Un revue de presse normande au 26 juillet 2020...

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  • Au JT de 20h00 de TF1 du dimanche 26 juillet 2020, nous était proposé un match plutôt objectif et équilibré entre la Normandie et la Bretagne avec la précision que le Mont Saint Michel est, bel et bien, normand! (à écouter à partir de la 30ème minute de diffusion):

https://www.tf1.fr/tf1/jt-we/videos/le-20-heures-du-dimanche-26-juillet-2020-90531385.html

 

  • Dimanche 26 juillet 2020: église de Saint-Etienne-du-Rouvray, hommage au Père Jacques Hamel en présence des autorités civiles et religieuses notamment mgr Lebrun archevêque de Rouen, primat de Normandie et de Gérald Darmanin, le ministre de l'intérieur pour une cérémonie laïc devant le monument commémoratif à l'extérieur de l'église qui fut perturbée, hélas, par des militants gauchistes... Le Vatican fait savoir que le procès en béatification du Père Hamel est en passe d'aboutir.

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/gerald-darmanin-insulte-lors-des-ceremonies-pour-le-pere-hamel-20200726

 

  • Au Havre, le chantier de construction d'une tour de 55 mètres de haut vient de démarrer...

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/au-havre-l-ancienne-ecole-videcoq-detruite-pour-faire-place-nette-a-la-tour-alta-PO17082269?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=13b47a2a-5be8-45c5-9f63-ee7a7d8b1445_0&mediego_campaign=20200727_news_actu&utm_content=20200727&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

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  • Des millions d'euros pour développer le fret fluvial sur la Seine: les écluses de Méricourt, dernier ouvrage francilien sur la Seine avant la Normandie, vont être totalement modernisées... Il était temps!

https://www.leparisien.fr/yvelines-78/mericourt-des-millions-d-euros-pour-doper-le-commerce-sur-la-seine-26-07-2020-8358891.php

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  • Stéphanie Maubé,  la très médiatique éleveuse de moutons de pré-salé et désormais maire de Lessay veut sauver l'ancestrale foire de la Sainte-Croix face aux contraintes sanitaires du COVID...

https://actu.fr/normandie/lessay_50267/municipales-2020-a-lessay-les-premiers-pas-de-stephane-maube-maire-et-bergere_34018000.html

Municipales 2020 à Lessay : les premiers pas de Stéphanie Maubé, maire et… bergère

Élue maire de Lessay au 1er tour des municipales, Stéphanie Maubé a officiellement pris ses fonctions la semaine dernière... loin de la quiétude des pâturages de ses brebis...

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Voir aussi:

https://www.ouest-france.fr/normandie/lessay-50430/foire-de-lessay/la-foire-sainte-croix-de-lessay-prend-des-airs-de-foire-agricole-6919016

 

Pendant qu'ils vont tous s'entasser sur le littoral breton, respirons l'air marin dans la sérénité à bord de la Neire Mâove (la "mouette noire" en français de Paris), la goélette normande de Carterêt:

https://www.ouest-france.fr/normandie/barneville-carteret-50270/barneville-carteret-remonter-le-temps-a-bord-de-la-goelette-neire-maove-6919018

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Un nouveau documentaire en tournage par deux bayeusains sur le débarquement en Normandie de 1944, plage d'Omaha Beach:

https://www.ouest-france.fr/normandie/bayeux-14400/debarquement-en-normandie-un-documentaire-en-tournage-a-omaha-beach-6918731

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L'opposition municipale au Nouveau Maire de Rouen se plaint d'une tendance à l'autoritarisme... Les explications de Laurent Bonnaterre, maire de Caudebec-lès-Elbeuf:

https://actu.fr/normandie/caudebec-les-elbeuf_76165/laurent-bonnaterre-nous-sommes-des-gens-constructifs-de-centre-gauche-ou-de-centre-droit_35075101.html

Laurent Bonnaterre, le maire de Caudebec-lès-Elbeuf, siège à la Métropole Rouen Normandie. Il est à la tête d’un groupe d’élus indépendants « Métropole des Territoires ». Celui-ci est composé de 24 élus dont 19 maires. Pendant les six prochaines années, il va être à la tête de ce groupe qu’il souhaite « libre et constructif », face à la majorité emmené par le nouveau président de la Métropole, Nicolas Mayer-Rossignol.

Qu’est ce que le groupe Métropole des Territoires ? Qui composent cette nouvelle entité ?

C’est un groupe qui s’est constitué récemment mais qui vient de loin. Il y a toujours eu des groupes sans étiquette à la Métropole qui étaient dans l’accompagnement de la majorité. On est le deuxième groupe en taille : on a 24 élus et on représente 20 communes. Géographiquement on est le groupe le plus réparti. On a de nombreux élus du plateau Est, de la zone de Duclair on a un pôle important dans le territoire d’Elbeuf.

Alors que le groupe principal est très recentré sur sa zone traditionnelle. On est représentatif de la Métropole dans sa diversité. Notre ADN c’est que nous nous sommes tous présentés sans étiquette aux élections municipales.

Vous n’êtes pas liés à un groupe politique ?

On ne l’est pas du tout ! Dans notre groupe, il y a peut-être un ou deux adhérents à un parti, moi-même je n’appartiens à aucun parti.

Vous êtes pourtant membre de Territoire de Progrès [mouvement de gauche proche de la majorité présidentielle, N.D.L.R.] ?

Ça n’a pas le statut de parti politique. Tout le monde le sait que je suis sur l’aile gauche de la majorité présidentielle. Je l’ai toujours assumé. Mais je ne suis pas lié à un parti. Je ne prends mes ordres nulle part. Territoire de Progrès, c’est plus un réseau d’élus de gauche. Mais il y a un tas de gens dans notre groupe qui ne se sent pas proche du gouvernement. Mais personne ne leur demande. Et on n’a pas à parler de ça ! On parle de la Métropole et pas des sénatoriales ou de la présidentielle. Nous sommes des gens constructifs, de centre gauche ou de centre droit.

Mais pourquoi ne pas vouloir dire que vous êtes dans l’opposition au conseil métropolitain ?

Moi, l’opposition, je ne sais pas ce que c’est. On apporte de la liberté et ça, ça n’a pas plu. On l’a vu lors du premier conseil Métropolitain.

Oui, justement vous avez dit que ça avait mal commencé. Pourquoi ?

Très clairement, on a fait des tas de propositions, sur la gouvernance, sur la méthode, on a le sentiment de ne pas être entendu. Il [Nicolas Mayer Rossignol, le président de la Métropole, N.D.L.R.] a fait le choix de gérer la Métropole comme une collectivité. C’est-à-dire avec une majorité et des groupes d’opposition. Il n’a confié des responsabilités, à ce stade, qu’à des gens qu’il considère faire partie de la majorité. Il a resserré le spectre par rapport à tous les exercices précédents.

Avant, l’ensemble des groupes politiques étaient associés aux décisions… Ce n’est pas le choix qui a été fait. Pour autant, quatre membres de mon groupe ont pris des responsabilités au Bureau. Je note que je suis le seul président de groupe à ne pas avoir pris de responsabilité pour moi-même.

Je ne sais pas si nous sommes dans l’opposition aujourd’hui. On essaie de nous y cornériser, ce n’est pas notre souhait. On souhaite être libre, indépendant et constructif.

Pourquoi ne pas avoir proposé un candidat ?

Ça nécessitait que d’autres groupes se retrouvent dans une candidature unique. Il se trouve que le vote a été net. Mais un tiers de l’hémicycle lui a dit qu’il n’était pas d’accord avec cette candidature (il a obtenu 89 voix sur 125 votants). Et qui lui envoi un message d’interrogation. On a préféré cette posture plutôt que de se focaliser sur un nom qui aurait pu être le mien ou un autre nom mais qui aurait été plus dans une démarche de personnalité contre personnalité. Et qui n’aurait pas forcément nourri le débat.

Par rapport au territoire Elbeuvien, trouvez-vous que c’est une bonne nouvelle que les 1er et 12e vice-présidents (Djoudé Merabet et Nadia Mezrar) soient des maires du secteur ?

C’est très bien que le territoire prenne des responsabilités. Et pour être complet, outre ces deux vice-présidents, il y a aussi le président du deuxième groupe de la Métropole [lui-même, donc] et Pascal Barron [le maire de Freneuse] qui est coprésident du groupe socialiste. Donc j’espère que tous ensemble, quels que soient nos positionnements dans l’échiquier métropolitain, on travaille pour le territoire.

Et, objectivement, le fait que le maire d’Elbeuf devienne le 1er vice-président de la Métropole, c’est une très bonne nouvelle si on en fait utilement quelque chose pour le territoire. Je lui souhaite une pleine et grande réussite.

Pourquoi la Métropole compte deux groupes indépendants sans étiquette ? Vous n’êtes pas parvenus à vous entendre ?

Tous les gens dans ce deuxième groupe sans étiquette, qui est bien plus petit que le nôtre, se concentrent géographiquement dans une poche autour de Saint-Martin-de-Boscherville, plus quelques autres comme Saint-Aubin. Mais tous ces collègues étaient dans toutes nos réunions de préparation avec nous ! Notre charte a été écrite en partie par eux. On était trop nombreux, trop indépendants. La majorité qui se dessinait s’est inquiétée de voir apparaître un grand groupe indépendant à 32 maires. Ça s’appelle diviser pour mieux régner.


 Pour Robert Picard, un candidat centriste qui a fait naufrage dans la joute navale des candidats centristes aux municipales rouennaises, le Nouveau Maire de Rouen va drosser la métropole normande sur les récifs...

https://robertpicard.fr/2020/07/16/nouvel-executif-metropolitain-a-rouen-pour-quel-projet/?fbclid=IwAR2LupB42syNJCBUjj_G4Cpwj9L1pYjXw1oFUqzyZRX9wymzbbGhHiol-Ro

Le troisième tour est le plus important !
L’exécutif de la Métropole de Rouen est désormais installé. Aucune surprise, avec le maintien de la main mise absolue des sortants sur l’institution. Ce qui n’est pas sans causer de vives inquiétudes. Imaginez que le nouveau vice-président aux finances n’est autre que l’ancien président du Département, quand on sait dans quel état il a laissé les comptes… La présence d’adversaires du développement économique de la Métropole ne rassure pas non plus, surtout quand le nouveau président a lui-même retourné sa veste sur des sujets structurants comme le contournement est.
J’entends cependant que certains regrettent que la gouvernance ne soit pas partenariale. Mais il ne faut pas se méprendre : les Métropoles n’ont plus grand-chose à voir avec la coopération technique entre communes proposées par les premières générations d’intercommunalité. Il est logique que leur gouvernance soit politique. Et puis, à quoi servait réellement l'attribution de postes de vice-présidents à des élus d'opposition comme en 2014 ? A part accroître le flou et la suspicion de prébendes ?
Ce qui est plus regrettable en l’espèce, c’est que ce troisième tour se déroule sans que jamais il n’y ait eu de vrai débat sur le projet métropolitain pour 2020-2026. Le projet communautaire du nouveau président s’est limité, au cours de la campagne, à affirmer sa volonté d’en prendre la tête. Et côté opposition, divisée en plusieurs groupes, on peut s’inquiéter qu’aucun contreprojet n’ait été présenté, ni aucune alternative, pas même un candidat. On est loin de l'idée d'un vrai débat démocratique.
Certainement que le déroulement très particulier de l’élection à Rouen n’est pas étranger à cette situation, aboutissant à la représentation de l’opposition par des candidats peu préparés et ayant réaffirmé pour certains leur manque de considération pour l’intercommunalité. Souhaitons que chacun réagisse, et qu’on puisse observer dans la durée du mandat une configuration plus solide face au rouleau-compresseur majoritaire. Et souhaitons surtout qu’en 2026, on puisse enfin élire au suffrage universel direct les représentants à la Métropole !
Voir aussi:
Voir enfin, l'analyse critique d'un expert en fabiusie rouennaise, Dominique Gambier:

 Sur le réseau Linked In, Bertrand Tierce l'observateur parfois avisé des réalités politiques normandes, nous annonce que la chasse au Morin est ouverte pour les prochaines élections régionales: on pourrait envisager la réalité dans l'autre sens. Un candidat authentiquement normand (Morin en l'occurrence) pourrait chasser les autres comme la bonne monnaie peut chasser la mauvaise...

https://www.linkedin.com/in/bertrand-tierce-68a2a57b?miniProfileUrn=urn%3Ali%3Afs_miniProfile%3AACoAABDzV4oBRgp-roEA77fcko9D7A-Yjc27zbE

Normandie, la bataille des régionales.

Il est partout présent : Hervé Morin prépare les “régionales”. L’homme est expérimenté, à l’aise avec les électeurs, intuitif et décidé : ce sont de belles qualités pour mener la bataille.

Mais derrière cette image positive se cache une autre réalité : sa fragilité politique. Le courant centriste, n’existe plus, Emmanuel Macron et Édouard Philippe l’ont “aspiré”, il est aussi divisé, la sénatrice UDI de l’Orne, Nathalie Goulet, vient d’annoncer qu’elle se présentera aux régionales en mars prochain. Aujourd’hui, Hervé Morin ne représente que lui-même, c’est pour cette raison qu’il est partout présent pour établir un lien personnel et direct avec tous ceux qui voteront demain.

Sans compter qu’il n’a plus d’alliés pour le soutenir. En 2015, il était devenu président de la Région grâce à un accord national passé avec Les Républicains. Où sont-ils aujourd’hui ? Ils n’existent plus. Qui sont les chefs LR en Normandie ? Personne ne le sait : Edouard Philippe et Sébastien Lecornu sont passés par là.

Mon commentaire : la chance d’Hervé Morin est qu’il n’a pas, pour le moment, d’adversaire à sa taille. Est-ce que ça va durer ? Là est la question #

 


 

Le classement de l'architecture d'Auguste Perret au Havre au patrimoine mondial de l'UNESCO nécessite quelques sacrifices pour les propriétaires résidents:

https://actu.fr/normandie/le-havre_76351/le-havre-de-perret-inscrite-a-l-unesco-depuis-15-ans-quelles-obligations-pour-les-residents_34537134.html

 

Encore un problème grave dans une usine classée SEVESO de l'agglomération rouennaise:

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/rouen-incident-electrique-dans-une-usine-classee-seveso-20200725

https://www.ouest-france.fr/normandie/rouen-76000/rouen-une-usine-seveso-a-l-arret-a-la-suite-d-un-incident-electrique-6918421

https://actu.fr/normandie/le-grand-quevilly_76322/incident-a-l-usine-classee-seveso-borealis-pres-de-rouen-les-riverains-ont-entendu-un-gros-bruit_35157464.html

 

Il faut donner son avis pour fixer le futur emplacement d'un quatrième parc éolien marin au large des côtes normandes. A quoi bon puisque l'on connaît déjà le résultat, il sera négatif, et la conséquence: cet avis sera ignoré par les technocrates au service des intérêts financiers plus que troubles d'un lobby éolien tout-puissant!

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/normandie-donnez-votre-avis-sur-le-futur-emplacement-du-4e-parc-eolien-en-mer-1595585521

 

Pas assez de passagers à cause du Covid? Le conseil départemental de la Manche met son drapeau normand dans la poche et suspend jusqu'à nouvel ordre sa ligne maritime Granville- Saint-Hélier: Si nous étions en Bretagne, la ligne aurait été maintenue. Cette compétence transport maritime devrait revenir au conseil régional de Normandie...

https://www.ouest-france.fr/normandie/granville-50400/la-liaison-maritime-entre-granville-et-jersey-suspendue-a-partir-de-samedi-25-juillet-2020-6917670

 

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"Territoire(s)" Nos élites politico-médiatiques parisiennes n'ont que ce mot à la bouche... Mefité!

On lira en conséquence, l'analyse suivante proposé par Serge Landureau sur le site de la revue "Front Populaire":

https://frontpopulaire.fr/o/Content/co153133?utm_source=newsletter-+frontpop&utm_medium=email&utm_campaign=frontpop-nl153689&utm_content=top-content

De quoi le mot « territoires » est-il le nom ?

Territoires. J’ai bien mis un « s » à territoires car en général, c’est sous cette forme qu’il nous est servi. Mais pourquoi donc un mot aussi banal que celui-ci devrait-il à ce point éveiller ma méfiance ?

C’est quelque chose d’assez bizarre. Une petite musique qu’on finit par avoir en tête sans bien se rappeler à quel moment elle a bien pu nous entrer dans le crâne et y tisser sa toile… Plus bizarre encore, je nourris à son égard un curieux sentiment, mélange de gêne légère et d’incrédulité, un genre d’inexplicable mais récurrente insatisfaction.

Cette petite musique tient en un seul mot : « territoires ». J’ai bien mis un « s » à territoires car en général, c’est sous cette forme qu’il nous est servi.

Mais pourquoi donc un mot aussi banal que celui-ci devrait-il à ce point éveiller ma méfiance ?

Ce qui n’est ni Paris, ni métropole, ni libéral, ni branché, ni…

Assez bêtement, j’ai d’abord pensé que son emploi avait souvent été, depuis que je suis en âge de lire un journal ou d’écouter la radio, suivi du mot « occupés ». Il n’était donc pas illogique qu’évoquer des « territoires occupés » heurte un minimum ma conscience. Mais en garçon sérieux, j’ai vite remballé ce qui n’était après tout qu’un simple glissement dû à ma seule et pauvre pensée. Car je m’empresse d’ajouter, pour que les choses soient claires, que je ne suis ni un intellectuel, ni un éminent spécialiste de quoi que ce soit, à peine un humble ancien journaliste de radio. Je suis donc en revanche plutôt sensible aux mots, à leur récurrence… et à leur musique.

Je crois avoir compris, en écoutant mieux les responsables politiques et quelques éditorialistes user et abuser du mot, qu’il désignait dans leur bouche « ce qui n’est pas Paris ». Comme la face et le revers, comme l’envers du décor, le dedans et le dehors… Et j’ai trouvé cela curieux car il me semblait que longtemps, on avait utilisé d’autres mots, comme « province », « régions », pourquoi pas « cambrousse » ? Certes, on pouvait trouver à ces mots un je ne sais quoi de péjoratif, mais à tout le moins désignaient-ils quelque chose, là où « territoires » ne nous dit rien de ce qu’il incarne.

Il demeure dans ce mot quelque chose d’animal : « nous pénétrons maintenant dans le territoire des lions… » Quelque chose de colonial aussi : « nous pénétrons maintenant dans le territoire des Zoulous… »

C’est peut-être un peu tout ça ! Car à bien y repenser, jamais autant que durant la révolte des gilets jaunes, le mot n’aura été employé. Vu de Paris, les indiens étaient sortis de leurs réserves et interdisaient le passage des convois au long des ronds-points occupés. Mais vous l’aurez noté comme moi, les territoires ne recoupent pas l’espace des métropoles régionales. Une métropole régionale digne de ce nom, c’est un « sous-Paris », digne et propre sur lui. Certaines métropoles, pour peu qu’elles bénéficient d’une architecture avantageuse et d’une position géographique attrayante peuvent même parfois être considérées comme des « presque-Paris ». Quant au reste… c’est un horizon inconnu, ce monde qui, comme disait un vidéaste autocentré bien connu, « fume des clopes et roule au diesel », râle contre les limitations de vitesse à 80 Km/h et ne consomme que très rarement tofu et quinoa.

Nos élites ont peur de cette terra incognita

En y pensant bien, je m’aperçois que je me suis un peu vite braqué sur ce pauvre mot de « territoires ». Car un autre terme y fait écho, c’est « France périphérique ». (Une note ici pour les indigènes qui s’imagineraient que l’on évoque en ces termes la France encerclée par les périphériques, autrement dit, Paris, Bordeaux, Lyon etc… Ne vous trompez pas ! Il s’agirait même plutôt de l’inverse. La France périphérique est bien celle qui git au-dehors des périphériques. Comme au Moyen-âge, elle désigne cette « terra incognita » peuplée de manants n’ayant pas le bon goût d’habiter à l’intérieur des remparts.)

J’en viens finalement à me demander si la petite sensation un peu désagréable du début ne viendrait pas de là !? Est-ce que par hasard, nos dirigeants, leurs conseillers et leurs laquais n’auraient pas de cette province une vision un tant soit peu méprisante et auraient, au travers de quelques mots, trouvé le moyen de nous le faire savoir ?

C’est une question, je ne tranche pas…

Des personnes intelligentes et mesurées me répondront que je fais absolument fausse route, que la notion de territoire fait référence à une logique géographique, sociologique, historique… Elles ont raison, et je ne doute pas une seconde de l’utilité de la notion pour élaborer une pensée et explorer tel ou tel champ scientifique. Mais que ce mot soit employé en lieu et place d’autres mots existants doit être compris comme un révélateur.

Le révélateur, en premier lieu d’une volonté mal cachée de déprécier sociologiquement, culturellement et politiquement tout ce qui ne rentre pas dans le cadre de la pensée dominante, essentiellement européenne et libérale et répondant à l’image apparue durant la crise du Covid 19 ; d’un côté les « premiers de cordée » de Macron bunkérisés dans les métropoles, de l’autre les « premiers de corvées » relégués aux confins.

Révélateur en second lieu d’une peur diffuse. Englober sous un seul mot l’ensemble des communes, des départements, des régions, c’est tenter de tenir à distance tout ce qui peut s’y passer, tout ce qui y est expérimenté et surtout, ce qui s’y vit et s’y dit.

Car évidemment, « les territoires » sont le lieu de bon nombre de frustrations, celui où se révèle plus qu’ailleurs le désengagement de l’Etat et la peur du déclassement. Et ces frustrations inquiètent ceux qui nous dirigent parce qu’ils ne les connaissent pas.

Enfin, distinguer un ailleurs sous le mot « territoires », c’est bien marquer qu’il s’agit d’un « ailleurs », d’un « autre part » quand bien même nous nous proclamons République une et indivisible !

A jouer avec les mots, nos élites jouent aussi avec le feu et proclament à demi-mots une France coupée en deux, ignorante l’une de l’autre, méprisante pour les uns, défiante pour les autres, et dont on voit mal, si nous ne parvenons pas à recréer un horizon commun, comment elle pourra refaire nation.


Le chantier d'aggrandissement du technopôle du Madrillet est suspendu: les écologistes font passer la protection des arbres présents sur le site avant l'urgence de concevoir à Rouen une automobile propre et autonome... Conscients du dilemme, les militants écologistes qui ont obtenu la suspension de ce chantier largement financé par la région Normandie et par la métropole de Rouen, demandent que le projet immobilier soit plus qualitatif en matière environnementale: sur ce dernier point on ne saurait leur donner tort, mais il importe que le technopôle du Madrillet soit l'un des meilleurs au monde car il s'agit de concevoir la compatibilité entre l'industrie automobile et la transition écologique et énergétique. Sur ce dernier point, pas sûr que tous les écologistes soient au clair alors qu'il s'agit aussi de l'avenir de milliers d'emplois normands...

https://actu.fr/normandie/saint-etienne-du-rouvray_76575/destruction-de-la-foret-du-madrillet-pres-de-rouen-le-chantier-suspendu-une-premiere-victoire_35111315.html

Destruction de la forêt du Madrillet, près de Rouen : le chantier suspendu, « une première victoire »

Les associations écologistes contre la destruction de la forêt du Madrillet ont obtenu une première victoire : le chantier est suspendu. Mais 20 hectares sont toujours menacés.

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« Les choses bougent ! », mais le combat continue pour les défenseurs de la forêt du Madrillet. Mercredi 22 juin 2020, le Président de la Métropole et maire de Rouen (Seine-Maritime) Nicolas Mayer-Rossignol s’est exprimé sur la destruction prévue de celles-ci. Alors que les associations écologistes, fermement opposés à ce projet, préparent un nouveau rassemblement pour le dimanche 2 août, le maire-président a annoncé lors du conseil métropolitain du 22 juin qu’il allait procéder à un moratoire, c’est-à-dire « une interruption du chantier » en attendant que le projet soit réévalué, explique Philippe Vue, un des portes paroles du collectif contre la destruction de cette forêt. En clair, « c’est loin d’être fini mais c’est déjà un bon début ». Cela signe en tout cas l’arrêt des futurs travaux de défrichement, au moins pour un temps. 

Lire aussi : Destruction de la forêt du Madrillet près de Rouen : quel impact sur l’environnement ?

Pour rappel, un vaste projet d’extension du campus du Madrillet, sur la commune de Saint-Étienne-du-Rouvray, vise à terrasser près de 66 hectares de forêt. Mobilisés depuis la sortie du confinement, les associations écologistes ont donc mis en suspens ce vaste chantier. Mais trois hectares ont déjà été supprimés. 

« Une première victoire » qui « n’est pas une fin en soi »

Cyrille Moreau, l’ancien vice-président à l’environnement de la Métropole, se dit « satisfait » de la décision du président de l’agglo qui « pour le moment, respecte ses engagements » et les promesses de son programme. Cyrille Moreau – qui est aussi élu écologiste à la Métropole – a assisté mercredi 23 juillet à 14 heures à une réunion entre une délégation représentant les associations écologistes contre la destruction de la forêt et Nicolas Mayer-Rossignol. C’est à l’issue de cette réunion que NMR a décidé d’annoncer le moratoire.

Jean-Michel Bérégovoy, la tête de liste EELV aux municipales de Rouen, précise aussi que tout ça « n’est pas une fin en soi » et que le « combat contre la déforestation » doit absolument continuer au Madrillet et dans la Métropole.

Lire aussi : Près de Rouen, Youth for Climate lance une pétition contre la destruction de la forêt du Madrillet

Un avis que partagent Philippe Vue et les associations écologistes à ses côtés dans ce combat. Même si pour lui il semble probable que « l’extension soit revue et abandonnée », il n’oublie pas que tout se fera uniquement quand la forêt sera requalifiée « en zone naturelle » plutôt qu’en « zone à urbaniser ». 

20 hectares de forêt toujours menacés à l’est 

Les associations écologistes « se félicitent » de ce premier succès, mais tout n’est selon elles pas parfait. Sur ce vaste projet de campus, il reste encore « la ZAC (Zone d’Aménagement Concerté, NDLR) historique » du technopôle de Saint-Étienne-du-Rouvray. Si 63 hectares vont peut-être être sauvés à l’ouest, du côté du campus déjà existant au Madrillet, d’autres parcelles sont menacées. Une en particulier, qui se situe « au sud du CESI (groupe d’enseignement supérieur privé spécialisé dans l’ingénieurie, NDLR) » du technopôle. Là-bas, vingt hectares risquent d’être bétonnés. Philippe Vue et les autres membres de son collectif ont ainsi réclamé un deuxième moratoire pour cette zone forestière… Une demande que Nicolas Mayer-Rossignol a pour le moment rejetée. 

Lire aussi : Plusieurs centaines de personnes contre la destruction de la forêt du Madrillet, près de Rouen

C’est pour ça qu’il « faut finir le travail », insiste le porte-parole écologiste qui espère pouvoir sauver aussi cette autre parcelle menacée. Il rappelle d’ailleurs, comme les élus écologistes, qu’il « n’est pas contre » une extension du campus, mais qu’il « ne faut pas faire n’importe quoi », évoquant le fait que cette extension prévoit l’arrivée d’un « hôtel, de bureaux et de vastes parking ». Tout ça « n’est plus dans l’air du temps ». Aujourd’hui, les gens « prennent davantage conscience » de l’impact climatique de ce genre de projets. Il reste un tas de « friches industrielles » dans le secteur qui n’attendent qu’à être réhabilités :

C’est aberrant de voir qu’on construit encore des bâtiments à seulement un ou deux étages aujourd’hui, alors qu’on pourrait construire bien plus haut pour limiter l’expansion au sol et la destruction de zones naturelles. C’est pareil pour les parkings ! Plutôt que de bétonner une forêt pour y proposer des zones de stationnement, on peut très facilement faire des parking sous les bâtiments que l’on construit…

Les choses avancent, mais « le combat continue » pour les défenseurs de la forêt du Madrillet.