seule fédération régionale des routiers, des experts comptables; une seule fédération régionale syndicale de la CGT; une seule caisse primaire régionale d'assurance maladie; une seule région apostolique de l'église catholique; une seule association régionale des gays et lesbiennes; etc, etc... liste non exhaustive!)

Et de l'autre...

Cinq départements, deux conseils régionaux; trois grandes agglomérations; deux pôles métropolitains; une métropole régionale; deux préfectures régionales; une directive inter-régionale pour la vallée de Seine et son estuaire; une coopération intégrée de finances et de projets entre deux départements, une demi-région et une agglomération qui ignore trois départements, un conseil régional et deux grandes agglomérations...

Et comme si cet émiettement n'était pas suffisant, on va s'offrir le luxe en Normandie d'avoir deux banques publiques d'investissement et deux conférences territoriales d'action publique présidées par le président de région et le préfet de chaque demi-région normande pour dire aux Tontons concernés ce qu'ils peuvent flinguer ou non...

Les tontons flingueurs en réjouissance lors d'une conférence territoriale d'action publique restée célèbre...

 


Mais dans cette Normandie "éparpillée, ventilée..." un gros morceau grossit et se cristalise dans l'espoir qu'on n'espère pas vain de faire sortir la Normandie de son trou ou de l'angle mort ouvert depuis plus de 40 ans au Nord-Ouest de Paris entre Lille au Nord et Nantes à l'Ouest...

Laurent FABIUS, notre Tonton flingueur en chef veut faire de Rouen la métropole du Nord-Ouest à l'occasion des lois de l'Acte III de la décentralisation qui est en cours d'examen au Parlement jusqu'en décembre prochain.

Disons-le d'emblée, Laurent FABIUS a raison mais nous pensons que faire le "GRAND ROUEN" sans intégrer l'évidence normande, sans faire aussi la REGION NORMANDE ce sera mission impossible!

La demi-armoire normande technique classée SEVESO qui tente, vaille que vaille de faire une "vraie" région depuis 1972 à l'Ouest de la puissante région parisienne, n'est-elle pas menacée d'éclatement?

Pourtant, à l'échelle locale de l'agglomération rouennaise et depuis 20 ans maintenant, Laurent FABIUS s'emploie à faire ce qu'il faudrait faire pour la Normandie toute entière: sortir de la BALKANISATION et UNIFIER le périmètre pour avoir la vision et les moyens qui vont avec. La balkanisation rouennaise héritée des années LECANUET a eu pour conséquence le retard rouennais sur les autres grandes métropoles régionale françaises en terme de rayonnement et d'infrastructures (par ex: le contournement Nord Est). De même, la balkanisation normande a précipité notre région dans l'angle mort où elle se trouve désormais (par ex: la débacle de la SNCF en Normandie...).

Depuis 1995 et l'arrivée d'Yvon ROBERT à la mairie de Rouen, grâce à l'impulsion directe ou indirecte de Laurent Fabius, le SIVOM est devenu district, le district est devenu une Communauté d'Agglomération et en 2010, la CAR s'est aggrandie pour devenir la CREA (Communauté Rouen Elbeuf Austreberthe) qui, malgré ses allures d'armée mexicaine, permet enfin d'intégrer l'évidence rouennaise à l'échelle pertinente d'un bassin urbain de près de 600 000 habitants...

En 2012, la CREA s'associe à la Communauté Seine Eure (CASE: Louviers et Val de Reuil) pour créer un pôle métropolitain trop local finalement pour en être véritablement un mais qui peut rassembler ainsi quelques 570 000 habitants.

En 2014, Laurent FABIUS aspire à ce que la CREA soit sacrée "Métropole du Nord Ouest" entre Lille et Nantes: le 27 mai dernier, le Sénat examinait le projet de loi qui ajoute la couche métropolitaine dans un mille-feuilles déjà épais par le transfert des compétences du département sur le territoire de la future métropole...  Jean-Marc AYRAULT, autrefois grand tonton flingueur sur les rives de la Loire, a récemment fixé les règles et les objectifs:

Les aires urbaines de plus de 500 000 habitants, les intercommunalités d'au moins 400 000 habitants prendront le statut de "métropole". Rouen, Grenoble, Montpellier, par exemple, sont concernées. Mais ni Le Havre et ni moins Caen qui sont, en Normandie, trop petites... Et c'est l'exemple du GRAND LYON qui inspire en mutualisant et en fusionnant au maximum... Ce qui implique la disparition, de fait, du Conseil Général du Rhône (69) dont le territoire va être littéralement coupé en deux par le Grand Lyon "eurométropole".

Même chose à Marseille où François Hollande se rend ce 31 mai 2013 car la balkanisation politico-administrative (et maffieuse ?) sur le territoire de la future MPM (Marseille Provence Métropole) a des conséquences concrètes qui deviennent insupportables pour les habitants (des bouchons dantesques sur les routes...). Tandis que du côté de Paris, l'UMP (plus courageuse dans l'opposition qu'au pouvoir) nous ressort le vieux projet de recréer le département de Seine (75) pour donner un vrai territoire au futur GRAND PARIS...

Marylise LEBRANCHU, la ministre en charge du dossier, de passage à Rouen le 7 mai dernier pour présenter le mode d'emploi de la réforme au conseil régional de la demi-région de hot Normandy, a précisé: "ces métropoles devront être des moteurs de la croissance, en confortant les facteurs du développpement économique (...). Ces fonctions ne peuvent être assurées et portées que par des entités urbaines fortes, en cohérence avec les Régions"

Or c'est bien cette "cohérence" qui ressemble plutôt à la conciliation des inconciliables, que craignent les autres Tontons flingueurs, à savoir les présidents de conseil général (Eure et Seine Maritime) ou les maires et présidents des autres grandes villes et intercommunalités qui ne seront pas du club très select des futures métropoles régionales... 

Les balles perdues risquent de siffler lors de la réunion de la future "conférence territoriale d'action publique" qui sera présidée par... Alain LE VERN

Au Havre, à Dieppe, à Evreux on craint l'aspirateur du GRAND ROUEN qui risque de vider les conseils généraux... Dans l'Eure, on retrouve désormais la même inquiétude qui conduisit en 1972 Gustave HEON, président du conseil général à boycotter la nouvelle demi-région de Haute-Normandie parce qu'il voulait, justement, une seule région normande pour éviter d'être phagocyté par la puissance rouennaise...

En effet, beaucoup de choses, sinon l'essentiel vont se décider autour du couple METROPOLE - REGION et dans la trop petite armoire de Hot Normandy avec le couple LE VERN (conseil régional) et SANCHEZ ( CREA) l'ambiance risque d'être chaude!

Ne peut-on pas craindre, en effet, que le GRAND ROUEN ne soit qu'une petite région autonome dans une demi-région définitivement placée dans l'ombre de la région parisienne?

Pourtant, depuis 2005, existe l'accord "276" une coopération de finances et de projets inédite en France entre les départements de l'Eure, la Seine Maritime, le conseil régional et l'agglomération de Rouen. Depuis quelques temps Alain LE VERN multiplie les déclarations sur la solidité de cette coopération... Exercice classique d'auto-conviction?


Faute d'intégrer une vraie région à l'échelle normande, le futur du Grand Rouen ne sera-t-il pas plus petit que celui de Mantes la Jolie qui s'apprête à accueillir le RER E, des sièges sociaux venus de la Défense et qui sera, de fait, (si la LNPN se fait comme nous l'a dit un certain... Alain LE VERN) le véritable  "noeud ferroviaire de la Normandie"?

Rouen sans la Normandie ne sera jamais comme Nantes. Mais Mantes la Jolie...


Nos propositions (politiquement irréalistes bien entendu...)

1) Ne faire qu'une seule conférence territoriale d'action publique en Normandie

2) Etendre la coopération de projets et de finances du "276" (Conseils généraux de l'Eure, Seine Maritime, Conseil régional de Haute-Normandie et CREA) à l'ensemble du territoire normand en créant le...

G10 NORMAND

(CRHN; CRBN; CG27; CG76; CG14; CG61; CG50; CREA; CODAH; Caen La Mer)

 

LES VRAIES COULEURS DE L'INTERET GENERAL EN NORMANDIE

 

 

 

 

"Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement"

(Louis-Antoine De Saint Just)