LNPN: Il faudrait que les Parisiens cessent de délirer et que les Normands reprennent la main!
Faute d'un portage politique fort, car dans les sous-pentes de Matignon on se cogne un peu trop la tête et on n'arrive pas à se tenir droit, et comme les Normands se sont vus dépossédés par l'actuelle majorité hollandaise (à la demande du lobby fabiusien qui était tout sauf un lobby normand) au profit d'un obscur préfet délégué interministériel, la direction politique du projet d'intérêt national dit de "L'Axe Seine" avec la LNPN en son centre, alors il ne faut s'étonner de l'information suivante, pour le moins incongrue et qui nous fait fâcheusement revenir au printemps 2009 tout en posant quelques questions stratégiquement essentielles:

1) Confier à l'Etat central la conduite du développement, de la valorisation et de l'aménagement de la Basse Seine normande ou plutôt, de la Seine maritime normande, n'aboutit à pas grand chose selon le vieil adage que "charité ordonnée commence par soi-même". En effet, l'Etat vient de démontrer que certains projets déclarés d'intérêt national le sont moins que d'autres...
2) Quant à espérer la même considération de la part des élus grand-parisiens ou franciliens c'est surtout prendre le risque d'avoir, à la fois, l'incurie de l'Etat central et une ingérence brouillonne, à la limite du mépris dans nos affaires normandes pour la bonne et simple raison que la Normandie vue depuis Paris ne peut être qu'une banlieue utile réduite à une vallée de la Seine prolongée jusqu'au Havre et Deauville selon la vision avec oeillères proposée par ces grands bourrins harnachés d'idées grandioses grand-parisiennes que sont Grumbach, Orsenna et Attali!
C'est la raison pour laquelle il faudra de toute urgence et dès qu'il sera possible de le faire (après 2017) rebâtir un pilotage 100% normand de la LNPN et des projets de l'Axe Seine avant de négocier l'indispensable coopération avec la région Ile de France.
Sinon...
http://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-lnpn-quand-lile-de-france-rebat-les-cartes-4240178
Le nouveau conseil régional d’Île-de-France pense à un nouveau tracé pour la Ligne nouvelle Paris-Normandie. Depuis Roissy et sur la rive droite de la Seine.
/http%3A%2F%2Fwww.ouest-france.fr%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage-640x360%2Fpublic%2F2016%2F05%2F20%2Flnpn-quand-lile-de-france-rebat-les-cartes.jpg%3Fitok%3DwTvDvg21)
Au détour du forum des estuaires de Deauville, jeudi soir, Jérôme Chartier, 1er vice-président de l’Île-de-France (LR) a jeté un petit pavé dans la mare, à la surprise d’Édouard Philippe, maire du Havre, et d’Hubert Dejean de la Batie, vice-président de la Normandie.
Le vice-président de Valérie Pécresse ne croit pas au tracé « mixte » de la Ligne nouvelle Paris Normandie qui se sépare en Y dans l’Eure vers Rouen-Le Havre et Caen-Cherbourg. S’appuyant sur la thèse d’un ingénieur en retraite, Jérôme Chartier préfère « une ligne à grande vitesse directe Roissy-Le Havre sur la rive droite. Elle coûterait huit milliards mais, avec des retombées socio-économiques de cinq milliards par an, elle serait financée aux deux tiers dès la première année ».
Une autre ligne droite est encore avancée toujours au départ de Roissy mais jusqu’à Caen en franchissant la Seine après un Y dans le Vexin normand. Il faudrait alors traverser la forêt domaniale de Montmorency. Ce qui ne serait pas une mince affaire.
Commentaire de Florestan:
Merci à Xavier Oriot de Ouest-France pour avoir levé ce lièvre devant notre vigilance normande...
Analyses et commentaires de Michel Duval:
1) 2è paragraphe
Il est écrit … « Jérôme Chartier préfère une ligne à grande vitesse directe Roissy-Le Havre sur la rive droite. Elle coûterait huit milliards mais, avec des retombées socio-économiques de cinq milliards par an, elle serait financée aux deux tiers dès la première année »…
Des détails ! Des détails !
1ère question :
« Les usagers en partance ou à destination du Havre seraient-ils plus nombreux à destination ou en partance de Roissy, ou de Paris et Rouen ? » Ce cas de figure ressemble furieusement à une LGV pour VIP ! Quel intérêt pour la plupart des autres usagers ? »
2ème question :
« D’où proviennent les retombées socio-économiques de cinq milliards par an ? »
2) 4è paragraphe
Il est écrit … « Reprendre à zéro. Ces alternatives ont de quoi surprendre alors que les études sur les trois tronçons prioritaires Paris-Mantes, Mantes-Evreux et Rouen-Yvetôt avec une nouvelle gare sur la rive gauche de Rouen sont en cours. Le tracé sera soumis à enquête publique en 2017, préalable à la déclaration d’utilité publique vers 2019-2020, pour une mise en service en 2027. Revenir sur ce tracé, qui avait fait l’objet d’un débat public, provoquerait un retard de dix ans. Il faudrait tout reprendre à zéro et rouvrir un nouveau débat public. »
1er commentaire :
« Pas d’objection aux tronçons Paris-Mantes, Mantes-Evreux et au classement prioritaire de Paris-Mantes. En revanche, si le tracé Rouen-Le Havre par Yvetôt sur la rive droite de la Seine a été retenu, c’est à l’issue d’un débat biaisé, comme le pensent un certain nombre de géographes universitaires normands et moi-même. Le coût d’un franchissement ferroviaire de l’estuaire de la Seine (dans le cas du scénario C) a été surestimé à cause d’une option technique contestable (tunnel foré alors qu’au moins une partie du tunnel peut être composée de caissons immergés, d’où une contrainte de pente moins exigeante et un dénivelé d’environ 35 mètres) alors que le coût d’un franchissement ferroviaire de la Seine entre Rouen St Sever et Yvetôt avec un dénivelé cumulé d’au moins 120 mètres n’a pas été vraiment été évoqué ! »
2ème commentaire :
« Effectivement, dans le cas d’une reprise à zéro, « ça craindrait ». Mais si on renonçait au tracé retenu sur la rive droite entre Rouen et Le Havre par Yvetôt pour revenir à un scénario C revu et corrigé, et sincèrement estimé, cela ne provoquerait pas un retard de dix ans, et un nouveau débat public sur ce cas de figure serait moins lourd que sur l’hypothèse « LGV Roissy-Le Havre en rive droite »… »