Alors que Macronaparte 1er foulait, ce 17 juillet 2017, les moquettes épaisses du Sénat à l'occasion d'une très orwellienne "conférence territoriale" pour asséner son mépris jupitérien aux collectivités territoriales sommées de cracher jusqu'à 10 ou 13 milliards d'euros d'économies au bassinet alors qu'elles sont déjà "à l'os", alors que de nouvelles fusions sont envisagées entre départements, communes ou entre départements et métropoles (un danger essentiel pour l"existence même de la Normandie dont la partie séquanienne pourrait être définitivement satellisée par la région parisienne), alors que l'association des maires de France craint, avec la suppression de la taxe d'habitation, la fin du principe constitutionnel d'autonomie de gestion et de finances des collectivités territoriales dans une République toujours aussi jacobine mais officiellement décentralisée, la question d'un meilleur découpage régional que celui qui nous fut imposé depuis un coin de table de Matignon en 2014 refait surface ces temps-ci à l'occasion d'un article paru dans le dernier numéro de l'Express (17 juillet 2017) faisant état des propositions du géographe breton Jacques LESCOAT qui propose, à peu de choses près, notre projet de carte de France à 16 régions:

Les lecteurs et lectrices de l'Etoile de Normandie apprécieront tout particulièrement l'argumentaire qui suit puisque nous n'avons jamais cessé de clamer dans un désert relatif les évidences à lire ci-après...

Pour être honnête, nos amis réunificateurs bretons de l'Union Démocratique Bretonne (UDB) ont aussi publié les mêmes analyses ainsi qu'une carte similaire notamment pour l'Ouest français avec quatre régions géo-historiques évidentes: Normandie, Bretagne, Val de Loire et Poitou-Charentes.

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/un-autre-redecoupage-territorial-etait-possible_1924229.html

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Jacques Lescoat, docteur en géographie, plaide pour un découpage administratif respectant les identités régionales.

La réforme territoriale restera comme l'une des rares actions marquantes du quinquennat de François Hollande. Hélas, elle restera aussi comme l'un de ses échecs les plus spectaculaires car les grandes régions, qui en constituent le coeur, ont en effet été créées dans l'improvisation la plus totale

C'est ce que dénonce, parmi d'autres, Jacques Lescoat, administrateur territoriale et docteur en géographie, dans un petit opuscule très convaincant. "Précipitation", "ignorance coupable", "négation de la géographie française": le réquisitoire est sévère, mais juste. Comment, s'étonne-t-il, a-t-on pu dessiner une "Nouvelle Aquitaine" partant, au sud, des Pyrénées, pour tangenter, au nord, les bords de Loire?  

S'appuyer sur l'héritage naturel

Pour créer de "grandes régions"? Balivernes! Elles étaient déjà les plus vastes de toute l'Europe avant la réforme (à l'exception espagnole près) et sont désormais des géantes aux pieds d'argiles: elles ont "près de trois fois la taille moyenne des régions italiennes et deux fois celle des régions allemandes. Pour un gain économique plus qu'hypothétique, mais avec des effets négatifs d'ores et déjà certains car, au passage, elles ont perdu leur identité. 

Une erreur fondamentale, selon Jacques Lescoat, qui propose précisément de s'appuyer sur l'héritage naturel (les fleuves, les montagnes, les plaines et les plateaux) et culturel des régions françaises.  

En bon breton, il reconstitue évidemment la Bretagne historique à cinq départements, en rattachant la Loire-Atlantique à l'actuelle entité administrative. Il redonne à l'Alsace son autonomie, stupidement diluée dans un Grand Est qui s'étend de la frontière allemande au bassin Parisien. Il crée une région Val de Loire cohérente autour du grand fleuve et de ses affluents (Sarthe, Mayenne, Indre, Cher...). Il agrandit l'Île-de-France, en lui rattachant l'Eure-et-Loir, déjà aimanté par Paris. Du découpage gouvernemental, il ne retient finalement que le maintien des régions anciennes et, à juste titre,  la fusion des deux Normandie. 

Étendre encore la région Île-de-France?

On peut évidemment ne pas partager toutes ses convictions. Il défend avec fougue la création d'un "Massif central" réunissant l'Auvergne et le Limousin? C'est oublier que, privée d'une métropole digne de ce nom, une telle région partirait avec un sérieux handicap et que, par ailleurs, Clermont-Ferrand est attirée par Lyon et Limoges par Poitiers. Il plaide pour un retour aux anciennes régions Aquitaine et Midi-Pyrénées ? C'est faire peu de cas de l'identité gasconne, ignorée par cette division. Quant à l'élargissement de l'Île-de-France, suggestion pertinente, il pourrait également se justifier pour le sud du département de l'Oise. 

Il n'empêche. Au moins la vision de Jacques Lescoat est-elle solidement argumentée et réfléchie. On aurait aimé en dire autant de celle de François Hollande. 


 Pour mémoire, voici la carte que nous avions publié et diffusé au printemps 2014 et que nous avions envoyé à Monsieur Alain Rousset alors président de l'association des régions de France: nous avions eu, après cet envoi, un accusé de réception très chaleureux de la part de son directeur de cabinet alors que Monsieur Rousset espérait encore pouvoir co-piloter la réforme régionale avec le très jacobin ... Manuel Valls.

Sur cette carte nous pensons tenir compte complètement des principes évidents proposés par Jacques Lescoat:

Nous avons aussi hésité avec l'Oise, l'ancien Valois dépendant de l'ancienne Ile de France: en 2014, nous la laissions en Picardie. Aujourd'hui nous remettrions l'Oise en "France" en conséquence de la création de la région "Nord-Picardie" stupidement dénommée "Hauts-de-France".  En revanche, pour l'Est, nous redonnons leurs identités régionales aux Lorrains et aux Champenois qui ont toujours travaillé avec Paris depuis Troyes et Reims. Il n'y a pas que l'Alsace à disposer d'une identité régionale à l'Est de Paris tout comme les Bretons pour l'Ouest...

Nous réunifions le Dauphiné (les Hautes-Alpes ont plus de liens avec Grenoble qu'avec Marseille ou Nice) et nous réunifions la Gascogne (le Gers avec les Landes): ce faisant, nous réunifions le véritable Languedoc (Toulouse- Montpellier).

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