Nouvelle revue de presse normande au 29 juillet 2020 pour compléter la précédente car un certain nombre d'événements méritent notre attention normande...

Une fois de plus, la SNCF n'est pas à la hauteur des urgences normandes: Hervé Morin, contrairement à d'autres régions avait fait le pari de la légitimité en renouvelant sa confiance à l'opérateur dit "historique" alors que d'autres régions françaises se sont montrées intéressées par une privatisation de leur responsabilité de service public en matière ferroviaire.

Le déploiement des nouveaux matériels type Omnéo-Bombardier devait se faire en bon ordre cette année 2020: c'est essentiel pour renouveler la qualité du service public ferroviaire normand, voire, pour en assurer la survie alors qu'on nous rebat les oreilles sur le changement climatique et la transition énergétique alors que le projet de LNPN est  repoussé aux calendes grecques...

Malheureusement, il n'en est rien: la crise du COVID n'expliquant pas tout, la SNCF se montre une nouvelle fois incapable d'être à la hauteur de ses engagements à l'égard de la Normandie.

Face à cette situation, il ne restait au président de région normand que l'option judiciaire:

https://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-le-president-de-la-region-attaque-la-sncf-reseau-en-justice-6920988

Normandie. Le président de la Région attaque la SNCF Réseau en justice

Hervé Morin, président de la Région Normandie, a annoncé sur Twitter qu’il engageait une procédure devant les juridictions administratives à l’encontre de la SNCF Réseau, mardi 28 juillet 2020.

L’annonce est tombée via un tweet. Hervé Morin, président de la Région, las des problèmes accumulés sur les lignes normandes ferroviaires, annonce attaquer la SNCF Réseau devant les juridictions administratives, mardi 28 juillet 2020.

Hervé Morin précise dans un second tweet que La Région Normandie suspend ses paiements à la SNCF à partir d’aujourd’hui, jusqu’à ce qu’un plan d’actions crédible soit mis en place.

Des dysfonctionnements en pagaille

Pannes, grèves, matériel vieillissant… Le réseau ferroviaire normand est un dossier épineux depuis des années.

Le député de la Manche, Philippe Gosselin, a exprimé, comme beaucoup d’internautes, son énervement après les nombreux retards des lignes normandes au départ de la gare Saint-Lazare, à Paris.

Le président de Région hausse le ton

Lors d’une réunion publique à Caen, mercredi 1er juillet 2020, le président de Région avait par ailleurs rappelé qu’un plan d’investissement, à hauteur de 2 milliards d’euros, était sur la table pour améliorer le réseau ferroviaire normand. C’est un plan long, qui met du temps à produire ses effets. Mais j’ai bon espoir d’améliorer le confort de la circulation et de diminuer les retards d’ici à la fin de l’année, avait-il déclaré.

Visiblement, Hervé Morin perd patience et hausse le ton, avec cette attaque en justice.

Depuis des mois, la Région est sollicitée directement par des usagers à bout. Hervé Morin avait déjà exprimé son mécontentement à ce sujet à plusieurs reprises, comme lors de la pré-inauguration du nouveau train Omneo de Bombardier, à Rouen, en février 2020.

Commentaire de Florestan:

Les mauvaises langues diront que l'inquiétude d'Hervé Morin au sujet des dysfonctionnements de la SNCF est liée à la proximité des prochaines élections régionales de mars 2021. Il serait, en effet, très regrettable que des électeurs mal intentionnés et SURTOUT mal informés (comme on peut le craindre) des dossiers normands s'en prennent au président de région et à la majorité régionale sortante alors que c'est, précisément, ce président de région qui a pu, enfin, nous trouver une solution viable et concrète pour résoudre la lancinante question ferroviaire normande qui fait partie des lourds passifs laissés par plus de 50 années de division régionale normande et le sous-investissement chronique afférent...

Dès que le moment pourra s'en présenter il faudra certainement passer de la SNCF à la société normande des chemins de fer, c'est-à-dire en passer par un opérateur privé comme la loi l'autorise désormais.

Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/bernay_27056/incidents-a-la-sncf-en-colere-herve-morin-annonce-l-ouverture-d-une-procedure-contentieuse_35180280.html


  •  La Normandie, première région mondiale productrice de fibre de lin s'engage dans la reconstruction d'une industrie textile normande complète: teillage, filage et tissage avec le soutien volontariste de la région.

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Lire le communiqué de presse de la région Normandie (27 juillet 2020):

La Région Normandie soutient le projet de filature normande porté par NatUp

Hervé Morin, Président de la Région Normandie, a visité aujourd’hui, à Saint-Martin-du-Tilleul, le groupe coopératif NatUp, né de la fusion en décembre 2018 de Cap Seine et Inferface Céréales. A cette occasion, le Président de Région a affirmé le soutien régional au projet de NatUp de relocalisation d’une filature de lin en Normandie.

L’objectif majeur de NatUp est de développer des marchés diversifiés, alimentaires et non alimentaires, en France et à l’international. Le groupe accompagne notamment les agriculteurs dans la diversification de leurs activités dans les filières, alimentaires et non alimentaires vers de nouveaux modèles agricoles plus résilients, écologiquement performants et en lien avec toutes les parties prenantes.

Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à l’impact carbone de leurs achats, entraînant une augmentation des ventes de produits locaux, régionaux et en circuits courts. Cette tendance s’est vérifiée pendant la crise sanitaire, se portant en premier lieu sur l’alimentaire. Le textile devrait également être rapidement concerné par ce changement de mode de consommation.

La coopérative Nat’up, déjà implantée en Normandie, projette d’installer une filature normande, à proximité des zones de production de lin, et d’investir sur l’aval de la filière. Ce projet se situe entre 3 et 4 millions d’euros. La Région soutiendra financièrement ce projet.

« Ce projet de filature, nous le soutenons. Il permet de relocaliser une partie de l’activité et de bâtir le chaînon manquant, souhaité depuis longtemps. Grâce à NatUp, la boucle est enfin bouclée. » a déclaré Hervé Morin, Président de la Région Normandie

Il s’agira de créer une plateforme pour la structuration et la fédération des acteurs du lin textile normand autour de 2 outils :

- un outil productif pour permettre à la filière de se compléter et d'avoir l'ensemble des maillons de la chaine de valeur sur notre territoire : l’objectif est de produire au départ 250 tonnes de fils par an et de créer une filière tracée 100 % fabriqué en Normandie.

- une plateforme collaborative, lieu d'échange sur les travaux d'innovation, de communication et de marketing afin d'apporter ensemble les réponses aux questions autour de la création de valeur.

Nat’up participe activement aux nombreux plans agricoles innovants portés par la Région. A l’instar du Plan Protéines Végétales, NatUp est également partenaire sur différents projets :

- PROVEG, porté par Unilasalle, aux côtés de l’Université de Rouen GlycoMEv, CER France Normandie Maine, le lycée agricole d’Yvetot, sur 4 légumineuses (féveroles, lentilles, pois, lupin) et quinoa, avec fléchage d’espèces à potentiels, essais terrains avec association de cultures (agro écologie). Ce projet a reçu une subvention régionale de 300 000 euros en juillet 2020.

- LEGGO LEGumineuses Grand Ouest, porté par les chambres d’agriculture de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire, co-financement des Régions Normandie (50000 euros), Bretagne et Pays de Loire.

Natup participe également aux opérations de promotion des circuits courts avec le Plan « Je mange Normand », permettant de privilégier la consommation de produits locaux et régionaux dans les restaurants scolaires.

NatUp en quelques chiffres

- Plus d’1,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires

- 7 000 agriculteurs dont 5 000 adhérents actifs

- 1 550 salariés

- 220 sites sur 8 départements (Territoire : 27, 28, 60, 61, 76, 78, 80, 95)

Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/saint-martin-du-tilleul_27569/saint-martin-du-tilleul-morin-apporte-son-soutien-a-la-filature-de-lin_35181628.html

Commentaire de Florestan:

La commune bien nommée "Saint-martin-du-Tilleul" va donc voir le retour de la première manufacture de filage normande depuis bien longtemps, puisqu'ici le mot "tilleul" ne fait pas référence aux arbres du même nom mais, bel et bien, au procédé du "teillage" qui consiste à extraire la fibre de lin de sa gangue végétale pour en faire une filasse qui torsadée fera le fameux fil de lin aujourd'hui tant recherché pour toutes ses qualités...


  •  Fret transmanche: le gouvernement Castex redécouvre subitement l'intérêt de doter nos ports d'un hinterland logistique efficace. Le port de Cherbourg est concerné. Après des années d'impérities, on ne pourra que saluer ce nouveau regain d'intérêt mais on se doit de rester très méfiant car il n'y a plus de politique maritime et logistique structurelle de long terme en France si jamais il n' y en eut une!

https://www.ouest-france.fr/politique/jean-castex/fret-ferroviaire-le-premier-ministre-jean-castex-annonce-la-creation-d-autoroutes-ferroviaires-6920038

Le Premier ministre Jean Castex veut lancer la reconquête ferroviaire, a-t-il annoncé lundi 27 juillet lors d’un déplacement à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), aux côtés de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Après les annonces des mesures du gouvernement sur l’écologie, dévoilées en début de journée, il veut renforcer fret ferroviaire, rapporte France Info. Il a également signé dans Ouest-France une tribune pour livrer sa vision de l’écologie.

Pendant la crise du Covid-19, on a été bien content d’avoir le fret ferroviaire pour transporter les denrées alimentaires. Le gouvernement a décidé la gratuité des péages [pour le fret ferroviaire] jusqu’à la fin de l’année 2020 et une division par deux en 2021 du prix de ces péages.

Cela représente 63 millions d’euros en 2020 et encore 63 millions en 2021, selon Matignon. Grâce à ces incitations, l’État espère voir 20 000 poids lourds de moins sur les routes en 2021, correspondant à 425 000 tonnes de CO2 émis en moins.

Développer le fret ferroviaire pour transporter les marchandises

Nous avons la ferme intention non seulement de rouvrir mais de développer ces autoroutes ferroviaires, a tenu à préciser le Premier ministre. La ligne de fret Perpignan-Rungis va notamment rouvrir et s’inscrira dans un contexte plus large qui ira d’Anvers à Barcelone, a annoncé Jean Castex. Jusqu’en juillet 2019, le train des primeurs, formé de wagons réfrigérés, transportait chaque nuit fruits et légumes produits dans les Pyrénées-Orientales vers le marché de Rungis. La ligne devait être relancée fin 2019 vers la plateforme multimodale de Valenton (Val-de-Marne), plutôt qu’à Rungis où la gare doit être modernisée, mais les clients ne se sont pas précipités.

Commentaires de Florestan:
Cherbourg- Bayonne: Très bien! Mais l'axe "Plantagenêt" franchit les Pyrénées pour aller en Espagne. En revanche, lorsqu'un Premier ministre par ailleurs maire d'une petite ville du Roussillon nous parle de l'axe Anvers- Barcelone cela nous confirme, hélas, ce que nous savons ici: Le port Havre n'est plus sur un axe logistique européen majeur. Le Premier ministre actuel s'intéresse enfin à la logistique contrairement au précédent, un certain Edouard Philippe redevenu maire du Havre.
Voir aussi:
Nos craintes quant au sérieux de l'actuel virage officiel effectué en faveur de notre économie maritime et du fret ferroviaire seront confirmées en consultant les liens suivants:
Frédéric Montcany de Saint-Aignan, président du "cluster maritime français" se réjouit que le retour du ministère de la Mer se fasse sur la base d'un périmètre élargi: on ne partagera pas ici sa satisfaction car toute la question est de savoir si il existe une administration centrale dans l'Etat français ayant une culture maritime suffisante pour vivre concrètement un ministère de la Mer... On craint d'avoir à répondre négativement à cette question.
Voir aussi:
Panne moteur d'un gros cargo au large de Saint-Vaast-la-Hougue... Vivement le retour de la marine marchande à la voile!

  • Un journaliste du Figaro particulièrement lyrique, célèbre Coutances, la "Tolède du Cotentin" dans une série d'articles invitant le globetrotter parisien privé d'avion en raison de la crise sanitaire, à faire preuve d'imagination et de curiosité intellectuelle en redécouvrant les richesses exceptionnelles de la France: le tour du monde peut se faire chez nous et la Normandie n'est pas en reste...

https://www.ouest-france.fr/normandie/coutances-50200/coutances-la-tolede-du-cotentin-selon-le-figaro-6921022

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« Coutances – à condition de rester à bonne distance – serait sœur jumelle de Tolède. » La rédaction du Figaro, dans son numéro consacré au « Tour du monde sans quitter la France », a posé un pied à Coutances.

La rédaction du Figaro a d’abord fait un détour par la cathédrale Notre-Dame. « De là-haut, paraît-il, quand le temps le permet, on peut voir la mer. Du moins on le pouvait. »

Le Jardin des plantes, le café du parvis, la halle aux poissons, tout ce mélange fait penser à l’Espagne. Les journalistes ont même déniché quelques bons plans. Avis à tous les futurs visiteurs, « où qu’on aille à Coutances, un clocher nous domine ». Un article qui nous donne envie de (re)découvrir la ville.

Commantaire de Florestan:
"où qu'on aille à Coutances, un clocher nous domine..."
Ce n'est, hélas, pas aussi sûr!
Coutances est la "Tolède du Cotentin" tant qu'on ne voit pas à l'horizon l'éolienne géante de Gratot, posée sur la colline d'en face (côté Nord) et qui est en co-visibilité avec les tours de la cathédrale...

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http://www.sppef.fr/2015/02/16/la-cathedrale-de-coutances-et-son-eolienne-situee-a-3-km/

On ne peut pas, "en même temps" vanter la variété exceptionnelle de nos paysages et les laisser s'enlaidir!
Voir aussi, dans cette même série d'articles du Figaro, celui consacré à Clécy, capitale de la "Suisse normande", appelation touristique d'un vieux pays normand dont on a perdu le nom sauf ici parce que nous avons encore toute notre tête puisqu'il s'agit du... Cinglais! 

Clécy, capitale de la Suisse normande

LE TOUR DU MONDE SANS QUITTER LA FRANCE (1/12) - C’est une commune de 1276 âmes et la capitale d’une région factice. Un privilège que lui a longtemps disputé sa voisine Bagnoles-de-l’Orne.

Publié le 26 juillet 2020 à 17:15, mis à jour le 26 juillet 2020 à 17:15

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Il semble qu’on ait eu la main leste sur le goulot au début du siècle dernier. À force d’aimer le pommeau (deux tiers cidre, un tiers calvados), les Normands ont pris leurs monts pour des montagnes, leurs vallons pour des vallées et leurs rêves pour des réalités. Au bout du compte, la Normandie s’est prise pour la Suisse. La Suisse en ce temps-là avait la cote. Les premiers touristes en revenaient les yeux rincés de panoramas. De petites Suisses naquirent spontanément en Europe et dans le monde.

Pour en avoir le cœur net, la Fédération de tourisme helvète a fait le compte il y a quelques années. On dénombre cent quatre-vingt-dix Suisses ou revendiquées comme telles. À Berne, derrière le Parlement, une œuvre d’art fait écho à ces sympathiques contrefaçons. Il a été demandé à chaque Suisse proclamée de céder une pierre, et de ces pierres, on a fait un monument. En France, c’est l’Avesnois, «Petite Suisse du Nord», qui a mis son caillou à l’édifice. Il semblerait pourtant que la première Suisse....

(Lire la suite sur le site du Figaro)


Puisque nous ne sommes plus très loin de l'Orne, allons-y !
Le département le plus rural et le plus secret de Normandie est plutôt en mal de reconnaissance au point de faire des campagnes de pub plutôt hasardeuses (voir ici -même un billet récent...).
Les deux informations suivantes confirmeront symboliquement que l'Orne se bat pour affirmer son existence tout en assumant sa ruralité: mais il n'est pas certain que le LOCALISME DEPARTEMENTALISTE soit efficace pour obtenir quoique ce soit de l'état central parisien!

Plan de relance État-Europe : l’Orne veut sa part

Les parlementaires du département et le président du conseil départemental de l’Orne ont décidé des projets qu’ils allaient présenter au gouvernement, ce lundi 27 juillet 2020. La restauration du Haras du Pin ou la modernisation des hôpitaux pourraient intégrer ainsi le plan signé par l’État, le mardi 21 juillet.

Les parlementaires Joaquim Pueyo (encore député jusqu’à dimanche 2 août 2020), Véronique Louwagie, Jerôme Nury, Nathalie Goulet, Vincent Segouin et le président du conseil départemental, Christophe de Balorre, se sont réunis à Alençon le lundi 27 juillet pour faire le point.

Ils ont analysé le plan de relance mis en place par l’État et l’Europe. Ils souhaitent pouvoir tirer le maximum de retombées pour le département de l’Orne. Un certain nombre de projets seront présentés au gouvernement : la mise en 2x2 voies de la RN 12 (de Mortagne à Verneuil-sur-Avre), la restauration du haras du Pin, la modernisation des hôpitaux, la reconstruction des collèges et le projet géoparc, notamment.

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Commentaire de Florestan:

Le gang des Rapetous réuni pour la photo sur le perron de la préfecture de l'Orne à Alençon... On notera l'absence du président de la région Normandie, Hervé Morin, localisme départementaliste oblige!

Un plan de relance régional est en préparation. Il sera dévoilé à la rentrée... Il serait judicieux de coordonner les initiatives. Non?

 

La ruralité de l'Orne, c'est aussi cette initiative:

Dans une exploitation près de Flers, on trait les vaches en musique

Dans l’exploitation co-gérée par Christophe Borju et ses beaux-parents à Dompierre, lieu-dit la Plusière, les vaches ont pour habitude de vivre dans une ambiance musicale.

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A Dompierre (Orne), au lieu-dit la Plousière, les quelque 120 vaches de l’exploitation produisent du lait en rythme.

Les vaches écoutent la radio

Christophe Borju, agriculteur, trait ses vaches en musique. Une initiative que ses beaux-parents effectuaient déjà depuis quelque années et qu’il a décidé de reprendre il y a déjà cinq ans.

C’est avec une radio et des enceintes que le troupeau vit sa vie sous les mélodies de la radio qui veut bien capter. Avec les salariés, le choix de la radio est même parfois sujet à des débats.

Moins de stress

Pour Christophe Borju, il se pourrait que la musique soit bénéfique pour les vaches : 

« La radio détendrait les vaches. Ça les habituent à écouter des sons, à entendre un bruit régulier. Ainsi, elles seraient moins stressées, plus détendues. Il paraît même que le classique leur donne de meilleures performances ».

Pour le bien être des vaches

Jour et nuit, la radio berce et réveille le troupeau. Pour Christophe Berju, « pour les vaches, il ne faut pas trop de changement, il faut qu’elles soient dans la continuité ».

L’agriculteur ne sait pas si pour autant le lait est de meilleur qualité, mais il estime que « s’il y a une incidence, ça ne sera pas dans le mauvais sens ! »

Commentaire de Florestan:
On suggère à cet agriculteur de faire découvrir à ses vaches hollandaises (elles ne sont pas, hélas, normandes...) la musique, superbe, d'un grand compositeur normand de l'époque baroque né, précisément, à Dompierre, à savoir, Sébastien de Brossard (1655-1730):

Sebastien_de_Brossard

https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9bastien_de_Brossard

Pour écouter la musique ce ce grand musicien normand, fondateur en France de la recherche musicologique et qui finira sa carrière musicale au service du Grand Bossuet, évêque de Meaux. Par exemple, sa mise en musique, poignante et très subtile du Miserere (psaume 50/51):

https://www.youtube.com/watch?v=-ounI3hzEtU

Sur la déshérence des territoires ruraux, on lira aussi ceci:

https://www.ouest-france.fr/politique/le-monde-rural-n-en-peut-plus-d-attendre-6920276

Quant à l'art de promouvoir un territoire, on rappelera aux élus du département de l'Orne ces quelques évidences normandes sinon caennaises...

https://cercledescommunicants.com/2019/12/10/marketing-territorial-marc-thebault/

« La réussite d’une marque territoriale repose sur 5 conditions »

Interview de Marc Thébault, Responsable de la mission « Attractivité » à Caen la mer,  ancien Directeur de la communication dans le secteur public, chargé cours et auteur d’ouvrages.

Quelle définition donneriez-vous du marketing territorial ? Le tourisme en fait-il partie ?

Marc Thébault (MT) : Le marketing territorial, c’est la construction dans le temps, par un territoire et ses partenaires, d’une offre qui puisse être, sur un positionnement particulier fruit de travaux préalables et dans un contexte concurrentiel, repérée et perçue comme attractive, crédible, unique et adaptée en permanence aux demandes des cibles visées.

Son approche est forcément systémique. Le tourisme est donc un acteur incontournable de cette démarche. Ce secteur a même souvent faut preuve de beaucoup d’innovations en la matière.

Comment construire une stratégie de marketing territorial ? Quelles sont les grandes étapes ?

(MT) : Le marketing territorial est, en somme, assez simple à comprendre, il suffit juste de répondre aux 8 questions suivantes :

Que souhaite vendre le territoire ? A qui ? Face à quels concurrents ? Sur quelle base argumentaire, propre au territoire ? Avec quelle mobilisation interne (ou intra-muros) ? Avec quel plan d’action (ici on évoquera le marketing mix) ? Epaulé par quels partenaires ? Avec quels outils et indicateurs d’évaluation?

De plus en plus d’institutions élaborent des marques publiques. Quelle est la méthode à suivre et ce qu’il faut éviter ? Auriez-vous des exemples de réussite de marques publiques ?

(MT) : La marque territoriale n’est jamais un point de passage obligé mais juste une option possible ; jamais un début, au mieux un aboutissement ; en tous cas, elle ne peut être la seule action baptisée « marketing territorial » au risque de ne servir strictement à rien.

Parmi les conditions de sa réussite, je peux en citer 5. La marque doit être :

  • Un levier. D’abord, une marque doit "premiumiser" (sic!) le territoire dans l’esprit des cibles. Elle doit permettre au territoire de grimper (comprendre: « gagner des places ») dans l’échelle de référence sur laquelle le situent ses cibles.
  • Une icône. Ensuite, la marque territoriale doit exprimer le projet de territoire dont elle émerge. Donc, il y a bien un projet à définir au préalable. Et qui dit projet, dit cibles et dit offres à concevoir en lien avec les attentes des cibles et avec le marché (ou la part de marché) que veut conquérir le territoire.
  • Une narration. La marque va aussi contribuer à dire et révéler, ou représenter, l’imaginaire du territoire, sa mythologie. En cela, elle est un récit. D’où la nécessité de retrouver ses bases « identitaires” propres avant d’entamer le moindre brainstorming créatif.
  • Une proposition. Proposant de partager les actifs matériels et immatériels du territoire, ses valeurs, son capital social … la marque de territoire va être résolument ouverte vers l’extérieur, dans le sens où elle doit susciter l’envie. En conséquence, elle évitera l’autopromotion égocentrée. Une marque de territoire se veut attractive, donc soucieuse et désireuse du regard de l’Autre.
  • Un catalyseur. Enfin, une marque de territoire a vocation à englober les marques préexistantes : entités-marques, lieux-marques, monuments-marques, entreprises-marques, … Néanmoins, cette globalité qu’elle suggère ne rime pas avec hégémonie. La marque de territoire n’a pas pour objet de gommer celles qui existent déjà, elle a à s’en inspirer pour les servir, en augmentant la visibilité et la notoriété du territoire, au bénéfice de toutes ses composantes.

Par exemple :

De plus en plus d’institutions publiques recourent à la vidéo pour raconter des histoires. Auriez-vous des exemples de séries vidéos originales ou innovantes ?

(MT) : Je vous propose de découvrir comment, pour Caen-Normandie, nous évoquons en infographies animées les « 10 bonnes raisons de parier sur Caen-Normandie » : https://www.caennormandiedeveloppement.fr/choisir-caennormandie/parier-sur-caen-normandie-10-bonnes-raisons/

Quelles seront d’après-vous les grandes évolutions du marketing territorial au cours des 10 prochaines années ?

(MT) : J’en vois au moins 4 :

  • Complément de l’approche « 4 E » (émotion, exclusivité (hyperpersonnalisation), expérience (et évolution vers un marketing transformationnel), engagement) par un 5ème : l’Excellence
  • Passer du marketing argumentatif primaire au marketing des valeurs
  • Territorialisation des discours et des actions (un socle identitaire à bâtir afin de développer des opérations que nul concurrent ne pourrait entreprendre)
  • Se souvenir que, en fin de compte, au bout du bout du bout, l’objectif du marketing territorial c’est principalement en vue d’améliorer la vie quotidienne des habitants (quel que soit leur statut, quel que soit leur rôle). En définitive, il convient de se souvenir que toute démarche d’attractivité, si elle vise des cibles spécifiques la plupart du temps externes, a pour finalité le mieux vivre sur le territoire, certes pour les nouveaux venus, mais principalement pour les habitants eux-mêmes. Histoire d’éviter les phénomènes « anti-touristes » par exemple, et histoire de redistribuer les « bénéfices » à tous les membres de la communauté territoriale.

Interview mise en ligne en décembre 2019

Commentaire de Florestan:

Pour en revenir à la com' actuelle du département de l'Orne, on peut saisir que le "levier" d'une chasse d'eau peut avoir un effet de "catalyseur" et que les "lieux" sont aptes à la "narration"...

https://actu.fr/normandie/alencon_61001/le-nouveau-logo-departement-orne-suscite-detournements-reaction-internautes-twitter-facebook-pac-man_30033303.html

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En exclusivité sur l'Etoile de Normandie, découvrez l'identité sonore du nouveau logo choisi par le conseil départemental de l'Orne:

https://www.youtube.com/watch?v=d7kYpkjMay4

Avant de découvrir ce témoignage d'un néo-Ornais depuis trois semaines: bien entendu, l'Orne, personne ne sait où cela se trouve... Aucune allusion à la Normandie!

https://www.youtube.com/watch?v=LbVrxGuseYU&feature=youtu.be


  • La pomologie normande recensait jusqu'à... 6000 variétés de pommes différentes (tant pommes à cidre qu'à couteau) dans toute la Normandie, jusqu'aux années 1960. Cinquante ans plus tard, on n'ose dire qu'une vingtaine de variétés, tout au plus, sont encore utilisées... La perte de cette extraordinaire diversité régionale sacrifiée sur l'autel du progrès moderne est un désastre immense, à la fois naturel et culturel, que des initiatives associatives et maintenant, de plus en plus, publiques tentent de réparer.
La région Normandie s'est emparée du sujet du sauvetage des variétés végétales et animales typiquement normandes avec volontarisme: cet exemple mobilise, désormais, d'autres collectivités territoriales. On s'en réjouira! Mieux vaut tard que jamais...

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Serquigny. Un verger conservatoire va être créé

La commune de Serquigny prévoit la création d'un verger conservatoire. L'objectif n'est pas de faire du rendement, mais de sauvegarder des espèces anciennes de poiriers et pommiers

C’est un terrain d’1,4 hectare à la sortie de Serquigny (Eure), dans la côte Saint-Georges. Un endroit fauché une fois par an, vierge de tout produit phytosanitaire depuis des années.

À l’automne prochain, soixante pommiers et poiriers seront plantés pour former un verger conservatoire.

Ce seront des espèces en voie de disparition, explique Philippe Danneels, 5e adjoint au maire en charge de l’environnement. Il y a 30 ou 40 ans, on trouvait des pommiers dans les herbages, des variétés de haute tige, mais cela a plus ou moins disparu, alors que les pommiers utilisés pour le cidre, ce sont des espèces productives. Nous, on veut sauvegarder ce patrimoine vivant, il n’y a aucune recherche de rendement. »

La municipalité a fait appel à l’expertise de l’association pomologique de Normandie, présidée par Jean-Pierre Couturier et connue pour son travail au potager conservatoire de Beaumesnil. Ce type de plants, « on ne le trouve pas chez les pépiniéristes du coin », précise Philippe Danneels. Les services techniques de la commune s’occuperont des plantations. Des greffes sont déjà prévues au printemps 2021, dans le respect des pratiques ancestrales. « Ce sera un verger de plein vent, cela favorisera la pollinisation », ajoute l’adjoint.

« Ce ne sera pas un jardin public »

Ce projet s’inscrit dans la volonté du conseil municipal de promouvoir le développement durable, sous l’impulsion du nouveau maire, Frédéric Delamare. « C’est une question indispensable, souligne-t-il. Nous sommes une commune importante sur ce sujet-là, nous avons des bois, nous sommes au bord de la Charentonne… Nous nous sommes fixés l’objectif de planter un arbre par mois. On amorce cette logique avec le verger. »

Un plan va être constitué pour déterminer l’aménagement du terrain. Car en plus des pommiers et des poiriers, la Ville veut y créer un parcours de santé, installer des bancs, une boîte à livres, un espace d’information sur le verger, pourquoi pas ensuite des ruchers et des hôtels à insectes. « Ce ne sera pas un jardin public, il n’y aura pas de jeux d’enfants », tient à dire Frédéric Delamare.

Et il n’est pas question de bétonner pour construire un parking. On accédera au verger par des cheminements piétonniers depuis le centre-bourg. Et pour l’entretien, le maire verrait bien des moutons paître au milieu des arbres.

Les écoles seront associées tout au long du projet.

Et l’on pourra manger des pommes de Serquigny à l’école de Serquigny », se réjouissent les élus.

Les arbres devraient mettre trois ou quatre ans à produire leurs premiers fruits. Ainsi, les élèves de CP qui assisteront à la plantation à l’automne 2020 pourront déguster la récolte quand ils entreront en CM2.


  • La contestation s'amplifie face au projet porté par Hervé Morin d'un parc historique dédié à la mémoire du débarquement et de la bataille de Normandie de l'été 1944, alors qu'on ne connaît quasiment rien du contenu de ce projet qui n'est pour lors qu'un projet.

Par ailleurs, nous refusons ici d'appeler ce projet "D-Day land"!!!

Il est donc urgent de communiquer avec précision sur ce projet et d'en définir, dès à présent, les contours sinon les lignes rouges... morales et éthiques pour rassurer les Normands attachés à la commémoration du six juin dans la décence et la piété pour tous nos morts dans le cadre d'un pélerinage laïc de la Liberté, de la Paix, du Droit et de la Mémoire...

https://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-un-nouveau-comite-contre-le-projet-de-parc-sur-le-debarquement-6919948

Normandie. Un nouveau comité contre le projet de parc sur le Débarquement

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Après la mobilisation d’un groupe d’habitants du Calvados, un comité se crée dans la Manche contre la création d’un parc sur le thème du Débarquement, lundi 27 juillet 2020. Un projet présenté par la Région Normandie.

Ils ne veulent pas de ce qu’ils qualifient de « D-Day Land ». Des Manchois ont décidé de se mobiliser, à l’instar d’habitants de Ver-sur-Mer dans le Calvados, contre le projet de parc sur le thème du Débarquement, porté par le président de la Région Normandie, Hervé Morin.

Ils ont annoncé lundi 27 juillet la création d’un comité à Sainte-Marie-du-Mont, commune du secteur historique de la Manche.

Une opposition au projet pour des raisons « éthiques » et « écologiques »

Des « raisons éthiques, écologiques » et « de bon sens » les conduisent à s’opposer au parc. Fondé « à l’initiative du médecin militaire Christian Derosier, de Valérie Simon, de Claude Lafragette, médecin généraliste à Sainte-Marie-du-Mont, de Thérèse Peyroles et de l’écrivain Gilles Perrault », ce comité est « en liaison » avec celui de Ver-sur-Mer.


  • Le chômage explose en Normandie alors que notre région était jusque-là épargnée: la question de faire de la Normandie le bouclier social des Normands est plus que d'actualité. C'est urgent! Comme il serait urgent de coordonner l'action économique (conseil régional) et l'action sociale (conseils départementaux).
Il est donc dans l'intérêt général normand que les seconds cessent de chercher noise au premier...
Un bon au deuxième trimestre

Les effets économiques de la crise sanitaire sont bien là. Le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s’établit en moyenne à 200 620, au deuxième trimestre 2020, en Normandie. Soit + 25,9 % (41 320 personnes supplémentaires) par rapport au 1er trimestre. C’est 1,4 point de plus par rapport à la moyenne nationale. Sur un an, la hausse en Normandie est de 24 %.

Dans le détail par département, c’est la Manche qui enregistre la hausse la plus forte au deuxième trimestre (+ 32,1 %), suivie par le Calvados (+ 29,7 %), l’Orne (+ 25,5 %), l’Eure (+ 23,8 %) et la Seine-Maritime (+ 23,6 %).

Une baisse entre mai et juin

211 000 demandeurs d’emploi fin avril, 201 700 fin mai et 189 160 fin juin… Le nombre de demandeurs d’emploi, en catégorie A, a baissé, si l’on regarde l’évolution sur un mois : – 6,2 % entre mai et juin.

Une hausse moins forte toutes catégories confondues

Toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, ayant ou non exercé une activité dans le mois (catégories A, B, C), s’établit en moyenne à 290 720 au 2e trimestre 2020. Ce nombre augmente de 5,9 % sur un trimestre (+ 16 190 personnes) et de 2,8 % sur un an.

Autre enjeu, le financement de l'aide sociale d'urgence dont la charge revient aux départements. En l'occurence, après un premier épisode judiciaire devant le Conseil d'Etat, les trois départements de l'ex Basse-Normandie avaient assigné l'Etat devant la justice administrative puisque ce dernier n'a pas les moyens financiers de mettre en oeuvre quelques belles paroles...
Là encore, il s'agit d'une nouvelle initiative départementaliste qui peut susciter quelque interrogations quant à son efficacité réelle au service de l'intérêt général des Normands

Financement du RSA. Les départements normands gagnent la seconde manche

Le 29 juin 2020, les départements de la Manche, de l’Orne et du Calvados ont gagné devant le tribunal administratif de Paris, dans le conflit qui les oppose à l’État pour le financement du RSA (Revenu de solidarité active).

L'Affaire a débuté sous le quinquennat de François Hollande. Quatre départements normands bataillaient contre un décret de l’État portant sur la revalorisation de 10 % du RSA (Revenu de solidarité active), décidée par le gouvernement de l’époque et financée par les départements, mais « sans compensation financière » de la part de l’État. Les quatre départements (Manche, Orne, Calvados et Eure) avaient alors porté l’affaire devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative. Début 2018, sa décision leur avait été défavorable.

Les trois anciens départements bas-normands ont ensuite porté le dossier devant le tribunal administratif de Paris. Ce dernier a rendu son jugement le 29 juin 2020, favorable aux départements.

« Qui décide, paye »

Dans un communiqué, ils indiquent que « le tribunal administratif de Paris a fait droit à l’ensemble de nos conclusions : il est enjoint à l’État de prendre les arrêtés de compensation dans un délai de 6 mois. »

Dans un courrier commun, Jean-Léonce Dupont (Calvados), Marc Lefèvre (Manche) et Christophe De Balorre (Orne) poursuivent : « Qui décide, paye. La revalorisation forfaitaire du RSA de + 10 %, entre 2013 et 2017, n’a jamais été compensée financièrement, nos finances sont structurellement grevées de plusieurs millions d’euros chaque année.


  • Halte aux préjugés et au délit de sale gueule!  A voir leurs mines patibulaires, on pourrait craindre le pire eu égard, hélas, mille fois hélas, aux nombreux échos médiatiques du contraire...
Mais non, du côté de Notre-Dame-de-Bondeville, dans la banlieue de l'agglomération rouennaise, il ne faut pas désespérer d'une certaine jeunesse!
Hommage à ces cinq jeunes Normands pour leur remarquable sens du civisme!

Près de Rouen, cinq jeunes secourent un octogénaire bloqué sur des rails de chemin de fer

Cinq jeunes ont porté secours à un octogénaire dont la voiture était bloquée sur des rails de chemin de fer, dimanche 19 juillet à Notre-Dame-de-Bondeville. Récit.

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Cinq jeunes de Notre-Dame-de-Bondeville ont sauvé la vie d’un octogénaire dont la voiture était bloquée sur les rails au passage à niveau, dimanche 19 juillet 2020. Alors qu’Ousman Sy, Georges-Blaise et Rudy Benakou, Yassir El Hamzaoui et Graziello Bilongo, se rendent chez un ami, dans le quartier Jean-Moulin, sur les hauteurs de la commune, ils aperçoivent au passage à niveau une voiture bloquée sur les rails avec le conducteur à son bord. Tout en essayant de comprendre ce qui se passe, ils s’arrêtent aussitôt. « Il fallait faire très vite et sortir d’abord l’homme qui était resté à l’intérieur, un octogénaire totalement paniqué », racontent-ils.

L’homme refuse de quitter son véhicule

Leur premier réflexe : donner l’alerte en appelant le service SOS de la SNCF avec le téléphone de secours qui se trouve au passage à niveau afin de stopper la circulation sur ce tronçon. « Une initiative qui démontre de la part de ces jeunes un parfait sang-froid dans une situation d’urgence », souligne Myriam Mulot, la maire. Ils appellent également la police et les pompiers et tentent de faire sortir le vieil homme qui n’entend pas abandonner son véhicule. Ils font plusieurs tentatives pour débloquer la voiture dont les roues sont coincées dans les rails, mais en vain. D’autres jeunes du quartier leur prêteront main forte et tous parviennent à débloquer le 4x4 Touran avant l’arrivée des secours. Seul Ousman Sy se blesse au poignet lors de la manœuvre.

« Ils se sont comportés de manière héroïque »

« Ce fait divers aurait pu passer inaperçu », poursuit la maire. Mais quelques jours plus tard son cabinet du maire apprend cette nouvelle lors d’un entretien avec l’un des cinq jeunes. « Ces jeunes se sont comportés de manière héroïque, ils ont sauvé la vie d’un homme, et peut-être même évité une catastrophe ferroviaire. Je les remercie et les félicite pour cette grande et belle initiative. » La mairie a d’ores et déjà fait savoir qu’elle n’oubliera pas leur action et saura les mettre à l’honneur.


  •  Monet, Pissaro, Sisley, Boudin, Caillebotte, Renoir... Nous les connaissons tous ou presque. Mais qui connait François Depeaux?

Comme il est dit dans cet article du... Parisien, Rouen n'a pas à rougir de... Paris!

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/a-rouen-la-resurrection-des-impressionnistes-oublies-27-07-2020-8359185.php

A Rouen, la résurrection des impressionnistes oubliés

Le musée des Beaux-Arts de Rouen (Seine-Maritime) révèle, avec et après Monet, Renoir et Sisley, une autre génération impressionniste inconnue mais de grande valeur.

Le 27 juillet 2020 à 08h40, modifié le 27 juillet 2020 à 11h11

Rouen est une drôle de ville, tellement belle et ancrée dans son passé qu'on pourrait y croiser les ombres de Flaubert et Maupassant dans les venelles du centre-ville et ses maisons à colombages qui donnent l'impression de marcher comme un personnage secondaire d'une nouvelle du XIXe siècle. Face à la cathédrale peinte trente fois par Monet, on reste ébloui, stupéfait même, par cette dentelle de pierre. On est sur le motif. Et juste à côté, au musée des Beaux-Arts, on entre dans la cathédrale des peintures. L'affiche de l'exposition d'été représente un très beau modèle peint par Renoir.

Mais ce qui nous a happé, ce sont les autres, les inconnus de l'impressionnisme, les oubliés, cette école de Rouen restée à la porte de la postérité. Le collectionneur qui donne son titre à cette grande exposition du festival Normandie impressionniste, François Depeaux (1853-1920), magnat du charbon, acheteur frénétique, l'homme aux 600 tableaux dont les coups de cœur s'étalent sur les murs du musée, a comme tout amateur fortuné, acheté des Sisley, des Monet, dont une vue de la cathédrale peinte en bas de chez lui, des Renoir, des Toulouse-Lautrec ou des Pissarro exposés ici.

«Ne pas montrer uniquement des chefs-d’œuvre»

Mais Sylvain Amic, le patron des musées de la ville, « ne voulait pas montrer que des chefs-d'œuvre ». Et il a bien fait. Comme Joseph Delattre, inconnu au bataillon des champions de l'impression. A quoi tient la gloire ? Sa « Seine à Rouen » ne déparerait pas au musée d'Orsay, dans la galerie phare. Contraste des lumières, équilibre des bleus, cadrage du fleuve qui semble ouvrir sur la mer : on n'est pas dans l'anecdote mais dans une vision. Qui se confirme dans d'autres tableaux moins séducteurs, comme « Mon jardin sous la neige », qui tend vers l'effacement.

Rouen est une drôle de ville, tellement belle et ancrée dans son passé qu'on pourrait y croiser les ombres de Flaubert et Maupassant dans les venelles du centre-ville et ses maisons à colombages qui donnent l'impression de marcher comme un personnage secondaire d'une nouvelle du XIXe siècle. Face à la cathédrale peinte trente fois par Monet, on reste ébloui, stupéfait même, par cette dentelle de pierre. On est sur le motif. Et juste à côté, au musée des Beaux-Arts, on entre dans la cathédrale des peintures. L'affiche de l'exposition d'été représente un très beau modèle peint par Renoir.

Mais ce qui nous a happé, ce sont les autres, les inconnus de l'impressionnisme, les oubliés, cette école de Rouen restée à la porte de la postérité. Le collectionneur qui donne son titre à cette grande exposition du festival Normandie impressionniste, François Depeaux (1853-1920), magnat du charbon, acheteur frénétique, l'homme aux 600 tableaux dont les coups de cœur s'étalent sur les murs du musée, a comme tout amateur fortuné, acheté des Sisley, des Monet, dont une vue de la cathédrale peinte en bas de chez lui, des Renoir, des Toulouse-Lautrec ou des Pissarro exposés ici.

Joseph Delattre, « Mon jardin au printemps » (1902). Musée des Beaux-Arts de Rouen Joseph Delattre, « Mon jardin au printemps » (1902). Musée des Beaux-Arts de Rouen  

Narcisse Guilbert, autre étendard de l'Ecole de Rouen, laisse une « Rive de Seine à Croisset » qui rappelle à nouveau l'auteur de « Madame Bovary », on plisse les yeux pour chercher la maison de l'ermite de Croisset… Charles Frechon, lui, savait magnifiquement représenter les feuilles d'automne, avec une méticulosité japonisante. Albert Lebourg saisit les effets de neige à Marly, comme les grands impressionnistes avec qui il a exposé en 1879 et 1880. Lui restera un artiste régional. Tout comme l'excellent Robert Antoine Pinchon, que le collectionneur fera tout pour lancer à Paris. Il existe des dizaines de peintres que l'on redécouvre comme de petites routes de campagnes, à peine indiquées sur la carte, lieux-dits du bonheur.

Rouen n'a pas à rougir de Paris

Cette exposition raconte aussi la percée impressionniste en province dans les années 1890. François Depeaux encourage ce groupe d'artistes du cru alors que même ses Monet, Pissaro ou Sisley ne sont pas encore bien vus en ville. Dans un hôtel de la cité normande où des toiles de ces derniers sont accrochées, la sœur du patron les trouve « épouvantables ». Le maire de la ville doit soutenir son collectionneur pour que « Rouen n'ait plus à envier à Paris sa riche collection ». La volonté d'un regard, celui du collectionneur, fait bouger les lignes dans le paysage.

Charles Frechon, « Rouen, île Lacroix, cours la Reine » (1890). Musée des Beaux-Arts de Rouen Charles Frechon, « Rouen, île Lacroix, cours la Reine » (1890). Musée des Beaux-Arts de Rouen  

« Avec sa donation, François Depeaux a changé le destin de sa ville. Le charbon a disparu mais Rouen est désormais une des capitales mondiale de l'impressionnisme », écrit Sylvain Amic dans le catalogue. Une détermination absolue. Depeaux divorce : scandale local, bagarre financière sur la place publique, le sort de la peinture se règle chez les avocats du couple déchiré. La collection est mise aux enchères, il doit racheter ses propres tableaux. En 1909, l'industriel amoureux des paysages — très peu de portraits — donne 53 tableaux à la ville de Rouen. Ce qui fera la grandeur du musée. Et le bonheur de cette redécouverte. Pinchon, Lebourg, Delattre et les autres valent bien une messe muséale. C'est leur résurrection.

«François Depeaux, impressionnant collectionneur», Musée des Beaux-Arts de Rouen. Tout le centre-ville participe au festival Normandie impressionniste, notamment le musée de la Céramique avec la redécouverte d'une femme grande céramiste, Camille Moreau-Nélaton. Et le Museum d'histoire naturelle présente l'herbier du fils de Monet et les tableaux de sa belle-fille, Blanche Hoschedé-Monet, qui peignait à ses côtés. Billet couplé musées de la ville 8/11 euros. Jusqu'au 15 novembre.