Le journal du Dimanche du 11 avril 2021 nous propose une carte pour le moins étonnante dans ses conclusions: en croisant les critères sur la question essentielle pour l'avenir de l'attractivité de nos territoires qui est celle de la qualité de vie ressentie, on s'aperçoit avec une belle surprise que les communes normandes concentrent de nombreux avantages.

Caen et sa périphérie semble devenir la première région française pour la qualité de la vie, ex aequo avec le Pays basque, suivi par la périphérie de Metz et d'Annecy.

Cette carte étonnante vaut surtout par ce qui n'apparaît plus: les grandes métropoles régionales, tous ces petits Paris de Province reliés par TGV au Grand Paris, ont disparu des radars!

Paris, Lille, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Lyon, Strasbourg... ont disparu sauf Nice.

Cela démontre qu'après plus de trente années de marée montante portant le modèle métropolitain connecté à la mondialisation, le flux désormais s'inverse au profit des villes moyennes plus petites qui offrent un meilleur rapport qualité/prix pour accueillir de nouveaux habitants: le marché de l'immobilier, d'ailleurs, en témoigne jusqu'à la caricature avec une moyenne de 10000€ le mètre carré à Paris tandis qu'il n'est que de 2200€ à Caen...

Dans une autre étude récente, nous avons vu que près de 20% de la population de la région Ile-de-France dont le logo ressemble à un... Covid orange (à moins qu'il ne s'agisse du cancer) voulait fuir en province avec la Normandie comme principale destination: alors que la démographie normande devient atone, cette perspective peut être une opportunité historique pour l'avenir de la Normandie puisque de nombreux Parisiens ou Franciliens ont des racines familiales normandes.

C'est donc une chance mais à condition que notre région et ses principales villes en prennent totalement conscience en organisant les politiques publiques solidaires nécessaires avec agilité et efficacité: hélas nous en sommes encore bien loin puisque le localisme sévit encore comme une sorte de maladie mentale endémique chez nombre d'élus locaux normands bien que nous soyons réunifiés depuis six ans maintenant.

Autre signe aussi qui ne trompe pas hélas sur la carte à découvrir ci-après: Rouen et Le Havre n'apparaissent pas non plus...

(Le Journal du DImanche, 11 avril 2021)

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Dans l'édition n°1256 de l'hebdomadaire "Marianne" (du 9 au 15 avril 2021), Pierre Vermeren nous explique la crise du modèle territorial de la métropolisation: comme d'habitude, et selon la loi inexorable de l'Histoire du balancier parti trop loin dans une direction qui repart dans la direction inverse, une nouvelle ère s'ouvre qui pourrait être plus favorable à notre Normandie.

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Témoignage: Alençon, une petite ville normande calme et patrimoniale semble désormais idéale pour faire des études loin de l'agitation et des contraintes des grandes métropoles...

https://actu.fr/normandie/alencon_61001/pour-franklin-mwaka-alencon-est-une-ville-propice-aux-etudes_40886846.html

Pour Franklin Mwaka, « Alençon est une ville propice aux études »

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Originaire de Melun (Seine-et-Marne), Franklin Mwaka a choisi Alençon (Orne) pour étudier le droit. Une ville qui séduit le jeune homme malgré les restrictions sanitaires.

Étudiant en première année à l’antenne universitaire de droit d’Alençon, Franklin Mwaka, originaire de la région parisienne, est tombé amoureux de la Cité des Ducs.

À 19 ans, le jeune homme a privilégié la commune ornaise pour entamer sa licence de droit accès santé. Cette dernière permet ensuite de passer un concours pour intégrer médecine.

De passerelle en passerelle

Titulaire d’un baccalauréat économique et social, le jeune homme aime prendre des chemins détournés. « Je voulais intégrer l’université de médecine Paris-Descartes ».

En raison de la réforme du concours de médecine, qui répartit les nouveaux étudiants en médecine de manière plus homogène sur le territoire pour lutter contre les déserts médicaux, Franklin n’a pas obtenu pas de place.

Le jeune homme a alors décidé de suivre, fin 2019, une classe préparatoire au concours de médecine à Orsay en Essonne.

L’année suivante, les places ont encore manqué. Le Francilien est forcé à l’exil (sic!) en Normandie. Franklin s’est alors inscrit en licence de droit accès santé à l’Université de Caen.

« J’ai appris que l’université avait une antenne à Alençon, donc je suis venu visiter la ville », explique le jeune homme originaire de Melun en Seine-et-Marne.

« Je suis tombé immédiatement sous le charme. La ville dégage une sérénité et un calme tout en étant active. Puis le cadre est agréable en termes de commodités et d'architecture. »

Un patrimoine qui lui rappelle beaucoup la commune de Fontainebleau en Seine-et-Marne.

« J’ai privilégié Alençon à Caen parce que le calme de la ville est propice aux études et le peu d’effectifs que nous sommes à la fac permet une plus grande proximité avec nos professeurs », précise-t-il.

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Arrivé en septembre, l’étudiant a rapidement pris ses marques au sein de la commune. « Les cours avaient lieu à Damigny et avec des amis, on allait avant l’instauration des couvre-feux souvent boire des verres au Be’Bar », explique le jeune homme.

De la Seine-et-Marne à l’Orne

Si les restrictions sanitaires ont mis un coup d’arrêt à la vie sociale du jeune homme, ce dernier aime se balader et admirer les hauts lieux d’Alençon. « J’aime passer du temps à côté de certains monuments de la ville », explique-t-il. « J’aime m’installer à Magdeleine et observer la basilique Notre-Dame d’Alençon, ou encore la Halle au Blé ».

Mais ce qu’apprécie par-dessus tout le néoalençonnais, c’est de pouvoir se balader sur les bords de Sarthe. « Cela me rappelle la Seine ».

« Le deuxième confinement a été un véritable coup de massue pour moi. Plus un seul cours en présentiel, uniquement à distance. Ce fut dur psychologiquement », raconte le jeune homme.

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Pas de retour en Seine-et-Marne pour autant : « J’ai un concours à préparer, donc la bulle de travail dont je dispose ici est parfaite, contrairement à la Seine-et-Marne, même si ma famille y vit. »

« C’est le travail des cours, et la préparation du concours qui m’ont permis de garder la tête hors de l’eau », explique-t-il. « Les appels avec la famille et les amis aident beaucoup. »

Couvre-feu et confinement

Pour le jeune homme, le cadre de vie permet de tenir le coup : « Je me suis installé, en colocation rue Cazault, dans une maison que je partage depuis avec trois autres étudiants. »

L’étudiant dispose d’une chambre de 16 m², d’un grand salon, d’un jardin. Le tout pour la modique somme de 288 € par mois.

« Un confort supplémentaire » pour Franklin.

« Quand j’ai vu que la situation dégénérait en Île de France, j’ai tout de suite réservé un BlaBlaCar pour rentrer ». Annoncé le 18 mars, le confinement francilien est entré en vigueur le 20 mars. Le jeune homme a regagné Alençon le 21 mars.

Si Franklin est sous le charme de la Cité des ducs, il devra la quitter à la fin de l’année universitaire pour rejoindre Caen.

« Si je suis admissible en médecine, je serai obligé de rejoindre Caen, au même titre que si je poursuis mes études en droit », prévoit-il.

Une flexibilité qui convient bien au jeune homme pour la suite : « Si je ne parviens pas à faire médecine, je poursuivrai mes études de droit et je passerais le concours d’entrée des instituts d’études politiques, Sciences Po ».