Billet de Florestan:

La fusion portuaire, n'est qu'un prétexte. Derrière la fusion des grands ports maritimes normands et du port fluvial de Paris, se cache de moins en moins l'objectif politique de fusionner en une seule grande région mégalopolitaine, la Normandie, l'Ile-de-France et le Grand-Paris.

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En effet, Patrick Ollier, improbable président du Grand-Paris (un ovni territorial contesté) annonce sa volonté de créer un pôle métropolitain commun entre Paris, Rouen et Le Havre: il est probable que cette annonce sera officiellement confirmée le 11 février prochain à Rouen en présence d'Edouard Philippe, Anne Hidalgo et Nicolas Mayer-Rossignol.

C'est une vraie trahison du projet normand car l'outil du "pôle métropolitain" avait été créé lors de l'acte II de la Décentralisation sous le gouvernement Chirac-Raffarin avec l'idée de mettre en réseau les grandes villes d'une région pour la faire rayonner.

A l'époque, Jean-Pierre Raffarin pensait fortement à l'exemple normand d'une métropole régionale en réseau de villes avec Caen, Rouen et Le Havre: le Premier ministre poitevin décentralisateur n'était pas seul à y penser puisque nos géographes universitaires normands avaient beaucoup fait pour lancer et populariser l'idée d'une tripolitaine normande dans le débat public régional... En vain! Puisque nos trois villes et leurs "grands" élus ont préféré se regarder en chiens de faïence, vautrés dans le médiocre et minable confort intellectuel du localisme, ce même localisme empoisonné de clochemerle qui avait bloqué, des années durant, le retour à l'unité normande.

Et de ce pôle métropolitain normand dont ni à Caen, ni au Havre et encore moins à Rouen ils ne voulaient, voici désormais qu'au Havre et à Rouen ils en veulent pour mieux se nouer la corde parisienne au cou!

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Nous avions déjà alerté nos lecteurs de cette menace tout en nous rassurant sur le fait que c'est toujours plus difficile à dire qu'à faire: les réalités géographiques, historiques, géo-politiques, sociales, économiques, identitaires en terme d'espace-vécu, réalités parfois séculaires dans leur stabilité, que l'on songe, par exemple, à notre Normandie, ne sauraient disparaître comme par enchantement par la seule force d'une parole publique ou d'une volonté politique. Mais c'est bien la France universaliste et rationnaliste des Lumières qui a inventé, avec la Terreur révolutionnaire et l'épopée napoléonienne, la mise au pas du réel par la parole publique et l'action politique: on sait ce qu'il en adviendra, dans les régimes totalitaires du XXe siècle, de cette crue du fleuve de la politique et de l'Histoire sur la totalité des réalités humaines.

C'est une tradition française jacobine sinon parisienne: de beaux esprits pérorent et raisonnent sur ce que nous devrions être, sur notre avenir sans demander l'avis de personne et surtout pas des populations directement concernées, cela au nom de l'intérêt général car ils savent mieux que nous ce qui serait bon pour nous et nos enfants!

Ça suffit!

Ras-le-bol de tous ces belles personnes qui veulent en finir avec notre Normandie!

Qui refusent la réalité au nom de l'idée qu'ils peuvent s'en faire!

Puisqu'il s'agit de l'avenir de notre Normandie séculaire qui est un outil géo-historique, institutionnel et politique qui a encore toute sa pertinence si l'on considérait, enfin avec sagesse et humilité, la réalité, nous affirmons ici que si l'Axe Seine n'est toujours pas, en dépit d'une géographie particulièrement favorable, l'outil portuaire, logistique, industriel, économique de projection et de rayonnement de la France à l'international qu'il devrait être, c'est que depuis SOIXANTE ANS, les beaux esprits jacobins du centralisme parisien ont massacré le potentiel maritime normand en refusant que le développement et le gouvernement d'un enjeu d'intérêt national soit confié aux acteurs régionaux qui le font vivre là où il se trouve (principe de subsidiarité régionale)!

Depuis dix ans, on bavarde élégamment du Grand-Paris et de sa projection vers la mer, vers Le Havre sur l'Axe Seine: qu'ont-ils fait concrètement pour développer des projets financés?

RIEN!

La seule initiative d'importance provient du président du conseil régional d'une Normandie heureusement réunifiée depuis cinq ans:

Financer à hauteur de 300 millions la "chatière" permettant la liaison directe entre la darse du Port 2000 du grand port maritime du Havre et la Seine pour le trafic fluvial.

Nous n'aurons donc qu'un seul mot à dire à Monsieur Roland CASTRO...

 

TAISEZ-VOUS !!!

 

https://www.lejournaldugrandparis.fr/r-castro-il-faut-elire-la-metropole-au-suffrage-universel-et-fusionner-lile-de-france-et-la-normandie/

R. Castro : « Il faut élire la Métropole au suffrage universel et fusionner l’Ile-de-France et la Normandie »

19 janvier 2021

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« Sans réforme institutionnelle ambitieuse, il ne se passera jamais rien », estime Roland Castro à propos de la construction métropolitaine en Ile-de-France. Pour l’inventeur de Banlieue 89, pilier de l’Atelier international du Grand Paris (AIGP) et auteur du récent rapport du « Grand Paris à Paris en Grand », l’échéance des élections régionales à venir doit être l’occasion de relancer ce débat.

Pourquoi intervenez-vous aujourd’hui sur la construction institutionnelle métropolitaine ?

J’ai envie de balancer ma conviction sur la question du gouvernement du Grand Paris : je pense que tant que l’on n’élit pas la Métropole au suffrage universel direct [et non pas par fléchage sur les listes communales comme aujourd’hui, ndlr], il ne se passera rien. On aura une métropole du Grand Paris qui n’est quand même qu’un machin qui produit les entrailles, mais qui ne peut être le grand fabricant d’urbanité du Grand Paris. Nous n’avons pas, aujourd’hui, une institution qui prend la Seine dans son long, l’A86 dans sa continuité, qui envisage les questions dans leur généralité, comme je l’indiquais dans mon rapport. Le système permettant des organisations à géométrie totalement variable, que je proposais en 2019, a l’avantage de la souplesse mais n’est bon que pour conduire des projets.

Que proposez-vous ?

C’est l’histoire d’un pied trop grand dans une chaussure trop petite. Le pied c’est la Métropole, considérée comme la zone agglomérée dense, s’étendant tout de même sur 120 kilomètres et représentant un très long morceau de Seine, qui constitue le lieu qui réclame le plus de soins si l’on veut en faire un territoire agréable et climatiquement responsable. La chaussure c’est la Région, trop petite. Dès lors, je pense qu’il faut lancer une campagne pour créer la région Paris-Normandie. Comme une telle réforme suppose la disparition d’une des deux régions, il ne faut peut-être pas trop demander leur avis aux exécutifs directement concernés. Mais cela permettrait de construire à la fois le port et la Métropole, de former ainsi une vraie Région, avec de l’urbain et du rural. En Ile-de-France, nous avons un grand urbain et un petit rural.

Pourquoi souhaitez-vous un suffrage universel pour la Métropole ?

Tant qu’il n’y aura pas un vrai suffrage universel, il n’y aura pas de Grand Paris jusqu’au Havre. Les grands projets qui sont nécessaires, et dont on parle depuis des années, ne verront jamais le jour sans une telle réforme. Il faut créer ces lieux formidables, exceptionnels, qui donneront enfin au Grand Paris des alternatives à la seule attraction du centre historique. En procédant, lors de la rédaction de mon rapport, au mariage des communes par grappes de maires concernés par un même projet, décrivant un « qui fait quoi ? » entre l’Etat, les citoyens et les communes, j’avais trouvé une bonne méthode pour le projet. Mais je n’ai pas parlé de structures.

J’ai dit récemment à Anne Hidalgo et Patrick Ollier qu’il faut en finir avec la métropole des maires. Il faut absolument ce suffrage universel. Sinon, on n’y arrivera pas. Il y a tellement de choses qui ont été faites dans ce territoire à la disposition des élus. Cela me rend dingue de constater le nombre de niveaux de bureaucratie qui se sont accumulés, parce que l’on ne voulait froisser personne. C’est effrayant. Avec des bouts d’opérations d’intérêt national (OIN) absurdes, s’arrêtant aux frontières départementales, infranchissables… C’est invraisemblable. Je ne sais pas s’il faut supprimer ou non les Départements, élus au suffrage universel et qui possèdent une longue histoire. Mais dans le dessin de la Métropole, jusqu’à l’A104, englobant les villes nouvelles, il faut le suffrage universel.

Ne craignez-vous pas que l’attachement des élus, constamment répété, à cette métropole des maires aboutisse à ce que l’on fasse litière de votre proposition ?

Avant de réunir un consensus, il faut commencer par formuler des propositions. On voit bien, tout de même, que la bonne volonté ne suffit pas. Je l’ai dit également au président de la République. Il faut, alors que l’on entre dans une phase électorale, lancer le débat sur ces questions. J’ai beaucoup écrit, beaucoup montré ce qu’il faudrait faire. Il y a tout de même, dans le Grand Paris, l’énorme question de toutes les zones dites de non-droit, qui demeurent dans un état invraisemblable. S’il n’existe pas une autorité puissante pour s’occuper de ça, on n’y arrivera pas non plus. Il faut démembrer certains quartiers. J’ai fourni quelques preuves, par exemple lors des émeutes de 2005, que lorsque les quartiers sont bien construits, on ne les démolit pas. J’ai fait reculer le vote Front national avec Banlieue 89.

J’ai eu l’impression d’avoir écrit, en 2019, un rapport post-Covid. Lorsque je décris une métropole-oasis et ses 3 000 villages, c’est exactement ce qui s’est passé durant le premier confinement. Les gens ont découvert la proximité, l’importance du village en bas de chez eux. Comme tous les reclus, je m’énerve, car j’ai eu l’impression d’avoir ouvert de nombreuses pistes, extrêmement liées aux questions climatiques. J’ai tout de même construit une tour de jardins suspendus.

J’ai une vision et une pensée, qui me poussent à dire qu’il faut changer de braquet, se décider à bâtir une région réellement puissante, qui intègre le port de Paris, dans la lignée du projet d’Antoine Grumbach. Et il faut que les hommes politiques ne soient pas hostiles à ce qu’il existe des projets imaginés par des architectes. Nous sommes tout de même des citoyens. Nous avons beaucoup réfléchi à ces questions. Nous ne sommes pas que des techniciens urbains.


 

Voir aussi ces quelques articles de presse pour éclairer le contexte politique des déclarations de Roland CASTRO:

Grand Paris : la métropole va-t-elle être agrandie, supprimée ou ni l'un ni l'autre ?

https://www.latribune.fr/regions/ile-de-france/grand-paris-la-metropole-va-t-elle-etre-agrandie-supprimee-ou-ni-l-un-ni-l-autre-869894.html

 Par César Armand  |  05/01/2021, 8:00 | 1173 mots Lecture 6 min.

La super-intercommunalité francilienne aux 131 communes vient de fêter son cinquième anniversaire. Si son président Patrick Ollier rêve de mieux travailler avec le Havre sur l'axe Seine, les députés LREM d'Ile-de-France veulent la supprimer et la remplacer par un "pôle métropolitain".

La métropole du Grand Paris (MGP) a beau avoir célébré son cinquième anniversaire ce 1er janvier 2021, elle n'est pas à la fête. Dans une vidéo de vœux diffusée sur Twitter, son président (LR) Patrick Ollier « reconnaî[t] qu'on n'en parle pas suffisamment dans l'opinion », malgré la désignation d'un troisième vice-président (UDI), notamment chargé de l'information citoyenne, Philippe Laurent, maire de Sceaux, en juillet dernier.

Vers la fusion avec la métropole havraise ?

« Je pense comme Edouard Philippe et Anne Hidalgo que rien ne pourra se faire dans l'avenir si on n'est pas capable de réfléchir à la fusion dans l'action, d'abord dans la réflexion puis dans l'action, de la MGP avec la métropole du Havre et les ports du Havre, Rouen, Paris, avec l'axe de la Seine qui doit structurer cette réflexion », ajoute-t-il.

Plutôt que d'attendre un ''acte II de la métropole'', le maire de Rueil-Malmaison, soutenu par LREM aux dernières élections municipales, veut « aller sur place et rencontrer les équipes du Havre ». « Je crois savoir qu'autant le président de la République que le Premier ministre actuel [Jean Castex] sont déterminés à aller dans ce sens », assure-t-il encore.

En ce sens, Patrick Ollier se place sur la même ligne que celle défendue par la maire de Paris et le président du Havre Seine  Métropole d'un Grand Paris allant jusqu'au Havre, lors du Sommet du Grand Paris organisé par La Tribune le 29 septembre dernier.


 

La métropole du Grand Paris: un objet territorial mal identifié et contesté... contrairement à la Normandie!

Grand Paris : une proposition de loi LREM propose de transformer la métropole en un pôle métropolitain

Publié le 23 novembre 2020, par Jacques Paquier- Ile-de-France
Organisation territoriale, élus et institutions

https://www.banquedesterritoires.fr/grand-paris-une-proposition-de-loi-lrem-propose-de-transformer-la-metropole-en-un-pole

Trancher au moins provisoirement un débat qui n’a jamais cessé depuis la création de la Métropole du Grand Paris (MGP) en 2016 : c’est ce qu’entendent faire Pacôme Rupin et Guillaume Gouffier-Cha, deux députés LREM franciliens, en tentant d’inscrire à l’agenda de l’Assemblée nationale une proposition de loi qui reviendrait à supprimer la MGP.

 

@GrandParisMGP/ Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris

Transformer la Métropole du Grand Paris, établissement public de coopération intercommunale à statut particulier, en un pôle métropolitain, et les établissements publics territoriaux (EPT) en établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) de droit commun. C’est le contenu du projet de proposition de loi rédigé par deux député LREM, Pacôme Rupin (7° circonscription de Paris) et Guillaume Gouffier-Cha, (6° circonscription du Val-de-Marne), qui défraye depuis quelques jours une chronique du Grand Paris dont le volet institutionnel s’était quelque peu assoupi. Toute la question réside désormais dans la question de savoir si cette PPL sera bel et bien inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Autrement dit si elle bénéficie du soutien du gouvernement. Où si elle constituera une énième tentative avortée de faire bouger les lignes d’une construction intercommunale parisienne décidément laborieuse.

Car le texte des deux jeunes parlementaires n’y va pas par quatre chemins. Transformer la Métropole du Grand Paris en un pôle métropolitain, syndicat mixte regroupant des intercommunalités à fiscalité propre, composé sur la base du volontariat et dénué de ressources fiscales directes, reviendrait, en substance, à supprimer la Métropole du Grand Paris. Faire des actuels établissements publics territoriaux des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) de droit commun renforcerait en revanche cet échelon, notamment en sanctuarisant ses ressources fiscales, dont la loi NOTRe prévoit le transfert, dès 2021, à la Métropole.

Conflit fiscal et financier

C’est d’ailleurs pour tenter de résoudre le conflit larvé entre les deux niveaux d’intercommunalité à la parisienne que les deux députés LREM ont rédigé cette proposition de loi. Chaque année au Parlement, depuis trois ans, un conflit sur les ressources financières et fiscales respectives des deux échelons se répète à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances. La loi NOTRe du 7 août 2015 a en effet reconnu aux territoires de la Métropole du Grand Paris une autonomie fiscale temporaire, de transition. Elle prévoit que la cotisation foncière des entreprises (CFE), une recette d’un peu plus d’un milliard d’euros, soit transférée des caisses des EPT à celles de la MGP dès 2021. Les EPT auraient dû, selon les termes de cette même loi, perdre la dotation d’intercommunalité, une cinquantaine de millions d’euros par an, au profit de la Métropole du Grand Paris, dès 2018.
Une disposition annulée chaque année depuis 3 ans, les EPT parvenant à convaincre le législateur que la montée en puissance des compétences de la Métropole du Grand Paris n’ayant pas été à la hauteur de ce que prévoyait le législateur, il n’est pas possible de transférer ces recettes d’un niveau à l’autre sans compromettre la délivrance de services publics de proximité aussi essentiels que la collecte des ordures ménagères, effectivement assumée par les territoires. Cette année, la controverse sur les ressources respectives de la métropole et des territoires est rendue plus violente par la perspective d’une baisse potentiellement importante des recettes de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui constitue la principale ressource fiscale de la Métropole (plus d’un milliard d’euros par an), baisse à venir imputable à la pandémie.

Réquisitoire anti-métropolitain

Mais, au-delà de ce débat financier, l’exposé des motifs de cette proposition de loi apparaît comme un réquisitoire contre la Métropole. "Force est de constater que la Métropole du Grand Paris ne parvient pas à prendre la place qui était attendue et qu’elle reste très méconnue des citoyens franciliens et grand-parisiens, estiment Pacôme Rupin et Guillaume Gouffier-Cha. Les inégalités territoriales constatées ne se résorbent pas, en particulier du point de vue de la répartition des richesses, de la localisation des emplois et des pôles d’attractivité économique. Face aux enjeux climatiques, ajoutent-ils, l’enchevêtrement institutionnel et la lourdeur administrative freinent l’ensemble des acteurs publics comme privés. Le même constat peut être fait sur la question de la transition numérique et du développement des nouvelles technologies dans tous les territoires du Grand Paris", considèrent les élus.

"Le Grand Paris manque aussi de logements accessibles à toutes les catégories sociales et la mixité devient de plus en plus difficile à défendre. Du point de vue de l’urbanisme, il n’y a pas davantage de stratégie stable à long terme entre la densification et l’étalement urbain", soulignent-ils encore.

 

* défini par l’article 59 de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République
** créé par l'article 20 de la loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales

"L’impuissance de la MGP"

Extrait de l’exposé des motifs de la proposition de loi : "Le Grand Paris ne parvient pas à aboutir sur le plan institutionnel et politique, jugent les députés marcheurs. Trop complexe sur le plan institutionnel, trop faible financièrement et en matière de compétences, la MGP ne dispose pas de prérogatives claires lui permettant d’assurer une cohésion sociale, incarner une puissance publique et développer l’attractivité internationale de la Capitale du pays. L’opposition des élus au transfert de moyens financiers à la Métropole témoigne d’un blocage provenant de conseillers métropolitains eux-mêmes et empêche la réalisation du projet métropolitain. Le report indéfini de l’adoption du plan métropolitain pour l’habitat et l’hébergement (PMHH) et du Scot atteste, à titre d’exemple, de l’impuissance de la MGP".

Les trois articles de la proposition de loi

"La proposition de loi rédigée par Pacôme Rupin et Guillaume Gouffier-Cha, comprend trois articles. Le premier entérine la suppression, dans le code général des collectivités territoriales (CGCT), de la Métropole du Grand Paris et des établissements publics territoriaux, en prévoyant un délai d’un an après la promulgation de la loi pour la mutation des EPT en EPCI à fiscalité propre. Le deuxième précise les modalités de retour des EPT dans le droit commun des EPCI en conservant les mêmes périmètres géographiques". "Toutefois, il sera possible pour les communes d’adhérer à des EPCI voisins si elles le souhaitent, en accord avec les communes membres de ces EPCI et les représentants de l’État dans les départements concernés", est-il écrit. Enfin, l’article 3 organise la création d’un pôle métropolitain sur le territoire de la zone dense, afin de permettre une coopération renforcée ou une mutualisation de certaines politiques publiques entre les intercommunalités dans cette zone, ainsi qu’avec Paris, la région et les départements, "dans l’attente d’une réforme institutionnelle d’ampleur".


Autre élément de contexte: Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris ne fait pas mystère de sa candidature pour les prochaines présidentielles de 2022. La méga-fusion de l'Axe Seine "Paris-Normandie" pourrait faire partie de son programme avec l'actuel Nouveau Maire de Rouen comme ministre dans un gouvernement: des considérations qui nous éloignent fortement de nos urgences normandes... Les électeurs apprécieront!

Paris : « Idées en commun », la rampe de lancement d’Anne Hidalgo vers l'élection présidentielle ?

https://www.20minutes.fr/politique/2950215-20210112-paris-idees-commun-rampe-lancement-anne-hidalgo-vers-election-presidentielle

AMBITION Avec le déploiement prochain de la plateforme « Idées en commun » Anne Hidalgo et ses soutiens vont-ils jouer la même gamme que lors des municipales de 2020 ? Une formule qui s’était avérée gagnante mais à l’échelle locale.

Publié le 12/01/21 à 07h05 — Mis à jour le 12/01/21 à 07h05

  • Les proches d’Anne Hidalgo s’apprêtent à lancer une « plateforme d’idées » en vue d’une possible candidature de la maire de Paris à la présidentielle de 2022.

  • Cette démarche reprend les codes de « Paris en commun » qui avait permis la victoire d’Anne Hidalgo en juin 2020 à Paris. Mais avec cette fois une « dimension nationale et internationale ».

  • « Anne Hidalgo a les qualités nécessaires pour être candidate et elle est aujourd’hui la mieux placée pour rassembler la gauche et les écologistes dans une dimension présidentielle », indique-t-on dans son entourage sollicité par 20 Minutes.

Un jour sans fin. Des colonnes du Point et du Parisien, au Journal du Dimanche en passant par l’antenne de BFM TV, la même question, la même réponse. Anne Hidalgo sera-t-elle candidate à l’élection présidentielle de 2022 ? « Je prendrai toute ma part », rabâche-t-elle, sans jamais donner plus de précisions. Mais une évolution est notable. Il y a encore quelques mois, l’édile balayait tout destin national et assurait à tour de bras que « maire de Paris » était « le plus beau des mandats ». Dans son bureau – plus grand que celui du président de la République – elle tenait même avec l’art et la manière, à bien distinguer les deux fonctions.

« Chacun est à sa place. Être maire est aussi une grande responsabilité (…) C’est ce qui me plaît aujourd’hui, disait-elle à 20 Minutes. J’ai un immense respect pour la fonction de président de la République, mais je crois que les maires des grandes villes montrent qu’ils ont plus d’agilité pour changer les choses ». C’était en 2016. Depuis, les lignes ont bougé et rebougé, la gauche en petits morceaux se cherche, et Anne Hidalgo, boostée par sa victoire en juin 2020, pourtant loin d’être acquise au début de la bataille, s’impose par petites touches.

Anne Hidalgo, la gauche et les « Français »

Régulièrement citée comme possible candidate en 2022 et poussée par certains pour incarner une gauche « sociale-démocrate », « écologiste » et « universaliste », Anne Hidalgo tend à s’affirmer au niveau national pendant que son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, se montre de plus en plus présent pour assurer le SAV de l’exécutif parisien. Très critique envers l’action du gouvernement – notamment sur la stratégie vaccinale – la maire multiplie les rendez-vous avec les ténors de la gauche et des évolutions lexicales se font également sentir dans ses sorties médiatiques. Si depuis plusieurs années, elle évoque massivement « les Parisiennes et les Parisiens », il n’est désormais plus rare de l’entendre parler des « Français ».

« Les Français aiment les responsables combatifs qui ont des cicatrices et qui ont relevé de beaux défis surtout lorsqu’on est une femme », expliquait-elle au Point. En décembre 2020, alors qu’elle illuminait des Champs-Élysées tristement vides, elle déclarait auprès de 20 Minutes, au lendemain d’une charge contre les écologistes au sujet de la laïcité : « Les Français attendent des femmes et des hommes politiques qu’ils ne se cachent pas derrière leur petit doigt ». Dans le JDD, ce week-end, les « Français », encore : « Les Français ne veulent pas qu’on les enferme dans un second tour Macron-Le Pen ». Alors, louche-t-elle sur l’Élysée ?

« Elle a les qualités nécessaires pour être candidate et elle est aujourd’hui la mieux placée pour rassembler la gauche et les écologistes dans une dimension présidentielle. Il faut désormais laisser le temps au temps », détaille-t-on au sein de son entourage sollicité par 20 Minutes. En attendant, les petites mains vont s’agiter en coulisses pour préparer un éventuel allumage. Comme lors des municipales.

« Idées en commun », la formule magique ?

Dans les prochaines semaines, un nouvel étage devrait s’ajouter à la fusée. Selon les informations du Parisien, confirmées par l’AFP, la maire de Paris s’apprête à lancer sa plateforme de réflexion afin de faire émerger les questions qui se poseront en 2022. Il s’agit d’une plateforme d’idées, parrainée par Anne Hidalgo elle-même et pilotée par Emmanuel Grégoire, premier adjoint et son entourage. Son nom : « Idées en commun », reprenant ainsi la formule magique de la victoire de 2020. « C’est une initiative politique, qui reprend un système qui a fonctionné à Paris, pour préparer la présidentielle, qu’Anne Hidalgo soit candidate ou pas », détaille auprès de 20 Minutes, Rémi Féraud, président du groupe Paris en Commun au Conseil de Paris, et l’un des hommes-clés de la mandature d’Anne Hidalgo en 2014. Et de préciser : « Ça peut et doit servir à la construction d’une candidature de gauche et écologique qui soit en mesure d’atteindre le deuxième tour et de gagner ».

Comme pour les élections municipales, la plateforme doit permettre de s’affranchir de l’étiquette des partis, de « créer une dynamique » à travers « un mouvement sans adhésion ». « L’idée est de construire une offre politique qui a ses chances en 2022. Et pour beaucoup, Anne Hidalgo apparaît comme la meilleure personne pour la porter », reprend-on dans l’entourage de la maire. « Il y a autour de la maire de Paris beaucoup d’énergies, d’idées, d’envies, qui se sont manifestées ces derniers mois. L’idée est d’y répondre positivement avec cette plateforme. Nous souhaitons structurer cela au service de la gauche et en temps utile au service d’une incarnation qui n’est pas arrêtée », détaille Emmanuel Grégoire auprès de 20 Minutes. Et de rembobiner : « Sans faire de mystères, quasiment la majorité des personnes qui participent à l’aventure, considèrent qu’Anne Hidalgo est une option sérieuse et crédible ». Et jusqu’où « Idées en commun » est un copié-collé de « Paris en commun » ? « C’est une inspiration. Là on va s’occuper de la France. La dimension sera nationale et également internationale », note le premier adjoint. Mais la route est encore longue.

« Il ne faut pas avoir fait polytechnique pour décrypter son jeu »

Olivier Faure a réaffirmé dimanche qu’Anne Hidalgo ferait « une excellente présidente ». Pour espérer reconquérir l’Elysée dans seize mois, le premier secrétaire du Parti socialiste, implore depuis des mois une candidature unique à gauche au point que le trafic commence à être saturé. « En temps utile, Anne Hidalgo fera part de ses intentions. Elle ne cache pas qu’elle assumera de contribuer aux échéances et jugera à quelle place elle entend le faire », conclut Emmanuel Grégoire. En attendant, la droite parisienne​ déplore cette stratégie. « Il ne faut pas avoir fait polytechnique pour décrypter son jeu », raille-t-on sur les bancs de la droite parisienne, sollicitée par 20 Minutes.

« Tout irait bien pour les Parisiennes et les Parisiens, ce serait simplement critiquable et pas très honorable pour elle. Mais là, c’est juste désolant. Elle devrait être opérationnelle 24heures sur 24 auprès des Parisiens, au lieu de ça, elle se prépare pour un tour de piste. Elle se moque du monde », tacle-t-on. En attendant, première échéance et premier test pour « Idées en commun » avec les élections régionales et la candidature d’Audrey Pulvar, pour le compte d’« Ile-de-France en commun »