Billet de Florestan:

1

Il faut hélas faire le constat: "Europe Ecologie Les Verts" est devenu un parti radioactif qui fait fuir tous ceux qui auraient encore l'idée d'aborder la vie politique avec un peu de bon sens.

Et le bon sens c'est de ne pas confondre le souci réaliste de l'environnement avec l'écologisme qui tend à se fondre dans le délire idéologique plus général d'un gauchisme progressiste qui déferle en ce moment depuis les Etats-Unis sur toutes les démocraties du monde occidental...

L'autre réalité de bon sens c'est de ne jamais oublier le souci de l'intérêt général dans ce qu'il a de plus concret en Normandie et de ne pas faire disparaître nos spécificités normandes derrière des considérations générales et abstraites au risque de provoquer dans le réel l'exact contraire de ce que les militants sectaires de la nouvelle Eglise écologiste nous chantent à tue tête toute la sainte journée!

Prenons un exemple:

La lutte contre l'effet de serre qui, par l'excès des émissions de gaz carbonique dans l'atmosphère, provoque le changement climatique que tout le monde observe avec ses conséquences environnementales, civilisationnelles, économiques, sociales et politiques.

Le bon sens et l'urgence du réel plaident pour une baisse drastique et massive de ces émissions de gaz à effet de serre: l'utilisation des technologies, des énergies et des usages qui n'ont que de faibles émissions de CO² devraient être valorisées et privilégiées... 

Pour l'instant, tout le monde est d'accord. Mais la secte écologiste en pratiquant un terrorisme intellectuel médiatique et politique redoutable condamne l'énergie électro-nucléaire qui permet pourtant de produire le plus d'électricité possible au coût le plus bas et de la façon la plus décarbonée qui soit.

En revanche, la secte écologiste met en avant la fausse solution industrielle des éoliennes moins efficace, plus onéreuse et qui génère des négativités environnementales qui valent bien celles du nucléaire tout en générant des émissions de CO² bien plus supérieures:

Les éoliennes massacrent tous les autres potentiels normands (paysages, patrimoine, tourisme, pêche artisanale...) au nom d'un objectif unique et idéologique plus qu'incertain et cette obsession écologiste pour le vent et le vain provoque, de plus en plus, d'opposition chez les braves gens de nos campagnes qui refusent ces machines gigantesques que les bobos urbains qui votent pour EELV ne voudraient jamais devant les fenêtres de leurs résidences secondaires.

Mais cela provoque aussi de plus en plus d'interrogations quant à l'énorme trafic financier que génère ce marché captif des éoliennes: quand la bulle des éoliennes éclatera, nous aurons certainement droit au plus grand scandale d'Etat dans l'histoire de la République française depuis l'affaire du canal de Panama. Question corrollaire impertinente, en passant: qui finance EELV?

Sur ce point, les élus du parti communiste français en Normandie ont bien raison de refuser de s'allier à la secte écologiste aux prochaines élections régionales. Les amis et soutiens de Sébastien Jumel ont bien raison de s'en tenir avec sagesse aux réalités environnementales, industrielles et sociales normandes.

Car avec sa spécialisation dans l'électro-nucléaire, la Normandie est la région de France pilote pour la décarbonation de l'industrie française. Certes, on ne peut que déplorer avec grande amertume le FIASCO INDUSTRIEL ABSOLU de l'EPR de Flamanville et ses 12 milliards d'euros dépensés en pure perte: l'université d'été des militants écologistes dans le Cotentin nous coûte effectivement un bras mais au delà de la dérision il y a surtout la réalité inacceptable d'un démantèlement programmé d'Electricité De France, un outil de souveraineté et d'intérêt général républicain que les Résistants gaullistes, chrétiens et communistes avaient voulu pour le bien de la France et des Français à la Libération: les militants de la secte écologiste instrumentalisés par des intérêts qui les dépassent sont de parfaits idiots utiles.

Et les idiots utiles qui font de la politique constituent le premier des dangers publics!

Autres exemples:

L'écologisme bureaucratique de l'Etat central parisien répercutant sur le réel la bureaucratie de Bruxelles a détruit l'environnement réel de la vallée de la Sélune dans l'Avranchin en croyant pouvoir rétablir un environnement idéal qui n'existait plus depuis la construction de barrages au début du XXe siècle permettant la création d'une retenue d'eau qui avait bien des avantages environnementaux pour tous les territoires situés en aval. Ce réel a donc été sacrifié au nom du principe de "renaturer" la rivière et sa vallée avec l'objectif de faire remonter les saumons le plus en amont possible.  La destruction des barrages a créé des nuisances qui avaient été sous-estimées sous la lumière des bureaux et à Ducey on craint, désormais, d'être inondé chaque hiver...

Le contournement autoroutier Est de l'agglomération de Rouen prend le risque de raboter quelques pentes de colline, de détruire des dizaines d'hectares de forêts et d'artificialiser quelques hectares de terres agricoles et de nécessiter de construire un grand viaduc au-dessus de la Seine. Voilà pour le plateau négatif de la balance. Mais tous ceux qui ne sont pas dans la cécité idéologique écologiste doivent avoir le courage de voir le plateau positif de la balance: toute une série de travaux de dépollution, de renaturation, de restauration, de plantation, du patrimoine paysager, naturel, environnemental mais aussi patrimonial sur le territoire des communes impactées par le projet avec une prise en charge financière totale proposée par la région Normandie... Dépollution de sites industriels, des berges de la Seine, restauration de mares, plantation d'arbres, création de jardins et de parcs, restauration de monuments historiques sont au programme si le projet de contournement devait se faire.

Sachant que l'intérêt environnemental principal serait pour la ville de Rouen elle-même avec deux conséquences principales:

1) retrouver des marges de manoeuvre pour un réaménagement qualitatif des principales artères de la ville en faisant baisser la pression de la circulation automobile notamment sur les quais de la Seine et poursuivre ainsi sur les deux rives la politique de requalification déjà mise en oeuvre sur la rive gauche: la métropole historique de la Normandie massacrée tant par les bombes de la Seconde guerre mondiale que par le béton et le goudron des années 1950-1970 en a bien besoin!

2) améliorer sensiblement la qualité de l'air que l'on peut respirer à Rouen.

Enfin, ce contournement permettrait de participer à l'achèvement du contournement autoroutier de la région parisienne par l'Ouest et le Sud-Ouest en complétant le barreau autoroutier qui ainsi continu d'Amiens au Nord à Nonancourt au Sud-Ouest dans l'attente de la future autoroute entre Dreux, Chartres et Orléans (A 89): le principal argument des contradicteurs écologistes à ce projet est de nous dire que les péages de ces ouvrages concédés seraient trop élevés.

Mais on pourrait leur objecter, à leur tour, que les sectateurs de l'écologisme n'ont pas peur des péages et des taxes lorsqu'il s'agit d'infliger une écologie punitive pour châtier un réel récalcitrant: on a vu le résultat avec les Bonnets Rouges bretons d'une part et avec les Gilets Jaunes d'autre part...

Quand on vit en permanence dans l'idéologie, les contradictions du réel importent peu en effet!

Moralité: les vrais boulets du débat public régional ne sont pas ceux que l'on croit dès lors que l'on substitue la préoccupation environnementale à l'idéologie religieuse de l'écologisme avec pour conséquence le sabotage de nos réalités et potentiels normands pour préparer une véritable transition énergétique et industrielle fondée sur le bon sens et l'innovation vers une économie décarbonée qui soit viable, c'est-à-dire, sans passer par une décroissance synonyme de déclin social de décadence politique voire de... guerre civile.

Bref! Les boulets du débat public normand ne sont pas ceux qu'ils croient et à lire ce qui suit on dira à ceux qui prennent le débat public régional pour une cour de récréation:

"C'est celui qui le dit qui l'est!"

Capture d’écran du 2021-04-08 12-58-54

Capture d’écran du 2021-04-08 12-59-28

Capture d’écran du 2021-04-08 13-00-03

Capture d’écran du 2021-04-08 13-00-35

 

Face aux abstractions de la secte écologiste, le réel se rebiffe...

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/manche-eolarge-surveille-le-futur-parc-eolien-offshore-ddf98804-9884-11eb-b808-2a76fbebc9c8

Manche. Éolarge surveille le futur parc éolien offshore

L’association Éolarge a les yeux rivés sur les avancements du futur parc éolien offshore qui doit être implanté au large du Val-de-Saire (Manche).

Alors qu’un débat public était en cours, en 2020, pour recueillir les différents avis liés à la future implantation d’un parc éolien offshore au large du Val-de-Saire (Manche), un groupe de personnes a décidé de créer l’association Éolarge.

À sa tête depuis quelques mois, Christiane Tincelin, qui explique le but de l’association. « Il s’agit de prolonger l’action des collectivités du littoral qui voulaient faire entendre leurs voix. Nous avons souhaité afficher notre vigilance quant à l’avenir de ce projet et notre présence. » L’association veut être un interlocuteur de la Direction régionale de l’environnement (Dreal) et des autres pilotes du projet éolien.

L’association a le sentiment d’avoir été entendue

Éolarge veut faire connaître sa position auprès des entreprises qui seront retenues pour mener à bien ce projet. « Un premier tri sera fait en avril et on connaîtra les entreprises internationales retenues pour la sélection finale fin 2021 », poursuit la présidente, qui évoque la décision de l’État prise en décembre 2020 et le sentiment d’avoir été entendue. « La zone de 500 km² a été retenue et se situera à 32 km au Nord-Est de la côte de Barfleur. C’est une bonne chose car le projet initial était à 12 km. » Ce projet offshore sera constitué de 70 éoliennes dans un parc de 150 km².

Mais reste attentive, notamment au projet d’agrandissement

Christiane Tincelin évoque une éventualité émise par l’État. « Il dit qu’il n’est pas impossible de doubler la superficie de ce parc offshore ainsi que sa capacité en éoliennes. Il y aurait un nouveau débat public. »

Selon la présidente, ce nouveau projet permettra de passer en courant continu plutôt qu’alternatif dans le premier projet. « Ce serait moins de perte de courant et moins de câbles. Et, surtout, pas besoin de poste de compensation à terre. Ça éviterait un énorme bâtiment sur le littoral. »

Éolarge reste vigilante sur le sujet. « Il ne faut pas que ce nouveau projet s’élargisse vers la côte. »

Et plaide pour une cohérence régionale

Si l’association n’est pas opposée à l’agrandissement du parc, elle constate un manque de réflexion régionale partagée. « On a l’impression que chacun défend son coin de côte. J’aimerais que l’on discute ensemble, collectivités, institutions et associations. » Éolarge est également vigilante sur le ou les ports qui seront retenus pour les départs des navettes maritimes lors des constructions et pendant la maintenance. « On suit le projet de près ! »


 

Un autre exemple de cet Absurdistan écologiste qui s'impose au réel avec des associations militantes très... militantes qui saisissent la justice: un berger et ses 350 moutons doivent dégager du littoral de la baie du Mont-Saint-Michel.

Un militantisme écologiste fort avec les faibles et faible avec les forts...

https://actu.fr/normandie/genets_50199/une-bergerie-va-disparaitre-dans-la-baie-du-mont-saint-michel-350-moutons-menaces_41020020.html

Une bergerie va disparaître dans la baie du Mont-Saint-Michel : 350 moutons menacés

Un éleveur va démonter, lundi 19 avril, sa bergerie à Genêts qui ne respecte pas la loi Littoral. Un comité de soutien s'insurge face à cette injustice.

Depuis 20 ans, François Cerbonney se bat pour conserver sa bergerie à Genêts, dans la baie du Mont-Saint-Michel (Manche).

Malgré le soutien d’élus, député, sénateur et d’habitants, la justice a tranché. Il a perdu après un long combat.

Lundi 19 avril, l’éleveur sera contraint de détruire la bergerie, sous peine de payer 150 € par jour d’astreinte. L’éleveur ne pourra pas rester dans la baie car le site est protégé par la loi Littoral.

On s'en fiche de l'historique. Tout le monde le connaît. On veut garder la bergerie.

Christiane MayerLa porte-parole du comité de soutien de l'agriculteur

Elle veut continuer « de se battre pour garder la bergerie. On ne se bat pas pour avoir tort ou raison. » Christiane Mayer estime que la loi peut changer et doit évoluer.

« Où iront les 350 brebis ? »

Il faut dire que cet éleveur est apprécié dans la commune et même au-delà. « François Cerbeney est dans l’air du temps. » Il propose des produits locaux et prône le développement durable. « Il relance les filières françaises, sa laine est bonne », souligne Christiane Mayer qui veut parler de la protection animale.

On a remué la France entière pour un coq (Ndlr : un voisin avait déposé plainte contre les chants d'un coq. L'histoire avait ému la France entière.) Et personne ne bouge lorsque nous avons 350 brebis plus les agneaux menacés.

Christiane Mayer

Elle se demande où ira le cheptel à cette époque où les températures sont encore fraîches. 

« Un agneau ne peut pas rester dans le froid », précise Christiane Mayer. Une bergerie est fabriquée pour que « les agneaux ne meurent pas de froid », poursuit Christiane Mayer qui veut contacter des associations, comme la fondation de Brigitte Bardot, pour tenter de faire bouger les choses.

Une asso écolo contre la bergerie

Le plus aberrant, pour les défenseurs de la bergerie, reste que Manche Nature ait contribué à faire tomber l’éleveur. L’association écologiste se défend en disant avoir « toujours été favorable aux agneaux de prés-salés, élevés dans la tradition. »

Elle veut toutefois que l’on respecte la loi. La bergerie a été « construite en 2009, sans autorisation, après plusieurs refus de permis de construire et en violation de la loi Littoral.

Disposant d'appuis politiques, ce passage en force est régularisé par un permis délivré en 2011.

Yves Grall Président de Manche Nature

Celui-ci est annulé définitivement par le Conseil d’État le 17 octobre 2014 », précise Yves Grall, le président de l’association Manche Nature. Son tort est d’avoir « construit une bergerie sans permis », reconnaît Christiane Mayer.

L’association Manche Nature a « toujours souhaité que le déménagement se fasse dans des bonnes conditions. Elle a toujours accordé du temps. Des terrains ont été proposés à l’éleveur qui a toujours refusé », souligne Delphine Chevret, juriste de l’association. 

À lire aussi:

Un modèle pour les élus

Mais est-ce que la bergerie devait déménager ? Pour le comité de soutien, la bergerie reste « un modèle de construction parfaitement intégrée dans son environnement, dans le respect du site de la Baie du Mont-Saint-Michel. »

C’est l’incompréhension pour David Nicolas, le président de la communauté d’agglomération Mont-Saint-Michel – Normandie. L’élu a réagi sur sa page Facebook.

Pendant ce temps-là, des projets agricoles de dimensions industrielles voient le jour en toute légalité. C'est à n'y rien comprendre.

David Nicolas Président de l'agglo Mont-Saint-Michel - Normandie

« Cette bergerie est un modèle. Le bâtiment lui-même est un bâtiment pilote qui a servi pour d’autres bergeries », indiquait la maire de Genêts Catherine Brunaud-Rhyn, à l’époque.

« Pourquoi les élus n’ont pas trouvé de solution ? »

Manche Nature se questionne sur la véritable volonté des élus qui soutiennent le berger. « Pourquoi les élus ne lui ont-ils pas trouvé une solution de repli ?

Ils savaient pourtant que la loi Littoral ne pouvait subir d’entorse. Ils connaissaient le caractère illégal de la construction. Leur objectif réel n’était-il pas de l’utiliser, quelle que soit sa détresse, pour mettre en cause cette Loi Littoral qui les gêne tant dans leur désir de bétonisation des espaces protégés tellement utiles pour la protection de la biodiversité et de l’agropastoralisme ? », souligne Manche Nature dans un communiqué. 

Commentaire de Florestan:

La conscience des militants est toujours bonne et l'enfer du réel toujours pavé de bonnes intentions...


 Décidément, réel n'aime pas l'écologisme: exemple caricatural du soi-disant "éco-quartier" de Lucilline de Rouen où les cocus en ont désormais ras-le-bol d'être contraints de payer plus qu'il ne faut leur écot à un éco-quartier qui ne tient pas la promesse de l'illusion écologiste...

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/plus-de-4000-euros-de-chauffage-par-le-calvaire-d-habitants-de-l-eco-quartier-lucilline-a-rouen-1617982499

Plus de 4.000 euros de chauffage par an : le calvaire d'habitants de l'éco-quartier Lucilline, à Rouen

860_thumbnail_img_9700

Exemple d'un DPE, qui prévoit 750 euros de dépenses annuelles en eau chaude et chauffage. Le propriétaire en paye environ 2 500. © Radio France - DR

Des habitants du nouvel écoquartier Lucilline à Rouen n'en peuvent plus : ils payent pour certains plus de 4000 euros pour leur chauffage et leur eau chaude, dans des immeubles pourtant neufs et à haute performance énergétique. Ils se sentent floués par l'exploitant du réseau de chaleur.

Nous sommes en 2011. La ville de Rouen construit le nouveau quartier de la Lucilline, à l'ouest de la rive droite. Un palais des sports, devenu le Kindarena, 30.000m² de bureaux, un centre commercial et 990 logements sont prévus. Le tout dans un écoquartier, qui doit être neutre en énergie

Pour ce faire, la ville crée un réseau de chaleur via une délégation de service public, et confie donc le soin à une entreprise privée de le faire. Ce sera Cofely, une filiale d'Engie. L'entreprise travaille sur un réseau de pompes à chaleur puisant dans la nappe alluviale.

Quelques années plus tard, les premiers habitants découvrent des factures d'énergie très importantes. Plus importantes en tout cas que ne l'estimaient les études thermiques. 

Des charges importantes et qui continuent d'augmenter

Cet habitant, qui préfère rester anonyme, doit payer 9.000 euros sur les deux dernières années pour son 110m². Bien plus que les 849 euros annuels annoncés dans son diagnostic de performance énergétique (DPE). Pour un service régulièrement défaillant : "Il faut laisser couler l'eau une minute pour avoir de l'eau tiède. Les radiateurs ne chauffent pas bien. J'ai du acheter des radiateurs électriques pour cet hiver, alors que c'est un appartement écologique, que je n'ai quasiment pas besoin de chauffer en temps normal." 

Soujoud, elle, habite ici depuis cinq ans, et ses charges ne cessent d'augmenter. 2.500 euros chaque année en ce moment pour son logement avec ses trois enfants. "On nous a vendu du rêve, comme quoi c'était parfait. Mais on nous a menti, c'est vraiment difficile." Aidée par les allocations logement, elle se retrouve à payer plus de charges que de loyer. 

Plusieurs explications à cette situation, que résume Pierre-Emmanuel Brunet, habitant du quartier et par ailleurs président de l'association Rouen Respire. D'abord, certains abonnements d'énergie ont été surévalués : "Mon DPE indique un besoin de 88 kW et mon abonnement est de 218. Je ne l'ai pas choisi, et c'est pour 25 ans. En prime, ce kWh est vendu à 30 centimes au lieu de 8 centimes comme estimé." Pour lui, ce n'est que l'un des nombreux soucis sur cette installation. 

Tous ces chiffres ont été vérifiés sur les factures des habitants par France Bleu Normandie. 

Ils sont nombreux à se sentir floués, comme cet autre anonyme. Il a acheté au mois d'octobre 2020 un appartement de 62 m². En un trimestre, il doit payer 650 euros d'eau chaude et de chauffage. "C'est exorbitant. Les habitants sont livrés à eux-mêmes. Mon appartement est très performant énergétiquement, le problèmes ce sont les factures, elles ne reflètent pas la réalité. Je n'ai quasiment pas besoin de chauffer. On n'est pas aidés, y compris par les élus, qui ne bougent pas et qui n'aident pas ceux grâce à qui ils sont élus."

Dès que possible, cet été, je pars, je n'en peux plus." 

Des abonnements surévalués, une énergie vendue très chère sur un réseau défaillant, voilà ce dont se plaignent certains habitants du quartier Lucilline. Tout le monde ne serait pas concerné, mais certains immeubles et commerces ont décidé de sortir du réseau qui leur est imposé, parmi lesquels au moins un concessionnaire automobile situé juste à côté du quartier. Une habitante croisée dans la rue explique, elle, vouloir quitter son logement dès qu'elle le pourra

Pierre-Emmanuel Brunet indique avoir contacté la métropole de Rouen, qui a maintenant pouvoir de décision sur les réseaux de chaleur, et être en contact étroit avec Cofely, sans succès pour l'instant. Pour autant, selon lui, il existe des solutions : "La métropole peut décider d'abroger le contrat. Le réseau doit être équilibré financièrement, et fournir à plus de 50% de l'énergie renouvelable. Nous sommes aux 2/3 au gaz. Il est évident que cela n'est pas rempli. La mairie annonçait des charges moyennes à 500 euros par an, ça ne va pas du tout." 

Un audit indépendant lancé d'ici la mi-mai

Marie Atinault, vice-présidente de la métropole de Rouen, en charge des transitions et innovations technologiques évoque bien "des charges trop élevées et des défaillances" dans le quartier de la Lucilline. Elle refuse pour autant d'incriminer Cofely et annonce le lancement d'un audit indépendant d'ici la mi-mai 2021. "Les factures élevées nous montrent le problème mais ne l'expliquent pas." Elle l'assure, le résultat de cet audit sera public, sans s'engager sur un délai et si des problèmes sont avérés, le trop-payé sera remboursé aux habitants.  

L'entreprise, contactée, répond dans un e-mail que "les tarifs de cette Délégation de Service Public ont été actés dès 2013 dans le cadre [d'un] contrat. Publiquement connus, ils n’ont jamais été modifiés depuis 2013. Les factures anormalement élevées ne sont donc pas dues au tarif pratiqué à travers la délégation de service public." Pas de réponse sur les abonnements que les habitants estiment trop élevés. L'entreprise laisse entendre que le problème se situe sur le réseau secondaire, interne à l'immeuble. 

L'audit de la métropole devra rapidement lever tous les doutes.