Et créer 50000 chômeurs normands de plus dans les vingt prochaines années.

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En effet, la Commission européenne, toute à ses lubies écologistes, vient de décider dans un nouveau paquet législatif de cadrage des futures lois nationales des états membres de l'Union européenne, que le marché automobile européen devra être orienté vers une motorisation tout électrique dès 2035 alors que les industriels de l'automobile qui, contrairement aux idéologues qui nous gouvernent, ont les deux pieds dans la réalité, espéraient pouvoir atteindre l'objectif du zéro carbone en respectant le principe de la "neutralité technologique".

La "neutralité technologique" consiste à développer les performances de l'actuelle diversité technologique dans les motorisations pour atteindre l'objectif de la neutralité carbone. Concrètement, des moteurs thermiques encore plus performants (par exemple, des moteurs à essence à deux litres), des motorisations à l'hydrogène peuvent légitimement avoir droit de cité aux côtés du moteur électrique dont il conviendrait d'établir le bilan carbone réel et complet (hors idéologie) si l'on avait un peu plus  le courage politique de tenir compte de l'utilisation des terres rares africaines pour fabriquer des batteries chinoises.

Mais, comme on pouvait s'y attendre, la Commission européenne suivie en cela par le Parlement européen, a décidé, de façon soviétique, l'exclusion de toutes les autres motorisations automobiles autre qu'electrique.

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(source: https://www.lesechos.fr/2007/01/automobile-moveo-relie-lile-de-france-et-les-deux-regions-normandes-519122)

Rouen, a défaut d'être totalement la métropole régionale de la Normandie, est sutout l'une des capitales mondiales de la motorisation automobile avec le technopole du Madrillet où les moteurs automobiles du futur sont imaginés ainsi que le projet d'une automobile totalement autonome par son intelligence artificielle.

Dans ce cadre normand et rouennais, en lien avec le pôle de compétitivité Movéo et les technicentres des deux grands groupes automobiles français (Renault-Nissan et Stellantis ex PSA-Peugeot), le moteur thermique avait encore un avenir et la perspective d'une motorisation à l'hydrogène était développé en lien avec les capacités énergétiques de la Vallée de la Seine qui pouvait ainsi anticiper la reconversion progressive de ses grands sites industriels de raffinage pétrochimique: cette option à l'hydrogène est donc condamnée par la Commission européenne qui lui préfère une filière de la motorisation électrique dont l'amont (fabrication des batteries) est déjà contrôlé par la puissance chinoise.

Seul point positif à ces annonces: l'acceptation du bout des lèvres de ces idéologues forcenés du libre échangisme, d'un peu de protectionnisme social et écologique aux frontières du marché commun européen pour protéger une industrie automobile européenne en pleine révolution...

La bataille d'arbitrage à Bruxelles, capitale mondiale du lobbying, ne fait que commencer: chaque détail du paquet législatif qui vient d'être annoncé va faire l'objet d'âpres négociations et arbitrages. Dans la bataille qui commence, l'objectif sera d'obtenir le retour au principe de "neutralité technologique" et la défense à Bruxelles de l'hydrogène normand qui est la seule solution pour épargner à la Normandie qui est encore une grande région industrielle, une nouvelle catastrophe économique!

Ce combat de la réalité contre l'idéologie en rappelle un autre, féroce, qui est en cours à Bruxelles au sujet de faire bénéficier ou non l'énergie électro-nucléaire d'une classification juridique favorable en raison de sa trace carbone minimale: là encore si ce combat devait être perdu, ce serait aussi une catastrophe pour la Normandie, 3ème région française productrice d'énergie notamment électro-nucléaire.

Pour mémoire et pour rappeler quelques réalités normandes, le PIB régional normand se fait encore dans l'industrie à hauteur de 25%. L'industrie automobile de l'amont vers l'aval, grands donneurs d'ordre et sous-traitants présents sur le territoire normand, est le 3ème employeur privé de la région.

Enfin, plus politiquement, on rappelle qu'un pays sans industrie ça n'existe pas et que sans sa base industrielle, une économie de service florissante ne saurait se développer. Pour la Normandie dont le profit social et économique est encore marqué par les classes populaires laborieuses (ouvriers, techniciens, employés, artisans, agriculteurs) cette réalité est politiquement importante et il est heureux que notre président de région, Hervé Morin, en ait totalement conscience.


 https://www.usinenouvelle.com/article/comment-la-france-veut-accompagner-l-industrie-automobile-dans-la-fin-du-thermique.N1122639

Comment la France veut accompagner l'industrie automobile dans la fin du thermique

Réunion de crise à l'Élysée. Le président de la République a rencontré les grands acteurs français de l'automobile le 12 juillet. Alors que l’Union européenne prépare des mesures drastiques contre les émissions de CO2, l’État promet d’accompagner les industriels du secteur.

C’est un appel à l’aide. Lundi 12 juillet au matin, les représentants de la filière automobile ont rencontré le président de la République Emmanuel Macron. Cette réunion intervient alors que la Commission européenne pourrait dévoiler de façon imminente une proposition visant à interdire les moteurs thermiques et hybrides des ventes de voitures neuves dès 2035. Devant l'inquiétude des industriels, la France compte négocier pour retarder la fin des moteurs hybrides.

“La question, c’est la survie de notre industrie”

“La question, c’est la survie de notre industrie. Je pèse mes mots”, prévenait vendredi 9 juillet Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), le lobby des industriels français du secteur. Selon différentes sources, la Commission européenne pourrait proposer une réduction des émissions de CO2 de 50%, voire 65% entre 2021 et 2030 pour les voitures particulières. "Il n’y aura plus qu’une seule solution qui permette de rentrer dans les normes européennes. Ce sera l’électrique à batterie”, a estimé le président de la PFA.

Les propositions de la Commission européenne devront tout de même être négociées. La réunion du 12 juillet a permis d'affiner la stratégie française. "Le président a engagé l'ensemble des participants à converger vers une seule et même position de façon à parler d'une voix unifiée à Bruxelles", confie une source de l'Élysée.

Ce que la France compte défendre pour 2030 et 2035

À l'horizon 2025, la France compte défendre des "objectifs inchangés". "Ce sont des délais très rapprochés qui ne permettent pas une adaptation rapide de l'outil industriel", argumente-t-on du côté du président de la République. Les normes européennes prévoient actuellement une réduction des émissions de CO2 de 15% entre 2021 et 2025 pour les voitures particulières.

Pour 2030, les normes existantes portent sur une diminution de 37,5%. Mais la Commission européenne pourrait durcir cet objectif à -50% au bas mot. Selon la PFA, un tel objectif nécessiterait au moins 42% de véhicules électriques dans la flotte européenne. "En France, cela veut dire davantage parce que nous savons très bien que cela ne sera pas du tout homogène sur l’ensemble des pays", signale Marc Mortureux, directeur général de la PFA.

(Commentaire de Florestan: concrètement, le risque est aussi social et politique avec, d'un côté, des bobos urbains tout électrique du SUV à la trotinette et, de l'autre, des Gilets Jaunes populo-ruraux roulant dans de vieilles bagnoles thermiques déjà exclues des centres des grandes villes avec les zones à faibles émissions.)

En mai 2021, les voitures électriques représentaient à peine 7% des ventes françaises, bien en dessous des 42% évoqués par la PFA. Il faudrait donc une montée en puissance colossale des ventes de véhicules électriques. Mais la mission ne semble pas impossible à l'Élysée. "La filière a crédibilisé un scénario à -50%", assure l'entourage du président. "Nous pensons qu'un objectif de -55% serait une bonne base de discussion", ajoute la source, précisant que ce scénario dépend tout de même d'un plan de soutien au niveau européen.

Autre sujet sur la table: l'éventuelle interdiction des moteurs hybrides dès 2035. Cette piste inquiète sérieusement les constructeurs automobiles, alors qu'un bon nombre d'entre eux y voyaient une technologie de transition avant le passage au tout électrique. Un point de vue partagé par Emmanuel Macron. "Nous n'avons pas acté la fin du moteur thermique en 2035 parce que, de fait, cela vient fermer la porte à l'hybride en 2035 également", indique la source de l'Élysée.

L'État se dit "ouvert" à de nouveaux soutiens

En mai 2020, pour secourir un secteur paralysé par la crise sanitaire, le gouvernement avait dévoilé un plan de relance automobile de 8 milliards d’euros. Plus récemment, l’État s’est mobilisé pour créer un écosystème de la batterie en France. Mais selon la PFA, il en faudra plus pour éviter un “scénario catastrophe” qui pourrait se traduire par la suppression de 100 000 emplois sur plus de 400 000.

Le président de la PFA a assuré qu’un “scénario du rebond” restait possible. Selon la PFA, la filière automobile française devra investir 17,5 milliards d’euros d’ici à 2025 pour réaliser la transition électrique: 6,6 milliards pour les batteries, 1,2 milliard pour l’hydrogène, 900 millions pour l’électronique de puissance, 275 millions pour l’économie circulaire et 8,5 milliards pour les bornes de recharge. Luc Chatel a appelé à un “accompagnement massif des pouvoirs publics”.

"Face à cette demande, le président de la République et les différents ministres ont dit qu’ils étaient ouverts à soutenir ces investissements", rebondit l'entourage du chef de l'État. Le détail de ce plan de ce plan reste à définir, mais il pourrait être dévoilé en septembre.

Les points noirs de la compétitivité française

Élément clef pour l’acceptation des voitures électriques, le réseau de bornes de recharge peine à se densifier. Fin juin, l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France) ne comptait que 33 363 points de charge installés sur un objectif de 100 000 à la fin de l’année 2021.

Et ce n’est pas le seul chantier dans lequel la France accuse du retard. “80 % des robots installés pour l’automobile dans le monde sont concentrés sur cinq pays: la Chine, le Japon, l’Allemagne, les États-Unis et la Corée du Sud. La France n’est pas dedans”, déplorait Luc Chatel avant sa rencontre avec Emmanuel Macron.

Le président de la PFA a aussi alerté sur les écarts de coûts de fabrication entre la France et les autres pays européens. Cet écart peut atteindre 300 euros par véhicule, en prenant en compte les pays d’Europe du Sud, ou même 600 euros face aux pays d’Europe centrale. “C’est absolument considérable, souligne Luc Chatel. Cela justifie le fait que la France ait du mal à capter les investissements du futur.” Sur ce point, l'Élysée assure poursuivre la réflexion sur des zones franches où les entreprises pourraient bénéficier d'impôts de production réduits.

(Commentaire de Florestan: autre point noir, le positionnement de l'industrie automobile française sur le moyen de gamme qui était compensé par l'excellence française dans la motorisation automobile thermique. On rappelle que la très allemande Classe A Mercedes a sous le capot un moteur Renault... normand  fabriqué dans l'usine de Cléon.)


Lire aussi ce communiqué de presse de la préfecture régionale de Normandie qui annonce d'importants investissements pour développer la production de l'hydrogène dans la vallée de la Seine normande: si la Commission européenne confirmait son obsession du tout électrique, cela risque d'être compliqué...

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Sur les intentions de la Commision européenne, on lira aussi cet article des Echos:

https://www-lesechos-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.lesechos.fr/amp/1332143